RESTAURER LA DIGNITE DES GRANDS HOMMES D’ETAT FAUSSEMENT ACCUSES D’ETRE DES DICTATEURS CORROMPUS .

Décrypter les enjeux derrière de prétendues révolutions : Gloire à Mouamar, Hosni et Zine el-Abidine et à leurs pairs d’Afrique noire

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Camarades et véritables patriotes du monde entier, l’heure est grave. Il se lève un vent curieux qui, sous des djellabas dévoilent des révolutionnaires dangereux. Vous savez cette engeance qui croit qu’à coup de vociférations elle changera le cours de l’histoire. Quels idiots ! Si la rue changeait les sommets de l’Etat cela se saurait. Ce n’est pas parce qu’un roi mou et cocu a perdu la tête en 1793 en France que des gueux vont se mettre à penser que la rue peut infléchir le cours d’une nation.  La France, grande donneuse de leçon devant les nations a prétendu se débarrasser de la monarchie pour installer via la cinquième république des présidents aussi éloignés du peuple que les rois d’antan. Des hommes plus accrochés aux apparats qu’au fait d’améliorer l’ordinaire des peuples. Ainsi vont les « révolutions », les populations payent de leur vie la reproduction sociale des élites aux sommets de l’Etat.


Alors le vent de liberté apparente qui souffle dans les pays dits arabes aujourd’hui ne cache pas des Che Guevara sous chaque djellaba. Que nenni ! Si le pouvoir appartenait réellement au peuple cela se saurait. L’on ne va tout de même pas confier les rênes des nations à des incompétents sous prétexte qu’ils vocifèrent sur une place publique !


Si ces gens avaient eu du courage ils se seraient élevés à la force du poignet comme Leila Ben Ali, une femme qui force le respect. Elle est passée en quelques années de shampouineuse à milliardaire. Qui dit mieux ? Le rêve tunisien a détrôné le rêve américain. Vive la Tunisie, terre de tous les possibles.


De surcroît, pas égoïste pour un sou elle a permis à d’autres tunisiens de connaître l’ascension. Ce sont des membres de sa famille ? Et alors ! La solidarité familiale est l’essence même de notre beau continent. On ne va tout de même pas reprocher à une shampouineuse devenue milliardaire de n’avoir oublié  ni sa famille, ni ses racines. Non ?

Ceci dit elle aurait pu conseiller son époux sur la couleur de ses cheveux. Ce noir !!! On dirait un ersatz de Moubarak.


Il est temps de remettre les choses dans le contexte pour ne pas nous laisser berner par ceux qui veulent déstabiliser nos nations.


Kadhafi le premier empereur de l’Afrique unifiée sous sa direction éclairée l’a dit. Et la parole de notre empereur (loués soient les dieux d’ici de là et d’ailleurs pour le don fait à la terre par la manifestation du glorieux guerrier, lumière de nos vies, néon qui éclaire nos nuit, astre éblouissant de l’aube, Mouamar de nos cœurs frétillants) est sacrée et a force de loi.


Depuis la révolution dite de jasmin, les esprits s’échauffent. Que n’entend-t-on dire ça et là ? Des hommes d’honneur sont livrés à la vindicte populaire, jetés en pâture au jugement des nations. Des pays qui sont depuis toujours des modèles de grandeur et de noblesse sont présentés comme des lieux liberticides et fossoyeurs de la démocratie !

Il est temps que des esprits éclairés se lèvent pour dénoncer le tourbillon médiatico-impérialiste qui veut entrainer peuples et nations dans le chaos.


Oui camarades !  Si la révolution était réelle, la France,  dépositaire universelle du brevet de la révolution réussie (foi Danton, de Bonaparte de Sarkozy et de Cohn Bendit) aurait authentifié et soutenu le mouvement. Si la Libye, l’Egypte ou la Tunisie avaient été les proies d’autocrates corrompus qui bâillonnaient le peuple, la France, chantre mondial de le défense sans concession des droits de l’homme les auraient dénoncé avec force. Il n’y a qu’à voir l’autorité avec laquelle le président français toute virilité dehors a sommé Laurent Gbagbo de quitter la présidence de la Côte d’Ivoire et l’obéissance immédiate de ce dernier qui s’est depuis exilé en nouvelle guinée où il apprend à parler le Poulpe. Vive la France de l’incantation creuse.


Visionnaire entre les visionnaires, madame le ministre des affaires étrangères a proposé le savoir-faire de la police française pour régler les questions sécuritaires liées aux manifestations en Tunisie. Elle avait tout de même survolé le pays en jet privé sans percevoir le moindre battement de cils anti Ben Ali. La révolution de jasmin n’a au vu de l’analyse pertinente des politiques français, aucune légitimité sinon la France l’aurait dit.


Oui camarades, un complot est ourdi  par les forces du mal contre l’Afrique pour l’asservir à nouveau. Il a commencé par enflammer le Maghreb et le Machrek avec pour fin de soumettre les peuples en les privant de leurs guides et protecteurs suprêmes. Félonie ! Ne l’ont-ils pas fait ces affreux du temps de Chaka ? Assassinant un de nos chefs pour posséder nos terres ?  Résistons avant que l’Apartheid ne revienne gangrener le continent entier.


Peuples d’Afrique subsaharienne levez-vous pendant qu’il est temps et protégez avec force les dinosaures qui sont à la tête de nos nations. Ils veulent contaminer nos populations par des révolutions chimériques. Heureusement que nos guides d’Afrique noire tiennent trop à la sécurité de leurs fonds détournés heu que dis-je à la sécurité de nos nations pour les laisser piller par des chacals. Gloire à eux, sauveurs suprêmes. L’on ne va tout de même pas sacrifier ces hommes d’expérience pour des chimères portées par de prétendus opposants. Gloire à nos guides qui pillent nos terres pour notre nous garder purs et protégés des excès.


Quel abus y a-t-il lorsqu’un président, guide bienveillant et suprême d’un pays décrète un état d’urgence qui dure trois décennies ?Qui a fourni la moindre preuve qu’il n’y avait pas d’urgence en Égypte depuis la mort de Sadate ? 

Pendant les trente ans de pouvoir de Hosni le magnifique pas le moindre enlèvement de pyramide ! Sans l’état d’urgence décrété par le bien aimé Rais, qui peut nous garantir qu’il y aurait encore la moindre pyramide en Égypte ? Et de vous à moi, qui irait douter d’un homme qui, à 80 ans assume sans difficulté le ridicule du cheveu noir jais, voire corbeau ?

Hosni Moubarak, grand seigneur jusqu’au bout se proposait de consentir au sacrifice suprême, confier à terme les rênes du pays à son fils, la chair de sa chair. La dynastie des Moubarak au service de la grandeur de Égypte. Par malheur le cirage avec lequel il enduisait ses cheveux aura dû couler sur ses yeux et voiler son discernement, sinon il ne se serait pas laissé tromper par son entourage et aurait rejoué la pacification de la place Tien an Men au cœur de Égypte. Si seulement il avait accepté d’être chauve ou assumé de cheveu poivre et sel… La coquetterie de trop aura privé Égypte d’un pharaon de grande envergure et à peine octogénaire.  


Comment par ailleurs peut-on trainer dans le boue le nom d’un homme honorable l’accusant de népotisme, de corruption, de gabegie, et de prévarication ? N’en jetez plus ! Tout scientifique, même le plus médiocre est informé du fait qu’il y a des phases obligatoires de test avant de mettre à la disposition du public des produits et autres découvertes. Une découverte majeure se teste sur une petite échelle. Le projet de Ben Ali le Grand était l’enrichissement exponentiel de tout tunisien. Puits de sagesse et homme prudent, le guide président a fait le choix de tester « la molécule d’enrichissement rapide » sur un groupe témoin appelé les Trabelsi. Il fallait d’une part voir si l’on pouvait passer d’un état de quasi pauvreté à celui de milliardaire en quelques années. Cette preuve faite il fallait tester les changements induits sur le groupe teste après son enrichissement. Ce n’est qu’après ces vérifications de sécurité primaire qu’il allait déployer la technique au peuple entier.  Les esprits chagrins le suspectent de népotisme sous prétexte qu’il s’agit de sa belle-famille ?  Quel être sensé enrichirait sa belle-famille au détriment de sa propre famille ? Du bon sens diantre !

Par ailleurs, le guide suprême de la nation tunisienne a mis en péril ses proches en les faisant cobayes de la croissance future de la nation. Mais il a fallu qu’un homme contrarié se prenne pour un méchoui sur la place publique et les tunisiens ingrats et sans vision ont sacrifié leur guide, digne successeur de Bourguiba (qu’il a en passant participé à destituer pour le bien de la nation) à l’émotion.

La fortune de son clan ne s’élèverait à 5 milliards de dollars après vingt-quatre années au pouvoir ? Et alors ? Ben Ali travaille. Ce qui, je le souligne en passant n’est pas le cas de Liliane Bettencourt ou de Caroline de Monaco ! Qui est descendu dans la rue pour les destituer ? Ne crions pas au racisme tout de suite mais il se lève en moi comme un soupçon. Pas joli joli tout ça !


Cinq milliards de dollars ? C’est tout ?  Une telle misère ferait rire aux éclats quelques souverains rapaces ça et là sur la planète. Comparé à d’autres c’est à peine de quoi offrir un apéritif à des malades du kwashiorkor dans Éthiopie du milieu des années quatre-vingt !

Si on lui avait laissé du temps, il aurait pu étendre l’expérience de l’enrichissement exponentiel à tout le peuple, la Chine serait venue prendre des leçons de croissance en Tunisie. Le manque de vision aura stoppé  l’histoire en mouvement. La Tunisie ne sera pas la première puissance mondiale pour cause d’autodafé inopportun.


Et voilà qu’aujourd’hui, pour tout couronner, l’on déverse comme des ordures par une benne, et sans la moindre réserve, des tombereaux d’injures sur un homme de bien : Mouamar le Merveilleux ! C’est ainsi que l’on salit la réputation d’un pacifiste, d’un homme équilibré. Cet être supérieur a durant quatre décennies consacré sa vie, son génie et son aura au service de la grandeur de Libye. L’homme et son clan auraient une fortune estimée à  120 milliards de $ (87 milliards d’euros). Est-ce cher payé pour 40 années dédiés à la grandeur de la Libye ? Est-ce cher payé pour l’artisan de  la pacification du Tchad, l’unité africaine, la protection des immigrants d’Afrique subsaharienne et la sécurité aérienne internationale ? Sans Kadhafi, la Libye ne serait pas, le monde ne serait pas, les galaxies ne seraient pas, le soleil non plus. Mouamar Kadhafi est l’Etre absolu la réponse à toutes les questions de l’univers.


De toutes les façons, si l’on considère que Moubarak et son clan ont environ 70 milliards de dollars pour dix ans de moins à la tête d’une nation, et en comptant les heures supplémentaires et les congés payés, la fortune des Kadhafi est amplement méritée et est de la roupie de sansonnet au regard des du Guide suprême (que son nom soit chanté par des vierges sur tous les continents de génération en génération)  et ses apports à la Libye et au monde.

De plus le guide visionnaire au visage remodelé -pour mieux plaire à son peuple chéri- a mis ses fils au travail pour le bien de la nation.


Comment peut-on suspecter le Guide suprême de la Grande Révolution libyenne d’être un tyran sanguinaire ? D’accord un peu excédé par les enfantillages d’un peuple aux caprices adolescents sur la place publique, il traite ces grands enfants de drogués avec des vociférations hallucinées. Nous n’allons pas pinailler sur les mots tout de même !

En effet, ne faut-il pas être sous l’effet de quelque substance opiacée ou  de quelque autre hallucinogène pour imaginer la Libye sans Mouamar l’immortel et sa famille ? Kadhafi est la Libye, cette dernière n’est pas sans lui. Qu’on se le dise.


En bon père du peuple conscient que ce dernier ne peut vivre sans lui se propose d’orchestrer le « suicide » d’une nation plutôt que de la laisser entre les mains des étrangers qui haïssent la Libye. Kadhafi a promis un bain de sang si le peuple ne retrouve pas la raison.


En effet si au final ces chochottes de Ben Ali et Moubarak n’ont pas eu la virilité affirmée et manifestée par quelque excroissance testiculaire pour rester au pouvoir, Mouamar ne cèdera pas. Il en a lui ! Et ses fils aussi. Que son look de drag queen massacrée par un chirurgien esthétique ne trompe personne. Lla diva Mouamar n’est pas une femmelette, c’est un homme, un vrai. En matière de « cojones », il en remontrerait à une escouade de zébus en rut. Il est mâle jusqu’à la déraison. Personne ne lui prendra son jouet.  Il préfèrera le bain de sang plutôt que de livrer son cher pays à des hérésies telles que la démocratie ou la liberté.


Quels sont donc ces peuples qui ne sont pas fichus de s’élever au-delà des considérations aussi prosaïques que la faim, le chômage, ou la liberté d’expression ? On accuse des dirigeants d’affamer des peuples alors qu’ils les éduquent spirituellement par l’ascèse ?


L’heure est au grand n’importe quoi et les médias dominants tordent le sens des faits pour priver des nations entières d’hommes valeureux qui ont prouvé depuis toujours leur attachement féroce à la construction de leurs nations. Comment est-il acceptable que nul ne s’offusque de ce que l’on ose qualifier ces nobles âmes  des pires qualificatifs ? Fort heureusement, la France, patrie des droits de l’homme et étalon de mesure interplanétaire du respect des droits de l’homme et du citoyen, par le soutien, la fourniture des armes et des amitiés durables avec ces êtres supérieurs rappelle à nos consciences engourdies que les « révolutions » actuelles sont illégitimes et sans fondement.


A bas les Guevarra d’opérette en djellaba, boubous ou pagnes la liberté et la démocratie sont des chevaux de Troie des puissances coloniales. Ne nous laissons pas tromper. De toutes les façons Jacques Chirac, grand visionnaire n’a-t-il pas dit que l’Afrique n’était pas mûre pour la démocratie ? Si la France, championne du monde des droits de l’homme et de la diplomatie éclairée le dit, cela doit être vrai.


C’est la France qui déroule le tapis rouge à Kadhafi, à Hu Jingtao pour décrocher des contrats et à Bongo, Biya, Compaoré, Sassou Nguesso, Nguema et les autres pour des raisons encore plus opaques pour lesquelles les peuples d’Afrique subsaharienne n’ont pas fini de payer. Qui aurait en Afrique Subsaharienne l’idée folle de s’opposer aux tentations monarchiques de Wade, Biya ou Nguesso ? La révolution de jasmin sous l’équateur ? Et puis quoi encore ?  Parce que la citronnelle est finie chez nous ?


Dormez tranquilles indéboulonnables guides de nos peuples assoupis. Continuez à vous croire intouchables. Continuez à envisager de léguer des pays qui ne vous appartiennent pas à vos rejetons.

Le jour vient, et il est proche disent les antipatriotes,  où l’on verra sur vos visages l’air hébété de Ali ou Moubarak ou pire encore l’air abasourdi et grotesque de Ceausescu au moment où il a réalisé que ses vociférations étaient désormais sans effet sur un peuple excédé. Ils disent que l’histoire est en marche et les que les peuples d’Afrique sont en passe d’écrire leur propre histoire. Eux les qui ? Tchuip.


Camarades, réveillons nous et boutons défendons nos guides suprêmes au péril de nos vies.Ils ne sont pas fous, leurs enfants sont dehors. Et au fond ayant probablement des nationalités étrangères pourquoi verseraient ils leur sang pour sauver nos pays ? Voyons …


Signé camarade Extinctor

Secrétaire perpétuel du comité

de maintien de l’ordre dans nos nations

Refuser d’être enseveli sous les blessures et briser les chaînes des mots vecteurs de maux

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Un mot, un son anodin, quelques syllabes que l’on aligne avec légèreté, peuvent pour celui qui les entend avoir de terribles conséquences.

Quelquefois on les prononce pour blesser, rire ou faire rire, sans mesure les ondes de choc dans la vie de celui qui en est, l’involontaire cible.

Combien de fois, sous le prétexte que l’on est énervé, excédé ou agacé, en tant que parents ou adultes nous nous laissons aller à infliger à de jeunes enfants des mots qui les enferment comme des sarcophages ? Tout y passe : l’enfant est tour à tour un fardeau, une déception, un raté, un abruti, un incapable, un bon à rien et que sais-je encore ! Quelques adultes se laissent aller à offrir un autre cercueil à ces êtres en construction, leur prophétisant une incapacité à plaire, une incompétence à exprimer par leur physique la moindre grâce. Une inaptitude à être aimé.  Et l’on s’étonne du nombre d’infirmes  émotionnels tapis sous les adultes que nous sommes.

Derrière l’excès apparent de confiance ou le doute maladif se logent quelquefois tant de fêlures !

Prenons-nous seulement le temps de nous poser et questionner notre rapport à l’autre et notre rapport à nous-mêmes ? De quelle manière parlons-nous des autres ? Soulignons-nous davantage les défauts des personnes que leurs qualités quand nous en parlons ? Sommes-nous embêtés quand l’on entend dire du bien des autres comme si cela nous diminuait ? Si oui nous avons intérêt à faire un travail sur nous-mêmes au regard de l’estime de soi.

Les mots, les regards, les silences, l’absence de regards tandis que l’on se construit, peuvent orienter le cours de nos existences de manière radicale. Qu’avons-nous fait des mots vecteurs de maux qui ont ébranlé nos parcours de vie ?

Quand je fais le voyage dans l’enfant que j’étais, malgré l’amour et la protection offerte par mes parents et au cœur d’une fratrie équilibrée et aimante, j’entends des mots qui enferment et qui brident des dons, qui sèment le doute dans mes capacités à être et ou à faire. Un enfant ne vit pas que dans sa cellule familiale nucléaire.

Prenons-nous le temps de dire à nos enfants combien ils sont précieux et combien ils sont beaux, intelligents, brillants, magnifiques et dignes d’être aimés juste pour ce qu’ils sont ? Prenons-nous le temps de les armer par l’amour contre la violence et le rejet ?  L’amour de soi et l’acceptation de ce que l’on est une fondation essentielle pour se construire. Édifier la confiance en soi chez l’enfant peut lui permettre  de traverser l’adolescence sans y laisser trop de plumes.

L’escale en adolescence ramène à ma mémoire les sons de quelques bris intérieurs. Se bâtir dans le doute sous les sarcasmes de ses pairs n’est pas une sinécure.

Malgré les fantasmes qui nous structurent et les proclamations de nos orgueils blessés dans le rapport à l’autre, nous avons besoin du regard des tiers et de la relation à autrui. Ceux qui clament d’ailleurs le plus fort leur absence de besoin de l’autre sont peut-être secrètement en train de gémir de solitude.

J’ai croisé dans mon existence quelques fossoyeurs. Vous savez, ceux qui vous enferment dans des définitions ou dans des limites inhérentes à leurs prétentions égocentriques à définir le monde. Quand ces personnes appartiennent au cercle de ceux qui comptent pour vous à une saison de votre existence, ils peuvent vous meurtrir profondément.

Fort heureusement, malgré des propensions féminines à se projeter dans des passions exclusives et qui consument, l’on n’est pas obligé de reproduire à l’infini la tragédie de Marguerite Gautier.

Les rejets les plus blessants ne nous obligent pas à rester dans les tombeaux de ces afflictions. Après la douleur vient le dépassement et l’on en sort grandi, voire heureux. Il y a une vie à vivre et elle vaut la peine !

Alors je dis merci à tous ceux qui pour me blesser, me détruire ou pour m’avilir se sont servi des mots comme des obus.

Merci à ceux qui auraient pu me détruire mais qui ont participé à me construire telle que je suis. Les douleurs passagères ont produit un poids éternel de gloire et de surprenantes joies. Elles m’ont enrichie, élargie, affermie. Elles m’ont appris à faire des choix entre le désespoir et la joie, l’amertume et le pardon, l’enfermement ou le dépassement, la mort ou la vie, entre leurs mots et moi. Je me suis choisie.

Après les tempêtes, c’est avec délectation que l’on profite des océans apaisés et des nouvelles perspectives de voyage.

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Je remercie ceux qui ont pris le parti de porter atteinte à ma réputation propageant des propos infâmants, distillant ça et là le soupçon et des accusations mensongères. Merci à eux de m’avoir appris à me centrer sur l’essentiel : être en paix avec moi-même et avec Celui qui est l’Essence de mon être. Merci à eux de m’avoir fait réaliser que l’essentiel est que je sache qui je suis et où réside la vérité de mon être.

Quand les définitions de soi ne sont plus prisonnières de la parole de l’autre, on a fait un pas primordial vers la liberté.

Merci de m’avoir appris ou rappelé que l’énergie qui m’habite peut être investie à des choses plus constructives que le fait de combattre les moulins à vents de la mesquinerie humaine. Peu m’importe que la vérité soit ou non rétablie aux yeux de ceux qui les auront écoutés, je sais qui je suis et ça me va. Et qu’est-ce que j’aime celle que je suis ! Le chemin aura été long et quelquefois tortueux pour en arriver là, mais aujourd’hui cette vérité est  scellée sur un fondement inaltérable.

Merci à ceux qui m’ont pris pour un vilain petit canard qui avait la prétention de nager au milieu des cygnes majestueux qu’ils étaient.  Qui sait si sans ce rejet, ce mépris, cette disgrâce proclamée j’aurais pris la peine de regarder l’autre au-delà des apparences ? Grâce à eux j’aurais appris à chercher dans ceux que je croise la beauté véritable, la grâce cachée et les richesses intérieures. Je leur dois probablement en partie d’avoir travaillé à développer des qualités humaines que j’aurais peut être négligées par ailleurs. Ils se proposaient comme des croque-morts venus embaumer ma de confiance en moi, et voici qu’involontairement, ils sont devenus des pédagogues magnifiques, m’obligeant à creuser en moi pour me trouver, à creuser dans l’autre pour le voir  et le recevoir en dépit de ses failles. Les rires moqueurs d’antan se convertissent en une symphonie dans mes souvenirs, parce que cette musique participe de la bande originale de mon existence.

En passant je remercie des involontaires tuteurs de m’avoir épargné le désagrément de m’acoquiner avec les êtres superficiels et pour le moins fats qu’ils étaient. Ben oui ne faut-il pas manquer de profondeur pour passer à côté d’un être humain sous prétexte qu’il ne ressemble pas à ses propres projections de la beauté physique ? Et de vous à moi, plus le temps avance plus je trouve la femme que je croise dans mon miroir magnifique. A mon avis cela tient à cet éclat qui vient de ce que l’on aime le compagnon de voyage que l’on est pour soi. Je me trouve belle. Pourquoi mentir ? Heu… ne soyez pas désobligeants en disant que ma vue baisse avec l’âge. Pftttt ! Cool

Merci aux les amitiés trahies, aux amours avortées aux espoirs déçus, aux illusions relationnelles, après les blessures je me suis chaque fois relevée plus riche. Riche d’avoir vécu ces choses et déployée intérieurement pour aimer davantage et pour donner encore et toujours, mais avec discernement. On ne se trompe jamais en aimant, on vit parfois les désagréments d’une escale imprévue de l’amour dans un lieu inapproprié et qui se révèle trop longue.  Mais un jour l’amour que l’on donne arrive enfin à  la bonne destination et l’on réalise que toutes les douloureuses escales traçaient le chemin jusqu’à cette plénitude amoureuse, amicale, filiale.

Non, on ne se trompe jamais en aimant. Aimer c’est le sens et l’essence de l’être. L’on se trompe davantage et l’on ne se grandit pas en se croyant autorisé à se moquer de, et à piétiner les sentiments d’un tiers sous prétexte que l’on n’éprouve pas la même chose pour lui.

Il peut être long le chemin qui ramène de certaines expériences douloureuses jusqu’à l’essentiel, une rencontre plus profonde et une relation apaisée avec soi.  Quelles que soient les épreuves d’hier et d’aujourd’hui,  ne nous laissons pas ensevelir dans un lieu ou nos espoirs sont en escale forcée. Brisons les chaînes de l’amertume. Le voyage reprendra et nous arriverons à bon port. En tout cas, moi j’avance…Clin doeil

Danger ! Educated black woman

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L’éducation ne devrait pas être une option pour l’humain en général et pour la femme en particulier.
Les êtres longtemps brimés et niés brisent les chaines et les entraves par chaque pas qu’ils font pour s’éduquer, s’élever par la pensée penser et comprendre le système de l’oppresseur pour en briser le pouvoir sur soi.

La femme noire, longtemps victime d’une double négation : niée en tant qu’humain parce que noire et niée en tant qu’adulte responsable parce que femme. Confinée à la tâche d’utérus sur jambes et femme d’intérieur, elle n’a pas fini de faire tomber des chaines mentales.

Elle ne saurait trouver confortable de demeurer dans l’ignorance et la passivité. Tant de choses sont mises en place notamment dans les pays dits ou développés pour qu’elle n’accède pas à l’éducation. Des raisons économiques certes mais des raisons aussi liées à un monde profondément machiste.

Une femme noire éduquée est un danger pour le pérennité des systèmes d’oppression parce que par essence elle est celle qui transmet le sens et une vision du monde à la génération d’après. Imaginez là dire à ses enfants qu’ils peuvent tout et ne devraient accepter aucune chaine de servitude. Par ce qu’elle est elle change le regard de ses garçons sur la femme.

La femme noire éduquée est plus qu’une bombe atomique elle porte par son verbe, par son regard, par son action une incroyable puissance pour défaire les systèmes.

Tremblez l’armée des femmes se lève et ce ne sont pas des mauviettes.
Elles sont résolues comme le sont des mères quand leurs enfants sont en jeu

Impressions subjectives sur une soirée autour de la sortie de « Blues pour Elise » de Léonora Miano

19 heures hier soir. Pour changer, je me suis attardée au boulot. Je suis de ceux qui ont besoin de calme pour travailler et dans un environnement dans lequel l’open space est de rigueur, il est facile que la somme de nos voix, respirations ou murmures nous offre un tableau acoustique proche de celui d’une ruche. Alors quand le gros des collègues est parti, il est plus aisé de retrouver le chemin de son cerveau et quitter le mode automatique sur lequel nous met la routine. 

Hier soir, regardant ma montre, je constate qu’il est 19 heures, l’heure à laquelle je suis sensée me trouver 165 Avenue du Maine pour un cocktail donné en l’honneur de la parution de « Blues pour Elise » de Léonora MIANO. Etre en retard ça me connaît. A la naissance j’ai pris presque deux mois de retard mais là, pas le moindre obstétricien pour m’arracher des entrailles du sein professionnel et me déposer dans les bras accueillants d’un lieu un peu bohème, un lieu comme je les aime, la petite salle dans laquelle je dois me rendre.

 

Dans ma précipitation à rejoindre mon chauffeur d’un soir et de toujours (hihi) je me suis délestée bien involontairement de ma bague. Ce n’est qu’en descendant de la voiture dans le quatorzième arrondissement de Paris que je m’en rendrais compte. Mais ceci est une autre aventure à la fin heureuse pour mon plus grand bonheur.

 

Arrivés sur le lieu du cocktail, nous avons une heure trente de retard et dans la salle du fond du Café Rubis, Léonora, quelques artistes que je reconnais, d’autres que je découvrirai et des personnes comme nous, avides de beau.

Miam… il y a des acras de morue. Point de régime face à ce délice gustatif créole. Demain est un autre jour. J’ai dû recevoir l’amour de la morue en perfusion au sortir du sein maternel.  Et les crevettes ma sawanité ouvre ses entrailles, par charité « crustacée » elles doivent accueillir ces créatures aquatiques. Fille de l’eau je suis, fille de l’eau je demeure.

 

Il est un écho en moi qui s’entend dans chaque cascade, dans l’écoulement du moindre filet d’eau, dans le jaillissement des tourbillons, je viens du peuple de l’eau, les Sawa. Comme je vous ai convaincus que ma consommation de crevettes sur un lit de guacamole ne relevait pas de la moindre gourmandise mais d’une affirmation identitaire, je peux continuer mon récit. (^_^)

 

Le maître de cérémonie est le facétieux et brillant Capitaine Alexandre un artiste complet qui entre autres choses est poète et slammeur.  Il a la rime sensible, poétique, fraternelle, tolérante et universelle. Je vous encourage à lire son texte ROM un bijou de fraternité, une claque en douceur et en force aux xénophobies de tout poil. Nous sommes tous ROM.

Il aura animé, que dis-je mis en scène la soirée avec humour, et brio. J’ai aimé même si j’ai été victime de ses facéties. Hum…je me vengerai mun’a Sawa.

 

Dans l’assemblée, l’artiste aux talents multiples Emile Abossolo M’bo, acteur ardent,  fils du Cameroun, fils de la terre. Enraciné chez nous et pourtant ouvert à cet ailleurs qui enrichit grandement. En toute simplicité il mettra son talent au service d’un auditoire conquis par l’intelligence et le l’humour de son propos. Quelques échanges avec lui en fin de soirée me confirmeront mes intuitions de lui en le croisant dans un film ou dans un autre. Il est décidément temps comme il le soulignait que ce que le cinéma africain a à offrir soir davantage exploré. Il est temps que l’Afrique écrive, scénarise, prenne la main sur son expression artistique. Un talent comme le sien mérite d’être habillé de mots à la hauteur de son charisme. Il mérite d’être regardé par des metteurs en scène épris de son talent et de son charisme. Il a chanté, j’ai aimé. En aparté il nous a fait l’amitié d’échanges à bâtons rompus autour de l’extraordinaire richesse du Cameroun. Nous avons ri. Son talent, sa simplicité et son intelligence m’ont conquise. Merci monsieur.

 

Un autre slammeur, Clarence, au phrasé tout en retenue m’a émerveillée. Il a la voix grave, le verbe doux et profond. Il nous entraîne dans le cheminement d’une personne contrainte de travailler par nécessité et pourtant c’est un musicien dans l’âme. Nous somme nombreux à boire à la source de ses mots, nous sommes Gare de Lyon avec lui, le moment est superbe. Merci l’artiste. Et merci à lui qui m’a encouragé à m’essayer au slam. C’est précieux les gens qui prennent le temps de vous encourager en vous ouvrant leur parcours.

 

George Yemy auteur peu connu en France et pourtant brillant (en passant si nos auteurs sont peu connus c’est aussi parce que nous ne prenons pas le temps d’aller à leur rencontre, de les défendre. Je n’ai rien contre Marc Levy encore que mais tant qu’à lire, je choisis mon camp) a lu un passage du livre de Léonora, il a aussi chanté. Quand est arrivé le moment de ses envolées vocales, il m’a eue par surprise, moi qui n’étais pas entrée dans le chant au début. L’émotion, langage par essence de la musique et du chant avait fait son oeuvre et attrapé au vol la distraite que j’étais. Merci monsieur.

 

J’ai aimé slammer sur la lune avec le capitaine Alexandre qui nous a rappelé que l’on est tous « fils de » prunelle des yeux d’une mère. Il est à découvrir ce monsieur tant il est inventif et profond. O Cameroun terre de talents.

 

Et puis il y a ce moment de grâce absolue avec la chanteuse Gasandji (me remémorer ce moment ramène à mes paupières les larmes émues d’hier). C’est une frêle jeune femme qui nous a prises en otage de sa grâce avec pour seules armes son âme qui passait par la voix et sa guitare. Quelques onomatopées à peine, et elle n’était plus sur terre mais elle laissait par sa voix un couloir aérien pour qui voulait voler avec elle. Que dit-elle ? Est-ce du lingala comme je le crois, elle est transportée et émue, je le suis par ricochet.

La musique est un langage en soi, nous communiquons. Elle est magnifique. Un éblouissant percussionniste l’accompagne Francis Lassus. Il se sert d’un carton converti en Djembe improvisé et il en tire des sons surprenant, la frontière entre le talent et le don se manifeste à nos yeux. Il a le don, la grâce et en plus il est heureux de donner, de se donner à cet auditoire, à nous. Nous le recevons avec bonheur. Ah quelle soirée !

 

Léonora, piégée par le facétieux Capitaine Alexandre nous chante « Sankofa » avec sa belle voix grave, sa voix de chanteuse de Jazz. Sa voix dont les sonorités éclairent sur l’amplitude de ses intériorités. Elle nous embauche comme choristes, nous massacrons le refrain, mais la soirée est à la grâce, elle ne semble pas nous en vouloir.

 

Il y a eu mille autres moments.

Comme je le suggérais plus haut, j’ai été piégée et ai dû lire un extrait du livre « Blues pour Elise. ». Le moment était fragile. J’ai pour les mots de Léonora de l’admiration et pour elle un immense amour. Je ne voulais pas que ma lecture desserve la splendeur de son verbe si précis, acéré, parfait. Je tremblais en lisant. J’ai par mon accent fait une offense aux anglais, aux anglophones, aux anglophiles, fait honte à mes professeurs d’anglais, trahi le bilinguisme de ma nation mais j’ai lu un texte choisi par Léonora. Un texte beau, comme son auteur. Je crois n’avoir pas trahi l’essence et l’ émotion de son texte.

 

Nous avons passé quelques heures comme hors du temps dans un monde qui rappelle qu’il existe des afro descendants caribéens ou originaires d’Afrique, qui vivent ici, aiment ici, sont dans la vie comme les européens sans verser dans le pathos habituel) si souvent mis en scène par les médias. Nous sommes là nous travaillons, rions, aimons, nous déchirons, espérons, échouons, nous réalisons comme n’importe quel humain vivant en France.

 

C’est l’histoire de quatre femmes anormales parce que normales que met en scène la plume merveilleuse de Léonora Miano dans son dernier roman. C’est mon histoire, c’est notre histoire, femmes noires de France.

Devinez qui m’accompagnait ce matin sur le chemin du travail ?  « Blues pour Elise ».

 

Merci à Léonora et aux artistes pour cette belle soirée. Merci à vous d’exister et de nous offrir des moments suspendus entre ciel et terre qui dilatent l’intérieur.

 

J’en veux encore !

La sauvagerie de l’impérialisme états-unien par Noam CHOMSKY (à lire absolument !)

Dans un contexte dans lequel le rouleau compresseur de la pensée unique s’amplifie avec des relais de plus en plus subtils voire sournois, il est utile et salutaire de sortir la tête de l’asphyxie. C’est important de s’abstraire de l’organisation de l’atrophie de la pensée. Ce texte long certes tiré d’une intervention de Noam Chomsky lors d’une conférence est nécessaire et utile, non pour acquiescer sans réfléchir, mais pour recevoir de la matière pour  se fonder une opinion, un regard sur le monde. Questionner sans cesse les affirmations et prises de positions d’un monde occidental à l’impérialisme arrogant est une nécessité. Dans un contexte dans lequel l’actualité nous rappelle cette arrogance, cette conférence sur l’impérialisme américain peut ouvrir les yeux et la pensée. Je vous encourage à prendre le temps de lire ce texte et à le faire lire. Les chaines tombent et tomberont encore. Bonne lecture ! 

Chomsky : la sauvagerie de l’impérialisme états-unien

Conférence de Juin 2010

Article paru sur le site : http://www.legrandsoir.info/Chomsky-la-sauvagerie-de-l-imperialisme-etats-unien.html

1. L’empire des États-Unis, le Moyen-Orient et le monde

Il est tentant de reprendre depuis le début. Le début c’était il y a bien longtemps, mais il est utile de revoir certains points d’histoire qui pourront être comparés à la politique actuelle des États-Unis au Moyen-Orient. Les États-Unis sont un pays très particulier par bien des aspects. Ils sont probablement le seul pays au monde qui soit né empire. C’était un empire enfant – comme George Washington l’a appelé –, et les Pères fondateurs étaient très ambitieux. Le plus libéral d’entre eux, Thomas Jefferson, pensait que l’empire enfant devait s’étendre davantage et devenir le « nid » à partir duquel le continent entier serait colonisé. Cela signifiait se débarrasser des « rouges », les Indiens, lesquels ont effectivement été déplacés ou exterminés. Les Noirs devaient être renvoyés en Afrique dès qu’on n’aurait plus besoin d’eux et les Latins seraient éliminés par une race supérieure.

La conquête du territoire national

Les États-Unis ont été un pays très raciste pendant toute leur histoire, et pas seulement à l’encontre des Noirs. Les idées de Jefferson étaient assez communes, les autres étaient globalement d’accord avec lui. C’est une société de colons. Le colonialisme de peuplement c’est ce qu’il y a de pire comme impérialisme, le genre le plus sauvage parce qu’il requiert l’élimination de la population indigène. Ce n’est pas sans relation, je crois, avec le soutien automatique des États-Unis à Israël, qui est aussi une société coloniale. La politique d’Israël d’une certaine façon fait écho à l’histoire états-unienne, en est une réplique. Et, il y a plus, les premiers colons aux États-Unis étaient des fondamentalistes religieux qui se considéraient être des enfants d’Israël répondant au commandement divin de peupler la terre et de massacrer les Amalécites, etc. C’est tout près d’ici, les premiers colons, au Massachusetts.

Tout cela était fait avec les meilleures intentions. Ainsi, par exemple, le Massachusetts (le Mayflower et toute cette histoire) à reçu sa Charte de la part du roi d’Angleterre en 1629. La Charte chargeait les colons de sauver les populations locales des affres du paganisme. D’ailleurs si vous regardez le sceau de la Bay Colony du Massachusetts vous voyez un Indien qui tient une flèche pointée vers le bas en signe de paix. Et devant se bouche il est écrit « Come over and help us » [« Venez et aidez-nous »]. C’est l’un des premiers exemples de ce qu’on appelle aujourd’hui l’interventionnisme humanitaire. Et ce n’est qu’un exemple, il y a bien d’autres cas au cours de l’histoire, et cela dure jusqu’à nos jours. Les Indiens demandaient aux colons de venir et de les aider et les colons suivaient gentiment le commandement leur demandant de venir et de les aider. En fait nous les aidions en les exterminant.

Après coup on a trouvé ça bizarre. Dans les années 1820, un membre de la Cour suprême a écrit à ce propos. Il dit qu’il est assez étrange que, malgré toute notre bienveillance et notre amour pour les Indiens, ils dépérissent et disparaissent comme les « feuilles d’automne ». Comment était-ce possible ? Il a fini par en conclure que la volonté divine est « au-delà de la compréhension humaine ». C’est simplement la volonté de Dieu. Nous ne pouvons pas espérer comprendre. Cette conception – appelée le providentialisme – selon laquelle nous suivons toujours la volonté de Dieu existe encore aujourd’hui. Quoi que nous fassions nous suivons la volonté de Dieu. C’est un pays extrêmement religieux, unique en son genre en matière de religiosité. Une grande partie de la population – je ne me souviens plus du chiffre, mais il est assez élevé – croit littéralement ce qui est écrit dans la Bible. Le soutien total à Israël est l’une des conséquences de tout cela, parce que Dieu a promis la terre promise à Israël. Donc nous devons les soutenir.

Les mêmes personnes – une part importante des plus importants défenseurs d’Israël – sont des antisémites, parmi les plus extrémistes du monde. À côté d’eux Hitler semble assez modéré. Leur perspective est l’élimination des Juifs après Armageddon. Il y a tout un tas d’histoires à ce propos, lesquelles sont crues, littéralement, jusqu’à un très haut niveau – probablement des gens comme Reagan, George W. Bush, et d’autres. Cela n’est pas sans lien avec l’histoire colonialiste du sionisme chrétien – il précède le sionisme juif, et il est beaucoup plus puissant. C’est l’une des raisons qui expliquent le soutien automatique et inconditionnel à Israël.

La conquête du territoire national est une histoire assez laide. Certaines des personnes les plus honnêtes l’ont reconnu, comme John Quincy Adams, qui était l’un des grands stratèges de l’expansionnisme – le théoricien de la Destinée manifeste, etc. À la fin de sa vie, longtemps après ses propres crimes, il se lamentait sur le sort de ceux qu’il appelait « la malheureuse race des indigènes américains, que nous exterminons sans pitié et avec une perfide cruauté ». Il a dit que ce serait l’un des péchés pour lesquels le Seigneur allait nous punir. Nous attendons encore.

Ses idées sont jusqu’à nos jours tenues en haute considération. Il y a un livre de référence, universitaire, écrit par John Lewis Gaddis, un grand historien états-unien, qui concerne les racines de la doctrine Bush. Gaddis, avec raison, présente la doctrine Bush comme héritière de la grande stratégie de John Quincy Adams. Il dit que c’est un concept qui existe tout au long de l’histoire des États-Unis. Il en fait l’éloge, il considère que c’est la conception correcte – nous devons assurer notre sécurité, l’expansion est le moyen de la sécurité, et vous ne pouvez pas vraiment assurer votre sécurité sans tout contrôler. Donc nous devons nous déployer, non seulement dans l’hémisphère, mais partout dans le monde. C’est la doctrine Bush.

Au moment de la Deuxième Guerre mondiale, sans entrer dans les détails… Bien que les États-Unis aient été depuis longtemps et de loin le pays le plus riche du monde, ils jouaient un rôle secondaire sur la scène mondiale. L’acteur principal c’était la Grande-Bretagne – et y compris la France avait une plus grande présence dans le monde. La Deuxième Guerre mondiale a changé tout cela. Les stratèges états-uniens durant la Deuxième Guerre mondiale, les planificateurs de Roosevelt, ont dès le début de la guerre très bien compris qu’au bout du compte les États-Unis allaient se retrouver dans une position de supériorité absolue.

Alors que la guerre se déroulait – les Russes terrassaient les Allemands, ils ont à ce moment presque gagné la guerre en Europe – on avait compris que les États-Unis seraient dans une position de domination encore plus nette. Et ils ont donc élaboré des plans pour la configuration du monde de l’après-guerre. Les États-Unis auraient le contrôle total d’une zone qui comprendrait l’hémisphère occidental, l’Extrême-Orient, l’ex-Empire britannique, la plus grande partie possible de l’Eurasie, incluant donc l’Europe occidentale et son importante infrastructure commerciale et industrielle. C’est le minimum. Le maximum c’est le monde entier ; et bien entendu c’est ce dont nous avons besoin pour notre sécurité. Dans cette zone les États-Unis auraient le contrôle incontesté et empêcheraient tous les pays d’aller vers davantage de souveraineté.

Les États-Unis se trouvent à la fin de la guerre dans une position de domination et de sécurité sans équivalent dans l’histoire. Ils ont la moitié de la richesse mondiale, ils contrôlent tout l’hémisphère occidental et les deux rives des deux océans. Ce n’était pas un contrôle total. Les Russes étaient là et il y avait encore quelques parties hors de contrôle, mais l’expansion avait été remarquable. Juste au centre se trouvait le Moyen-Orient.

Adolf A. Berle, une personnalité libérale, qui fut très longtemps le conseiller du président Roosevelt, mettait l’accent sur le fait que contrôler le pétrole du Moyen-Orient signifierait dans une bonne mesure, contrôler le monde. Cette doctrine reste inchangée, elle est encore en vigueur actuellement et c’est l’un des facteurs essentiels pour décider des orientations politiques.

Après la Deuxième Guerre mondiale

Durant la Guerre froide les décisions politiques étaient invariablement justifiées par la menace russe. C’était dans une bonne mesure une menace fictive. Les Russes géraient leur propre petit empire avec un prétexte similaire, la menace états-unienne. Ce rideau de fumée n’existe plus depuis la chute de l’Union soviétique. Pour ceux qui veulent comprendre la politique étrangère de États-Unis, un point qui de toute évidence devrait être observé c’est ce qui est arrivé après la disparition de l’Union soviétique. C’est naturellement le point qu’il faut observer, et il s’ensuit presque automatiquement que personne ne l’observe. On en parle à peine dans la littérature universitaire alors qu’il est évident que c’est ce que vous devez regarder pour comprendre la Guerre froide. En fait si vous regardez vous obtenez des réponses tout à fait claires. Le président à l’époque était George Bush I. Immédiatement après la chute du mur de Berlin, il y a eu une nouvelle stratégie de sécurité nationale, un budget de la défense, etc. C’est très intéressant. Le message principal est le suivant : rien ne va changer sauf les prétextes. Donc nous avons encore besoin, disaient-ils, d’une force militaire gigantesque, non pas pour nous défendre des hordes russes parce que ça n’existe plus, mais à cause de ce qu’ils ont appelé la « sophistication technologique » de certains pouvoirs dans le Tiers monde. Maintenant si vous êtes une personne bien éduquée, bien formée, qui vient de Harvard, etc., vous n’êtes pas supposé rire quand vous entendez ça. Et personne n’a ri. En fait je pense que personne n’en a rendu compte. Donc, disaient-ils, nous devons nous protéger de la sophistication technologique des puissances du Tiers monde et nous devons maintenir ce qu’ils ont appelé la « base industrielle de la défense » – un euphémisme pour parler de l’industrie high-tech (les ordinateurs, Internet, etc.), qui dépend principalement du secteur étatique, sous le prétexte de la défense.

Concernant le Moyen-Orient… Ils disaient que nous devions maintenir nos forces d’intervention, la plupart d’entre elles au Moyen-Orient. Puis vient une phase intéressante. Nous devons faire barrage pour contenir l’ennemi. Nous devons maintenir les forces d’intervention au Moyen-Orient pour défendre nos intérêts, la région qui « ne pouvait pas être offerte en cadeau au Kremlin ». En d’autres termes, désolés les gars, nous vous avons menti pendant 50 ans, mais maintenant que le prétexte n’existe plus, nous vous dirons la vérité. Le problème au Moyen-Orient est ce qu’on appelle le nationalisme radical. « Radical » signifie simplement indépendant. C’est un terme qui signifie « ne suit pas les ordres ». Le nationalisme radical peut être de différentes sortes. L’Iran en est un bon exemple.

 

La menace du nationalisme radical

En 1953 la menace iranienne c’était un nationalisme laïque. Après 1978 c’est le nationalisme religieux. En 1953 on a renversé le régime parlementaire et on a installé un dictateur beaucoup plus à notre goût. Ce n’était pas un secret. Le New York Times, par exemple, dans un éditorial, se réjouissait du renversement du gouvernement iranien, estimant qu’il s’agissait d’une bonne « leçon de choses » pour les petits pays qui devenant fous, emportés par le nationalisme radical, rejettent toute autorité et veulent contrôler eux-mêmes leurs ressources. Ce sera une leçon de choses pour eux : n’essayez pas ce genre de bêtises, et certainement pas dans cette région dont nous avons besoin pour contrôler le monde. C’était en 1953.

Depuis le renversement du tyran imposé par les États-Unis en 1979 l’Iran a continuellement été attaqué par les États-Unis. Au début Carter a essayé de répondre au renversement du shah en organisant un coup d’État. Ça n’a pas marché. Les Israéliens – l’ambassadeur… il y avait des relations très proches entre Israël et l’Iran sous le shah, bien que théoriquement il n’y eût pas de relations formelles – ont fait savoir que si nous pouvions trouver des officiers disposés à tuer 10 000 personnes dans les rues, nous pourrions rétablir le régime du shah. Zbigniew Brzezinski, le conseiller de Carter à la sécurité nationale, avait à peu près les mêmes idées. Mais ça n’a pas vraiment marché. Les États-Unis ont alors immédiatement soutenu Saddam Hussein, pour qu’il envahisse l’Iran. Et ce n’est pas une mince affaire. Des centaines de milliers d’Iraniens ont été massacrés. Les gens qui sont à la tête de l’Iran actuellement sont des vétérans de cette guerre et ils ont une claire conscience du fait que l’ensemble du monde est contre eux – les Russes, les États-Uniens, tout le monde soutenait Saddam Hussein, tout le monde voulait renverser le nouvel État islamique.

Ce n’est pas peu de choses. Le soutien des États-Unis à Saddam Hussein est allé très loin. Les crimes de Saddam – comme le génocide d’Anfal, massacre de Kurdes – étaient niés. Le gouvernement Reagan les démentait et les attribuait à l’Iran. À l’Irak on a même donné un privilège rare. C’est le seul pays, avec Israël, qui a pu attaquer un navire états-unien et s’en sortir impunément. Dans le cas d’Israël c’était le USS Liberty en 1967. Dans le cas de l’Irak c’était le USS Stark en 1987 – un navire qui appartenait à la flotte états-unienne protégeant les convois irakiens des attaques iraniennes pendant la guerre. Ils ont attaqué le navire avec des missiles français, ils ont tué plusieurs dizaines de marins – et ils n’ont reçu qu’une petite tape sur la main, rien de plus.

Le soutien des États-Unis était tel que c’est quasiment eux qui ont remporté la guerre pour l’Irak. Une fois la guerre finie, le soutien des États-Unis à l’Irak a continué. En 1989 George Bush I a invité des ingénieurs nucléaires irakiens aux États-Unis, pour qu’ils reçoivent des formations de pointe dans le domaine des armes nucléaires. C’est l’une de ces petites choses qu’on cache parce que quelques mois plus tard Saddam est devenu un mauvais garçon. Il a désobéi aux ordres. Juste après cela il y a eu de terribles sanctions, etc.

La menace iranienne

Pour en revenir à notre époque, dans la littérature sur la politique étrangère et dans les commentaires généraux ce que vous lisez généralement c’est que le problème le plus important pour les États-Unis était et reste la menace iranienne. Qu’est-ce que c’est que cette menace iranienne au juste ? Nous disposons d’une source qui fait autorité sur ce point. C’était il y a quelques mois : un compte rendu au Congrès des États-Unis émanant du département de la défense et des services d’intelligence. Tous les ans ils font un compte rendu au Congrès sur la situation mondiale en matière de sécurité. Le dernier compte rendu, celui d’avril dernier, comporte une partie qui concerne l’Iran, bien sûr, la plus grande menace. Il est important de lire ce compte rendu. Ce qu’ils disent c’est que, quoi qu’il en soit de la menace iranienne, ce n’est pas une menace militaire. Ils disent que les dépenses militaires iraniennes sont plutôt basses, y compris si on les compare aux pays de cette région ; et si on les compare à celles des États-Unis, elles sont insignifiantes – probablement moins de 2% de nos dépenses militaires. Par ailleurs ils disent que la doctrine militaire iranienne est basée sur le principe de la défense du territoire national, elle est conçue pour contenir une invasion pendant un temps suffisant pour rendre possible le passage à l’action diplomatique. Voilà la doctrine militaire des Iraniens. Ils disent qu’il est possible que l’Iran pense aux armes nucléaires. Ils ne vont pas plus loin que cela, mais ils disent que si les Iraniens développaient des armes nucléaires ce serait dans le cadre de leur stratégie défensive, afin de prévenir une attaque, ce qui est une éventualité assez réaliste. Le plus grand pouvoir militaire de l’histoire – c’est-à-dire nous –, qui leur a toujours été extrêmement hostile, occupe deux pays frontaliers de l’Iran et menace ouvertement d’attaquer ce pays. Israël, État client des États-Unis, lance les mêmes menaces. Voilà pour le côté militaire de la menace iranienne telle qu’identifiée dans le Military Balance.

Ils disent par ailleurs que l’Iran est une menace majeure parce que ce pays tente d’étendre son influence dans les pays voisins. On appelle cela déstabilisation. Ils œuvrent à la déstabilisation dans les pays voisins en tentant d’augmenter leur influence et cela est un problème pour les États-Unis, parce que les États-Unis tentent d’apporter la stabilité. Lorsque les États-Unis envahissent un pays c’est pour apporter la stabilité – un terme technique dans la littérature des relations internationales qui signifie obéissance aux ordres des États-Unis. Donc lorsque nous envahissons l’Irak ou l’Afghanistan, c’est pour créer de la stabilité. Si les Iraniens essaient d’accroître leur influence, juste chez leurs voisins, c’est déstabilisant. Cette doctrine, comme tant d’autres, est élaborée dans les universités. Un commentateur libéral et ex-éditeur de Foreign Affairs, James Chase, a même pu dire sans crainte du ridicule que les États-Unis devaient déstabiliser le Chili d’Allende pour apporter la stabilité – c’est-à-dire la soumission aux États-Unis.

Qu’est-ce que le terrorisme ?

La deuxième menace iranienne c’est le soutien au terrorisme. Qu’est-ce que le terrorisme ? On nous donne deux exemples du soutien de l’Iran au terrorisme : son soutien au Hezbollah libanais et son soutien au Hamas palestinien. Quoi que vous pensiez du Hezbollah et du Hamas – vous pensez peut-être que c’est ce qu’il y a de pire au monde –, qu’est-ce qui fait qu’on les considère terroristes ? Bon, le « terrorisme » du Hezbollah est fêté tous les ans au Liban le 25 mai, fête nationale libanaise qui célèbre l’expulsion des envahisseurs israéliens du Liban en 2000. La résistance du Hezbollah et sa guerre de guérilla avaient fini par obliger Israël à se retirer du Sud-Liban, mettant fin à une occupation de 22 ans, avec son lot de terreur, de violence, de torture – occupation maintenue en violation des ordres du Conseil de sécurité de l’ONU.

Donc Israël a finalement quitté le Liban et c’est le jour de la Libération au Liban. Voilà globalement ce qui est considéré comme le terrorisme du Hezbollah. C’est comme ça qu’il est décrit. En fait, en Israël c’est même décrit comme une agression. Vous pouvez lire la presse israélienne ces jours-ci et des politiciens de premier plan disent que c’était une erreur de se retirer du Sud-Liban parce que cela permet à l’Iran de poursuivre son « agression » contre Israël, agression qui a commencé en 2000 avec le soutien à la résistance contre l’occupation israélienne. C’est considéré comme une agression contre Israël. Ils ont les mêmes principes que les États-Unis, nous disons la même chose. Voilà pour le Hezbollah. Il y a d’autres actes que vous pourriez critiquer, mais voilà ce qu’est le terrorisme du Hezbollah.

Un autre crime commis par le Hezbollah c’est que la coalition dont il est l’élément principal a largement emporté les dernières élections parlementaires ; mais en raison du principe communautariste qui prévaut pour l’assignation des sièges ils n’ont pas reçu la majorité des sièges. Thomas Friedman [du New York Times] a donc versé des larmes de joie, comme il l’a lui-même expliqué, lors de ces merveilleuses élections libres au Liban, le président Obama ayant battu le président iranien Ahmadinejad. D’autres se sont joints à cette célébration. Autant que je sache personne n’a rendu compte des véritables résultats électoraux.

Et le Hamas ?

Hamas est devenu une menace sérieuse – une organisation terroriste importante – en janvier 2006 lorsque les Palestiniens ont commis un crime vraiment grave. C’était au moment des premières élections libres jamais tenues dans le monde arabe et les Palestiniens ont voté comme il ne fallait pas. C’est inacceptable pour les États-Unis. Immédiatement, sans la moindre hésitation, les États-Unis et Israël ont fait savoir qu’ils prenaient la décision de punir les Palestiniens pour ce crime. Juste après vous avez pu lire dans le New York Times deux articles qui se côtoyaient – l’un des deux parlant de notre amour pour la démocratie, ce genre de choses, et l’autre parlant de nos projets de punition contre les Palestiniens parce qu’ils avaient mal voté aux élections de janvier. Aucune contradiction.

Les Palestiniens avaient dû subir bien des punitions avant les élections, mais elles ont été accentuées après – Israël est allé jusqu’à couper l’alimentation en eau à la bande de Gaza, si aride. Au mois de juin Israël avait déjà lancé 7 700 roquettes sur Gaza. Tout cela s’appelle défense contre le terrorisme. Puis les États-Unis, et Israël, avec la coopération de l’Autorité palestinienne, ont essayé d’organiser un coup pour renverser le gouvernement élu. Ils ont échoué et le Hamas a pris le contrôle de Gaza. Après cela le Hamas est devenu l’une des principales forces terroristes au monde. Vous pouvez leur faire beaucoup de critiques – leur façon de traiter leur propre population par exemple – mais le terrorisme du Hamas est assez difficile à prouver. Les accusations actuelles concernent les roquettes lancées de Gaza sur les villes israéliennes frontalières. C’est la justification qui a été donnée pour l’opération « plomb durci » (l’invasion israélo-états-unienne de décembre 2008) et aussi pour l’attaque israélienne contre la Flotille de la paix en juin 2010, dans les eaux internationales. Neuf personnes avaient alors été tuées.

Il n’y a que dans un pays très endoctriné que vous pouvez entendre ces choses ridicules et ne pas rire. Passons sur la comparaison entre les roquettes Qassam et le terrorisme que les États-Unis et Israël pratiquent constamment. L’argument n’a absolument aucune crédibilité pour une raison bien simple : Israël et les États-Unis savent très bien comment arrêter les tirs de roquettes : par des moyens pacifiques. En juin 2008 Israël a accepté un cessez-le-feu avec le Hamas. Israël ne l’a pas vraiment respecté – ils étaient supposés ouvrir les frontières et ils ne l’ont pas fait – mais le Hamas l’a respecté. Vous pouvez vérifier sur les sites officiels israéliens ou écouter leur porte-parole officiel, Mark Regev : ils sont d’accord pour dire que durant le cessez-le-feu le Hamas n’a pas lancé une seule roquette.

Israël a rompu le cessez-le-feu en novembre 2008 en envahissant Gaza et en tuant une demi-douzaine de militants du Hamas. Quelques roquettes ont alors été lancées, puis Israël a lancé une attaque bien plus importante. Il y a eu des morts, tous palestiniens. Hamas a proposé le retour au cessez-le-feu. Le gouvernement israélien a évalué l’offre, puis l’a rejetée, optant pour le recours à la violence. Quelques jours plus tard il y a eu l’attaque israélo-états-unienne contre Gaza.

Aux États-Unis, et en Occident de façon générale, y compris les organisations de défense des droits humains, y compris le rapport Goldstone, on considère comme une évidence le droit d’Israël à se défendre en utilisant la force. Il y a eu des critiques disant que l’attaque était disproportionnée, mais cela est secondaire par rapport au fait qu’Israël n’avait absolument pas le droit d’utiliser la force. Vous n’avez aucune justification pour l’utilisation de la force tant que vous n’avez pas épuisé les recours pacifiques. Dans ce cas les États-Unis et Israël n’avaient non seulement pas épuisé les recours pacifiques, ils avaient rejeté tout recours aux moyens pacifiques, alors que c’était parfaitement possible et ils le savaient bien. Ce principe selon lequel Israël a le droit de lancer des attaques militaires est tout bonnement un fascinant cadeau.

Quoi qu’il en soit, que l’Iran essaie d’étendre son influence et que l’Iran soutienne le Hezbollah et le Hamas c’est, du point de vue des services d’intelligence et du département de la défense, ce qui constitue son soutien au terrorisme.

Noam Chomsky

Source : http://www.zcommunications.org/u-s-…

Traduction : Numancia Martínez Poggi

 

Participer à briser le silence autour du Congo est un devoir d’Africain et d’humain

« Imagine that over 6 million Black people have beenkilled and continue to die, hundreds of thousands of Black womensystematically raped while corporate plundering reigns, and mass crimeshave been committed by foreign corporations in cahoots with Africanpuppets – yet the world has been deadly SILENT. This is modern-day Congo » 

(Friends of Congo)

Participer à briser le silence autour du Congo est un devoir d'Africain et d'humain dans Africa ! 45504_423974681469_682081469_5424223_2041656_n

 

 

 

Depuis 1996, la République Démocratique du Kongo, connue auparavant sous le nom de Zaïre par la volonté de l’homme léopard connaît une véritable tragédie.

 

Cela fait près de quinze ans que dans ce pays on tue, viole, torture, abime les vies au Congo dans un silence assourdissant, oppressant, insupportable. La prétendue « communauté internationale » à d’autres chats à fouetter et d’autres cris de vierge effarouchée à pousser. Pourquoi irait-elle se soucier de « règlements de comptes entre barbares » ? Elle a d’autres épouvantails à agiter et d’autres orchestrations de compassion mondiale à mettre en scène. Non que ceci ne soit pas important mais un tel silence !!!  Dans le casting des tragédies mondiales, le Congo n’a pas été retenu, tant pis pour lui, et tant pis si depuis moins de 15 ans a péri 4 fois la population du Gabon, un quart de celle du Cameroun ou de la Côte d’Ivoire, un dixième de celle de la France. 6 millions de personnes au moins ont perdu la vie dans cette épouvantable guerre. 

 

Pendant ce temps des USA à l’Europe en passant par le « machin » autrement connu sous le nom des nations unies on sort l’épouvantail Mahmoud Ahmadinejad ! On s’offusque d’un essai nucléaire dans l’une des Corées, on sonne le clairon pour condamner la Burqa ou le niqab mais pas un mot sinon en passant sur un véritable génocide qui se produit au Congo. Plus de 6 millions de mort déjà et toujours le silence, l’indifférence orchestrée. C’est intolérable, c’est violent, c’est une négation insupportable d’un véritable drame.

 

Au Congo victimes et bourreaux se déshumanisent peu à peu et l’on peut craindre pour l’équilibre d’enfants qui n’auront connu que la violence et la guerre. Quels adultes pour demain s’ils ont grandi dans une totale anomie ? Le monde dans une stupide indifférence laisse se fabriquer là bas des bombes humaines de désespoir et d’anomie. Rien que par bon sens les nations devraient se préoccuper de la pacification de ce pays. Mais voilà les gouvernants ont parfois la pensée à court terme.

 

Imaginez un peuple privé en 15 ans de 10% de sa population. On n’a pas besoin d’être sociologue ou économiste pour affirmer que c’est dramatique pour le développement d’une nation.  Mesurons nous la tragédie que subit ce peuple depuis 15 ans ? C’est un dixième de la population qui a été effacée des tablettes en moins de 15 ans. Quelle horreur n’est-ce pas ? Oui mais voilà après s’être offusqué que faire ?

Nous pouvons déjà décider de briser le silence autour de cette guerre qui mine un pays, génère des réfugiés, et au nom de laquelle l’on viole des enfants et des femmes, torture, au nom de laquelle l’on assassine impunément. Comme souvent les enfants et les femmes sont les otages de la folie des hommes, le terrain d’expression de leurs abjectes soifs de pouvoir, l’exutoire de leur trop plein de haine, de laideur, de colère, de non sens, et de folie.

 

Et pourtant le silence est là, pesant, désespérant pour ceux qui sont de ce pays encore une fois meurtri, pays d’une extraordinaire richesse et objet de tant de convoitises depuis des temps immémoriaux.

Il y a longtemps déjà, Malcolm X déclarait ceci :  » This is all a cold-blooded act on the part of your Western powers, namely the Western powers here in the United States — interests in the United States, in England, and France, and Belgium and so forth. They want the wealth of the Congo, plus its strategic geographic position.« 

L’histoire du Congo et les tragédies que cette terre a connue sont en grande partie liées à cette incroyable richesse qui devrait être mise au service du peuple congolais mais qui a été « prostitué » aux colons par des roitelets afraicains aux panses abyssales. La convoitise des hommes, le manque de sens de l’Etat des personnes comme Mobutu, Kabila1, Kabila 2 et leurs hommes ont rendu une grande partie du pays exsangue. Et voici qu’au milieu de cela les congolais, ceux qui de plein droit sont fils et filles de cette terre sont pris en otage dans une barbarie sans nom, loin de la jouissance des richesses de leurs terres ils versent du sang et des larmes.

 

Combien il est dur d’entendre les témoignages de ces femmes violées puis bannies, d’entendre parler de fillettes victime de viols collectifs et rejetées par leurs pères. C’est horrible certes, mais il faut le faire savoir, il faut briser le silence, il faut s’organiser pour que la chape de plomb déposée sur cette épouvantable guerre soit levée.

Ernesto Guevarra connu sous le surnom de « Che » déclarait ceci :  « The Congo problem is a world problem. Victory will be continental in its reach and its consequences and so would defeat »

 

Le problème du Kongo est un problème mondial mais les instances internationales ont fait le choix de l’oublier. Il est temps que nous autres africains prenions conscience du fait que ces organisations internationales n’ont pas pour priorité les intérêts de notre continent. Elles ont pour vocation de reproduire à l’infini un ordre mondial qui sied à l’occident.  Pour quelles raisons se soucieraient elles de nos nations ? Sortons de nos sidérations utopiques et prenons en mains nos affaires.Je me souviens du silence aurour de l’épouvantable conflit libérien tandis que dans les coulisses les états africains et autres instrumentalisaient telle ou telle faction dans son intérêt. Et pendant ce temps les libériens mouraient en masse.

 

L’Afrique n’est pour beaucoup d’occidentaux qu’un continent folklorique et barbare. L’on meurt au Congo « oh la la ! Pourvu qu’ils ne sortent pas les machettes comme au Rwanda  » se dit-on entre le fromage et le dessert. Puis l’on oublie l’information aussi vite qu’elle a traversé nos consciences. On a des urgences, il y a un programme de télé réalité à regarder.

 

Nous autres Africains n’avons pas le droit d’être indifférents à cette tragédie. Nous n’avons pas le droit d’en faire une info poussée par une autre  :

  • parce que partout où l’on dénie à l’homme son humanité, c’est la nôtre qui recule
  • parce que si nous nous taisons personne ne parlera depuis le coeur de la tragédie
  • Parce que nos pays ne sont pas à l’abri de telles tragédies, il n’y a qu’à observer le quasi clonage de nos dirigeants
  • parce qu’il faut que nous éduquions nos fils à être panafricains dans la perception des enjeux du continent
  • parce que nous devons éduquer nos fils à recevoir avec bienveillance le réfugié congolais
  • parce que les congolais ont besoin de savoir que l’Afrique est là avec eux
  • parce que le panafricanisme n’est pas qu’une rhétorique nombriliste et le Congo est l’occasion pour nous de montrer que nous ne sommes pas asservi(e)s aux frontières dessinées par la colonisation. 
  • parce que nous devons oeuvrer pour qu’il y ait une voix africaine qui s’élève du coeur de cette tragédie pour poser des fondations d’un être ensemble. Que cet épouvantable drame aide au moins à enfanter une conscience panafricaine plus grande

 

Ne rêvons pas d’un salut qui viendrait de l’occident fût-il porté par les traits d’un président noir. La tragédie et l’indifférence face au drame du Congo devraient nous mobiliser pour inventer des solutions propres à notre terre.  Bien entendu si des occidentaux se réveillaient à cette tragédie et que leur aide pouvait faire avancer la sortie de la tragédie pourquoi pas ? Mais n’attendons pas d’eux quelque miracle nous ne sommes pas prioritaires dans les agendas des nations occidentales aussi longtemps qu’ils n’y trouvent pas quelque intérêt économique, géopolitique ou financier.

 

Mais voilà malgré nos bonnes intentions et autres sentiments nous nous sentons démunis, comme désarmés face à l’immense chantier qui es devant nous. Que faire individuellement ? Comment agir, participer à apporter une lueur d’espoir, à être une voix pour le Congo ?  Nous pouvons déjà nous servir du media internet que nous utilisons pour transmettre des choses amusantes, légères, nous pouvons faire des réseaux sociaux tels que Facebook , twitter et autres de même que de nos blogs des armes contre le silence et contre l’oubli.

 

Nous pouvons par ailleurs solliciter nos députés et maires, les inonder de courrier disant l’incompréhension face à la gradation des tragédies mondiales. Nous pouvons nous faire tellement insistants qu’ils finissent par agir. Sans marchands d’armes les guerres feraient long feu et les nations démocratiques sont de cyniques pourvoyeurs d’armes tandis que les opinions de leurs pays ne le savent pas. Internet est aussi un moyen de le dire et des prises de consciences dans l’opinion pourraient être fort utiles.

 

Nous pouvons nous organiser, créer des collectifs locaux pour donner une parole à la tragédie congolaise. Nous pouvons…

 

J’entends d’ici des résistances et autres regards railleurs mais n’est-il pas mieux d’agir quitte à se tromper que d’être inactif et certain de ne pas faire d’erreur ? Jusques à quand serons-nous complice du silence ? Nous sommes dans un temps qui permet de s’informer. Informons nous sur ce drame et donnons la main d’association à nos frères du Congo pour être ne serait-ce qu’une goutte d’eau dans la mer des actions pour le Congo.

 

La mémoire de Patrice Lumumba, son rêve pur le Congo, son rêve panafricain peuvent nous inspirer. Donnons nous le droit à l’erreur mais pas à l’indifférence ce sont nos semblables, nos frères que l’on assassine, c’est l’Afrique que l’on pille et prive encore de ses forces vives, c’est sur nos terres que l’on fabrique des bombes à retardement humaines.

 

Vive le Kongo, Vive l’Afrique

Léonora Miano rencontre la scène afropéenne à Pantin et chante ce Jeudi 10 Décembre 2009

Léonora Miano rencontre la scène afropéenne à Pantin et chante ce Jeudi 10 Décembre 2009  dans A decouvrir img_111

Léonora Miano est une femme qui écrit. En la  qualifiant ainsi, il me revient une définition d’elle qui lui est propre. Elle est un « être écrivant ».

Quand les médias tentent de s’emparer d’elle ils veulent comme souvent la réduire à ce qu’elle fait, tout au moins à ce qu’il la voient faire. C’est de bonne guerre, nous sommes dans une ère médiatique qui a besoin de ranger les être et les choses dans des catégories prédéfinies pour ne pas risquer le doute, le questionnement, l’inconfort. Alors on la dit « écrivaine » ou « auteure » selon les cas (utilisant une féminisation de mots qui heurtent encore  le clacissisme de certains de mes rapports  à la langue française ), mais léonora Miano se défie des sentiers battus. Le tryptique qu’elle a clos avec les aubes écarlates l’ont posée comme une plume et un regard à part, hors des sentiers battus d’une Afrique vue sous le prisme du misérabilistme ou du paternalisme. Sa rébellion c’est d’être cohérente et diverse, de l’assumer en prenant des risques. Mais trève de digressions revenons à notre sujet.

Léonora écrit, magnifiquement. Ses mots sont musique, son verbe est symphonique.

Dans ses mots, ses rythmes, l’on entend des accents jazzy, soul et même slam. Son écriture est contemporaine et afropéenne. Afropéenne en ce qu’elle est à l’intersection des confluents culturels qui l’ont nourrie et aussi en ce qu’elle offre un lit magnifique aux courants musicaux qui ont irrigué sa vie.

Je suis sans cesse éblouie par la précision et la justesse de l’expression. Afropean Soul que je lis en ce moment me laisse sans mots. L’Etre écrivant est à rencontrer !

Ses univers littéraires, (elle en a plus d’un et n’a pas fini de nous surprendre) vous happent et ne vous lâchent pas. On ne saurait en sortir indemne. c’est la force de la littérature, la vraie. A son contact nous évoluons.

Léonora Miano c’est aussi une voix.

Quand elle parle sa voix aux accents graves vous enveloppe et, vous embarque. Dans son phrasé, dans son parler s’entend un chant. A son écoute et vous vous surprenez à penser « elle a une voix qui est en soi un instrument de jazz ». Du parler au chant il y a un espace dont le trait d’union est sa voix.

Ce 10 décembre nous avons l’occasion de l’entendre chanter.

Mon billet est acheté et je suis déjà par la pensée dans la salle pour entendre ce qui m’est une évidence. Il me tarde de rencontrer « l’être chantant ».

Date et heure : jeudi 10 décembre à 20h30

Lieu : La Dynamo, Pantin

Tarif : de 6 à 12€

 http://www.banlieuesbleues.org/1_agenda.php

( voir conditions tarifaires sur le site ci-dessus)

Léonora Miano ne sera pas seule en scène :  elle a eu l’idée de donner carte blanche à quatre personnalités musicales «  afropéennes » pour créer à partir de l’empreinte émotionnelle laissée par l’un ou l’autre de ses textes de fiction. De la vérité de la fiction littéraire à celle de la fiction musicale, Sandra N’kake, Baloji, Cae ou Delphine II viendront à la Dynamo pour cette unique occasion, seuls ou accompagnés par leur groupe – et pour l’occasion Léonora montera elle-même sur scène

Je vous laisse écouter son invitation :

« Comme chacun le sait maintenant, la musique tient une place importante dans mon travail d’auteur et dans ma vie. Elle inspire le phrasé de mes personnages, structure souvent mes romans.
J’ai voulu montrer comment la littérature, de son côté, pouvait laisser une empreinte émotionnelle chez les musiciens, et nourrir, elle aussi, leur création.
C’est ainsi que j’ai eu l’idée d’un concert au cours duquel des artistes de la scène afropéenne (française et belge) viendraient jouer des extraits de leur répertoire, et proposer une création originale très librement inspirée d’un texte de moi qu’ils auraient lu.
Artistes invités:
Baloji, Cae, Delphine II, Sandra Nkaké
Et bien sûr, je viendrai moi-même pousser la chansonnette!
Les places sont en vente sur le site de Banlieues Bleues, www.banlieuesbleues.org, entre autres.Nous vous attendons !
Léonora »

img_111_large dans Ma musique à moi

Leonora Miano VOIX,

Sandra Nkake VOIX, ELECTRONIQUE,

Delphine II VOIX,

Cae VOIX,

Eric Suchaire CONTREBASSE,

Etienne Prieuret GUITARE,

Baloji VOIX, RAP,

Didier Likeng BASSE, VOIX,

Dizzy Mandjeku GUITARE,

Jean Gnangion BATTERIE, Alan Le Dem SON

Pour découvrir plus avant Léonora et ses invités, les liens qui suivent devraient vous aider.

www.leonoramiano.com

www.myspace.com/baloji

www.myspace.com/sandrankake

www.myspace.com/caemusic

www.myspace.com/delphineii

 

La dernière lettre de Patrice Lumumba

lumumba.jpgA la confluence des cultures, il est des choses qui font que d’Afrique, d’occident ou d’ailleurs, des choses nous sont communes. L’une d’elle est l’importance immense que l’on donne aux derniers mots d’une personne qui meurt. Cette importance est magnifiée, amplifiée par la conscience de sa probable mort prochaine que l’on prête à celui qui est mort. En cela ses mots deviennent testament et une lettre privée devient patrimoine commun à ceux qui sont dans le cours de l’histoire. La dernière lettre connue de Patrice Lumumba à son épouse Pauline vaut la lecture parce que l’homme privé se confond avec le combattant, invite son épouse dans cet absolu pour lequel il va donner sa vie. Cet absolu pour lequel on va lui prendre la vie avec violence, l’assassiner. Patrice Lumumba est de ces hommes dont le passage et la mémoire sont des lueurs sur bien des parcours de vie et, dans mon panthéon personnel il a une de ces places que choix qui attise mes panafricanismes et mes passions d’Afrique.

 

Comme il est utile de puiser aux sources de ces vies des inspirations pour aller de l’avant et construire. Parce que les mots de Patrice Lumumba revêtent à postériori une dimension testamentaire leur force et leur résonance est d’autant plus grande et l’on se surprend à admirer celui qui a érigé en valeur absolue l’indépendance, la dignité et la liberté de son pays au point de les faire primer sur sa vie. Hommage respectueux à la mémoire et à la vie de celui qui demeure pour moi un exemple, un modèle, une inspiration. Il est une Afrique autre que celle véhiculée par des satrapes qui ont dans un intérêt commun avec ceux de leurs complices à donner de notre terre une image de continent désespéré, dépendant par essence et mendiant pour survivre. De la terre d’Afrique une voix a résonné en son temps pour dire :

« Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. »

Merci Patrice Lumumba pour l’exemple.

Bonne lecture à tous, inspirons et laissons-nous inspirer par ces vies et ces voix qui nous rappellent que notre futur ne se dessine pas dans une échine constamment courbée. Des vies qui nous rappellent que les fatalismes de nos désespérances peuvent laisser la place à des têtes levées qui embrassent à nouveau des rêves et des destinées d’Afrique. Il est une autre Afrique à bâtir, à réinventer, à redécouvrir, à rencontrer à réveiller. Une Afrique mise en sommeil par une histoire à assumer et à dépasser. Nkosi Sikeleli Afrika. Que Dieu bénisse l’Afrique

___________________________________

Ma compagne chérie,

 

Je t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations-Unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu.

 

Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai je dire d’autre ?

 

Que mort, vivant, libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte. C’est le Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance en une cage d’où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur.

 

Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte que le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres.

 

A mes enfants que je laisse et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau.

 

Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. Ne me pleure pas, ma compagne. Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté.

 

Vive le Congo ! Vive l’Afrique !

200pxpatricelumumba.jpg

Patrice Lumumba

ceci dit entre nous…

14vpf9w.gif picture by maddyspaceChers amiblogs,

Cher visiteurs occasionnels Chers visiteurs plus réguliers,

Le blog a un peu plus de deux ans et, surprise de le voir encore actif,   je me  souviens.

Oui je me souviens des balbutiements du début, du monologue apparemment improductif, je me souviens des moments de  grand découragements d’alors.

Puis vous êtes venus, peu à peu, me donnant des raisons de continuer d’écrire, de livrer mon regard, de partager. Vous êtes venus, chacun apportant son unicité, la particularité de son regard, sa sensibilité, son humour, son intelligence, son amour des mots, sa poésie de la vie fût-elle en prose, son humanité, bref ces parts de lvous que vous acceptiez de mettre dans le pot commun de nos échanges ces parts que vous acceptiez de livrer.

Je suis toujours surprise par la qualité des liens et des échanges qui se font à visage masqué et souvent à coeur ouvert.

Les univers uniques et différents qui sont les vôtres s’agrègent pour, comme des petits ruisseaux qui se rencontrent former un océan d’humanité et j’oserais même dire de fraternité qui se déverse sur cet espace en sourires, en rires, en bienveillance et parfois même en délires.

4029.gif picture by maddyspaceDu côté de Dakar se trouvent deux jeunes femmes pétillantes qui parfois me donnent l’impression d’avoir toujours été là.

Et cette nature insolite qui comme une évidence a jeté un pont entre une âme magnifique et votre hôtesse.

Il y a ces humanistes que j’aime voir s’indigner avec passion sur les aberrations politiques et économiques du monde.

Il y’a cet autre qui, au coeur de  ses  hautes études en sciences sociales nous offre un regard sur le monde qui marie avec bonheur distance, humour et intelligence.

Et il y a mes frères et soeur du tous les points cardinaux du Cameroun qui passent souvent en silence et qui quelquefois laissent des mots qui me touchent. Il y a le Prési mon frère à mouahhhhhhhhh, il y a Léna visage que j’attends, Edouard qui me tient informé des nouvelles du pays, Mboa et sa plume incendiaire et les autres que je cite pas.

Il y a des saveurs et des tendresses qui se glissent ici le temps d’un passage  et dont la fidélité à passer ne s’est jamais démentie.

Et il y a les regards, vos regards d’artistes par lesquels les choses les plus anodines révèlent des beautés qui échapperaient à l’oeil du profane. Il y a cet Autre Regard  rencontré grâce au hasard de la communauté de nom et que ne renierait pas un chat appelé Tao. 

Il y a les photos de mon professeur de botanique préféré, l’une de mes premières et plus fidèles lectrices, grâce à qui les beautés de l’hexagone se révèlent en photo.

Il y a chacun de vous venant encore et encore lire nouvelles, poèmes, chroniques musicales ou sociales, mes coups de coeur, mes coups de sang.

J ‘ai vu passer des âmes sensibles qui depuis pour certaines ont fermé leurs blogs mais que je n’ai pas oubliées.

J’ai eu le plaisir de rencontrer des amateurs de musique, ceux qui ne savent plus en parler sans emphase. Des personnes en qui la musique résonne et défie la raison. Passion quand tu nous tiens. Il y a celle que la passion pour la musique rend  pratiquement »Calibarge » Clin doeil et qui m’a encouragée à écrire alors que jour après jour elle venait à la rencontre de l’histoire de Wellie que je n’ai pas fini de vous livrer. 

Et il y a vous, chacun de vous, unique et incomparable à quiconque qui m’êtes une belle rencontre. Merci.

J’ai croisé parmi vous des magiciens qui déclinent leur amour des mots en poèmes, en prose, en mots qui comme des traits d’épée réveillent de la torpeur.Les mots de femmes et d’hommes qui habillent ou déshabillent les maux pour continuer d’avancer. Merci.

Merci pour le respect et l’amitié qui sans cesse structure vos interventions et vos mots semés ça ou là sur le blog sont précieux.

Merci à vous qui me faites partager vos passions pour la nature, le surf, la peinture, l’art en général. A votre contact j’ai appris, et apprends encore.

Merci pour la qualité du dialogue

Merci à vous qui passez par ici, qui vous arrêtez et prenez la peine de déposer des impressions, des réflexions, des mots d’amitié, des encouragements, des appréciations. Merci à vous qui grâce à vos visites faites vivre ce blog et lui conférez une incroyable richesse.  Merci.

Comme vous avez dû le constater, je ne suis pas régulière sur les blogs ces derniers temps. Je suis très prise et ne peux que rarement passer chez vous et quand je le fais c’est souvent sans un mot. Je ne serai pas disponible avant un bon mois voire plus pour cause de surcroît de travail. Et ensuite ma présence sera encore légère pour d’autres raisons plus personnelles. Alors merci de ne pas vous formaliser de mon absence sur vos espaces et du manque de régularité dans la tenue du blog.  Dès que possible je reviendrai.

J’ai pensé mettre le blog en pause mais la richesse des échanges, ce que nous avons construit au fil du temps fait que vos mots, de vos petits salut en passant, les réactions passionnées et tout ce qui fait vivre ce blog, j’ai pris le pli de les recevoir et j’en suis fort aise. 55893.gif picture by maddyspace

Même si je n’ai pas la possibilité d’entretenir un dialogue de personne à personne j’apprécie les échanges que nous avons ici. J’apprécie que chacun de vous donne son point de vue avec respect de l’autre. J’apprécie les traits d’humour et les moments durant lesquels passent entre les mots nos gemellités en humanité.

Alors n’hésitez pas à semer ça et là vos mots que je lirai aussi souvent que possible. Je reviendrai sûrement vous raconter les deux prochains concerts où je vais si j’ai quelques minutes entre la rédaction d’un document essentiel à ma vie professionnelle.

Le point commun entre les deux concerts c’est la bass. Vous avez un indice plus bas. en attendant de vous retrouver, je vous laisse quelques moments de musique que ous apprécierez j’espère.

Rachelle Ferrel, Tamia, Peabo Bryson, Ronald Isley : « if only I knew » Ils ont fait pleurer Patti labelle.

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Jaylou Ava : Africa in my heart. Ecoutez laguitare de ce virtuose. C’est magnifique.

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 Je vous laisse profiter de ce moment d’anthologie avec trois bassistes incroyables. Ils sont à Paris dans 10 jours. Caramba viiiiiiiiiiiiite !

Marcus Miller , Stanley Clarke et Victor Wooten

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blessings_P_L.gif picture by maddyspace


Talking about a revolution…will you know ? Will you hear the sound ?

ForbiddenInnocence.jpg picture by maddyspaceBillet écrit il y a bientôt deux ans. L’actualité me donne envie de le remonter. La crise née des subprimes a mis à nu des mécanismes cyniques des plus abjects qui ont conduit à la tragédie bien des familles. Par ailleurs, dans un monde qui se prétendait dans l’incapacité de débourser les sommes nécessaires pour éradiquer la faim dans le monde, nous entendons les sommes faramineuses qui sont déboursées pour sauver des banques. Je ne suis pas pour la faillite bancaire et encore moins celle des états mais cette situation met en évidence la valeur de l’humain au coeur du système mondial. Avez vous entendu le gouvernement fédéral américain se mettre en quatre pour ceux qui avaient perdu leurs maisons ? Il y a deux jours, selon un sondage, un de plus me direz-vous, 60% des personnes interrogées en France ont peur de se retrouver SDF. C’est terrifiant n’est-ce pas ? Et les mois ont passé, et la crise semble s’estomper révélant jour après jour que le système n’a pas été refondu, que malgré les slogans et les effets d’annonce le capitalisme n’a pas été réinventé. Faut-il que tout explose pour qu’ils entendent. Des surdités d’antan ont enfanté des révolutions qui ont changé les systèmes politiques. Dans un pays, un roi et sa famille ont perdu la tête. Dans d’autres il a fallu passer par des guerres et des tragédies pour essayer de penser autrement la justice sociale. 90% de la société ne sauraient indéfiniment regarder 10% de cette dernière faire ripaille et gaspiller en futilités ce qui servirait à l’essentiel pour d’autres. Will they know ?

Bonne lecture.

Cette chanson date me semble t-il de 1988. Elle m’avait marquée à l’époque mais avec la maturité (l’un des avantages de l’âge) je l’entends en profondeur et les injustices de nos sociétés le font résonner de plus en plus fort. Ce chant semble annoncer prophétiquement des révolutions qui se préparent dans nos sociétés post-modernes, celles qui laissent sur le bas côté des hommes et des femmes qui n’ont pas d’autre ressource que de faire la queue des heures durant, devant des endroits comme les restos du coeur  pour recevoir de la nourriture de tous les jours. Il arrive qu’on entende en interview des personnes qui sont réduites à cette indigence et elles racontent pour certaines d’entre-elles la violence contre soi que représente le fait de se sentir réduit à la mendicité.

Elle annonce les révolutions qui se préparent dans des banlieues dites sensibles dans lesquelles se sont retrouvées parquées des populations dont l’homogénéité était celle d’être des personnes en difficulté et dans des parcours potentiellement générateurs d’exclusion et de désocialisation. Un son gronde dans les immeubles oppressant de certaines zones urbaines sensibles, qui deviennent des zones de non droit générant des règles internes qui les confortent dans une désadaptation à la société.

Il y a des colères qui se lèvent face à la débauche de moyens déversés pour des futilités et les parapluies que représentent les stock options pour les « grands patrons » dans un pays dans lequel le nombre de travailleurs pauvres et incapables de trouver un logement ne fait que croître. Des révolutions s’annoncent dans des pays dont le système génère de nombreux chômeurs sans espérances et des sans abris de plus en plus jeunes, de plus en plus nombreux. Il faut que quelque chose se passe…

Qu’allons nous faire ? Nous mettre la tête sous le sable en nous disant « tout va très bien madame la marquise « . Allons-nous entendre le son qui monte et qui gronde ça et là dans la société ? Allons-nous en anticiper les conséquences pour que ne se lève pas des révolutions qui laisseraient exsangues nos sociétés. Allons-nous avoir le courage d’initier de vraies réformes pour que la violence sociale et la violence de l’exclusion des populations les plus fragiles diminue dans nos pays. Allons-nous avoir le courage de reconnaître la défaite de certains schémas dans lesquels nous fonctionnons, nous privant de certains de nos conforts à être pour laisser de la place pour l’éducation et l’insertion de ceux qui sont déjà abandonnés au désespoir et/ou à la colère. Il y a un prix à payer et des renoncements à faire pour ceux qui comme moi sont plutôt du bon côté de la barrière. Tant de choses superflues semblent m’être, nous être devenues si nécessaires et essentielles que nous ne serions pas aisément prêts à nous en priver pour faire de la place aux autres dans le confort auquel nous prenons part. J’ai entendu parler il y a un moment de partage du travail et l’idée me revient. C’est sûrement une piste de réflexion mais j’avoue que l’idée de partager mon travail, de renoncer à quelques heures avec une diminution de salaire relative à la baisse des heures de travail ne me sied pas Il y a du chemin à faire dans nos bonnes idées et dans nos générosités dont les limites se révèlent souvent au moment où chacun de nous doit payer un prix. Je crois qu’une révolution est nécessaire dans ma mentalité. Dans d’autres aussi sûrement.

Il y a un murmure qui monte de ça et de là dans nos sociétés et ce murmure prend parfois des formes odieuses, des formes abjectes, des formes intolérables et intolérantes.

Dont you know … ?

Ecrit le 30 décembre 2006

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Don’t you know
They’re talkin’ bout a revolution
It sounds like a whisper
Don’t you know
They’re talkin’ about a revolution
It sounds like a whisper

While they’re standing in the welfare lines
Crying at the doorsteps of those armies of salvation
Wasting time in the unemployment lines
Sitting around waiting for a promotion
Poor people gonna rise up
And get their share
Poor people gonna rise up
And take what’s theirs
Don’t you know
You better run, run, run…
Oh I said you better
Run, run, run…
Finally the tables are starting to turn
Talkin’ bout a revolution

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