RESTAURER LA DIGNITE DES GRANDS HOMMES D’ETAT FAUSSEMENT ACCUSES D’ETRE DES DICTATEURS CORROMPUS .

Décrypter les enjeux derrière de prétendues révolutions : Gloire à Mouamar, Hosni et Zine el-Abidine et à leurs pairs d’Afrique noire

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Camarades et véritables patriotes du monde entier, l’heure est grave. Il se lève un vent curieux qui, sous des djellabas dévoilent des révolutionnaires dangereux. Vous savez cette engeance qui croit qu’à coup de vociférations elle changera le cours de l’histoire. Quels idiots ! Si la rue changeait les sommets de l’Etat cela se saurait. Ce n’est pas parce qu’un roi mou et cocu a perdu la tête en 1793 en France que des gueux vont se mettre à penser que la rue peut infléchir le cours d’une nation.  La France, grande donneuse de leçon devant les nations a prétendu se débarrasser de la monarchie pour installer via la cinquième république des présidents aussi éloignés du peuple que les rois d’antan. Des hommes plus accrochés aux apparats qu’au fait d’améliorer l’ordinaire des peuples. Ainsi vont les « révolutions », les populations payent de leur vie la reproduction sociale des élites aux sommets de l’Etat.


Alors le vent de liberté apparente qui souffle dans les pays dits arabes aujourd’hui ne cache pas des Che Guevara sous chaque djellaba. Que nenni ! Si le pouvoir appartenait réellement au peuple cela se saurait. L’on ne va tout de même pas confier les rênes des nations à des incompétents sous prétexte qu’ils vocifèrent sur une place publique !


Si ces gens avaient eu du courage ils se seraient élevés à la force du poignet comme Leila Ben Ali, une femme qui force le respect. Elle est passée en quelques années de shampouineuse à milliardaire. Qui dit mieux ? Le rêve tunisien a détrôné le rêve américain. Vive la Tunisie, terre de tous les possibles.


De surcroît, pas égoïste pour un sou elle a permis à d’autres tunisiens de connaître l’ascension. Ce sont des membres de sa famille ? Et alors ! La solidarité familiale est l’essence même de notre beau continent. On ne va tout de même pas reprocher à une shampouineuse devenue milliardaire de n’avoir oublié  ni sa famille, ni ses racines. Non ?

Ceci dit elle aurait pu conseiller son époux sur la couleur de ses cheveux. Ce noir !!! On dirait un ersatz de Moubarak.


Il est temps de remettre les choses dans le contexte pour ne pas nous laisser berner par ceux qui veulent déstabiliser nos nations.


Kadhafi le premier empereur de l’Afrique unifiée sous sa direction éclairée l’a dit. Et la parole de notre empereur (loués soient les dieux d’ici de là et d’ailleurs pour le don fait à la terre par la manifestation du glorieux guerrier, lumière de nos vies, néon qui éclaire nos nuit, astre éblouissant de l’aube, Mouamar de nos cœurs frétillants) est sacrée et a force de loi.


Depuis la révolution dite de jasmin, les esprits s’échauffent. Que n’entend-t-on dire ça et là ? Des hommes d’honneur sont livrés à la vindicte populaire, jetés en pâture au jugement des nations. Des pays qui sont depuis toujours des modèles de grandeur et de noblesse sont présentés comme des lieux liberticides et fossoyeurs de la démocratie !

Il est temps que des esprits éclairés se lèvent pour dénoncer le tourbillon médiatico-impérialiste qui veut entrainer peuples et nations dans le chaos.


Oui camarades !  Si la révolution était réelle, la France,  dépositaire universelle du brevet de la révolution réussie (foi Danton, de Bonaparte de Sarkozy et de Cohn Bendit) aurait authentifié et soutenu le mouvement. Si la Libye, l’Egypte ou la Tunisie avaient été les proies d’autocrates corrompus qui bâillonnaient le peuple, la France, chantre mondial de le défense sans concession des droits de l’homme les auraient dénoncé avec force. Il n’y a qu’à voir l’autorité avec laquelle le président français toute virilité dehors a sommé Laurent Gbagbo de quitter la présidence de la Côte d’Ivoire et l’obéissance immédiate de ce dernier qui s’est depuis exilé en nouvelle guinée où il apprend à parler le Poulpe. Vive la France de l’incantation creuse.


Visionnaire entre les visionnaires, madame le ministre des affaires étrangères a proposé le savoir-faire de la police française pour régler les questions sécuritaires liées aux manifestations en Tunisie. Elle avait tout de même survolé le pays en jet privé sans percevoir le moindre battement de cils anti Ben Ali. La révolution de jasmin n’a au vu de l’analyse pertinente des politiques français, aucune légitimité sinon la France l’aurait dit.


Oui camarades, un complot est ourdi  par les forces du mal contre l’Afrique pour l’asservir à nouveau. Il a commencé par enflammer le Maghreb et le Machrek avec pour fin de soumettre les peuples en les privant de leurs guides et protecteurs suprêmes. Félonie ! Ne l’ont-ils pas fait ces affreux du temps de Chaka ? Assassinant un de nos chefs pour posséder nos terres ?  Résistons avant que l’Apartheid ne revienne gangrener le continent entier.


Peuples d’Afrique subsaharienne levez-vous pendant qu’il est temps et protégez avec force les dinosaures qui sont à la tête de nos nations. Ils veulent contaminer nos populations par des révolutions chimériques. Heureusement que nos guides d’Afrique noire tiennent trop à la sécurité de leurs fonds détournés heu que dis-je à la sécurité de nos nations pour les laisser piller par des chacals. Gloire à eux, sauveurs suprêmes. L’on ne va tout de même pas sacrifier ces hommes d’expérience pour des chimères portées par de prétendus opposants. Gloire à nos guides qui pillent nos terres pour notre nous garder purs et protégés des excès.


Quel abus y a-t-il lorsqu’un président, guide bienveillant et suprême d’un pays décrète un état d’urgence qui dure trois décennies ?Qui a fourni la moindre preuve qu’il n’y avait pas d’urgence en Égypte depuis la mort de Sadate ? 

Pendant les trente ans de pouvoir de Hosni le magnifique pas le moindre enlèvement de pyramide ! Sans l’état d’urgence décrété par le bien aimé Rais, qui peut nous garantir qu’il y aurait encore la moindre pyramide en Égypte ? Et de vous à moi, qui irait douter d’un homme qui, à 80 ans assume sans difficulté le ridicule du cheveu noir jais, voire corbeau ?

Hosni Moubarak, grand seigneur jusqu’au bout se proposait de consentir au sacrifice suprême, confier à terme les rênes du pays à son fils, la chair de sa chair. La dynastie des Moubarak au service de la grandeur de Égypte. Par malheur le cirage avec lequel il enduisait ses cheveux aura dû couler sur ses yeux et voiler son discernement, sinon il ne se serait pas laissé tromper par son entourage et aurait rejoué la pacification de la place Tien an Men au cœur de Égypte. Si seulement il avait accepté d’être chauve ou assumé de cheveu poivre et sel… La coquetterie de trop aura privé Égypte d’un pharaon de grande envergure et à peine octogénaire.  


Comment par ailleurs peut-on trainer dans le boue le nom d’un homme honorable l’accusant de népotisme, de corruption, de gabegie, et de prévarication ? N’en jetez plus ! Tout scientifique, même le plus médiocre est informé du fait qu’il y a des phases obligatoires de test avant de mettre à la disposition du public des produits et autres découvertes. Une découverte majeure se teste sur une petite échelle. Le projet de Ben Ali le Grand était l’enrichissement exponentiel de tout tunisien. Puits de sagesse et homme prudent, le guide président a fait le choix de tester « la molécule d’enrichissement rapide » sur un groupe témoin appelé les Trabelsi. Il fallait d’une part voir si l’on pouvait passer d’un état de quasi pauvreté à celui de milliardaire en quelques années. Cette preuve faite il fallait tester les changements induits sur le groupe teste après son enrichissement. Ce n’est qu’après ces vérifications de sécurité primaire qu’il allait déployer la technique au peuple entier.  Les esprits chagrins le suspectent de népotisme sous prétexte qu’il s’agit de sa belle-famille ?  Quel être sensé enrichirait sa belle-famille au détriment de sa propre famille ? Du bon sens diantre !

Par ailleurs, le guide suprême de la nation tunisienne a mis en péril ses proches en les faisant cobayes de la croissance future de la nation. Mais il a fallu qu’un homme contrarié se prenne pour un méchoui sur la place publique et les tunisiens ingrats et sans vision ont sacrifié leur guide, digne successeur de Bourguiba (qu’il a en passant participé à destituer pour le bien de la nation) à l’émotion.

La fortune de son clan ne s’élèverait à 5 milliards de dollars après vingt-quatre années au pouvoir ? Et alors ? Ben Ali travaille. Ce qui, je le souligne en passant n’est pas le cas de Liliane Bettencourt ou de Caroline de Monaco ! Qui est descendu dans la rue pour les destituer ? Ne crions pas au racisme tout de suite mais il se lève en moi comme un soupçon. Pas joli joli tout ça !


Cinq milliards de dollars ? C’est tout ?  Une telle misère ferait rire aux éclats quelques souverains rapaces ça et là sur la planète. Comparé à d’autres c’est à peine de quoi offrir un apéritif à des malades du kwashiorkor dans Éthiopie du milieu des années quatre-vingt !

Si on lui avait laissé du temps, il aurait pu étendre l’expérience de l’enrichissement exponentiel à tout le peuple, la Chine serait venue prendre des leçons de croissance en Tunisie. Le manque de vision aura stoppé  l’histoire en mouvement. La Tunisie ne sera pas la première puissance mondiale pour cause d’autodafé inopportun.


Et voilà qu’aujourd’hui, pour tout couronner, l’on déverse comme des ordures par une benne, et sans la moindre réserve, des tombereaux d’injures sur un homme de bien : Mouamar le Merveilleux ! C’est ainsi que l’on salit la réputation d’un pacifiste, d’un homme équilibré. Cet être supérieur a durant quatre décennies consacré sa vie, son génie et son aura au service de la grandeur de Libye. L’homme et son clan auraient une fortune estimée à  120 milliards de $ (87 milliards d’euros). Est-ce cher payé pour 40 années dédiés à la grandeur de la Libye ? Est-ce cher payé pour l’artisan de  la pacification du Tchad, l’unité africaine, la protection des immigrants d’Afrique subsaharienne et la sécurité aérienne internationale ? Sans Kadhafi, la Libye ne serait pas, le monde ne serait pas, les galaxies ne seraient pas, le soleil non plus. Mouamar Kadhafi est l’Etre absolu la réponse à toutes les questions de l’univers.


De toutes les façons, si l’on considère que Moubarak et son clan ont environ 70 milliards de dollars pour dix ans de moins à la tête d’une nation, et en comptant les heures supplémentaires et les congés payés, la fortune des Kadhafi est amplement méritée et est de la roupie de sansonnet au regard des du Guide suprême (que son nom soit chanté par des vierges sur tous les continents de génération en génération)  et ses apports à la Libye et au monde.

De plus le guide visionnaire au visage remodelé -pour mieux plaire à son peuple chéri- a mis ses fils au travail pour le bien de la nation.


Comment peut-on suspecter le Guide suprême de la Grande Révolution libyenne d’être un tyran sanguinaire ? D’accord un peu excédé par les enfantillages d’un peuple aux caprices adolescents sur la place publique, il traite ces grands enfants de drogués avec des vociférations hallucinées. Nous n’allons pas pinailler sur les mots tout de même !

En effet, ne faut-il pas être sous l’effet de quelque substance opiacée ou  de quelque autre hallucinogène pour imaginer la Libye sans Mouamar l’immortel et sa famille ? Kadhafi est la Libye, cette dernière n’est pas sans lui. Qu’on se le dise.


En bon père du peuple conscient que ce dernier ne peut vivre sans lui se propose d’orchestrer le « suicide » d’une nation plutôt que de la laisser entre les mains des étrangers qui haïssent la Libye. Kadhafi a promis un bain de sang si le peuple ne retrouve pas la raison.


En effet si au final ces chochottes de Ben Ali et Moubarak n’ont pas eu la virilité affirmée et manifestée par quelque excroissance testiculaire pour rester au pouvoir, Mouamar ne cèdera pas. Il en a lui ! Et ses fils aussi. Que son look de drag queen massacrée par un chirurgien esthétique ne trompe personne. Lla diva Mouamar n’est pas une femmelette, c’est un homme, un vrai. En matière de « cojones », il en remontrerait à une escouade de zébus en rut. Il est mâle jusqu’à la déraison. Personne ne lui prendra son jouet.  Il préfèrera le bain de sang plutôt que de livrer son cher pays à des hérésies telles que la démocratie ou la liberté.


Quels sont donc ces peuples qui ne sont pas fichus de s’élever au-delà des considérations aussi prosaïques que la faim, le chômage, ou la liberté d’expression ? On accuse des dirigeants d’affamer des peuples alors qu’ils les éduquent spirituellement par l’ascèse ?


L’heure est au grand n’importe quoi et les médias dominants tordent le sens des faits pour priver des nations entières d’hommes valeureux qui ont prouvé depuis toujours leur attachement féroce à la construction de leurs nations. Comment est-il acceptable que nul ne s’offusque de ce que l’on ose qualifier ces nobles âmes  des pires qualificatifs ? Fort heureusement, la France, patrie des droits de l’homme et étalon de mesure interplanétaire du respect des droits de l’homme et du citoyen, par le soutien, la fourniture des armes et des amitiés durables avec ces êtres supérieurs rappelle à nos consciences engourdies que les « révolutions » actuelles sont illégitimes et sans fondement.


A bas les Guevarra d’opérette en djellaba, boubous ou pagnes la liberté et la démocratie sont des chevaux de Troie des puissances coloniales. Ne nous laissons pas tromper. De toutes les façons Jacques Chirac, grand visionnaire n’a-t-il pas dit que l’Afrique n’était pas mûre pour la démocratie ? Si la France, championne du monde des droits de l’homme et de la diplomatie éclairée le dit, cela doit être vrai.


C’est la France qui déroule le tapis rouge à Kadhafi, à Hu Jingtao pour décrocher des contrats et à Bongo, Biya, Compaoré, Sassou Nguesso, Nguema et les autres pour des raisons encore plus opaques pour lesquelles les peuples d’Afrique subsaharienne n’ont pas fini de payer. Qui aurait en Afrique Subsaharienne l’idée folle de s’opposer aux tentations monarchiques de Wade, Biya ou Nguesso ? La révolution de jasmin sous l’équateur ? Et puis quoi encore ?  Parce que la citronnelle est finie chez nous ?


Dormez tranquilles indéboulonnables guides de nos peuples assoupis. Continuez à vous croire intouchables. Continuez à envisager de léguer des pays qui ne vous appartiennent pas à vos rejetons.

Le jour vient, et il est proche disent les antipatriotes,  où l’on verra sur vos visages l’air hébété de Ali ou Moubarak ou pire encore l’air abasourdi et grotesque de Ceausescu au moment où il a réalisé que ses vociférations étaient désormais sans effet sur un peuple excédé. Ils disent que l’histoire est en marche et les que les peuples d’Afrique sont en passe d’écrire leur propre histoire. Eux les qui ? Tchuip.


Camarades, réveillons nous et boutons défendons nos guides suprêmes au péril de nos vies.Ils ne sont pas fous, leurs enfants sont dehors. Et au fond ayant probablement des nationalités étrangères pourquoi verseraient ils leur sang pour sauver nos pays ? Voyons …


Signé camarade Extinctor

Secrétaire perpétuel du comité

de maintien de l’ordre dans nos nations

Dites à nos enfants qu’ils ne sont pas condamnés à l’échec. Dites leur que le monde leur appartient personne ne le fera à notre place

Ça y est- ça me reprend ce feu qui me saisit les entrailles. Cette passion qui me submerge et me met en état d’urgence. J’écoute en boucle « banlieusards » de Kery James rappeur sans concession. C’est un homme qui ne libère pas son rap pas dans le sens du poil d’une société qui voudrait qu’on célèbre une égalité qui n’est vraie que dans les texte mais qui est en échec sur le terrain de la pratique.

Ceux qui profitent largement du système chantent les louanges de l’égalité républicaine pour endormir les masses et nous pousser à nous contenter de ce que nous avons. Pourquoi rêver de palais alors qu’on a un terrier ? Oui il y a au moins deux France. Ce qui me met en mouvement c’est de secouer et d’encourager nos enfants pour qu’ils ne se contentent pas des strapontins sur lesquels on leur propose de faire leur voyage de vie. Je veux qu’ils se réveillent déterminés à secouer les jougs qui les retiennent dans des « identités déclassées ».

Merci à Kery James qui fait monter cette passion qui m’anime pour la génération d’après, cette jeunesse que j’ai à cœur. Je voudrais que chacun d’eux écoute ce morceau essentiel. Une jeunesse qui s’abime dans de territoires de désespérance. Une jeunesse qui grandit à l’ombre de l’échec comme si l’exclusion du système scolaire et le chômage et l’exclusion étaient la voie naturelle du banlieusard. Tragique formatage n’est-ce pas ?

La France peut être un rouleau compresseur des espoirs et un extincteur des rêves et des ambitions des descendants d’immigrés et des enfants issus des Caraïbes. Nos enfants évoluent dans un système qui les tuerait socialement dans l’œuf si leurs propres parents ne les rêvaient pas plus grands, ne les rêvaient pas aigles plutôt que poussins. Mais la génération des parents que nous sommes doit se défaire de ce que les extincteurs ont fait en eux. Se lever pour et avec la génération d’après. Ils sont la France.

Ne rêvons pas le système tel qu’il est conçu ne leur fera pas de place. L’égalité républicaine est un rêve qui confine parfois à la fumisterie. Dites leur que leur place est à prendre personne ne la leur donnera. Il faut qu’ils plus motivés, plus courageux que les autres. C’est injuste ? Probablement mais c’est ainsi.
Il faudra qu’ils la prennent en travaillant plus que d’autres, en rêvant plus grand que les autres, en croyant plus fort qu’eux. Il faudra qu’il aient deux, trois fois plus de courage que les autres.
C’est fini le temps de rêver juste d’un CDI au SMIC et de se croire arrivé si on peut avoir plus on va se donner les moyens d’y accéder. Nos enfants vont arrêter de déserter les lieux de scolarisation et de savoir. Ils vont s’instruire et ils sont riches d’un double ancrage qui devrait les mener plus haut que d’autres. LE SAVOIR EST UNE ARME.

Il y a d’autres montagnes à conquérir, il y a des plafonds de verre à faire exploser. Le rêve naît dans le regard des parents. Il grandit dans l’attention des aînés. Oui le système est tel que nous même plions souvent la tête plus qu’à notre tour mais il est temps de relever la tête pour eux, pour nous et par ricochet pour les terres de nos pères.

Pardon de m’immiscer dans ce qui à priori ne me regarde pas mais il y a dans mes entrailles ce cri et cette révolte : il est temps que nous nous levions, que « la deuxième France s’éveille ». Il temps de sortir des rêves étriqués et des réalités subies pour nous emparer des territoires sociaux de ce pays par le courage, le travail, l’ambition.

NOS ENFANTS NE SONT PAS CONDAMNES A L’ECHEC

J’aime que ce chant le dise dans une langue accessibles à vos enfants. Je trouve que c’est un bon coup de pied au derrière et un constat sans concession.
Pardon pardon mais quand ce feu me saisit je suis embrasée et vos enfants, je les aime forcément parce qu’ils sont un peu les miens. Ils iront plus loin que nous. Il le faut.

Amitiés à tous.

BANLIEUSARDS de Kery JAMES (la vidéo)
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Banlieusards de Kery JAMES (Le texte) :

http://www.rap2france.com/paroles-kery-james-banlieusards.php


ADRESSE DU FILS AINE DU SIÈCLE, LE SAGE AMADOU HAMPATE BA (1901-1991) A LA JEUNESSE AFRICAINE

Combien immense est ma gratitude d’avoir pu lire ce texte aujourd’hui !  Merci au « soldat inconnu » de cette transmission de patrimoine, d’héritage. Il est des paroles délivrées par nos aînés qui sont précieuses.Merci à notre aîné d’avoir laissé cette parole aux accents de testament qui sont non pas un guide pour agir mais pour penser son action, sa place dans l’histoire et dans son environnement. Plus j’avance dans la vie plus je découvre les richesses immenses qu’il y a dans « l’être africain ».

 

Amadou Hampaté Ba en s’adressant à la jeunesse est profondément africain, la parole passe et avec elle des valeurs, des préceptes, des symboles, il est le seul qui parle pourtant il est profondément respectueux d’eux et dans son discours le dialogue est implicite. Il n’impose pas il montre une voie en précisant qu’il n’y a pas de vérité absolue. J’aime cette posture, j’aime son intelligence. J’ai l’impression d’être aux pieds de mon père ou de mon grand père et de l’écouter sachant que dans sa parole, je trouverai quelque chose qui m’aidera à tracer mieux ma route.

 

J’aime que cet texte n’appelle pas au rejet de l’autre mais à la rencontre avec soi, à l’exaltation et à la maîtrise de nos langues maternelles qui sont le meilleur vehicule de nos cultures et à la parfaite connaissance de la langue importée pour être relié aux autres. J’aime l’équilibre de sa pensée qui nous rappelle de ne pas tenter d’être l’autre mais de l’accueillir en demeurant soi sachant que la richesse naît de la rencontre respectueuse de l’autre.

 

Il est passé un homme, il est passé un africain, il est passé un père.

Respects.

   

 

 

 

Mes chers cadets,

Celui qui vous parle est l`un des premiers nés du vingtième siècle. Il a donc vécu bien longtemps et, comme vous l`imaginez, vu et entendu beaucoup de choses de par le vaste monde. Il ne prétend pas pour autant être un maître en quoi que ce soit. Avant tout, il s`est voulu un éternel chercheur, un éternel élève, et aujourd`hui encore sa soif d`apprendre est aussi vive qu`aux premiers jours.

Il a commencé par chercher en lui-même, se donnant beaucoup de peine pour se découvrir et se bien connaître en son prochain et l`aimer en conséquence. Il souhaiterait que chacun de vous en fasse autant.

Après cette quête difficile, il entreprit de nombreux voyage à travers le monde : Afrique, Proche-Orient, Europe, Amérique. En élève sans complexe ni préjugés, il sollicita l`enseignement de tous les maîtres et tous les sages qu`il lui fut donné de rencontrer. Il se mit docilement leur à écoute. Il enregistra fidèlement leurs dires et analysa objectivement leur leçon, afin de bien comprendre les différents aspects de leur comportement. Bref, il s`efforça toujours de comprendre les hommes, car le grand problème de la vie, c`est la MUTUELLE COMPREHENSION.

Certes, qu`il s`agisse des individus, des nations, des races ou des cultures, nous sommes tous différents les uns les autres ; Mais nous avons tous quelque chose de semblable aussi, et c`est cela qu`il faut chercher pour pouvoir se reconnaître en l`autre et dialoguer avec lui. Alors, nos différences, au lieu de nous séparer, deviendront complémentaires et sources d`enrichissement mutuel. De même que la beauté d`un tapis tient à la variété de ses couleurs, la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde. Combien ennuyeux et monotone serait un monde uniforme où tous les hommes, calqués sur un même modèle, penseraient et vivraient de la même façon ! N`ayant plus rien à découvrir chez les autres, comment s`enrichirait-on soi-même ?

A notre époque si grosse de menaces de toutes sortes, les hommes doivent mettre l`accent non plus sur ce qui les sépare, mais sur ce qu`ils ont de commun, dans le respect de l`identité de chacun. La rencontre et l`écoute de l`autre sont toujours plus enrichissantes, même pour l`épanouissement de sa propre identité, que les conflits ou les discussions stériles pour imposer son propre point de vue. Un vieux maître d`Afrique disait : il y a  » ma  » vérité et  » ta  » vérité, qui ne se rencontreront jamais.  » LA  » Vérité se trouve au milieu. Pour s`en approcher, chacun doit se dégager un peu de  » sa  » vérité pour faire un pas vers l`autre…

Jeunes gens, derniers-nés du vingtième siècle, vous vivez à une époque à la fois effrayante par les menaces qu`elle fait peser sur l`humanité et passionnante par les possibilités qu`elle ouvre dans le domaine des connaissances et de la communication entre les hommes. La génération du vingt et unième siècle va connaître une fantastique rencontre de races et d`idées. Selon la façon dont elle assimilera ce phénomène, elle assurera sa survie ou provoquera sa destruction par des conflits meurtriers.

Dans ce monde moderne, personne ne peut plus se réfugier dans sa tour d`ivoire. Tous les Etats, qu`ils soient forts ou faibles, riches ou pauvres, sont désormais interdépendants, ne serait-ce que sur le plan économique ou face aux dangers d`une guerre internationale. Qu`ils le veuillent ou non, les hommes sont embarqués sur un même radeau : qu`un ouragan se lève, et tout le monde sera menacé à la fois. Ne vaut-il pas mieux avant qu`il ne soit trop tard ?

L`interdépendance même des Etats impose une complémentarité indispensable des hommes et des cultures. De nos jours, l`humanité est comme une grande usine où l`on travaille à la chaîne : Chaque pièce, petite ou grande, a un rôle défini à jouer qui peut conditionner la bonne marche de toute l`usine.

Actuellement, en règle générale, les blocs d`intérêt s`affrontent et se déchirent. Il vous appartiendra peut-être, ô jeunes gens, de faire émerger peu à peu un nouvel état d`esprits, d`avantage orienté vers la complémentarité et la solidarité, tant individuelle qu`internationale. Ce sera la condition de la paix, sans laquelle, il ne saurait y avoir de développement.

Je me tourne maintenant vers vous, jeunes africains noirs. Peut-être certains d`entre vous se demandent-ils si nos pères avaient une culture, puisqu`ils n`ont pas laissé de livre ? Ceux qui furent pendant si longtemps nos maîtres à vivre et à penser n`ont-ils pas presque réussi à nous faire croire qu`un peuple sans écriture est un peuple sans culture ? Mais, il est vrai que le premier soin de tout colonisateur quel qu`il soit (à toutes les époques et d`où qu`il vienne) a toujours été de défricher vigoureusement le terrain et d`en arracher les cultures locales afin de pouvoir y semer à l`aise ses propres valeurs.

Heureusement, grâce à l`action de chercheurs tant africains qu`européens, les opinions ont évolué en ce domaine et l`on reconnaître aujourd`hui que les cultures orales sont des sources authentiques de connaissances et de civilisation. La parole n`est-elle pas, de toute façon, mère de l`écrit, et ce dernier n`est-il pas autre chose qu`une sorte de photographie du savoir et de la pensée humaine ?

Les peuples de race noire n`étant pas des peuples d`écriture ont développé l`art de la parole d`une manière toute spéciale. Pour n`être pas écrite, leur littérature n`en est pas moins belle. Combien de poèmes, d`épopées, de récits historiques et chevaleresques, de contes didactiques, de mythes et de légendes au verbe admirable se sont ainsi transmis à travers les siècles, fidèlement portés par la mémoire prodigieuse des hommes de l`oralité, passionnément épris de beau langage et presque tous poèmes !

De toute cette richesse littérature en perpétuelle création, seule une petite partie a commencé d`être traduite et exploitée. Un vaste travail de récolte reste encore à faire auprès de ceux qui sont les derniers dépositaires de cet héritage ancestral hélas en passe de disparaître. Quelle tâche exaltante pour ceux d`entre vous qui voudront s`y consacrer !

Mais la culture, ce n`est pas seulement la littérature orale ou écrite, c`est aussi et surtout un art de vivre, une façon particulière de se comporter vis-à-vis de soi-même, de ses semblables et de tout le milieu naturel ambiant. C`est une façon particulière de comprendre la place et le rôle de l`homme au sein de la création.

La civilisation traditionnelle (je parle surtout de l`Afrique de la savane au Sud du Sahara, que je connais plus particulièrement) était avant tout une civilisation de responsabilité et de solidarité à tous les niveaux. En aucun cas un homme, quel qu`il soit, n`était isolé. Jamais on n`aurait laissé une femme, un enfant, un malade ou un vieillard vivre en marge de la société, comme une pièce détachés. On lui trouvait toujours une place au sein de la grande famille africaine, où même l`étranger de passage trouvait gîte et nourriture. L`esprit communautaire et le sens du partage présidaient à tous les rapports humains. Le plat de riz, si modeste fût-il, était ouvert à tous.

L`homme s`identifiait à sa parole, qui était sacrée. Le plus souvent, les conflits se réglaient pacifiquement grâce à la  » palabre  » :  » Se réunir pour discuter « , dit l`adage,  » c`est mettre tout le monde à l`aise et éviter la discorde « . Les vieux, arbitres respectés, veillaient au maintien de la paix dans le village.  » Paix « ,  » La paix seulement ! « , Sont les formules-clé de toutes les salutations et des religions traditionnelles était l`acquisition, par chaque individu, d`une totale maîtrise de soi et d`une paix extérieure. C`est dans la paix et dans la paix seulement que l`homme peut construire et développer la société, alors que la guerre ruine en quelques jours ce que l`on a mis des siècles à bâtir.

L`homme était également considéré comme responsable de l`équilibre du monde naturel environnant. Il lui était interdit de couper un arbre sans raison, de tuer un animal sans motif valable. La terre n`était pas sa propriété, mais au dépôt sacré confié par le créateur et dont il n`était que le gérant. Voilà une notion qui prend aujourd`hui toute sa signification si l`on songe à la légèreté avec laquelle les hommes de notre temps épuisent les richesses de la planète et détruisent ses équilibres naturels.

Certes, comme toute société humaine, la société africaine avait aussi ses tares, ses excès et ses faiblesses. C`est à vous jeunes gens et jeunes filles, adultes de demain, qu`il appartiendra de laisser disparaître d`elles-mêmes les coutumes abusives, tout en sachant préserver les valeurs traditionnelles positives. La vie humaine est comme un grand arbre et chaque génération est comme un jardinier. Le bon jardinier n`est pas celui qui déracine, mais celui qui, le moment venu, sait élaguer les branches mortes et, au besoin, procéder judicieusement à des greffes utiles. Couper le tronc serait se suicider, renoncer à sa personnalité propre pour endosser artificiellement celle des autres, sans y parvenir jamais tout à fait. Là encore, souvenons-nous de l`adage :  » il flottera peut-être, mais jamais il ne deviendra caïman ! « .

Soyez, jeunes gens, ce bon jardinier qui sait que, pour croître en hauteur et étendre ces branches dans les directions de l’espace, un arbre a besoin de profondes et puissantes racines. Ainsi enracinés en vous-mêmes vous pouvez sans crainte et sans dommage ouvrir vers l`extérieur, à la fois pour donner et pour recevoir.

Pour ce vaste travail, deux outils vous sont indispensables : tout d`abord, l`approfondissement et la préservation de vos langues maternelles, véhicules irremplaçables de nos cultures spécifiques ; ensuite, la parfaite connaissance de la langue héritée de la colonisation (pour nous la langue française), tout aussi irremplaçable, non seulement pour permettre aux différentes ethnies africaines de communiquer entre elles et de se mieux connaître, mais aussi pour nous ouvrir sur l`extérieur et nous permettre de dialoguer avec les cultures du monde entier.

Jeunes gens d`Afrique et du monde, le destin a voulu qu`en cette fin de vingtième siècle, à l`aube d`une ère nouvelle, vous soyez comme un pont jeté entre deux mondes : celui du passé, où de vieilles civilisations n`aspirent qu`à vous léguer leurs trésors avant de disparaître, et celui de l`avenir, plein d`incertitudes et de difficultés, certes, mais riche aussi d`aventures nouvelles et d`expériences passionnantes. Il vous appartient de relever le défi et de faire en sorte qu`il y ait, non rupture mutilante, mais continuation sereine et fécondation d`une époque par l`autre.

Dans les tourbillons qui vous emporteront, souvenez-vous de nos vieilles valeurs de communauté, de solidarité et de partage. Et si vous avez la chance d`avoir un plat de riz, ne le mangez pas tout seul !

Si les conflits vous menacent, souvenez-vous des vertus du dialogue et de la palabre !

Et lorsque vous voulez vous employez, au lieu de consacrer toutes vos énergies à des travaux stériles et improductifs, pensez à revenir vers notre Mère la terre, notre seule vraie richesse, et donnez-lui tous vos soins afin que l`on puisse en tirer de quoi nourrir tous les hommes. Bref, soyez au service de la vie, sous tous ses aspects !

Certains d`entre vous diront peut-être :  » c`est trop nous demander ! Une telle tâche nous dépasse ! « . Permettez au vieil homme que je suis de vous confier un secret : de même qu`il n`y a pas de  » petit incendie (tout dépend de la nature du combustible rencontré), il n`y a pas de petit effort. Tout effort compte, et l`on ne sait jamais, au départ de quelle action apparemment modeste sortira l`événement qui changera la face des choses. N`oubliez pas que le roi des arbres de la savane, le puissant et majestueux baobab, sort d`une graine qui, au départ, n`est pas plus grosse qu`un tout petit grain de café…

Amadou Hampaté BA 1985

 

(Nous remercions Dian Diallo de Jamaa Tabital pour l’envoi de ce texte)

 

+ d’articles sur: http://defiafricain.centerblog.net/

La sauvagerie de l’impérialisme états-unien par Noam CHOMSKY (à lire absolument !)

Dans un contexte dans lequel le rouleau compresseur de la pensée unique s’amplifie avec des relais de plus en plus subtils voire sournois, il est utile et salutaire de sortir la tête de l’asphyxie. C’est important de s’abstraire de l’organisation de l’atrophie de la pensée. Ce texte long certes tiré d’une intervention de Noam Chomsky lors d’une conférence est nécessaire et utile, non pour acquiescer sans réfléchir, mais pour recevoir de la matière pour  se fonder une opinion, un regard sur le monde. Questionner sans cesse les affirmations et prises de positions d’un monde occidental à l’impérialisme arrogant est une nécessité. Dans un contexte dans lequel l’actualité nous rappelle cette arrogance, cette conférence sur l’impérialisme américain peut ouvrir les yeux et la pensée. Je vous encourage à prendre le temps de lire ce texte et à le faire lire. Les chaines tombent et tomberont encore. Bonne lecture ! 

Chomsky : la sauvagerie de l’impérialisme états-unien

Conférence de Juin 2010

Article paru sur le site : http://www.legrandsoir.info/Chomsky-la-sauvagerie-de-l-imperialisme-etats-unien.html

1. L’empire des États-Unis, le Moyen-Orient et le monde

Il est tentant de reprendre depuis le début. Le début c’était il y a bien longtemps, mais il est utile de revoir certains points d’histoire qui pourront être comparés à la politique actuelle des États-Unis au Moyen-Orient. Les États-Unis sont un pays très particulier par bien des aspects. Ils sont probablement le seul pays au monde qui soit né empire. C’était un empire enfant – comme George Washington l’a appelé –, et les Pères fondateurs étaient très ambitieux. Le plus libéral d’entre eux, Thomas Jefferson, pensait que l’empire enfant devait s’étendre davantage et devenir le « nid » à partir duquel le continent entier serait colonisé. Cela signifiait se débarrasser des « rouges », les Indiens, lesquels ont effectivement été déplacés ou exterminés. Les Noirs devaient être renvoyés en Afrique dès qu’on n’aurait plus besoin d’eux et les Latins seraient éliminés par une race supérieure.

La conquête du territoire national

Les États-Unis ont été un pays très raciste pendant toute leur histoire, et pas seulement à l’encontre des Noirs. Les idées de Jefferson étaient assez communes, les autres étaient globalement d’accord avec lui. C’est une société de colons. Le colonialisme de peuplement c’est ce qu’il y a de pire comme impérialisme, le genre le plus sauvage parce qu’il requiert l’élimination de la population indigène. Ce n’est pas sans relation, je crois, avec le soutien automatique des États-Unis à Israël, qui est aussi une société coloniale. La politique d’Israël d’une certaine façon fait écho à l’histoire états-unienne, en est une réplique. Et, il y a plus, les premiers colons aux États-Unis étaient des fondamentalistes religieux qui se considéraient être des enfants d’Israël répondant au commandement divin de peupler la terre et de massacrer les Amalécites, etc. C’est tout près d’ici, les premiers colons, au Massachusetts.

Tout cela était fait avec les meilleures intentions. Ainsi, par exemple, le Massachusetts (le Mayflower et toute cette histoire) à reçu sa Charte de la part du roi d’Angleterre en 1629. La Charte chargeait les colons de sauver les populations locales des affres du paganisme. D’ailleurs si vous regardez le sceau de la Bay Colony du Massachusetts vous voyez un Indien qui tient une flèche pointée vers le bas en signe de paix. Et devant se bouche il est écrit « Come over and help us » [« Venez et aidez-nous »]. C’est l’un des premiers exemples de ce qu’on appelle aujourd’hui l’interventionnisme humanitaire. Et ce n’est qu’un exemple, il y a bien d’autres cas au cours de l’histoire, et cela dure jusqu’à nos jours. Les Indiens demandaient aux colons de venir et de les aider et les colons suivaient gentiment le commandement leur demandant de venir et de les aider. En fait nous les aidions en les exterminant.

Après coup on a trouvé ça bizarre. Dans les années 1820, un membre de la Cour suprême a écrit à ce propos. Il dit qu’il est assez étrange que, malgré toute notre bienveillance et notre amour pour les Indiens, ils dépérissent et disparaissent comme les « feuilles d’automne ». Comment était-ce possible ? Il a fini par en conclure que la volonté divine est « au-delà de la compréhension humaine ». C’est simplement la volonté de Dieu. Nous ne pouvons pas espérer comprendre. Cette conception – appelée le providentialisme – selon laquelle nous suivons toujours la volonté de Dieu existe encore aujourd’hui. Quoi que nous fassions nous suivons la volonté de Dieu. C’est un pays extrêmement religieux, unique en son genre en matière de religiosité. Une grande partie de la population – je ne me souviens plus du chiffre, mais il est assez élevé – croit littéralement ce qui est écrit dans la Bible. Le soutien total à Israël est l’une des conséquences de tout cela, parce que Dieu a promis la terre promise à Israël. Donc nous devons les soutenir.

Les mêmes personnes – une part importante des plus importants défenseurs d’Israël – sont des antisémites, parmi les plus extrémistes du monde. À côté d’eux Hitler semble assez modéré. Leur perspective est l’élimination des Juifs après Armageddon. Il y a tout un tas d’histoires à ce propos, lesquelles sont crues, littéralement, jusqu’à un très haut niveau – probablement des gens comme Reagan, George W. Bush, et d’autres. Cela n’est pas sans lien avec l’histoire colonialiste du sionisme chrétien – il précède le sionisme juif, et il est beaucoup plus puissant. C’est l’une des raisons qui expliquent le soutien automatique et inconditionnel à Israël.

La conquête du territoire national est une histoire assez laide. Certaines des personnes les plus honnêtes l’ont reconnu, comme John Quincy Adams, qui était l’un des grands stratèges de l’expansionnisme – le théoricien de la Destinée manifeste, etc. À la fin de sa vie, longtemps après ses propres crimes, il se lamentait sur le sort de ceux qu’il appelait « la malheureuse race des indigènes américains, que nous exterminons sans pitié et avec une perfide cruauté ». Il a dit que ce serait l’un des péchés pour lesquels le Seigneur allait nous punir. Nous attendons encore.

Ses idées sont jusqu’à nos jours tenues en haute considération. Il y a un livre de référence, universitaire, écrit par John Lewis Gaddis, un grand historien états-unien, qui concerne les racines de la doctrine Bush. Gaddis, avec raison, présente la doctrine Bush comme héritière de la grande stratégie de John Quincy Adams. Il dit que c’est un concept qui existe tout au long de l’histoire des États-Unis. Il en fait l’éloge, il considère que c’est la conception correcte – nous devons assurer notre sécurité, l’expansion est le moyen de la sécurité, et vous ne pouvez pas vraiment assurer votre sécurité sans tout contrôler. Donc nous devons nous déployer, non seulement dans l’hémisphère, mais partout dans le monde. C’est la doctrine Bush.

Au moment de la Deuxième Guerre mondiale, sans entrer dans les détails… Bien que les États-Unis aient été depuis longtemps et de loin le pays le plus riche du monde, ils jouaient un rôle secondaire sur la scène mondiale. L’acteur principal c’était la Grande-Bretagne – et y compris la France avait une plus grande présence dans le monde. La Deuxième Guerre mondiale a changé tout cela. Les stratèges états-uniens durant la Deuxième Guerre mondiale, les planificateurs de Roosevelt, ont dès le début de la guerre très bien compris qu’au bout du compte les États-Unis allaient se retrouver dans une position de supériorité absolue.

Alors que la guerre se déroulait – les Russes terrassaient les Allemands, ils ont à ce moment presque gagné la guerre en Europe – on avait compris que les États-Unis seraient dans une position de domination encore plus nette. Et ils ont donc élaboré des plans pour la configuration du monde de l’après-guerre. Les États-Unis auraient le contrôle total d’une zone qui comprendrait l’hémisphère occidental, l’Extrême-Orient, l’ex-Empire britannique, la plus grande partie possible de l’Eurasie, incluant donc l’Europe occidentale et son importante infrastructure commerciale et industrielle. C’est le minimum. Le maximum c’est le monde entier ; et bien entendu c’est ce dont nous avons besoin pour notre sécurité. Dans cette zone les États-Unis auraient le contrôle incontesté et empêcheraient tous les pays d’aller vers davantage de souveraineté.

Les États-Unis se trouvent à la fin de la guerre dans une position de domination et de sécurité sans équivalent dans l’histoire. Ils ont la moitié de la richesse mondiale, ils contrôlent tout l’hémisphère occidental et les deux rives des deux océans. Ce n’était pas un contrôle total. Les Russes étaient là et il y avait encore quelques parties hors de contrôle, mais l’expansion avait été remarquable. Juste au centre se trouvait le Moyen-Orient.

Adolf A. Berle, une personnalité libérale, qui fut très longtemps le conseiller du président Roosevelt, mettait l’accent sur le fait que contrôler le pétrole du Moyen-Orient signifierait dans une bonne mesure, contrôler le monde. Cette doctrine reste inchangée, elle est encore en vigueur actuellement et c’est l’un des facteurs essentiels pour décider des orientations politiques.

Après la Deuxième Guerre mondiale

Durant la Guerre froide les décisions politiques étaient invariablement justifiées par la menace russe. C’était dans une bonne mesure une menace fictive. Les Russes géraient leur propre petit empire avec un prétexte similaire, la menace états-unienne. Ce rideau de fumée n’existe plus depuis la chute de l’Union soviétique. Pour ceux qui veulent comprendre la politique étrangère de États-Unis, un point qui de toute évidence devrait être observé c’est ce qui est arrivé après la disparition de l’Union soviétique. C’est naturellement le point qu’il faut observer, et il s’ensuit presque automatiquement que personne ne l’observe. On en parle à peine dans la littérature universitaire alors qu’il est évident que c’est ce que vous devez regarder pour comprendre la Guerre froide. En fait si vous regardez vous obtenez des réponses tout à fait claires. Le président à l’époque était George Bush I. Immédiatement après la chute du mur de Berlin, il y a eu une nouvelle stratégie de sécurité nationale, un budget de la défense, etc. C’est très intéressant. Le message principal est le suivant : rien ne va changer sauf les prétextes. Donc nous avons encore besoin, disaient-ils, d’une force militaire gigantesque, non pas pour nous défendre des hordes russes parce que ça n’existe plus, mais à cause de ce qu’ils ont appelé la « sophistication technologique » de certains pouvoirs dans le Tiers monde. Maintenant si vous êtes une personne bien éduquée, bien formée, qui vient de Harvard, etc., vous n’êtes pas supposé rire quand vous entendez ça. Et personne n’a ri. En fait je pense que personne n’en a rendu compte. Donc, disaient-ils, nous devons nous protéger de la sophistication technologique des puissances du Tiers monde et nous devons maintenir ce qu’ils ont appelé la « base industrielle de la défense » – un euphémisme pour parler de l’industrie high-tech (les ordinateurs, Internet, etc.), qui dépend principalement du secteur étatique, sous le prétexte de la défense.

Concernant le Moyen-Orient… Ils disaient que nous devions maintenir nos forces d’intervention, la plupart d’entre elles au Moyen-Orient. Puis vient une phase intéressante. Nous devons faire barrage pour contenir l’ennemi. Nous devons maintenir les forces d’intervention au Moyen-Orient pour défendre nos intérêts, la région qui « ne pouvait pas être offerte en cadeau au Kremlin ». En d’autres termes, désolés les gars, nous vous avons menti pendant 50 ans, mais maintenant que le prétexte n’existe plus, nous vous dirons la vérité. Le problème au Moyen-Orient est ce qu’on appelle le nationalisme radical. « Radical » signifie simplement indépendant. C’est un terme qui signifie « ne suit pas les ordres ». Le nationalisme radical peut être de différentes sortes. L’Iran en est un bon exemple.

 

La menace du nationalisme radical

En 1953 la menace iranienne c’était un nationalisme laïque. Après 1978 c’est le nationalisme religieux. En 1953 on a renversé le régime parlementaire et on a installé un dictateur beaucoup plus à notre goût. Ce n’était pas un secret. Le New York Times, par exemple, dans un éditorial, se réjouissait du renversement du gouvernement iranien, estimant qu’il s’agissait d’une bonne « leçon de choses » pour les petits pays qui devenant fous, emportés par le nationalisme radical, rejettent toute autorité et veulent contrôler eux-mêmes leurs ressources. Ce sera une leçon de choses pour eux : n’essayez pas ce genre de bêtises, et certainement pas dans cette région dont nous avons besoin pour contrôler le monde. C’était en 1953.

Depuis le renversement du tyran imposé par les États-Unis en 1979 l’Iran a continuellement été attaqué par les États-Unis. Au début Carter a essayé de répondre au renversement du shah en organisant un coup d’État. Ça n’a pas marché. Les Israéliens – l’ambassadeur… il y avait des relations très proches entre Israël et l’Iran sous le shah, bien que théoriquement il n’y eût pas de relations formelles – ont fait savoir que si nous pouvions trouver des officiers disposés à tuer 10 000 personnes dans les rues, nous pourrions rétablir le régime du shah. Zbigniew Brzezinski, le conseiller de Carter à la sécurité nationale, avait à peu près les mêmes idées. Mais ça n’a pas vraiment marché. Les États-Unis ont alors immédiatement soutenu Saddam Hussein, pour qu’il envahisse l’Iran. Et ce n’est pas une mince affaire. Des centaines de milliers d’Iraniens ont été massacrés. Les gens qui sont à la tête de l’Iran actuellement sont des vétérans de cette guerre et ils ont une claire conscience du fait que l’ensemble du monde est contre eux – les Russes, les États-Uniens, tout le monde soutenait Saddam Hussein, tout le monde voulait renverser le nouvel État islamique.

Ce n’est pas peu de choses. Le soutien des États-Unis à Saddam Hussein est allé très loin. Les crimes de Saddam – comme le génocide d’Anfal, massacre de Kurdes – étaient niés. Le gouvernement Reagan les démentait et les attribuait à l’Iran. À l’Irak on a même donné un privilège rare. C’est le seul pays, avec Israël, qui a pu attaquer un navire états-unien et s’en sortir impunément. Dans le cas d’Israël c’était le USS Liberty en 1967. Dans le cas de l’Irak c’était le USS Stark en 1987 – un navire qui appartenait à la flotte états-unienne protégeant les convois irakiens des attaques iraniennes pendant la guerre. Ils ont attaqué le navire avec des missiles français, ils ont tué plusieurs dizaines de marins – et ils n’ont reçu qu’une petite tape sur la main, rien de plus.

Le soutien des États-Unis était tel que c’est quasiment eux qui ont remporté la guerre pour l’Irak. Une fois la guerre finie, le soutien des États-Unis à l’Irak a continué. En 1989 George Bush I a invité des ingénieurs nucléaires irakiens aux États-Unis, pour qu’ils reçoivent des formations de pointe dans le domaine des armes nucléaires. C’est l’une de ces petites choses qu’on cache parce que quelques mois plus tard Saddam est devenu un mauvais garçon. Il a désobéi aux ordres. Juste après cela il y a eu de terribles sanctions, etc.

La menace iranienne

Pour en revenir à notre époque, dans la littérature sur la politique étrangère et dans les commentaires généraux ce que vous lisez généralement c’est que le problème le plus important pour les États-Unis était et reste la menace iranienne. Qu’est-ce que c’est que cette menace iranienne au juste ? Nous disposons d’une source qui fait autorité sur ce point. C’était il y a quelques mois : un compte rendu au Congrès des États-Unis émanant du département de la défense et des services d’intelligence. Tous les ans ils font un compte rendu au Congrès sur la situation mondiale en matière de sécurité. Le dernier compte rendu, celui d’avril dernier, comporte une partie qui concerne l’Iran, bien sûr, la plus grande menace. Il est important de lire ce compte rendu. Ce qu’ils disent c’est que, quoi qu’il en soit de la menace iranienne, ce n’est pas une menace militaire. Ils disent que les dépenses militaires iraniennes sont plutôt basses, y compris si on les compare aux pays de cette région ; et si on les compare à celles des États-Unis, elles sont insignifiantes – probablement moins de 2% de nos dépenses militaires. Par ailleurs ils disent que la doctrine militaire iranienne est basée sur le principe de la défense du territoire national, elle est conçue pour contenir une invasion pendant un temps suffisant pour rendre possible le passage à l’action diplomatique. Voilà la doctrine militaire des Iraniens. Ils disent qu’il est possible que l’Iran pense aux armes nucléaires. Ils ne vont pas plus loin que cela, mais ils disent que si les Iraniens développaient des armes nucléaires ce serait dans le cadre de leur stratégie défensive, afin de prévenir une attaque, ce qui est une éventualité assez réaliste. Le plus grand pouvoir militaire de l’histoire – c’est-à-dire nous –, qui leur a toujours été extrêmement hostile, occupe deux pays frontaliers de l’Iran et menace ouvertement d’attaquer ce pays. Israël, État client des États-Unis, lance les mêmes menaces. Voilà pour le côté militaire de la menace iranienne telle qu’identifiée dans le Military Balance.

Ils disent par ailleurs que l’Iran est une menace majeure parce que ce pays tente d’étendre son influence dans les pays voisins. On appelle cela déstabilisation. Ils œuvrent à la déstabilisation dans les pays voisins en tentant d’augmenter leur influence et cela est un problème pour les États-Unis, parce que les États-Unis tentent d’apporter la stabilité. Lorsque les États-Unis envahissent un pays c’est pour apporter la stabilité – un terme technique dans la littérature des relations internationales qui signifie obéissance aux ordres des États-Unis. Donc lorsque nous envahissons l’Irak ou l’Afghanistan, c’est pour créer de la stabilité. Si les Iraniens essaient d’accroître leur influence, juste chez leurs voisins, c’est déstabilisant. Cette doctrine, comme tant d’autres, est élaborée dans les universités. Un commentateur libéral et ex-éditeur de Foreign Affairs, James Chase, a même pu dire sans crainte du ridicule que les États-Unis devaient déstabiliser le Chili d’Allende pour apporter la stabilité – c’est-à-dire la soumission aux États-Unis.

Qu’est-ce que le terrorisme ?

La deuxième menace iranienne c’est le soutien au terrorisme. Qu’est-ce que le terrorisme ? On nous donne deux exemples du soutien de l’Iran au terrorisme : son soutien au Hezbollah libanais et son soutien au Hamas palestinien. Quoi que vous pensiez du Hezbollah et du Hamas – vous pensez peut-être que c’est ce qu’il y a de pire au monde –, qu’est-ce qui fait qu’on les considère terroristes ? Bon, le « terrorisme » du Hezbollah est fêté tous les ans au Liban le 25 mai, fête nationale libanaise qui célèbre l’expulsion des envahisseurs israéliens du Liban en 2000. La résistance du Hezbollah et sa guerre de guérilla avaient fini par obliger Israël à se retirer du Sud-Liban, mettant fin à une occupation de 22 ans, avec son lot de terreur, de violence, de torture – occupation maintenue en violation des ordres du Conseil de sécurité de l’ONU.

Donc Israël a finalement quitté le Liban et c’est le jour de la Libération au Liban. Voilà globalement ce qui est considéré comme le terrorisme du Hezbollah. C’est comme ça qu’il est décrit. En fait, en Israël c’est même décrit comme une agression. Vous pouvez lire la presse israélienne ces jours-ci et des politiciens de premier plan disent que c’était une erreur de se retirer du Sud-Liban parce que cela permet à l’Iran de poursuivre son « agression » contre Israël, agression qui a commencé en 2000 avec le soutien à la résistance contre l’occupation israélienne. C’est considéré comme une agression contre Israël. Ils ont les mêmes principes que les États-Unis, nous disons la même chose. Voilà pour le Hezbollah. Il y a d’autres actes que vous pourriez critiquer, mais voilà ce qu’est le terrorisme du Hezbollah.

Un autre crime commis par le Hezbollah c’est que la coalition dont il est l’élément principal a largement emporté les dernières élections parlementaires ; mais en raison du principe communautariste qui prévaut pour l’assignation des sièges ils n’ont pas reçu la majorité des sièges. Thomas Friedman [du New York Times] a donc versé des larmes de joie, comme il l’a lui-même expliqué, lors de ces merveilleuses élections libres au Liban, le président Obama ayant battu le président iranien Ahmadinejad. D’autres se sont joints à cette célébration. Autant que je sache personne n’a rendu compte des véritables résultats électoraux.

Et le Hamas ?

Hamas est devenu une menace sérieuse – une organisation terroriste importante – en janvier 2006 lorsque les Palestiniens ont commis un crime vraiment grave. C’était au moment des premières élections libres jamais tenues dans le monde arabe et les Palestiniens ont voté comme il ne fallait pas. C’est inacceptable pour les États-Unis. Immédiatement, sans la moindre hésitation, les États-Unis et Israël ont fait savoir qu’ils prenaient la décision de punir les Palestiniens pour ce crime. Juste après vous avez pu lire dans le New York Times deux articles qui se côtoyaient – l’un des deux parlant de notre amour pour la démocratie, ce genre de choses, et l’autre parlant de nos projets de punition contre les Palestiniens parce qu’ils avaient mal voté aux élections de janvier. Aucune contradiction.

Les Palestiniens avaient dû subir bien des punitions avant les élections, mais elles ont été accentuées après – Israël est allé jusqu’à couper l’alimentation en eau à la bande de Gaza, si aride. Au mois de juin Israël avait déjà lancé 7 700 roquettes sur Gaza. Tout cela s’appelle défense contre le terrorisme. Puis les États-Unis, et Israël, avec la coopération de l’Autorité palestinienne, ont essayé d’organiser un coup pour renverser le gouvernement élu. Ils ont échoué et le Hamas a pris le contrôle de Gaza. Après cela le Hamas est devenu l’une des principales forces terroristes au monde. Vous pouvez leur faire beaucoup de critiques – leur façon de traiter leur propre population par exemple – mais le terrorisme du Hamas est assez difficile à prouver. Les accusations actuelles concernent les roquettes lancées de Gaza sur les villes israéliennes frontalières. C’est la justification qui a été donnée pour l’opération « plomb durci » (l’invasion israélo-états-unienne de décembre 2008) et aussi pour l’attaque israélienne contre la Flotille de la paix en juin 2010, dans les eaux internationales. Neuf personnes avaient alors été tuées.

Il n’y a que dans un pays très endoctriné que vous pouvez entendre ces choses ridicules et ne pas rire. Passons sur la comparaison entre les roquettes Qassam et le terrorisme que les États-Unis et Israël pratiquent constamment. L’argument n’a absolument aucune crédibilité pour une raison bien simple : Israël et les États-Unis savent très bien comment arrêter les tirs de roquettes : par des moyens pacifiques. En juin 2008 Israël a accepté un cessez-le-feu avec le Hamas. Israël ne l’a pas vraiment respecté – ils étaient supposés ouvrir les frontières et ils ne l’ont pas fait – mais le Hamas l’a respecté. Vous pouvez vérifier sur les sites officiels israéliens ou écouter leur porte-parole officiel, Mark Regev : ils sont d’accord pour dire que durant le cessez-le-feu le Hamas n’a pas lancé une seule roquette.

Israël a rompu le cessez-le-feu en novembre 2008 en envahissant Gaza et en tuant une demi-douzaine de militants du Hamas. Quelques roquettes ont alors été lancées, puis Israël a lancé une attaque bien plus importante. Il y a eu des morts, tous palestiniens. Hamas a proposé le retour au cessez-le-feu. Le gouvernement israélien a évalué l’offre, puis l’a rejetée, optant pour le recours à la violence. Quelques jours plus tard il y a eu l’attaque israélo-états-unienne contre Gaza.

Aux États-Unis, et en Occident de façon générale, y compris les organisations de défense des droits humains, y compris le rapport Goldstone, on considère comme une évidence le droit d’Israël à se défendre en utilisant la force. Il y a eu des critiques disant que l’attaque était disproportionnée, mais cela est secondaire par rapport au fait qu’Israël n’avait absolument pas le droit d’utiliser la force. Vous n’avez aucune justification pour l’utilisation de la force tant que vous n’avez pas épuisé les recours pacifiques. Dans ce cas les États-Unis et Israël n’avaient non seulement pas épuisé les recours pacifiques, ils avaient rejeté tout recours aux moyens pacifiques, alors que c’était parfaitement possible et ils le savaient bien. Ce principe selon lequel Israël a le droit de lancer des attaques militaires est tout bonnement un fascinant cadeau.

Quoi qu’il en soit, que l’Iran essaie d’étendre son influence et que l’Iran soutienne le Hezbollah et le Hamas c’est, du point de vue des services d’intelligence et du département de la défense, ce qui constitue son soutien au terrorisme.

Noam Chomsky

Source : http://www.zcommunications.org/u-s-…

Traduction : Numancia Martínez Poggi

 

Patrick BEBEY en concert le 10 Mars au Zèbre de Belleville

patrickbebey1.jpgJe ne sais pas pour vous mais j’aime que les musiciens me surprennent, me transportent, me fassent sortir des sentiers battus de la musique sans surprise qui inonde les ondes. J’aime que le temps d’un concert voire de l’écoute d’un CD, je sois ailleurs, que l’artiste par son univers, son talent, sa sensibilité et sa créativité se saisisse du lasso d’une note ou d’un accord pour capturer mon attention. Patrick Bebey est de ceux là.

Il y a plus bientôt deux ans, je l’ai vu dans une petite salle de concert à Paris et il m’a, il nous a offert, par sa musique, un magnifique voyage.

Ce musicien multi instrumentiste est un explorateur de sons qui vous ballade d’une forêt tropicale d’Afrique à l’Amérique du Sud sans rupture. L’artiste qui a commencé sa carrière professionnelle en 1986, en tant que musicien a été au contact de musiques africaines d’horizon divers, il a par ailleurs œuvré dans des formations de jazz en tant que pianiste, et a accompagné des chanteurs de l’hexagone. L’homme a visiblement absorbé des influences musicales et sonores sur plusieurs continents. C’est ainsi que son univers musical est à la fois surprenant et cohérent.

Son talent de musicien n’est plus à prouver son parcours musical parle de lui-même. Heureusement parce que l’homme n’est pas disert. Comme les artistes, son langage est son art et le lieu de rencontre avec lui. Des figures importantes de la musique telles que Miriam Makeba, Francis Bebey, Papa Wemba, CharlElie Couture, Geoffrey Oryema, Ray Lema, Wasis Diop et  bien d’autres ont fait appel à son talent de pianiste et de réalisateur pour un album ou un autre.

Le talent de Patrick Bebey aura mûri au en travaillant pour et avec d’autres. Belle école pour laisser parler son propre univers le temps venu.

Ce 10 Mars à 20h30, Patrick Bebey présentera son album « Oa na Mba ».

Le titre de l’album est en soi un jeu de mot qui apparaît à qui est attentif. Il ressemble à l’artiste tout en finesse, en pudeur et en nuances. Oa na mba en langue Duala veut dire d’une part « toi et moi » et d’autre part « tu dis que c’est (à) moi ».
Dans cet album voulu comme un hommage à Francis Bebey son père disparu il y a la double dimension du duo par delà les mondes entre le père et le fils unis par la passion de la musique et des explorations sonores. Il y a aussi le passage de témoin « tu dis que c’est à moi, que c’est mon tour ». Il prend son tour avec grâce et maestria ! Dans l’album il y a une chanson, une mélopée superbe qui de cette absence majeure.

L’Album est superbe. Patrick est un défricheur de son absolument extraordinaire et le voir sur scène est un bonheur. Simplicité, humour,  convivialité, et décontraction accompagnent la beauté de sa musique.

Patrick nous offrira aussi des titres de son prochain album. J’ai hâte de les découvrir !

Les franciliens ont la possibilité de rencontrer cet univers musical à Paris :

LE 10 MARS au ZEBRE DE BELLEVILLE

à 20H30

 Metro : Belleville ou Couronnes

Prix des places : 13€ ou 15€ (selon que l’on ait réservé ou pas).

Réservations : reservation.sinaperformance@gmail.com

(En précisant votre nom et le nombre de billets que vous souhaitez réserver. Le paiement se fera en caisse le jour du concert et chaque billet vous coûtera 13€)

Pour ceux qui n’auront pas réservé le prix de la place sera de 15€

Patrick Bebey sera accompagné sur scène de :

Luiz Augusto Cavani :   batterie
Moussa Sissokho :         percussions
Marc Bertaux :              basse


Merci de faire passer l’information

Eloge de l’autre par Tahar Ben Jelloun

« Le dialogue véritable suppose la reconnaissance de l’autre à la fois dans son identité et dans son altérité »

(Proverbe Africain)

« Si je diffère de toi, loin de te léser, je t’augmente. »
(Antoine de Saint Exupéry)

 

Eloge de l'autre par Tahar Ben Jelloun dans altérité 12467_180123991469_682081469_3458833_5370768_n

 

Je vous propose une incursion dans un texte magnifique de Tahar Ben Jelloun. J’aime la beauté de ses mots, la précision, la pudeur et l’élégance avec laquelle il raconte le funambule qu’est celui qui est loin de chez lui, exilé de l’intérieur loin des sensations propres à sa terre d’origine.
« L’étranger a toujours un ciel froissé au fond des yeux. » Où a t-il été cherché cette phrase sublime et bouleversante ?

L’altérité est richesse et douleur, elle est négociations permanentes avec son environnement pour demeurer constant dans le changement. Au cœur des discours qui parlent de lui envisageant son intégration et proposant sa désintégration pour être assimilé il se bat pour évoluer sans se perdre. On voudrait qu’il oublie la langue de ses pères, cette dernière est son repère, le lien avec lui même. C’est un ensemble de sons, c’est une musique particulière qu’il transfère quand il parle langue du pays qui l’accueille. Son accent, sa différence font sourire, il ne les entend pas toujours, quand il parle, sa voix et ses intonations lui sont une matrice. Il se trouve que parfois celui qui a souffert des violences de l’altérité est d’une rare férocité avec celui qui est différent. Nous sommes toujours l’étranger, l’autre de quelqu’un. Un texte comme celui qui suit nous fait vivre cet autre de l’intérieur et aller à sa rencontre et l’accueillir comme un frère.

 

ÉLOGE DE L’AUTRE

Celui qui marche d’un pas lent
Dans la rue de l’exil
C’est toi
C’est moi
Regarde-le bien,
Ce n’est qu’un homme

Qu’importe le temps,
la ressemblance,
le sourire au bout des larmes
L’étranger a toujours
Un ciel froissé au fond des yeux

Aucun arbre arraché
Ne donne l’ombre qu’il faut
Ni le fruit qu’on attend

La solitude n’est pas un métier
Ni un déjeuner sur l’herbe
Une coquetterie de bohémiens

Demander l’asile est une offense
Une blessure avalée
Avec l’espoir qu’un jour
On s’étonnera d’être heureux
Ici ou là-bas.

Tahar Ben Jelloun

 

12467_180132021469_682081469_3459009_7629094_n dans altérité


Merci à vous Monsieur Ben Jelloun d’avoir su mettre des mots sur cet état d’être propre à l’altérité.

Les mots de Souleymane Diamanka

 « Les mots sont les vêtements de l’émotion
Et même si nos stylos habillent bien nos phrases
Peuvent-ils vraiment sauver nos frères du naufrage… »

 

SOULEYMANE DIAMANKA 

dans

Les Poètes Se Cachent Pour Ecrire

 

9.jpg picture by maddyspaceSouleymane Diamanka, Slammeur et griot, poète urbain et magicien des mots. Amoureux des mots jusqu’à la précision, sans pour autant laisser la quête de la précision ravir l’émotion. Je le découvre peu à peu grâce à Natty (merci madâaaaaaaame) et la beauté et la maturité, la poésie des textes que je découvre me touche. De sa voix grave il aime à se situer dans sa lignée familiale s’ancrant de fait dans son héritage peul de même que dans la culture française. Les peul peuple de bergers d’Afrique occidentale valorisent l’oralité comme mode d’expression et de transmission. Le pont entre le griot et le slammeur est vite franchi. Les mots comme héritage, les mots comme transmetteurs d’être et d’états d’être. Les mots comme des armes pour dire les blessures et aussi pour guérir. de Ses racines peul il les déclame.

« Je m’appelle Souleymane Diamanka dit Duajaabi Jeneba

Fils de Boubacar Diamanka dit Kanta Lombi

Petit-fils de Maakaly Diamanka dit Mamadou Tenen(g)

Arrière-petit-fils de Demba Diamanka dit Len(g)el Nyaama

Et cætera et cætera…

J’ai été bercé par les vocalises silencieuses de mes ancêtres

Et je sais que cette voix jamais elle ne s’éteindra »

(Extrait de : L’hiver Peul)

Comment dire mieux que lui ce qu’il est ?

Je l’ai entendu raconter lors d’une interview le fait que son père tenait à ce qu’à la maison ils parlent uniquement le peul. Ce père dont on entend la voix dans l’hiver peul. Il tenait à ce que ses enfants soient des peul de bordeaux, que le fait d’être de bordeaux ne les coupe pas de leurs racines. Le père qui n’a pas voulu que la barrière de la langue se dresse entre ses enfants et lui. Ce père qui n’a pas voulu qu’une appréhension non maîtrisée de la langue française le déprécie éventuellement aux yeux de ses enfants qui auraient pu à cause de la barrière de la langue ne jamais aller à la rencontre de la noblesse de ce père. Souleymane Diamanka reconnaît dans son entretien que cette décision du père a été salutaire pour le regard de ses enfants sur lui et sur la culture d’origine. Souleymane Diamanka peut ainsi déployer les deux ailes de son double ancrage culturel et offrir des texte et des mots à l’interconnexion de son double ancrage. Du slam certes mais bercé par des musiques et des instruments venus de la terre de ses pères. Ce double ancrage apparaît dans la beauté de l’expression et du texte de « l’hiver peul »

Le « poète peul amoureux » « pose sur ses cordes vocales un tapis de velours » pour dire sa muse amoureuse que dans sa langue il appelle mon amour. « Une muse pose nue dans une métaphore et métamorphose son poète en peintre ». Pour entendre la beauté de cette déclaration je vous laisse découvrir la muse amoureuse dans son album l’hiver Peul.

Retourne sur ta planète est un morceau magnifique qui parle de l’état déplorable d’une planète qui a choisi la guerre, la vengeance. « retourne sur ta planète la terre c’est trop dangereux ». La beauté de la musique et le calme de sa voix contrastent singulièrement à l’état des lieux qu’il fait de la planète. J’aime beaucoup le sens de l’image qui est l’une des forces de ses textes.

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Les poètes se cachent pour écrire est un beau texte pour dire son rapport à l’écriture. Il mèle le français et le peul et dans sa voix les mots passent d’une langue à l’autre sans rupture. La musique envoutante semble accompagner une incantation quand il parle peul. C’est un beau texte qui est et ça se comprend le préféré d’une princesse peul amoureuse éperdue des mots. Dédicace…

L’hiver peul est un texte magnifique. Mon père était berger avant d’être ouvrier. Il était prince avant d’être pauvre.Avant ce bâtiment quelconque dans la clairière des oubliés, il habitait une case immense… »

Je pourrais continuer encore et encore mais je vous laisse aller à la rencontre de Souleymane Diamanka en vous livrant encore quelques uns de ses mots.

Dans le chagrin des anges il dit cette chose magnifique  qui dit son rapport aux mots et à la fonction sociale du poète : « nul n’est poète en son pays et pourtant j’ai vu ceux qui suent et deux qui saignent devenir ceu qui sèment les mots qui soignent ».

Trouver le mot juste pour dire l’impression, résumer en une locution ce que d’autres diraient plus longuement, le mots qui claquent déclamés d’une voix douce et maîtrisée. L’homme prend de la hauteur sur la situation sociale et en livre une lecture humaniste comme s’il parlait avec la voix et la sagesse des ancêtres : « on nous montre la violence des jeunes dans les rues infestées mais je sais que la haine c’est un chagrin qui s’est infecté » (le chagrin des Anges). Il fallait la trouver cette expression vous ne trouvez pas ? Faut-il qu’il ait foi dans la puissance de guérison des maux par les mots pour avoir cette lecture de la situation sociale. Sur son site il y a un poème en construction qui éclaire sur son appréhension de la vertu curative du verbe.

J’aime par ailleurs ses mots dans papillon en papier qui en parlant de ses mots dit ceci  : « même s’il est né de ma plume, si tu l’as aimé et qu’il t’a plu, ce n’est plus mon poème »

Je vous laisse aller à la rencontre des mots de Souleymane Diamanka, des mots qui laissent une place à qui écoute pour y trouver sa place. Ces mots généreusement offerts bien que nés de sa plume ne seront plus les siens, mais ils seront aussi les vôtres parce que vous les aurez reçus, vous vous les seriez appropriés. Ah si vous entendiez son salut au vieux sahara accompagné d’une musique entetante qui semble vous transporter dans une nuit au désert.

J’ai attendu longtemps que le néant s’anime

Que chaque mot trouve sa phrase

Et que chaque phrase trouve sa rime

Le pays des songes est derrière une grande colline

Pour écrire, je me sers de la réalité comme d’un trampoline

(Moment d’Humanité)

De mon point de vue la réalité est un trampoline dont Souleymane Diamanka se sert de fort belle manière. Il vaut la découverte et sa voix est superbe. Que dis-je à tomber par terre. Clin doeil

Ecoutez le dire la muse amoureuse :

http://www.dailymotion.com/video/k17fp4wafnGWq7mrkt

Photos piquées sur le site officiel de l’artiste : http://souleymanediamanka.artistes.universalmusic.fr/

Le sourire de JayLou Ava: Impressions subjectives sur le concert à la bellevilloise

 Il ya quelques mois j’ai eu le privilège d’assister à une soirée de toute beauté. JayLou Ava musicien de grande classe était en concert à paris. En première partie se produisait Blick Bassy dont je vous ai déjà parlé. Les deux chanteurs nous ont offert des momens enchanteurs. Ce concert a été l’occasion d’une « rencontre ». Une rencontre avec un musicien de grande classe qui allie humilité et talent. Après le concert l’impression d’avoir vécu une parenthèse enchantée vous accompagne. Hier, 23 septembre c’était l’anniversaire du musicien alors comment trouver un plus beau prétexte pour exhumer une chronique déjà ancienne et mettre en lumière sur mon blog un artiste qui de mon point de vue vaut largement la découverte.

J’ai eu par ailleurs lors de ce concert le privilège de rencontrer l’un des visiteurs réguliers du blog et je n’ai pas été déçue. La suite a prouvé que des amitiés nées dans le monde virtuel peuvent offrir de belles choses. Il se reconnaîtra.Cool  

Amitiés

l_88b98b4fddcadff246383ebf34fdce-1.jpg picture by maddyspaceLe quartier de Belleville, le mardi deux avril il est environ vingt et une heures trente et impossible de se garer. Pourquoi s’entêter à tourner en rond dans le quartier alors qu’il est évident que se garer relève de la gageure. Je ne conduis pas. Je peux m’autoriser quelque contrariété sans mettre en danger qui que ce soit. Mais solidarité avec le conducteur oblige, je dois réfréner les agacements qui menacent de se convertir énervement.  Dans mon imaginaire j’entends les musiques de Jay Lou Ava et de Blick Bassy. J’imagine l’ambiance du concert que je manque à quelques encablures de la Bellevilloise salle de concert devenant objet de mes convoitises obsessionnelles. Est-il possible que je manque le concert de ces deux messieurs que je suis venue découvrir sur scène ? Il y a Jay Lou Ava dont je connaissais l’existence mais qui ne m’avait pas encore arrêtée sur le chemin de mes pérégrinations musicales jusqu’au jour où, au détour d’un hasard j’ai entendu sa guitare sublimer un « My way » entendu dans des versions multiples. La virtuosité, les harmonies, la redécouverte de cette mélodie m’ont donné envie d’aller à la rencontre de son univers. Puis son « Mot’a benama » a mis ma mémoire en mode nostalgie me rappelant les odeurs, les parfums d’enfance du côté d’une terre qui parle des langages qui rencontrent l’intime de mon être. J’avais ensuite été bouleversée par son « God bless Africa ». J’ai découvert la musique de Blick Bassy au travers d’un bouche à oreille favorable. La visite de son « My Space » m’a impressionnée. Jeunesse, sensibilité et maturité se rencontraient dans une voix et des mélodies qui me rencontraient. Maria, Donalina, et Sofie, prénoms de femmes racontant des histoires différentes, mais la sensibilité et la beauté sont en filigrane dans chacune des chansons.
Les savoir en concert à deux pas d’une voiture ne trouvant pas place pour se garer au cœur de Paris avait un côté drolatique, voire ubuesque. La ville de Paris est de moins en moins accueillante pour les voitures et il se trouve que ce n’est pas demain la veille du jour où je me mettrai au vélib !
En attendant nous avons tourné pratiquement une heure avant de nous garer sur un couloir de bus. Incivisme quand tu nous tiens ! Oui mais Blick et Jay Lou sont à deux pas. La crème de ce que le Cameroun offre de mélodieux, d’harmonieux, d’inspiré, de beau est à deux pas et l’on se laisserait arrêter par des considérations telles que les couloirs de bus ? Que nenni !  Nous arrivons enfin à la Bellevilloise et ô miracle le concert commence à peine. L’ouvreuse s’excuserait presque du retard. Retard béni ! Je vais pouvoir faire en grande partie le voyage en musique pour lequel depuis des semaines je me prépare…
 

Jay Lou Ava arrive sur scène avec discrétion. Il est habillé d’un sourire qu’il nous offrira et partagera avec ses musiciens plusieurs fois dans la soirée.  Avez-vous remarqué que le sourire d’un être raconte ses restrictions ou ses dilatations intérieures ? Jay Lou Ava a un sourire qui parle à la fois de réserve et de porte ouverte vers l’autre. Il a le sourire de l’assurance et du doute créatif, cette contradiction fondamentale qui est intrinsèque à l’être artiste. Le sourire de Jay Lou Ava se fera à la fois bienveillant et sobre. A d’autre moments il se fait mélancolique pour être remplacé par un sourire des plus rayonnants. Le sourire de Jay Lou Ava, clé d’entrée et fil conducteur de mes perceptions sensorielles durant le concert. Si ce sourire parle de la vérité de ce musicien de grande classe que dit-il de lui ? Le son de sa guitare et les mélodies dont il est le talentueux compositeur indiquent les portes dont le sourire est la clé.
Le son de sa guitare appelle les conversations à s’arrêter, le concert commence. Habillé de marron et d’un pantalon aux rayures fines, l’homme s’impose sans bruit comme le patron. Il joue sans cabotiner, il est à sa place et l’espace est sien sans qu’il ait besoin de gestes amples. Impressionnant. L’homme et sa guitare semblent faire corps. Les sons de la guitare sont sa voix, son message. Ses yeux se ferment quelquefois brièvement. Où va t-il ? L’homme semble ne pas être avec nous. Où le conduisent les notes qu’il égrène à la guitare ? Mystère de l’artiste, mystère de l’homme. Il nous invite à monter dans cette sphère dans laquelle le mélodieux et le beau sont l’atmosphère naturelle. Le pianiste a l’air ravi d’être là. Noël Ekwabi le bassiste aussi, dégageant une assurance qui se confirmera par la maîtrise de son instrument et de l’aisance avec laquelle il interagira avec le public. C’est lui qui nous demandera une ovation pour le patron. La groupie déchaînée à ma droite, éblouie par le bassiste demandera dans un cri enthousiaste s’il est marié. Après le « bonbon Blick », le dessert Ekwabi. Elle est déchaînée ma voisine de droite. Il faut dire que le bassiste aura été incroyable. Revenons au début de la prestation de Jay Lou Ava.

Jay Lou Ava est accompagné en outre de Fafa Ruffino choriste sublime dans une tenue que lui envierait sans doute Erykah Badu. Il y a derrière le pianiste un percussionniste incroyable dont le nom m’échappe. C’est un percussionniste de race blanche qui joue comme s’il portait en lui les tam-tam de l’Afrique. J’ai retenu son prénom : Laurent, mais son nom m’a échappé.
L’orchestre de Jay Lou est une démonstration que la musique est métisse dans son essence et dans ses expressions. Son Progressive Afro Jazz est une musique qui mêle avec maestria les sonorités africaines au jazz. Regarder son percussionniste jouer des percussions fait bouger bien des frontières de nos absurdes présupposés et autres préjugés. Il y a dans le dos de Jay Lou un batteur discret mais efficace. Ces six personnes sont sur le point de nous offrir des moments magnifiques. Entre « Zen it », « My way », le sublime « Ebotan », et le magnifique « Mbolo » réclamé à corps et à cri par mon voisin de gauche nous avons fait un voyage des plus extraordinaires. Merci à eux.

L’artiste n’a cessé de mettre en lumière ses musiciens, les enveloppant de son sourire bienveillant et invitant son public par des gestes explicites à accueillir ceux qu’il laisse briller. Cette générosité cadre avec la lumière de son sourire. Il n’a pas besoin  de se lancer dans quelque solo superflu pour nous prouver qu’il est talentueux. Les notes les plus simples qui vont de sa guitare jusqu’à nous tutoient le sublime. Pas de compétition avec ses musiciens. Pas besoin d’affirmer qu’il est la vedette du groupe, sa place centrale, sa classe, son talent et la lumière qui émanent de lui n’appellent pas la moindre hésitation sur sa place.
Jay Lou est un milieu distributeur qui fait des passes décisives à son équipe et laisse les autres marquer des buts pour le bien du collectif. Il a la classe d’un Magic Johnson offrant à ses coéquipiers des passes « caviar » à rendre aphone George Eddy. Jay Lou Ava est le pilier de ce groupe et n’éprouve pas le besoin d’étouffer les autres pour se sentir exister. La fierté dans le regard et le sourire de Jay Lou lors du solo du percussionniste laissent découvrir un musicien généreux et qui ne doute pas de son talent. Faut-il être généreux et sûr de son talent pour laisser exister son orchestre de cette manière ? Une belle complicité semble les six personnes sur scène. Ils communiquent par des regards et par des sourires et Jay Lou semble être le socle de cette harmonie. Le musicien communique avec la salle soit par des mots, soit par le langage non verbal, mais surtout par sa musique. Les arrangements des morceaux sont absolument éblouissants. Dès la première note « Ebotan » vous prend en captivité et ne vous laisse pas d’autre choix que de se laisser emporter. Enfin je parle pour moi.
Un moment magnifique a été celui durant lequel la chanteuse et le bassiste ont psalmodié  Africa sur une musique qui vous pénètre jusqu’au plus profond de l’âme. Au travers des variations de sa musique, au travers des notes de musique tirées de la guitare de Jay Lou Ava, l’Afrique s’ouvrait à mes sens éblouis. Derrière mes yeux fermés mon Afrique venait à ma rencontre.
Ce n’était pas une Afrique anémiée, chétive, vassale des nations par essence, mais c’était une Afrique majestueuse, créative, maternelle, invitante. Aucun besoin de multiplier les mots, la locution « Africa » était suffisante pour que les portes intérieures, le merveilleux de l’Afrique en soi s’ouvrent pour un voyage incroyable. A la fin de ce moment je n’avais pas envie d’applaudir, mais plutôt de dire intérieurement merci. Quelque chose d’unique s’était passé. Mon Afrique intérieure existait pour d’autres.  En découvrant dans la nuit son album j’ai lu une de ses déclarations « L’Afrique ne saurait se résumer à des guerres, des maladies, des famines. Je rêve d’une Afrique nouvelle et authentique, une Afrique à son image réelle : grande et belle. Je rêve d’une Afrique débarrassée de ses complexes, une Afrique sur laquelle on cessera de poser des regards en termes de préjugés négatifs. Je rêve d’une Afrique qui ne pleurniche pas, mais qui rayonne, car l’Afrique c’est aussi des milliers d’hommes et de femmes qui travaillent sans relâche pour  la prospérité du continent. »  Avez vous quelquefois fermé les yeux pour écouter la musique de Jay Lou Ava elle raconte des choses sublimes. Cette Afrique dont il parle je l’ai entendue chantée par sa guitare, peut être parce qu’elle rencontre mon Afrique intérieure, celle de mon cœur.
Les aléas du direct sont nombreux. Jay Lou Ava semble en avoir fait l’expérience. Il semble avoir eu un problème de retour entre autres et pendant un moment il n’a pas pu jouer. C’est alors que son bassiste est entré en action instaurant un moment ludique en nous jouant le thème du film de Sergio Leone « Le bon la brute et le truand » d’Ennio Morriconne, prélude à un moment de folie absolue.  Le solo de basse de Noël Ekwabi est d’une virilité brute. L’homme et l’instrument font corps et semblent se livrer à un corps à corps l’instrument et l’homme se défiant au gré des sons de folie qui se laissent porter vers nous. Noël Ekwabi, ça c’est un bassiste !
Le regard bienveillant de Jay Lou a accompagné ce moment de folie, l’homme se mettant en retrait pour laisser briller le soliste. Il est comme ça Jay Lou Ava. Il a la marque des grands. La noblesse de l’artiste de qualité qui se fait mentor pour amener les autres vers la lumière sans craindre de voir la sienne pâlir.
J’ai aimé l’entendre reprendre le standard par lequel je suis entrée dans son univers.
Miles Davis a dit en son temps que « La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu’encadrer ce silence. » Je trouve que Jay Lou Ava encadre avec splendeur et maestria la beauté du silence. Il nous fait grâce des sons ou des mots superflus. Jay Lou Ava va à l’essentiel du son, de l’émotion et nous livre des mélodies superbes et dépouillées.

Si j’étais journaliste, je  vous dirais que Jay Lou Ava est né au Cameroun d’une famille de musiciens. Si j’étais journaliste je vous dirais que son père a écrit l’hymne de la réunification du Cameroun. Si j’étais journaliste je vous dirais que Jay Lou Ava a été influencé par Wes Montgomery. 774993126_l.jpg image by maddyspaceSi j’étais journaliste je vous dirais qu’il est né un 23 septembre, comme l’immense John Coltrane que j’écoute en ce moment  en boucle et Ray Charles. Excusez du peu. Si j’étais journaliste, je vous dirais que ses frères étaient musiciens. Si j’étais journaliste, je vous dirais que sa sœur Avline a elle aussi reçu le talent en héritage.
Je ne suis pas journaliste et tout ce que je peux dire c’est que l’homme, le musicien, l’artiste m’a touchée au cœur par son talent, sa générosité et sa classe. Jay Lou Ava a la marque des grands hommes.

http://www.myspace.com/jaylouava


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Une belle soirée en compagnie d’une orfèvre de l’instant : impressions subjectives sur le concert de Joelle Esso au Theranga partie 2

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© photos : Jean-Pierre Esso. www.okabol.com

J’ai dans la mémoire des moments durant lesquels elle nous a fait rire en insistant sur la prononciation du titre «  Etintin  ». Je crains qu’en lisant ceci vous ne prononciez naturellement le mot de la manière qu’il faut éviter. Deux options s’offrent à vous pour découvrir la bonne prononciation vous procurer l’album et écouter la piste trois ou aller la découvrir en concert si elle passe par chez vous.

Je me souviens aussi du moment où elle nous a invités à nous faire choristes. La salle étant métisse, la chanteuse aura eu des choristes phonétiques. En faisant le tour des tables pour enseigner le mot que nous devions chanter avec elle. Si mes souvenirs ne me font pas défaut c’était sur la chanson To wuma (nulle part). Alors pendant qu’elle chantait sa proclamation de foi, nous pouvions scander en écho avec elle «  to wuma  ». Cette participation de la salle donnait une densité à la chanson qui me ramenait vers des souvenirs de moments vécus sur des terres lointaines. Moments d’osmose avec un conteur qui racontait avec brio nos racines communes. J’aime ces moments durant lesquels un artiste se fait artisan, orfèvre de l’instant. Joëlle est une orfèvre de l’instant en ce qu’elle sait saisir la matière brute d’un instant ordinaire et d’un public hétérogène pour en faire un joyau. J’aime ces moments dépouillés de tout artifice pendant lesquels il ne reste à l’artiste que son âme et sa voix pour vous retenir. Joëlle Esso a une voix d’alto magnifique. Une technique vocale maîtrisée sans pour autant verser dans l’asepsie. Sa voix, comme un lasso envoûtant vous saisit et ne vous lâche plus. Voix magnifique tant dans les graves que dans les aigus.

La beauté de sa voix alors qu’elle chante «  Mumi  » (mon homme) est tout simplement saisissante. Mieux que sur l’album de mon point de vue. Peut être parce qu’elle se livre sans filet. Belle déclaration d’amour que cette chanson. Par ton regard tu fais entrer des rayons de soleil dans mon cœur. J’aime sa voix quand elle mêle dans la même phrase le Duala et le français. A mumi woho oa, tu es dans ma vie. Ahhhhhhhh les graves qui se glissent dans le «  tu es dans ma vie !  » et cette onomatopée qui fait le lien entre le français et le duala je me régale. Monsieur «  mumi  » était dans la salle. Est-ce sa présence qui donnait à la voix de la chanteuse une telle densité ? That is the question. Clin doeil

La soirée était familiale. Il y avait dans la salle l’époux et la fille de la chanteuse qui de temps en temps manifestait sa présence. Il y avait aussi le frère, photographe attitré de la chanteuse accompagné de son fils. La chanteuse mentionnera les deux enfants au cours de son tour de chant. Comme en introduction à Nyambe, elle nous dira que son neveu réclame une chanson en français. Nyambe est la seule chanson de l’album qui ait des séquences en français. C’est une chanson absolument bouleversante qui raconte l’exil d’une femme en terre de déraison d’une manière tout simplement magnifique. Là encore la chanteuse explore des graves somptueux. La chanson est un morceau de poésie en ce qu’il met en musique de mots l’indicible qu’est l’histoire d’une vie happée dans la folie. En Duala elle scande une maxime qui invite à ne pas se moquer de ceux qui sont sous le coup d’une forme de malédiction parce qu’elle se transmet. Rencontre entre les valeurs chantées en terre natale et les mots d’une jeune femme ancrée dans le présent. La chanson m’a touchée parce qu’elle met en lumière avec pudeur et intelligence le regard que l’on porte sur la maladie mentale. Souvenirs du rapport à la folie du temps de mes premières années en terre natale. Souvenirs d’un homme précipité en déraison à un moment crucial de sa vie et qui passait ses après midi assis devant la porte de la maison familiale. C’était à une maison de celle de mes parents. Nyambe o si yoye mo e ma tombea Nyambe. J’aime la belle sensibilité de Joëlle. Elle ne s’érige pas en donneuse de leçons, elle livre son cœur en chansons. Elle ne nous force pas, elle nous invite dans son univers. Y entre qui veut.

101_6590.jpg image by maddyspaceJoëlle est de ces artistes dont la musique, les textes et la voix m’invitent à fermer les yeux. Je ne me force pas, mes yeux se ferment naturellement pour ne rien perdre de ce qu’elle livre. J’ai été touchée par l’hommage magnifique au père qui s’est absenté du côté de l’éternité. Malgré le poids de l’absence elle sublime la douleur et nous offre un «  danse  » de toute beauté et d’espérance. C’est aussi la force de la foi , celle qui est assurée qu’il y a une autre rive pour recueillir les disparus. «  tu as choisi de traverser le fleuve  » chante t-elle. «  des anges ont poussé ta pirogue. Tu nous as précédés, sans avertir de ton départ, nous n’allons plus nous voir. Danse ! Tu danses avec les anges.  » C’est une chanson rythmée et profonde sur laquelle celui qu’elle chante danserait sans problème si l’on en croit le témoignage qu’elle livre de lui en quelques mots. Magnifique chanson qui rencontre ceux qui ont vu partir quelques pirogues emportant ascendants, descendants ou des personnes dans la fratrie. Fermer les yeux et voir les siens qui dansent avec les anges. Moment inoubliable magnifié par le visage de la chanteuse. Elle avait le visage illuminé par un immense sourire et les yeux fermés, comme en communion avec le père absent, en communion avec sa joie de vivre. Emotion. Moment qui donne comme une envie de dire à chacun de ceux qui m’ont précédée de l’autre côté : danse ! Merci à l’artiste pour cette partition d’espérance dans laquelle je crois n’être pas la seule à trouver des espaces pour faire danser les miens.

Comment vous raconter des impressions forcément intraduisibles en mots ? Comment mettre des mots sur des moments de grâce ? Comment raconter une orfèvre de l’instant ? Comment dire la simplicité et le professionnalisme de Joëlle ?

Elle réussit l’exploit de chanter en faisant toutes les voix pour ne pas vider les chansons de leurs substance. Et ceci sans micro. Chapeau bas madame. Le temps de laisser la chanteuse reposer sa voix, Kristo interprète une de ses chansons et voici que Joëlle interrompant son éphémère repos se fait choriste et percussionniste. Générosité d’artiste.

Vers la fin du tour de chant, Joëlle nous a donné un avant goût de l’album à venir en interprétant un chant sur les racines africaines de Pouchkine poète, dramaturge et écrivain russe. Avant de chanter, elle nous révèle que contrairement à ce qui se disait l’ancêtre de Pouchkine ne venait pas d’Ethiopie, mais du Nord du Cameroun (pour en savoir plus une visite sur le site http://www.gnammankou.com/). La chanson est magnifique. Elle parle des cris de la mère à qui l’on a arraché son fils pour l’entraîner vers une terre lointaine. La voix de Joëlle y est tout simplement sublime. Au Duala, elle allie la langue de la région de laquelle est parti l’ancêtre de Pouchkine. Vivement l’album pour réécouter cette merveille. Le second album promet parce qu’elle le présente comme ouvert sur le monde après Mungo qui était plus près d’elle.

Le tour de chant s’est terminé, trop tôt à mon goût (je n’avais qu’à être à l’heure me direz-vous). Que voulez vous ? Je suis boulimique de bonne musique, de beaux moments, d’authenticité. Joëlle Esso après son tour de chant fait le tour des tables pour faire la distribution de son CD. Elle échange avec son public d’un soir un mot, une sourire, un rire, en toute simplicité. A ceux qui le souhaitent elle dédicace le CD sans manifester le moindre signe d’impatience ou de fatigue. Sa petite fille qui veut retrouver sa maman pour elle toute seule l’accapare, veut s’emparer du stylo, vient profiter d’un instant câlin. Maman et artiste, artiste et mère tout simplement.

Le concert terminé, je vais pouvoir voyager par le goût. Ah ! chaque grain de riz est un poème. Mais qui me donne la recette du riz façon Sénégal ? Entre le plat de riz agrémenté de légumes et de poisson et la boisson au gingembre mes papilles gustatives n’ont pas fait le voyage pour rien. Est-il besoin de dire que mes oreilles et mon âme ont été enchantés par cette soirée ?

En repartant chez moi, j’emporte le souvenir d’un moment magnifique avec une femme et une artiste de grand talent. Sa modestie et sa simplicité sont l’écrin d’un talent et d’une intelligence remarquables. C’est le sourire au cœur que j’ai rejoint Morphée cette nuit là. Et pour la petite histoire, mes cheveux ont réfréné leur rébellion le temps d’une soirée. Il faut croire que la musique adoucit les moeurs et les humeurs de tignasses récalcitrantes. Pour la petite histoire j’ai eu une dédicace des plus touchantes. Merci à Joëlle pour avoir pris le temps de trouver des mots rien que pour moi. Me revoilà au centre du monde. Vous voulez la preuve par l’image ? (rires). 101_6690.jpg image by maddyspace

Pourquoi je m’énerve ? Du sang sous leurs chaussures vernies au bal de leurs corruptions

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Amis lecteurs soyez prévenus, je suis énervée. Quand je suis énervée la cohérence n’est pas forcément ce qui structure ma pensée. C’est comme le fait de jeter sans réfléchir le flot de son débordement émotionnel sur papier, comme un peintre le ferait sur une toile. Les contours de son expression artistique ne sont pas nécessairement « ordonnés » mais le chaos apparent est ordre. Il est ordre du désordre de l’instant.  Alors souffrez de ne pas saisir discerner des contours bien dessinés à mes cogitations déambulatoires. 

Il paraît que le fait de trop souvent s’énerver est dangereux pour la santé. Aïe caramba ! Il paraît aussi qu’il est sage et salutaire de se garder des emportements paroxystiques. (Assia for me oooooooo). Je voudrais bien faire preuve de mesure dans mes énervements mais l’univers pourrait faire un effort. Il est manifeste qu’il se ligue contre moi. Qui m’en veut au point de mettre en place un tableau mondial apocalyptique sur le terrain des valeurs auxquelles je me réfère ? Mettez vous à ma place. J’ai fait preuve d’une angélique patience tandis que mister « double you » de la maison blanche (George du prénom dont il est copropriétaire avec son papa) mettait le monde dans un état sidérant. Huit ans que ça dure ! Depuis qu’il a pris les choses en main l’Irak et l’Afghanistan ne sont-ils pas devenus des havres de paix dans lesquels le modèle américain fait le bonheur des autochtones ? L’Amérique est en marche les amis. Tous aux abris ! Comme si la présence depuis huit ans de W (prononcer doubelyou) à la maison blanche ne suffisait pas à éroder les artères les plus saines, et à donner des angines blanches à des premières dames en CDD.  Foi de cholestérol, artères en danger. Au milieu d’espoirs obamaniaques voici que l’on met en orbite le pendant féminin de doubelyou, le rouge à lèvres en plus et quelques casseroles :  Sarah Palin la W.A.S.P. dans toute sa splendeur.  Et c’est qu’elle vocifère la dame de l’Alaska !  Ne comptez pas sur moi pour gloser sur l’état utérin de sa fille ou sur les addictions attribuées à son fils. En privé peut être mais en public Rire

Non c’est dame Palin telle qu’en elle même qui me sidère. Sa rhétorique, sa posture doctrinale, ses contradictions, sa défense de la vie, des armes et de la guerre, sa virulence. Le problème c’est qu’après la sidération je m’énerve.  L’imaginer devenant présidente des Etats-Unis dans deux ans à la faveur d’un accident  de vie du soldat Mc Cain. Un accident de vie présidentiel façon « aïe je suis mort. Oups j’étais vieux !  si vous voyez ce que je dire.  Une telle hypothèse transformerait mon urticaire en catastrophe cutanée post Tchernobyl. Vous imaginez cette dame à la tête de ce qui fut la plus grande puissance du monde (nostalgie quand tu nous tiens). Imaginez l’effet d’une telle pensée sur l’état de mes artères !  Déjà nous courons le risque d’avoir en novembre un président homonyme d’une marque de frites (C’est la victoire de Mc Do vous croyez ?Rire) et il faudrait en plus passer de la frite au Pittbul ! C’est où la sortie ? Je descend.  Quand je dis qu’il s’est ourdi un complot international contre la santé des artères. Mais qui veut la peau du soldat Malaïka ?  ! Un peu nombrilistes mes assertions ?  Absolument ! Et « un peu » c(est pour le moins un euphémisme. Tout le monde n’a pas eu la chance de prendre une option « centre du monde » à la naissance. Moi si. Hi hi. Clin doeil

Si la lointaine Amérique me met dans un tel état,  imaginez celui de mes nerfs face à l’état de mon Afrique. De ma chère Afrique. De la terre de mes pères. Imaginez le mauvais cholestérol qu’est pour mes artères la conscience de l’échec des espérances d’une jeunesse africaine alors qu’elle voit la caricature qu’est devenue une figure politique qui durant des décennies a représenté pour beaucoup l’intégrité, l’opposition, le changement. On tourne les yeux vers Dakar à la recherche du héros d’antan et il semble n’en rester que l’enveloppe, une coquille vide, une absence. L’ Abdoulaye Wade de nos espérances s’est perdu en route. Celui qui donnait un sens à l’opposition et une matière à l’espérance s’est perdu dans la corruption du pouvoir et dans une jouissance égotique de ce dernier qui le mue en un confiscateur progressif des libertés. Ci gît Abdoulaye…Espérances avortés, rêves abimés, colère qui gronde. Dois-je citer l’un après l’autre les gouvernants des pays d’Afrique qui la pillent et livrent ses enfants à la misère et à la désespérances ?  Je ne ferai pas la liste car citer des noms même en silence pourrait réveiller en moi des énervements plus grands. Oui, ouvrir les yeux et les oreilles suffit parfois à me mettre en mode énervé. Il faut croire que le calme que l’on me prête n’est parfois qu’une rétention de furieuses tempêtes intérieures. Mais chut ! J’ai une image à protéger moi !Cool

Je vous entends vous demander ce qui a pu déclencher un tel courroux nocturne. Figurez vous qu’au cours de mes explorations musicales sur You Tube je suis tombée sur cette vidéo :

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Je suis un peu énervée. Pas seulement parce que j’ai mauvais esprit ou parce ma mauvaise foi légendaire qui était sur le podium olympique à Beijing se manifeste une fois de plus. Oui mais ce n’est pas l’hymne national camerounais que l’on a joué. Que nenni ! Sur une marche plus élevée se tenaient Nathalie Kosciusko-Morizet (sous ministre de l’écologie) et Christine Lagarde (ministre de l’économie, des finances, des subprimes [ici j’accède en conscience à des sommets de mauvaise foiClin doeil], de la société générale, du Medef et du reste) pour leurs déclarations incroyables concernant le retour en millions d’euros de Bernard Tapie. Pourquoi je m'énerve ? Du sang sous leurs chaussures vernies au bal de leurs corruptions dans Africa ! 09. Alors l’hymne national camerounais a cédé la priorité à la marseillaise. Allons zenfants de la patriiiiiiii iyeuhhhhhhhhhhhhh. 

Donc, ce n’est pas pour faire mon mauvais esprit quoique. CoolNon que j’aie quelque chose de personnel contre le bonheur en soi. Ou contre Kabila fils, encore moins contre le bonheur de Kabila fils. Mais un peu de décence diantre ! Nous ne sommes ni à Monaco, ni à Buckingham palace. Nous sommes au coeur d’un pays au tissu social déchiré et aux vies brisées par des conflits sanglants. Alors la « publicisation » des bonheurs intimes du président  » fils de » dans un pays exsangue dont les plaies décennales tardent à cicatriser, j’ai du mal !

La starisation des politiques serait le nouvel opium de nos peuplades avides  de s’inviter virtuellement aux banquets de nantis ? Excusez moi de ne pas adhérer. Et c’est peu de le dire. Je n’ai pas payé le moindre impôt au Congo donc je ne revendique pas le moindre kopek qui aurait participé à financer ce mariage. Mais quand je regarde ces images, je me dis que la mer rouge, la mer de sang s’est ouverte pour laisser passer les tyrans, tandis que le peuple dont le sang versé a rendu rouge la mer. Pendant ce temps dans leurs palais les Bemba et Kabila ripaillaient gaiement.  Désolée de ne pas prendre part à ce grotesque banquet. Pas plus que je ne l’ai fait il y a des années ‘à celui des épousailles de Miss Sassou et monsieur Bongo, ni à celui de Paul Biya ou au au baptême ses des enfants de Paul Biya. Je refuse de prendre part de manière complaisante à je ne sais autre « événement » intime que l’on voudrait m’obliger à « partager » au prétexte que nous serions une famille. Une famille ? Mon oeil ! Okay je le concède, j’ai mauvais esprit mais le côté gnan gnan du clip et cette débauche de bonheur alors que la mère patrie pleure des larmes de sang…je ne peux pas. Déposez moi ici comme on dirait par chez moi. 

Tata Nzambe nous avons besoin de toi comme dirait Bisso na bisso. Alors aux bonheurs que je n’ai pas de mal à souhaiter durable au couple Kabila, ils font ce qu’ils veulent, je m’autorise à ne pas vouloir être instrumentalisée dans cette tentative de normalisation par l’image de situations que ne devraient jamais l’être. Kabila et madame ne sont qu’une image de cette tentative de banalisation, d’humanisation médiatique de régimes qui tiennent en captivité des populations entières. Et la mère patrie pleure des larmes de sang. Alors au clip squi précède, souffrez que je préfère me repasser le chant de Bisso na Bisso : Tata Nzambe.

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Ces « gouvernants » si l’on peut se permettre cet évident abus de langage qui représentent officiellement nos pays au banquet des nations ne me représentent pas. Ils ne représentent pas mon Afrique. Ils n’ont pas le respect de cette terre dont nous sommes issus. Ils la pillent sans vergogne alors que leurs ancêtres lui attribuaient une valeur immense. Ils versent sans retenue le sang de leurs compatriotes et dansent à leur bals de nouveaux riches, les chaussures cirées sur le sang de leurs pairs. Que de consciences mortes perdues dans des corps qui se meuvent aux bals de leurs corruptions, de leurs gabegies, de leurs crimes et de leurs prévarications. La mer rouge du sang de leurs victimes s’est ouverte sur le chemin de leurs tentations monarchiques. Et la mère patrie pleure des larmes de sang. Je n’ai rien de personnel contre ceux qui se sont mariés, mais il n’est pas question que je me laisse prendre en otage par leurs festivités médiatiques que je couverais du regard de quelque monégaste assistant aux noces qui en 1956 ont fait de Grace Kelly leur princesse.

Si au cours de vos voyages, amis lecteurs, il vous arrivait de croiser l’Afrique, de reconnaître derrière les actions coupables des satrapes locaux l’Afrique que l’on voit peu, oui mes amis si vous croisez mon Afrique, transmettez lui ce message de ma part : Je t’aime !!! Message qui est un écho de ce que lui disent bien de ses filles et fils. Dites lui qu’elle a des fils et filles qui ne la méprisent pas, des filles et fils qui la savent berceau de l’humanité et qui la respectent par delà d’évidentes indigences. Les africains corrompus ne sont pas l’Afrique. Il est des fils et fille de notre terre qui ne rêvent en aucun cas de la violer ou de la piller.

Nombreux sont ses enfants qui ne désespèrent pas de la voir tourner ces pages sinistres pour être dirigée par des personnes intègres et pour qui le rêve d’Afrique prime sur les ambitions de leurs ventres et sur leurs tentations monarchiques. Si vous la croisez mon Afrique dites lui que par ici, s’élève un murmure qui dit « mama Africa »…

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