Ce chemin…

Je t’aime pour aujourd’huiPour demain pour toujours

Promesses des jours heureux

Serments d’éternité

 

Les musiques de nos jours

Étaient harmonieuses

Leurs notes me reviennent

Comme s’avance la nuit

 

Une larme silencieuse

Derrière des portes closes

Racontent l’agonie

Témoin de ton absence

 

La doit vie continuer

Après la tragédie

Elle vaut la peine dit-on

Mais sans toi elle est terne

 

Le soleil brille toujours

Mais il ne réchauffe pas

Le cœur pétrifié

Par la glace de la peine

 

 

Au milieu des amis

Au cœur de sa famille

On a beau se forcer

On n’est plus vraiment là

 

On voit remuer des lèvres

Mais les mots nous sont clos

On se meut dans la vie

Comme dans un état second

 

En m’amputant de toi

On m’a ravi à moi

On m’a coupé les ailes

Les bras le cœur les jambes

 

Privé de la passion

La communion d’esprit

Que j’avais rencontrées

En toi mon âme sœur

 

Ton visage et ton rire

Ta voix et ton parfum

Ta démarche singulière

Ne s’estompent pas

 

Amis amants et frères

Nous n’étions plus deux

J’étais toi tu étais moi

Nous étions l’infini

 

Folie d’un jour de fête

Un crissement de pneus

Mon amour n’est plus

Mon cœur s’en est allé

 

Dans le monde en mouvement

Je ne trouve plus mon rythme

Hormis dans le regard

Et le sourire d’un ange

 

Les musiques de la vie

Que j’entends dans son rire

Arrivent comme une promesse

Qui me garde dans la vie

 

Mais la promesse tarde

A se faire réalité

La douleur m’est amie

Le silence m’est abri

 

Prisonnier de l’absence

Des bonheurs du passé

Je devine aisément

Que tu me voudrais ailleurs

 

Je t’aime pour aujourd’hui

Pour demain pour toujours

La mémoire de l’amour

M’aidera à avancer

 

Les portes de prison

Fermées par le chagrin

Peu à peu s’ouvriront

Pour me laisser sortir

 

Laisser place à la vie

Et à l’envie d’aimer

Est un cheminement

Un appel de l’espoir

 

Grâce au rire de mon ange

Et en mémoire du tien

J’emprunterai ce chemin

Et réapprendrai l’amour

 

 

* Dédicace à toi qui sais que ces mots sont pour toi.

Une belle soirée en compagnie d’une orfèvre de l’instant : impressions subjectives sur le concert de Joelle Esso au Theranga partie 2

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© photos : Jean-Pierre Esso. www.okabol.com

J’ai dans la mémoire des moments durant lesquels elle nous a fait rire en insistant sur la prononciation du titre «  Etintin  ». Je crains qu’en lisant ceci vous ne prononciez naturellement le mot de la manière qu’il faut éviter. Deux options s’offrent à vous pour découvrir la bonne prononciation vous procurer l’album et écouter la piste trois ou aller la découvrir en concert si elle passe par chez vous.

Je me souviens aussi du moment où elle nous a invités à nous faire choristes. La salle étant métisse, la chanteuse aura eu des choristes phonétiques. En faisant le tour des tables pour enseigner le mot que nous devions chanter avec elle. Si mes souvenirs ne me font pas défaut c’était sur la chanson To wuma (nulle part). Alors pendant qu’elle chantait sa proclamation de foi, nous pouvions scander en écho avec elle «  to wuma  ». Cette participation de la salle donnait une densité à la chanson qui me ramenait vers des souvenirs de moments vécus sur des terres lointaines. Moments d’osmose avec un conteur qui racontait avec brio nos racines communes. J’aime ces moments durant lesquels un artiste se fait artisan, orfèvre de l’instant. Joëlle est une orfèvre de l’instant en ce qu’elle sait saisir la matière brute d’un instant ordinaire et d’un public hétérogène pour en faire un joyau. J’aime ces moments dépouillés de tout artifice pendant lesquels il ne reste à l’artiste que son âme et sa voix pour vous retenir. Joëlle Esso a une voix d’alto magnifique. Une technique vocale maîtrisée sans pour autant verser dans l’asepsie. Sa voix, comme un lasso envoûtant vous saisit et ne vous lâche plus. Voix magnifique tant dans les graves que dans les aigus.

La beauté de sa voix alors qu’elle chante «  Mumi  » (mon homme) est tout simplement saisissante. Mieux que sur l’album de mon point de vue. Peut être parce qu’elle se livre sans filet. Belle déclaration d’amour que cette chanson. Par ton regard tu fais entrer des rayons de soleil dans mon cœur. J’aime sa voix quand elle mêle dans la même phrase le Duala et le français. A mumi woho oa, tu es dans ma vie. Ahhhhhhhh les graves qui se glissent dans le «  tu es dans ma vie !  » et cette onomatopée qui fait le lien entre le français et le duala je me régale. Monsieur «  mumi  » était dans la salle. Est-ce sa présence qui donnait à la voix de la chanteuse une telle densité ? That is the question. Clin doeil

La soirée était familiale. Il y avait dans la salle l’époux et la fille de la chanteuse qui de temps en temps manifestait sa présence. Il y avait aussi le frère, photographe attitré de la chanteuse accompagné de son fils. La chanteuse mentionnera les deux enfants au cours de son tour de chant. Comme en introduction à Nyambe, elle nous dira que son neveu réclame une chanson en français. Nyambe est la seule chanson de l’album qui ait des séquences en français. C’est une chanson absolument bouleversante qui raconte l’exil d’une femme en terre de déraison d’une manière tout simplement magnifique. Là encore la chanteuse explore des graves somptueux. La chanson est un morceau de poésie en ce qu’il met en musique de mots l’indicible qu’est l’histoire d’une vie happée dans la folie. En Duala elle scande une maxime qui invite à ne pas se moquer de ceux qui sont sous le coup d’une forme de malédiction parce qu’elle se transmet. Rencontre entre les valeurs chantées en terre natale et les mots d’une jeune femme ancrée dans le présent. La chanson m’a touchée parce qu’elle met en lumière avec pudeur et intelligence le regard que l’on porte sur la maladie mentale. Souvenirs du rapport à la folie du temps de mes premières années en terre natale. Souvenirs d’un homme précipité en déraison à un moment crucial de sa vie et qui passait ses après midi assis devant la porte de la maison familiale. C’était à une maison de celle de mes parents. Nyambe o si yoye mo e ma tombea Nyambe. J’aime la belle sensibilité de Joëlle. Elle ne s’érige pas en donneuse de leçons, elle livre son cœur en chansons. Elle ne nous force pas, elle nous invite dans son univers. Y entre qui veut.

101_6590.jpg image by maddyspaceJoëlle est de ces artistes dont la musique, les textes et la voix m’invitent à fermer les yeux. Je ne me force pas, mes yeux se ferment naturellement pour ne rien perdre de ce qu’elle livre. J’ai été touchée par l’hommage magnifique au père qui s’est absenté du côté de l’éternité. Malgré le poids de l’absence elle sublime la douleur et nous offre un «  danse  » de toute beauté et d’espérance. C’est aussi la force de la foi , celle qui est assurée qu’il y a une autre rive pour recueillir les disparus. «  tu as choisi de traverser le fleuve  » chante t-elle. «  des anges ont poussé ta pirogue. Tu nous as précédés, sans avertir de ton départ, nous n’allons plus nous voir. Danse ! Tu danses avec les anges.  » C’est une chanson rythmée et profonde sur laquelle celui qu’elle chante danserait sans problème si l’on en croit le témoignage qu’elle livre de lui en quelques mots. Magnifique chanson qui rencontre ceux qui ont vu partir quelques pirogues emportant ascendants, descendants ou des personnes dans la fratrie. Fermer les yeux et voir les siens qui dansent avec les anges. Moment inoubliable magnifié par le visage de la chanteuse. Elle avait le visage illuminé par un immense sourire et les yeux fermés, comme en communion avec le père absent, en communion avec sa joie de vivre. Emotion. Moment qui donne comme une envie de dire à chacun de ceux qui m’ont précédée de l’autre côté : danse ! Merci à l’artiste pour cette partition d’espérance dans laquelle je crois n’être pas la seule à trouver des espaces pour faire danser les miens.

Comment vous raconter des impressions forcément intraduisibles en mots ? Comment mettre des mots sur des moments de grâce ? Comment raconter une orfèvre de l’instant ? Comment dire la simplicité et le professionnalisme de Joëlle ?

Elle réussit l’exploit de chanter en faisant toutes les voix pour ne pas vider les chansons de leurs substance. Et ceci sans micro. Chapeau bas madame. Le temps de laisser la chanteuse reposer sa voix, Kristo interprète une de ses chansons et voici que Joëlle interrompant son éphémère repos se fait choriste et percussionniste. Générosité d’artiste.

Vers la fin du tour de chant, Joëlle nous a donné un avant goût de l’album à venir en interprétant un chant sur les racines africaines de Pouchkine poète, dramaturge et écrivain russe. Avant de chanter, elle nous révèle que contrairement à ce qui se disait l’ancêtre de Pouchkine ne venait pas d’Ethiopie, mais du Nord du Cameroun (pour en savoir plus une visite sur le site http://www.gnammankou.com/). La chanson est magnifique. Elle parle des cris de la mère à qui l’on a arraché son fils pour l’entraîner vers une terre lointaine. La voix de Joëlle y est tout simplement sublime. Au Duala, elle allie la langue de la région de laquelle est parti l’ancêtre de Pouchkine. Vivement l’album pour réécouter cette merveille. Le second album promet parce qu’elle le présente comme ouvert sur le monde après Mungo qui était plus près d’elle.

Le tour de chant s’est terminé, trop tôt à mon goût (je n’avais qu’à être à l’heure me direz-vous). Que voulez vous ? Je suis boulimique de bonne musique, de beaux moments, d’authenticité. Joëlle Esso après son tour de chant fait le tour des tables pour faire la distribution de son CD. Elle échange avec son public d’un soir un mot, une sourire, un rire, en toute simplicité. A ceux qui le souhaitent elle dédicace le CD sans manifester le moindre signe d’impatience ou de fatigue. Sa petite fille qui veut retrouver sa maman pour elle toute seule l’accapare, veut s’emparer du stylo, vient profiter d’un instant câlin. Maman et artiste, artiste et mère tout simplement.

Le concert terminé, je vais pouvoir voyager par le goût. Ah ! chaque grain de riz est un poème. Mais qui me donne la recette du riz façon Sénégal ? Entre le plat de riz agrémenté de légumes et de poisson et la boisson au gingembre mes papilles gustatives n’ont pas fait le voyage pour rien. Est-il besoin de dire que mes oreilles et mon âme ont été enchantés par cette soirée ?

En repartant chez moi, j’emporte le souvenir d’un moment magnifique avec une femme et une artiste de grand talent. Sa modestie et sa simplicité sont l’écrin d’un talent et d’une intelligence remarquables. C’est le sourire au cœur que j’ai rejoint Morphée cette nuit là. Et pour la petite histoire, mes cheveux ont réfréné leur rébellion le temps d’une soirée. Il faut croire que la musique adoucit les moeurs et les humeurs de tignasses récalcitrantes. Pour la petite histoire j’ai eu une dédicace des plus touchantes. Merci à Joëlle pour avoir pris le temps de trouver des mots rien que pour moi. Me revoilà au centre du monde. Vous voulez la preuve par l’image ? (rires). 101_6690.jpg image by maddyspace

Impressions subjectives sur les Scènes d’Eté à la Villette (première partie) : un dimanche enchanteur avec Etienne Mbappe et Simon Nwambeben

PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-25.jpg image by maddyspaceDimanche 27 juillet, il est dix sept heures vingt quand j’arrive porte de Pantin. Je suis un peu contrariée. En partant de chez moi, je n’ai pas pu mettre la main sur la jaquette de mon CD d’Etienne Mbappe. Et ma dédicace alors ? Après le coup du concert manqué de Juin, je me dirige vers la dédicace manquée. Grhhhh ! Contrariée je suis ! Il fait chaud. La touffeur ambiante fait que les vêtement adhèrent au corps. L’été a momentanément posé ses bagages et les amoureux du soleil sont aux anges. Autour du jet d’eau, une profusion de jambes s’ébattent. Le soleil a la vertu de ramener des sourires et des rayonnements sur les visages des parisiens. Il fait lourd et mes lunettes de soleil ne font pas casquette. Regrettable omission. Les rayons du soleil m’alourdissent la tête. Petite nature que je suis ! Pfttt.

Je ne sais pas où se tiennent les scènes d’été, mais je suis déterminée à ne pas manquer les concerts qui m’ont déplacée et fait traverser la ville sous une température caniculaire et au cœur de ces effluves uniques qui en été s’élèvent dans le métro mettant souvent le cœur au bord des lèvres. Mais ce n’est pas le sujet du jour. Je suis à la Villette et il faut que je trouve le lieu qui matérialisera mes extatiques anticipations. J’ai secrètement pris la nationalité Bonendale histoire de légitimer les bal à terre qui se profilent à l’horizon. Mais chuuuuuuuut ! ! !

Après le rendez-vous manqué du 5 juin pour cause d’accident de la vie, l’univers que je croyais en accord avec mes prétentions à assister au concert du New Morning avait pour moi un rendez-vous auquel je ne pourrais déroger.

A l’époque j’avais prévu d’assister au concert d’Etienne Mbappe en Juin et en Juillet tant qu’à faire. J’ai pris l’option  » encore «  à la naissance. En duala on dit  » ngolo wake  » c’est à dire  » jamais rassasiée  » ou  » les yeux plus gros que le ventre  » si je devais transposer cette expression aux expressions hexagonales. Réduire mon envie de voir deux concerts d’Etienne Mbappe en l’espace de deux mois à de la boulimie serait pour le moins réducteur. La vérité est ailleurs comme dirait l’autre. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-55.jpg image by maddyspaceJe suis juste cohérente dans mes coups de foudre et il se trouve que j’ai pris un coup de Misiya au cœur et que Su la take est venu m’achever. Prise d’otage en terre de beauté. Syndrome de Stockholm, otage volontaire d’un univers musical qui vient au plus près de mes racines et de ma vérité. J’ai par ailleurs une passion viscérale pour la musique de qualité de mon pays et je suis déterminée à défendre et à élever avec mes moyens rudimentaires l’étendard de la musique de qualité qui jaillit du berceau de mes ancêtres. Je le dois à la beauté des sons de ma terre, je le dois aux sons des musiques de mon enfance et aux sons qui rythment les cœurs, les danses, les chants, les respiration de ma terre natale. Ces sons que les véritables artistes savent apprivoiser du moins en partie et les convertir en musique, en mots, en onomatopées saisissantes. Avez vous entendu la séquence de Bonendale sur laquelle Etienne aligne deux onomatopées en  » oohh  » et  » aahh  » ? Comment vous dire ? C’est tout simplement terrible. Ces singulières onomatopées ouvrent un boulevard à l’imaginaire. Au fait d’après mon docteur je ne suis pas folle vous savez ? (hi hi). Je serais Etiennobarge d’après une fidèle lectrice de ce blog. Mais pas du tout ! ! ! ! La preuve je vois s’ouvrir des boulevards dans des onomatopées. Si ce n’est pas de l’écoute chirurgicale c’est un tantinet borderline n’est-ce pas ?

Simon Nwambeben : un musicien qui sort des sentiers battus de la musique convenue et offre une une ouverture vers des univers de beauté en musique.

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Parlant de boulevards, avez vous entendu les mélopées portées par la voix incroyablement ample et puissante de Simon Nwambeben ? Je les ai entendues à la Villette. Ses mélopées et autres onomatopées accompagnent ma mémoire et chantent à l’intérieur de moi. Des sons qui ouvrent des pans de la mémoire et si elles ne nous emmènent pas au Cameroun viennent déposer un peu plus des profondeurs du Cameroun en nous. Ô Cameroun berceau de nos ancêtres …

Le Cameroun déborde de talents méconnus parfois tapis à l’ombre des figures tutélaires et au demeurant respectables de la musique Camerounaise. Mais ces arbres magnifiques cachent des forêts de talents qui jaillissent des quatre points cardinaux de l’Afrique en miniature. Il est temps à mes yeux que dans ma génération et celles qui suivent explosent par delà les limites continentales les mille parfums qui composent l’essence de nos talents et que la renommée acquise ne se cantonne pas une fois encore à un ou deux baobabs vénérés mais qui volontairement ou non, empêchent l’éclosion des autres talents. J’espère qu’Etienne Mbappe, Richard Bona et les autres de cette génération qui ont su s’extraire de la masse et passer les frontières ethnocentrées ne céderont pas à la tentation de l’unicité au dépends de ceux qui légitimement sont dans leurs aspiration. Il y a de la place pour toute l’étendue de l’art musical et vocal issu du Cameroun, comme du reste de l’Afrique. Je pourrais citer de manière non exhaustive, dans la génération dans laquelle je me reconnais des prénoms de femmes et d’hommes qui disent la vitalité et la richesse de la musique camerounaise du Cameroun ou de la diaspora. On les appelle Coco, Joëlle, Avline, Kaïssa, Etienne, Richard, Simon, Gino, Blick, Henri, et bien d’autres. Et plus près de moi Charly qui vient de m’épater avec  » Sacramento «  un album dont je vous reparlerai dans un autre billet. Bravissimo my bro ! Mais revenons plutôt aux raisons de ma présence à la Villette au péril de mon olfaction avant de descendre dans les dédales de mes cogitations déambulatoires. Me voici porte de Pantin essayant de me repérer au milieu des franciliens qui profitent du soleil. Je suis en direction de Bonendale, que dis-je du parc de la VilletteClin doeil ! La place grouille de monde et de vie. Des parents promenèrent leurs enfants, des enfants et des adultes jouent ça et là. D’autres personnes allongées sur l’herbe profitent des rayons du soleil pour bronzer. C’est l’image même de la vie que de se faufiler entre ces personnes pour trouver la scène qui m’appelle. Je m’attends à découvrir sur scène un jeune chanteur que je n’ai jamais vu en live mais dont l’authenticité, la puissance vocale et l’univers m’invitent à la découverte. Bien qu’impatiente d’entamer mon voyage vers le Bonendale d’Etienne Mbappe, je ne veux pas qu’il devienne dans mon esprit un baobab qui m’empêche de voir le talent de Simon Nwambeben. Il y a un temps pour toutes choses. Alors que je me dirige vers le lieu du concert, je règle mes pendules intérieures à l’heure de Simon Nwambeben et comme j’ai eu raison de le faire. Ce tour de chant tout en simplicité et en intelligence a été de toute beauté. En arrivant, discipline et respect pour l’artiste qui passe en premier oblige, mon être entier se positionne sur 17h30. Le rendez-vous de 19h30 viendra bien assez tôt. Pas trop tôt mais les meilleures choses se laissent attendre n’est-ce pas ?

PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-24.jpg image by maddyspaceParce que je connais la musique du jeune chanteur inventeur du Bitibak, je sais que je ne devrais pas être déçue. Simon Nwambeben a une de ces voix qui dès qu’elle vient à votre rencontre vous attire comme un aimant jusqu’à lui.

Sur la scène, apparaît un homme vêtu d’un ensemble entre le mauve et le rouge. C’est un homme dont la petite taille tranche avec l’amplitude vocale. Il débute le concert sans bousculer un auditoire. Sa voix vient à notre rencontre sur la pelouse et capture notre attention. Il a la capacité de prendre des envols vocaux magnifiques. Mais où a t-il donc appris à poser sa voix de la sorte ? Simon Nwambeben est de ces chanteurs qui vous prennent par la main et vous emmènent en voyage. Nous montons avec lui dans la voiture qui l’emmène vers son village, une voiture dans un état pittoresque (la mienne).

Nous accompagnons sa mémoire alors qu’il raconte cet ami trop tôt disparu dont il invite la mémoire à danser au rythme de la musique de son hommage. Le concert est ponctué d’anecdotes qui laissent passer l’humour et l’auto dérision du chanteur quand il fait allusion aux canons de beauté pour les hommes en occident. J’ai aimé l’anecdote sur le sondage sur l’homme idéal. Un moment savoureux qui a fait rire l’auditoire. Passant de la guitare aux percussions avec aisance Simon Nwambeben apporte au cœur de la Villette les rythmes de son cœur, de sa terre, de sa mémoire. Les rythmes qu’il a apprivoisés jeunes au travers d’une guitare de sa fabrication. Savoureuse anecdote que celle qui encadre la fabrication de la guitare et dévoile des fiertés tout en noblesse dans ses affirmations au cousin présent dans l’anecdote. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-14.jpg image by maddyspaceNous sommes pendus à ses lèvre quand il raconte entre deux chansons ces anecdotes qui font le lien avec la musique et nous invite dans une langue que nous ne connaissons pas. De temps en temps, l’homme tranquille qui semble protégé par sa guitare et semble abrité derrière lunettes laisse affleurer un subtil déhanchement qui s’amplifiera au fur et à mesure que le concert avancera. Sous la chaleur de juillet il laissera tomber la veste pour nous livrer un solo magnifique aux percussions. L’affaire n’en restera pas là. A la fin du concert le chanteur est chez lui et il nous offre des contorsions qui semblent être des danses traditionnelles de sa région si j’en crois les danses en écho d’une dame de l’auditoire qui se mouvait dans des contorsions similaires et qui connaissait les chansons par cœur.

On peut faire sa fière un temps mais la fin du concert m’a surprise devant la scène sous le prétexte de faire quelques photos et j’ai bien dansé.

De nombreuses personnes du public en toute liberté dansaient, tourbillonnaient, parfois en rythme, parfois non, mais tous dansaient au son de la liberté de se laisser aller à l’instant. Sur la scène un guitariste, un bassiste, et un percussionniste habité et deux choristes accompagnent le chanteur. Il va de l’un à l’autre, et les musicien se parlent sans rompre le rythme du concert et ce qui frappe c’est que les échanges se font au cœur d’un sourire. Les deux choristes ont des jolies voix qui se marient bien avec la puissance vocale du chanteur. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-23.jpg image by maddyspaceLe bassiste fidèle aux traditions séculaires des bassistes, il ne sourira pas, ou alors quand je ne regardais pas. A la fin du concert, le chanteur est torse nu. Heu… Il faut croire que derrière l’homme apparemment tranquille se cachent d’intéressants embrasements qui communiquent le feu l’air de rien.

J’ai bien aimé la simplicité avec laquelle il rend hommage en une phrase au grand frère qui arrive. C’est ça le passage de témoin inter générationnel que j’aime, celui qui est intrinsèque à l’Afrique réelle celle qui fait coexister les générations celle qui fait coexister changement et continuité. Simon Nwambeben annonce que le grand frère va mettre le feu et avant de lui laisser la place il ne se gêne pas pour nous entraîner dans un moment embrasé. Simon Nwambeben a réussi l’exploit d’habiter son concert d’une façon telle que pendant sa prestation il occupait l’espace de mon attention. Le grand frère viendrait après pour mettre le feu. En fait Etienne Mbappe arrivera avec un incendie dans sa basse. Mais ça c’est une autre histoire.

Merci à Simon Nwambeben pour le moment de toute beauté qu’il a offert aux spectateurs de la Villette et à moi. Depuis j’emporte dans ma mémoire sa voix magnifique qui dit quelque chose comme  » Ma aaaaaah aaahhhhhh «  C’est d’une beauté qui me touche parce son univers est fait d’authenticité et de simplicité. Ma mémoire dans sur Ah Meh Kone. J’emporte des sons de guitare comme l’intro de Nde beh nkeh qui ouvre sur un déchaînement ultérieur de sons tant à la basse qu’aux percussions. Simon Nwambeben, à mes yeux une belle confirmation sur une scène d’été à la Villette, un dimanche de juillet, et un moment comme je les aime. Bravo à lui et à son groupe.

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Patrick Bebey au baiser Salé : Un moment enchanteur à la confluence des temps et des mondes.

Bonjour à tous,

Merci pour vos passages et vos mots si gentils. Je ne fais que passer car suis toujours en pause. Des raisons personnelles font que je ne peux tenir comme je voudrais mon blog et encore moins passer sur vos blogs pour échanger avec vous comme de coutume. La pause devrait se prolonger encore plusieurs semaines. Je ne résiste cependant pas au plaisir de rendre hommage et pourquoi pas vous faire découvrir un musicien et chanteur d’origine camerounaise (vouiiiiiiiiiiiiii) grâce auquel j’ai passé une soirée de toute beauté. Patrick Bebey musicien multi instrumentiste.

Je vous souhaite une belle semaine et vous envoie mes amitiés.

Malaïka

 

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Samedi 12 avril, à quelques minutes de 22 heures, j’arrive au Baiser Salé pour le concert de Patrick Bebey. Le Baiser Salé est club de Jazz au centre de Paris à l’étage duquel les murs, s’ils venaient à parler, raconteraient sûrement des sons de folie. Des photos sur les murs racontent une part de la mémoire des lieux. Dans cette petite salle, bien des artistes ont fait leurs premières armes. Si vous interrogiez les murs ils raconteraient leur mémoire de la voix d’Angélique Kidjo, de la Bass d’Etienne Mbappe ou de Richard Bona. Les murs pourraient parler du piano prodigieux de Mario Canonge, et de tant d’autres artistes qui ont fait résonner leur talent dans ce lieu.

C’est dans cette salle aux murs mémoire d’histoire que Patrick Bebey et les musiciens qui l’accompagnent vont nous présenter  » Oa na mba «  son premier album. Un album écrit et composé en hommage à Francis Bebey figure immense de la musique, explorateur et défricheur de sons qui a accompagné bien des mémoires dont la mienne du divorce pygmée à Agatha en passant par O bia, un chant bouleversant par son sens et par l’histoire qu’il raconte. Francis Bebey dont l’absence depuis 2001 s’écrit en majuscule dans l’histoire musicale du Cameroun. Francis Bebey parti trop tôt avant que son fils ait eu le temps de lui offrir cet album hommage, cadeau qu’il voulait faire à son père de son vivant. Oa na mba, toi et moi. Le père et son fils, le fils et son père, une histoire d’hommes, une histoire de musiciens, une histoire que Patrick Bebey nous livrera sur scène sans la dire explicitement et qui laissera paraître l’ombre bienveillante du grand homme. Oa na mba. Pudeur et distance. La classe !

Oui tout au long du tour de chant la présence de Francis est là, en filigrane, non sur un mode castrateur mais comme le socle bienveillant d ‘une histoire musicale transgénérationnelle. Parfois quand la voix de Patrick descend dans les graves il laisse passer quelque chose de la voix du père. Il y a dans la voix un écho de nos mémoires, quelque chose de la voix de Francis : Oa na mba. On se sent comme à la maison, en famille.

Des similitudes apparaissent bien sûr dans le sens de la narration qui était une des particularités du chanteur disparu, ainsi qu’une façon d’aller vers des accents du terroir accentués jusqu’à la frontière de la caricature pour faire passer une idée, un rire, une émotion. Il y a comme un passage de témoin entre le père et le fils, le père passant à son fils le bagage de ses explorations musicales et le fils qui s’en saisit et l’élargit de ses propres explorations. Le Oa na mba de Patrick Bebey est un démenti rassurant du postulat selon lequel le meurtre symbolique du père serait la condition sine qua non pour exister et trouver son chemin dans la vie. Comme si pour trouver le chemin vers soi il fallait retirer à l’autre son droit à être. Fort heureusement nous assistons ici à un passage de témoin qui rappelle qu’il y a des lieux et des cultures dans lesquelles les générations coexistent et se stimulent pour avancer sans que l’une ait besoin de tuer l’autre.

Un moment fort de ce tour de chant sera l’interprétation de  » Sanza tristesse «  dont les lancinantes onomatopées introductrices disent plus que les mots la force et la douleur de la place vide laissée par ce père. Un moment bouleversant parce qu’il vient à la rencontre des absences qui parsèment nos voyages de vie. Comment applaudir à la fin d’un tel moment Comment dire que l’on a été touchée par la chanson sans applaudir. Dilemme de spectatrice. Mais revenons à mon arrivée au théâtre.

En arrivant dans la salle de concert, nous croisons Patrick Bebey dans les escaliers. Le contact est simple convivial, et l’homme semble heureux d’être là. C’est la deuxième soirée. De toute évidence les choses se sont bien passées la veille. Je suis étonnée qu’il prenne le temps de parler avec nous à quelques minutes du début de son tour de chant. J’imaginais les artistes en mode stress absolu avant un tour de chant. Encore un préjugé qui se défait. Le musicien accepte même de faire une photo dans les escaliers, oui mais, revanche sur nos indélicatesses de spectateurs inconscients de l’importance du moment pour le chanteur, la photo est ratée. Tous les appareils photos n’ont pas la vision du hibou dans le noir.

saxophoniste2.jpg image by maddyspaceLa salle de concert est petite et il y a du monde partout. Notre table est juste devant la scène. Merveilleux je vais pouvoir apprécier les moindres sons. Je suis heureuse que le bouche à oreilles ait bien fonctionné. Le chanteur musicien et moi avons le Cameroun en commun et je lui souhaite du succès, forcément. Ethnocentrisme inconscient ? Qui pourrait le dire ? Je dois à la vérité d’avouer que quand un talent trouve sa source par chez moi il monte en moi d’irrépressibles fiertés. Que voulez-vous on ne se refait pas.

PBebeyetBassistecomplicit.jpg image by maddyspaceLes musiciens arrivent sur la scène en traversant la salle. Le concert débute par des sons et onomatopées émises par Patrick Bebey. Ce sont des sons qui ressemblent à un scat à la sauce Al Jarreau. Ce son spécial semble être celui qui appelle les musiciens à débuter le morceau. Il reviendra quelquefois rythmer la soirée. Après le premier morceau Patrick Bebey présente son groupe et la complicité qui les unit est manifeste, cette présentation qui oscille entre ironie, complicité, amitié et respect pose l’ambiance de la soirée. Le groupe est composé de Marc Bertaux (le bassiste tranquille et efficace dont la basse soutient l’ensemble avec qui Patrick Bebey travaille depuis 25 ans) de Luis Augusto Cavani (le batteur son complice depuis 23 ans). Le groupe est complété par Alain Debiossat (saxophoniste magnifique) et Percussionniste.jpg image by maddyspace Edmundo Correiro (Percussionniste souriant et bondissant dont je ne garantis pas l’exactitude de l’orthographe du nom).

Le groupe invite la salle dans la complicité qui les unit et cette invitation pose

l’ambiance chaleureuse qui accompagnera la soirée. Plus tard dans la soirée le chanteur remerciera et taquinera sa mère présente dans la salle. Beaucoup plus tard dans la soirée, il invitera Fanta Bebey sa sœur à nous jouer un morceau de sa composition au piano. En entendant le piano de Fanta Bebey comment ne pas se dire que cette famille a reçu la musicalité et le talent en héritage ? Ils ont du parler la musique dès la petite enfance comme d’autres leur langue maternelle.

Patrick Bebey réussit la prouesse de nous inviter dans son monde sans déroger à cette pudeur signe d’une élégance de l’âme. La présence en nombre de sa famille au fond de la salle consacre la chaleur de la soirée.

La salle est métisse comme la musique que nous sommes venus écouter, preuve que la musique de Patrick Bebey si elle trouve ses racines dans les richesses de l’Afrique, ne s’enferme pas, mais s’enrichit de l’ailleurs. Batteur1.jpg image by maddyspaceC’est une musique qui s’ouvre sur l’autre tout en l’invitant dans des voyages nombreux qui vont du jazz aux sonorités latines en passant par les forêts dans lesquelles vivent les pygmées. J’ai entendu dans les rythmes offerts des sons qui rappellent le bolobo de nos enfances. La musique de Patrick Bebey est le fruit d’un métissage tout en finesse, orchestré par un musicien qui se révèle comme un véritable alchimiste du son, capable de tirer d’un bout de bambou des sons harmonieux, lancinants, envoûtants, et invitants. De sa flûte pygmée sortent les chants de la forêt équatoriale. Il manie par ailleurs un étrange instrument nommé Sanza, synthétiseur africain et en tire des sons qui se marient de manière incroyable avec le saxophone. Telle est la musique, tel est l’univers de Patrick Bebey, riches, envoûtants et surprenants.

Avec humour, le chanteur affirmera que le rock et le reggae sont nés au cœur de la forêt au milieu des pygmées ! Le pygmée, figure récurrente de ce tour de chant sera le prétexte de la déconstruction des présupposés de l’occident sur l’Afrique et sur la part de son apport au patrimoine et à la richesse culturelle de l’humanité. Patrick Bebey nous offre un regard différent sur les arriérations supposées de ceux qui sont différents et vivent autrement. Le sourire en coin, la malice plein les yeux le chanteur met en scène un pygmée qui revient de la ville et raconte aux siens la sauvagerie de ceux qui se croient civilisés. Il raconte ceux qui, pris dans le courant de leurs égotismes font primer le matériel à tout prix sur l’humain (Dibiye). Le pygmée ironise sur la prétendue intelligence de ces gens de la ville, pas plus subtile que celle d’un lézard qui hocherait la tête.

Patrick Bebey stigmatisera par ailleurs les dérives de ces sociétés dans lesquelles mensonge, vol et gabegie sont monnaie courante (Ngambi), image tragique de l’état dans lequel se trouvent bien des sociétés africaines.

Conteur, il nous emmène à la rencontre d’Engome devant laquelle un amoureux transi vient dire la flamme qu’a allumée en lui la fille de cette dernière. Passer par la mère pour atteindre la fille. Sur Elimb’a Noah, le musicien entrouvre des portes l’une après l’autre et confie la tache de guide au Saxophone d’Alain Debiossat dont la musique semble nous saisir par la main pour nous emmener dans une exploration merveilleuse. La musique est envoûtante et s’habille parfois d’une folie superbement racontée par les percussions d’Edmundo et la batterie de Luis Augusto, deux musiciens brésiliens à la complicité souriante. La musique nous entraîne au cœur de la forêt symbole de liberté.

Un moment fort de la soirée a été celui durant lequel le chanteur a invité Woz Kaly chanteur sénégalais dont la voix extraordinaire a le pouvoir de toucher cette Afrique intérieure tapie au fond de soi et la faire émerger en frissons. Belle découverte que la voix de ce chanteur qui habite la musique et se laisse habiter par elle. Le passage de Woz Kaly, un moment comme on en redemanderait.

J’ai été touchée par l’hommage fait à Eyidi, cet oncle chanté autrefois par Francis Bebey, et figure symbolique importante du peuple Sawa qui a accompagné mes jeunes années à Douala. Eyidi ou le passage de témoin de la mémoire.

Avant de s’absenter pour rejoindre Eyidi et ces autres qui l’ont précédé, Francis Bebey disait à son fils  » je te donne tout ce que je fais parce qu’il est important que quelqu’un continue après mon départ « .

P130408_023501.jpg image by maddyspaceQuand Patrick Bebey reprend une chanson de son père, il se l’approprie sans pour autant la ravir à son père. Ceux qui connaissent la chanson de Francis Bebey ont des impressions d’assister à un duo par delà les frontières du réel. Non que l’on ait sombré dans quelque mystique étrange, mais il se trouve simplement que la mémoire et le souvenir de Francis s’invitent pour un duo Ce n’est plus la chanson de Francis, ce n’est pas celle de Patrick c’est leur chanson. Francis et Patrick. Patrick et Francis. Oa na mba. Toi et moi. Le témoin est passé en beauté.

Il est plus de deux heures du matin, après un tour de chant entrecoupé par deux entractes, le spectacle se termine. Déjà ? Pas un instant je ne me suis ennuyée. Je suis étonnée que la nuit soit à ce point avancée. Pas un instant pendant le spectacle je n’ai fait attention à l’heure. La simplicité, la beauté et la richesse du spectacle offert sont de ceux qui ont le pouvoir de nous emporter dans un espace dans lequel le temps s’arrête et dans lequel la beauté s’offre à nous, s’ouvre à nous dans toute sa plénitude. Emporter avec moi le CD pour prolonger la grâce de l’instant était une évidence. La dédicace du chanteur qui a eu la patience de poser des mots sur nos CD à deux heures du matin est un bonus non négligeable. Que voulez-vous, on ne se refait pas.P130408_022803.jpg image by maddyspace

J’emporte avec moi la mémoire d’un moment enchanteur que mes mots ne savent décrire. Patrick Bebey et son groupe, un univers à la rencontre duquel le voyage vaut la peine. Merci au groupe, merci l’artiste.

Je vous laisse découvrir des prémices de cet univers au travers des morceaux mis en lumière sur son « My space »

http://www.myspace.com/patrickbebeyofficial

Un an déjà (et quelques cacahuetes) que le blog tourne…Merci pour votre fidélité

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hbb12.gif image by maddyspaceConnaissez-vous quelqu’un capable d’être en retard à son propre anniversaire ? Et pas qu’une fois encore ? Quand un même événement se reproduit sans cesse d’une année sur l’autre, il faut je le crois laver de tout soupçon l’infortuné hasard souvent suspect d’être à la racine de bien des situations.Rire On doit une rencontre au « hasard ». On tombe sur un article ou sur une émission de radio « par hasard ». Souffrez que je pèche par anthropomorphisme en entendant d’ici siffler les oreilles du  » hasard « .

La reine de la digression que je suis (on a les royaumes qu’on peut n’est-ce pas ? ) se reprend pour revenir à la question de départ. Nous allons (nous de majesté bien entendu) essayer de brider nos tentatives de digressions. Comme vous pouvez le constater ce n’est pas gagné mes amis ! hi hi.

Alors revenons à la question fondatrice du billet,  » connaissez-vous quelqu’un capable d’être en retard à son propre anniversaire ? Et pas qu’une fois encore ? « 

Si la réponse à la question est  » non « , je me permets de corriger votre assertion interne tout de suite. En effet vous en connaissez au moins une ne serait ce que virtuellement : celle qui a l’honneur et le privilège de vous accueillir dans cet espace. Hé oui ! Moi.Clin doeil

Laissez moi vous raconter…

L’année dernière j’ai eu le privilège (parsemé de quelques ridulesTriste) de croiser un chiffre rond sur mon parcours de vie. Pour ceux qui n’ont pas saisi le sens de ce qi précède ça n’arrive qu’une fois par décennie la rondeur des chiffres. Je n’allais pas laisser passer l’occasion de me faire plaisir : réunir des personnes qui pour moi sont des déclinaisons du visage de l’amour et qui m’ont fait le cadeau d’être dans ma vie.

Trouver en un anniversaire un prétexte pour célébrer l’amour, l’amitié, la vie. Célébrer la vie quand on sait avoir survécu… Célébrer la vie ! Alors j’ai lancé mes invitations et j’ai préparé une fête que je voulais unique. Mes invités, tandis qu’ils se creusaient la tête pour trouver un cadeau à m’offrir ne savaient pas mais chacun avait un cadeau spécial qui l’attendait : j’ai fabriqué un parchemin sur lequel j’ai laissé s’imprimer les mots que chantait mon cœur pour chacun. 42 poèmes pour 42 convives dans des parchemins. Parchemins réalisés en un temps record au prix de quelques nuits écourtée. Quand je pense que personne n’a prévenu le Guinness Book des records ! Oh monde cruel !

Mes invités ont reçu un parchemin enrubanné et je suis heureuse d’avoir pu dire ce que chacun représentait pour moi. Quel plus beau cadeau que celui de donner du bonheur à ceux qu’on aime, à ceux qui touchent votre vie même en l’effleurant le temps d’un instant ? Mes invités m’ont offert par les expressions de leurs visages des joyaux gravés dans les tiroirs de ma mémoire et de mon coeur. Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir a dit Celui qui est mon amour absolu. Je la découvre jour après jour cette joie de donner, de prendre le temps d’offrir un mot, un sourire, une attention, un regard, un épaule, une main tendue à l’autre en espérant par ces petits riens faire sourire son cœur ne serait-ce qu’une minute. Donner à la mesure de ce que l’on peut, mais donner. Quelle joie. mybestansmostbeautiful.gif image by maddyspaceMerci à CELUI…

« Quel rapport avec la choucroute ? » Vous demandez-vous avec raison (bande d’impatients). Défroncez vos sourcils interrogateurs et repliez vos questionnements sur ma santé mentale (pfttt !). Alors après avoir préparé ma belle fête d’anniversaire, après avoir couru en long en large et en travers pour la rendre parfaite. Après avoir sué sang et eau (non Malaïka Rirepas d’exagération juste de l’eau pas une goutte de sang) pour offrir à mes convives un moment mémorable v’la t’il pas que j’arrive en retard, plus en retard qu’un mariée en retard. Et voici que je me prends à pester contre les automobilistes parisiens qui ont l’outrecuidance de prendre leur véhicule à l’heure où en retard j’ai besoin de battre les records de Ayrton Senna en son temps. Enfin ce n’était pas moi qui conduisais. Oui mais Ayrton Senna quand même ! ! ! ! Embouteillage pour récupérer l’immense gâteau d’anniversaire. Embouteillage pour aller me faire belle et cacher les outrages du temps (hi hi). Embouteillage pour revenir toute en splendeur (et en modestie comme vous pouvez le constater) accueillir mes convives. Implosion de honte et morcellements intérieurs façon Tex Avery, j’arrive la dernière. Je suis magnifique bien sûr (et toujours aussi modeste comme vous voyez) mais rouge tomate à l’intérieur. Merci mon Dieu pour ma carnation chocolatée qui masque mes rougissements. J’avais plus de deux heures de retard mes aïeux ! Mais ils étaient là, mes visages de l’amour, de l’amitié, de la vie. Mes amis, mes amours, ma famille de coeur, celle que j’ai choisie et qui m’a choisie.

Ils étaient là, ils m’avaient attendue et pas le moindre reproche juste des flots de tendresse et d’ironie aussi figurez-vous que j’avais insisté à la limite de la lourdeur pour que les gens soient à l’heure en précisant que le programme de la soirée nécessitait une ponctualité suisse. Imaginez ma honte mes amis. J’en ris encore. La soirée a été magnifique. Nous avons dansé en même temps que mes souvenirs sur mes oldies but goodies : Ralph Tresvant (sensitivity), Johnny Gill (wrap my body tight), Dina Bell (Elissa), Lisa Stansfield (all around the world), Edith Lefel (sensation) et bien d’autres bonheurs pour mes écoutilles (certains sont sur le blog si vous voulez les découvrir il n’y a qu’à chercher Langue).

Ce blog a été créé le 21 septembre 2006, et comme de bien entendu la date d’anniversaire est tombée pendant ma pause ! Si ce n’est pas du sens de l’à propos qu’est-ce donc ?

En retard ? De plus de quinze jours tant qu’à faire ? Hé hé, on ne se refait pas. Le retard lors des dates essentielles ça me connaît. Pour ceux qui ne s’en souviennent pas j’ai mis près de onze mois dans le sein maternel avant de me décider à pousser péniblement mon premier cri, alors deux heures ou quinze jours de retard c’est de la roupie de sansonnetCool.

Voici un an que je suis présente sur la blogosphère via ce blog livrant coups de cœur, coups de sang, coups de blues, éclats de mon âme, bref livrant un peu de ce que je suis. Un an déjà… un an seulement ? Drôle de sentiment que celui-ci. Un an c’est long c’est court. Pendant de nombreux mois il n’y avait pratiquement pas de trafic sur ce blog et j’avais l’impression de faire un monologue sauf quelques dialogues avec Nath-Christiane, Marthe et Sansanboy que je connais dans le monde réel et qui venaient rompre le monologue (merci mes amis). Puis vous êtes venus alors que je ne vous espérais plus. Vous êtes venus peu à peu à peu déposer un peu de votre regard ici pour enrichir le mien. Il y a eu Marie Christine (qui m’a encouragée et mise dans ses liens pour me donner un coup de pouce merci ! ! !) et Jacqueline (qui est arrivée ici grâce à un billet sur Martin Luther King et qui est restée, fidèle dans ses visites et son amitié), il y a eu Fleur de Sel ( aussi délicate et douce dans ses interventions que la beauté des photos, des aquarelles et de l’univers artistique qu’elle offre sur son blog), il y a eu Fabrice (fidèle lecteur plein de tact qui a depuis fermé son blog à mon grand regret). Et vous êtes venus ruisseaux lumineux venant nourrir le fleuve de cet espace. Je vais entre autres billets sur le blog me faire plaisir en vous offrant au fil du temps des mots, des dédicaces, des post pour vous dire merci et rendre hommage à ce que vous apportez à cet univers virtuel mais porteur de réalités inattendues et formidables. Je n’ai à dessein cité que les rencontres du début, celles grâce auxquelles je n’ai pas renoncé à continuer, celles grâce auxquelles j’ai pu vous rencontrer. J’ai commencé à faire des dédicaces, soyez patients, la vôtre arrive. Et le Guiness book des records est prévenu. Qu’on se le dise !

En plus du plaisir de vous faire des petits cadeaux virtuels, je vais aussi remonter des posts qui sont passés inaperçus au début de ce blog ou qui me semblent pertinents en écho à une actualité qui me touche.

Merci encore pour le vie que vous apportez à cet espace. Je ne suis pas sûre d’atteindre le deuxième anniversaire alors je profite de celui ci pour me faire plaisir en faisant à vous aussi je l’espère plaisir.

bdf1re2.jpegJe vous embrasse

mwah.gif image by maddyspace

 

Les nubians : Makeda

http://www.dailymotion.com/video/67m46VuKsk9yZde7p
 

Dédicace à Natty Dread, et à Nath-Christiane.

On veut nous faire croire à des mythes perdus
Des passages de l’histoire falsifiés et revus
De Ramsès à Mandela, que de vérités tues
En ignorant le départ, on erre sans but

Makeda était reine, belle et puissante
Salomon rêvait de sa peau noire
Je chante pour raviver les mémoires
Exhumer les connaissances
Que la spirale du temps efface

La reine de Saba vit en moi
Makeda vit en moi.
Ravivons nos mémoires
Il faut changer l’histoire
Elle part à la dérive
A la dérive des mots….Non
Le savoir et la sagesse sont à portée de main
écoute et observe
Makeda était reine, belle et puissante
Salomon rêvait de sa peau noire
Je chante pour raviver les mémoires
Exhumer les connaissances
Que la spirale du temps efface

La reine de Saba vit en moi
Makeda vit en moi.

Mon peuple danse et chante
Il exalte sa joie
Loin de l’ignorance
Il démontre sa foi

Riches d’hommes et de valeurs
Nous réparons les erreurs
Fils et filles vous et moi
Prêts au combat

Makeda était reine, belle et puissante
Salomon rêvait de sa peau noire
Je chante pour raviver les mémoires
Exhumer les connaissances
Que la spirale du temps efface

La reine de Saba vit en moi
Makeda vit en moi.

Johnny Gill : My My My

Un peu prétentieux le texte non ? Clin doeil

Mais quelle voix!!!

Une des mes découvertes vocales de l’année 1992 si ma mémoire ne me fait pas défaut. Et depuis je suis toujours aussi impressionnée par sa voix.

Dans le temps j’avais un CD dans lequel il chantait cette chanson durant environ 16 minutes et il en profitait pour faire un medley de cette chanon avec IKO de Teddy Pendregrass et « Let’s get it on » de Marvin Gaye. Un moment monumental.

Spéciale dédicace à Brigitte j’espère que tu aimeras. Amitiés et bises.

http://www.dailymotion.com/video/1XZTPt4HG42QOah8c

Jeunes, noirs et doués

Etre noir(e), jeune et doué ça existe, et ce n’est pas de la science fiction promis !!! (lol).

Nina Simone qui chante ici a souffert du racisme et de la ségrégation aux USA. Qui se souvient que dans les années 60 les noirs américains trouvaient refuge en France ? Qui se souvient que Saint-Germain des Prés avait un sens pour ces transfuges qui voyaient en Paris un terre d’espérance ? Miles Davis l’a fait et a passé du temps à Paris. Josephine Baker chantait en français « j’ai deux amours, mon pays et Paris ». C’était il y a longtemps, c’était il y a peu. Des écrivains comme James Baldwin voyaient en la France une terre de refuge. Pour beaucoup d’afro américains et d’africains, la terre était une terre d’espérance. Les choses ont bien changé depuis…

Je dédie ce chant aux jeunes gens originaires d’Afrique fussent-il afro-africains, afro-américains, des caraibes ou d’ailleurs. Puissent-ils découvrir leur plein potentiel et fonctionner dans la plénitude de leur talent. Je pense à ces petits enfants qui font partie dans ma vie et à ceux que je ne connais pas et j’espère qu’ils n’entreront jamais dans les vêtements proposés qui voudraient en faire des laissés pour compte de la vie, de la réussite et de l’espérance. Je souhaite de tout coeur qu’ils puissent se découvrir jeunes, doués, et talentueux avec devant eux un incroyable champ de possibles. Puissiez-vous, les enfants réaliser votre plein potentiel. Comme disaient certains jeunes « spéciale dédicace » à Guillaume-Charles brillantissime fils de ma soeur qui a ouvert dans nos coeurs des chemins insoupçonnés, à William-Frédéric un prince dont les éclats de rire sont des joyaux précieux dans nos mémoires, Yohanan né ce 28 octobre et déjà tant aimé, et au bébé de ma soeur François Emmanuel qui est né ce 1er novembre et qui a déjà a sa place dans nos coeurs et nos rêves.

Spéciale dédicace à Johann ( l’un des premiers de la nouvelle génération qui est à la fois force, détermination et fragilité. Beau potentiel d’adulte) Sashou, Steeve, Shoops (si brillante et douée tant pour le chant que pour l’écriture) et Zouzoune les enfants de mes amies d’aujourd’hui, d’hier et de toujours. Spéciale dédicace à mes neveux et nièces de sang et ou de coeur. Je pense à Chloé dont le nom Tiki raconte sa place dans le ciel affectif de ses parents, à Lloyd mon grand neveu dont la pureté du coeur est pour moi plus qu’un pédagogue. Il m’a choisie et ça n’a pas de prix. A la grande Fanny dont le regard profond laisse affleurer des richesses intérieures. Je pense à Wilfried qu’on appelle Charles si vif et intelligent, à Ornella au caractère affirmé, à Alycia, une véritable étoile. Je pense aux autres neveux et nièces que la vie a éloigné et que je n’ai pas vu depuis des lustres, mais à qui je souhaite tous les bonheurs du monde. Je pense à Kelyna qui fait la joie de sa maman, Andréa adolescente brillante, à la tribu de Dana que je découvre par la plume de Matha, à Brice Armel potentiel prix nobel de littérature et ses cousins….Je pense à vos enfants que je les connaisse ou pas, noirs de la diaspora ou d’Afrique et je leur dédie ce chant. Je leur souhaite de tout coeur de réaliser leurs rêves et d’être heureux. Que des propos absurdes et imbéciles ne les empêchent jamais d’entrer dans leurs destinées. Que les entraves humaines jamais ne brident leurs rêves. Image de prévisualisation YouTube

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