Johnny Gill : une voix qui vaut le détour

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Ecoutez et vous m’en direz des nouvelles. Johnny Gill dont la renomée est largement en deça de ses compétences vocales et scéniques. Dans le  groupe New Edition on l’appelait avec raison « the voice ». Il est l’un de mes coups de foudre musicaux des années 90.

Pour ceux qui lisent l’anglais, écoutez ce que disent de lui certains de ses pais. Il n’y a pas que moi à m’être laissée prendre par cette voix unique.

« He’s one of the greatest crooners around… Makes you feel like you’ve gone to church. » ~Jimmy Jam and Terry Lewis

« He’s put together an album that will be heard for a long, long time. » ~Tony Rich

« One of the most gifted artists I’ve ever had the pleasure of writing for. He’ll be around for a long time. » ~Babyface

« As a producer who’s also a singer, I can really appreciate his talent. In the studio, on the stage, anywhere and anytime, I like to hear the man sing. » ~R. Kelly

« One of the premiere vocalists of our era… The man is bad! » ~Al B. Sure

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Half crazy

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It’s your body

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All around the world par Lisa Stansfield

Qu’est-ce qu’on a dansé sur cet air ! Je vous parle d’un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître. La beauté des souvenirs attachés à cette époque me rendent cette chanson impérissable. Je me souviens avoir été étonnée par la voix et la façon de chanter de cette femme. On disait à l’époque qu’elle chantait comme une noire. A mon avis elle chante magnifiquement. Elle chante avec son âme et c’est tout. L’âme ne pas de couleur, et à ma connaissance, le talent non plus. Souvenirs souvenirs.

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Aaron Neville chante et je suis transportée

Ecoutez c’est somptueux tout simplement. Quand la voix humaine n’a rien à envier aux instruments. Le temps passe et « Yellow moon » ne prend pas une ride. C’est cette voix qui a chanté l’hommage à Rosa Parks. Ecoutez le vibrato de ce chanteur ! 

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Hommage à une mère, une femme d’Afrique.

mommyatbirthday.jpgUn souvenir d’enfance, au temps des récitations à l’école. Il ya des vers qui restent ou qui reviennent au détour d’une émotion. Les mots sont simples, certains les diront naïfs, mais pour moi c’est le coeur d’un enfant qui, devenu adulte, fait entrer  son amour pour sa mère dans cette forme d’éternité qu’offre la littérature. Je me saisis de la simplicité de ces mots pour rendre hommage à une femme admirable, ma mère. Et à toutes les mères d’Afrique et d’ailleurs, uniques dans le ciel affectif de leurs enfants.

  

A MA MERE

Femme noire, femme africaine,
ô toi ma mère je pense à toi…
  
O Dâman, ô ma mère,
toi qui me portas sur le dos,
toi qui m’allaitas,
toi qui gouvernas mes premiers pas,
toi qui la première m’ouvris les yeux
aux prodiges de la terre, je pense à toi…
Femme des champs, femme des rivières, femme du grand fleuve,
ô toi, ma mère, je pense à toi…
O toi Dâman, ô ma mère,
toi qui essuyais mes larmes,
toi qui me réjouissais le coeur,
toi qui, patiemment supportais mes caprices,
comme j’aimerais encore être près de toi,
être enfant près de toi…
 

O Dâman,
Dâman de la grande famille des forgerons,
ma pensée toujours se tourne vers toi,
la tienne à chaque pas m’accompagne,
ô Dâman, ma mère,
comme j’aimerais encore être dans ta chaleur,
être enfant près de toi…

Femme noire, femme africaine, maman20001.jpg
ô toi, ma mère, merci ;
merci pour tout ce que tu fis pour moi,
ton fils, si loin, si près de toi !

Camara LAYE



Chanter pour l’Afrique, chanter sur l’Afrique, chanter l’Afrique

Quel chant d’espérance. Il y a 20 ans qui aurait rêvé ce chant comme hymne national pour la République Sud Africaine ?  Ce chant d’espérance je l’élève pour l’Afrique entière. Que Dieu bénisse l’Afrique !  NKOSI SIKEKELI AFRIKA. God Bless Africa. A Tete namse Africa.

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Hommage musical à Steven Biko

stevebiko.jpgSteven Biko était l’un des combattants de la lutte anti apartheid. Il n’avait à peine plus de trente ans quand il a été assassiné. Il avait compris que la libération d’un peuple opprimé passe d’abord par la libération de sa conscience et par le fait de sortir du sentiment d’infériorité. Son histoire a entre autres été racontée dans le film « Cry Freedom » de Richard Attenborough.

« Le mouvement de la conscience noire se réfère à l’homme noir et à sa situation, et je pense que l’homme noir est sujet à deux forces dans ce pays.Il est tout d’abord oppressé par une force externe qui s’exerce par l’intermédiaire d’une machinerie institutionnelle, au travers de lois qui l’empêchent de faire certaines choses, au travers de conditions de travail difficiles, à travers une éducation scolaire très faible, toutes choses qui lui sont extérieures. Il est ensuite oppréssé (et c’est ce que nous considérons comme le plus important) par une certaine forme d’aliénation qu’il a développée en lui, il se rejette précisément parce qu’il rattache au mot « blanc » à tout ce qui est bon ». Steve Biko 

Cette vidéo c’est l’hommage que lui rend Peter Gabriel en chanson.

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I have a dream : le rêve d’un homme embrasé

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Où en sommes nous aujourd’hui alors que nous nous dressons les uns contre les autres brandissant les différences de races, de religion, de cultures comme autant de raisons de se faire la guerre ? Martin Luther KING avait un rêve et il a payé son rêve de sa vie. Des voitures flambent dans les banlieues de grandes villes, nous nous saisissons de frustrations exprimées par la violence pour justifier notre haine de l’autre. Où allons-nous ? Vers quelle inexorable tragédie ? Parfois j’ai peur quand je pense à la dégradation de la situation dans nos villes et à la déshérence de nos jeunes et de nos adolescents. Est-il possible qu’ils aient perdu (ou n’aient jamais eu) la capacité de rêver ? Je ne parle pas de rêve de gloire ou de richesse, je parle de la capacité à rêver l’humanité. Martin Luther King avait un rêve qui est né de sa foi en un Dieu de pardon et de réconciliation. C’est ce Dieu qui rend capable de rêver au delà de ses besoins pour embrasser l’humain. La sacrificature est aussi cette identification et le sens du don de soi pour l’autre.

A la mort du Pasteur KING, Harry BELAFONTE, un de ses compagnons de lutte lui a rendu hommage en disant que KING avait un rêve mais qu’il n’était pas un rêveur. Celui qui a un rêve et qui le transforme en vision et en fait le moteur de son action, de sa pensée, de sa vie. Le rêveur attend que les choses se passent. King avait un rêve, il n’était pas un rêveur.

Il est bon de se laisser inspirer par des rêves qui en valent la peine. Ecoutons le rêve de Martin Luther KING. 

J’ai un Rêve
Martin Luther King, Jr.

Discours prononcé par Martin Luther King, Jr, sur les marches du Lincoln Memorial, Washington D.C., le 28 août 1963.

Il y a cent ans, un grand américain, qui jette sur nous aujourd’hui son ombre symbolique, a signé la Proclamation d’Emancipation. Cet arrête d’une importance capitale venait porter lumière, comme une phare d’espoir, aux millions d’esclaves Noirs marqués par les flammes d’une injustice foudroyante, et annonçait l’aube joyeuse qui allait mettre fin à la longue nuit de la captivité.

Mais un siècle plus tard, nous devons faire le constat tragique que les Noirs ne sont pas encore libres. Un siècle plus tard, la vie des Noirs reste entravée par la ségrégation et enchaînée par la discrimination. Un siècle plus tard, les Noirs représentent un ilôt de pauvreté au milieu d’un vaste océan de prospérité matérielle. Un siècle plus tard, le Noirs languissent toujours dans les marges de la société américaine, des exilés dans leur propre terre. Alors nous venons içi aujourd’hui pour dramatiser notre condition effroyable.

Nous venons dans la capitale de notre nation pour demander, en quelque sorte, le paiement d’un chèque. Quand les architectes de notre république écrivirent les textes magnifiques de la Constitution et de la Déclaration d’Indépendence, ils signèrent un billet à l’ordre de chaque américain. C’était la promesse que chacun serait assuré de son droit inaliénable a la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur.

Il est aujourd’hui évident que l’Amérique a manqué a cet engagement quant à ses citoyens de couleur. Au lieu de faire honneur à cette obligation sacrée, l’Amérique à passé au peuple Noir un chèque qui revient marqué « sans provisions ». Mais nous ne saurions croire que la Banque de la Justice ait fait faillite. Nous ne saurions croire qu’il n’y a plus suffisamment de provisions dans les grands coffres des opportunités nationales. Alors nous venons exiger paiement contre ce chèque, paiement sur demande des richesses de la liberté et de la sécurité que procure la justice. Nous venons également dans cet endroit sacré pour rappeler à l’Amérique l’urgence absolue du moment. Ce n’est pas le moment de prendre le luxe de laisser calmer les esprits, ni de nous laisser endormir par une approche gradualiste. Il est temps de quitter la vallée sombre et désolée de la ségrégation pour prendre le chemin ensoleillé de la justice raciale. Il est temps d’ouvrir les portes de l’opportunité à tous les enfants de Dieu. Il est temps de tirer notre nation des sables mouvants de l’injustice raciale jusqu’au rocher solide de la fraternité.

Que la nation ne tienne pas compte de l’urgence du moment, qu’elle sous-estime la détermination des Noirs, lui serait fatal. Cet été étouffant du mécontentement légitime des Noirs ne prendra fin qu’à l’arrivée d’une automne vivifiante qui amenera liberté et égalité. L’année 1963 n’est pas une fin, mais un début. Ceux qui veulent croire que les Noirs seront satisfaits seulement de s’exprimer avec force auront un fâcheux réveil si la nation revient aux affaires habituelles comme si de rien n’était. L’Amérique ne connaîtra ni repos, ni tranquilité tant que les Noirs ne jouiront pas pleinement de leurs droit civiques. Les orages de la révolte continueront à secouer les fondations de notre pays jusqu’au jour où la lumière de la justice arrivera.

Mais il y a quelque chose que je dois dire à mon peuple, qui est sur le point de franchir le seuil de la justice. En luttant pour prendre notre juste place, nous ne devrons pas nous rendre coupables d’actes injustes. Ne buvons pas de la coupe de l’amertume et de la haine pour assouvir notre soif.

Nous devons toujours conduire notre lutte dans un haut souci de dignité et de la discipline. Nous ne pouvons pas laisser notre protestation créative dégénérer en violence physique. Encore et encore, nous devons atteindre ce niveau exalté où nous opposons à la force physique, la force de l’âme. Le militantisme merveilleux qui a pris la communauté noire ne doit pas nous amener à nous méfier de tous les Blancs, puisque beaucoup de nos frères Blancs, on le voit par leur présence içi aujourd’hui, se sont rendus compte que leur destin est lié au nôtre, et que leur liberté dépend étroitement de la nôtre. Nous ne pouvons pas marcher seuls.

Et quand nous marchons, nous devons jurer d’aller toujours de l’avant. Nous ne pouvons pas faire demi-tour. Il y en a qui demandent aux fervents des droits civiques, « Quand serez-vous satisfaits? » Nous ne saurons être satisfaits tant que nous ne pouvons pas laisser nos corps fatigués se reposer dans les motels des routes ni les hôtels des villes. Nous ne saurons être satisfaits tant que les Noirs ne peuvent bouger que d’un petit ghetto à un ghetto plus grand. Nous ne saurons être satisfaits tant qu’un Noir en Mississippi n’a pas le droit de voter et qu’un Noir à New York ne voit aucune raison pour laquelle il peut voter. Non, non, nous ne sommes pas satisfaits, et nous ne serons satisfaits que le jour où la justice se déchaînera comme les eaux, et que la rectitude sera comme un fleuve puissant.

Je ne suis pas sans savoir que certains d’entre vous arrivent ici après maintes épreuves et tribulations. Certains d’entre-vous viennent directement des cellules étroites de prison. Certains d’entre vous viennent des régions où votre quête pour la liberté vous a laissés meurtris par les orages de la persécution et renversés par le vent de la brutalité policière. Vous êtes les véterans de la souffrance créative. Persévérez dans l’assurance que la souffrance non-méritée vous portera rédemption.

Retournez au Mississippi, retournez en Alabama, retournez en Géorgie, retournez en Louisiane, retournez aux ghettos et quartiers pauvres de nos villes du Nord, en sachant que cette situation, d’une manière ou d’une autre, peut être et sera changée. Ne nous complaisons pas dans la vallée du désespoir.

Je vous dis aujourd’hui, mes amis, que malgré les difficultés et les frustrations du moment, j’ai quand même un rêve. C’est un rêve profondement enraciné dans le rève américain.

J’ai un rêve qu’un jour, cette nation se lèvera et vivrons la vraie signification de sa croyance: « Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux. »

J’ai un rêve qu’un jour, sur les collines de terre rouge de la Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.

J’ai un rêve qu’un jour même l’Etat de Mississippi, un désert étouffant d’injustice et d’oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.

J’ai un rêve que mes quatre enfants habiteront un jour une nation où ils seront jugés non pas sur la couleur de leur peau, mais sur le contenu de leur caractère.

J’ai un rêve aujourd’hui.

J’ai un rêve qu’un jour l’Etat de l’Alabama, dont le gouverneur actuel parle d’interposition et de nullification, sera transformé en un endroit où des petits enfants noires pourront prendre la main des petits enfants blancs et marcher ensemble comme frères et soeurs.

J’ai un rêve aujourd’hui.

J’ai un rêve qu’un jour, chaque vallée sera levée, chaque colline et montagne sera nivellée, les endroits rugueux seront lissés et les endroits tortueux seront faits droits, et la gloire du Seigneur sera révélée, et tous les hommes la verront ensemble.

Ceci est notre espoir. C’est avec cet espoir que je rentre au Sud. Avec cette foi, nous pourrons transformer les discordances de notre nation en une belle symphonie de fraternité. Avec cette foi, nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, être emprisonnés ensemble, nous révoltons pour la liberté ensemble, en sachant qu’un jour nous serons libres.

Quand ce jour arrivera, tous les enfants de Dieu pourront chanter avec un sens nouveau cette chanson patriotique, « Mon pays, c’est de toi, douce patrie de la liberté, c’est de toi que je chante. Terre où reposent mes aïeux, fierté des pélerins, de chaque montagne, que la liberté retentisse. »

Et si l’Amérique veut être une grande nation ceci doit se faire. Alors, que la liberté retentisse des grandes collines du New Hampshire. Que la liberté retentisse des montagnes puissantes du New York. Que la liberté retentisse des hauts Alleghenies de la Pennsylvanie!

Que la liberté retentisse des Rockies enneigées du Colorado!

Que la liberté retentisse des beaux sommets de la Californie!

Mais pas que ça-que la liberté retentisse des Montagnes pierreuses de Georgie!

Que la liberté retentisse des Lookout Mountains du Tennessee!

Que la liberté retentisse de chaque colline et de chaque taupiniere du Mississippi! Que la liberté retentisse!

Quand nous laisserons retentir la liberté, quand nous la laisserons retentir de chaque village et de chaque lieu-dit, de chaque état et de chaque ville, nous ferons approcher ce jour quand tous les enfants de Dieu, Noirs et Blancs, Juifs et Gentils, Catholiques et Protéstants, pourront se prendre par la main et chanter les paroles du vieux spiritual noir, « Enfin libres! Enfin libres! Dieu Tout-Puissant, merci, nous sommes enfin libres! » 

Martin Luther King avait un rêve, c’était un homme en feu. Embrasé d’une passion pour la justice. Son rêve nous a ouvert aux rêves.
Merci au Pasteur King pour l’exemple.

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Un long chemin vers la liberté

Je viens de regarder cette video et je me suis rendu compte que l’Apartheid était encore plus immonde que ce que gardait ma mémoire. Quelle époque terrible ! Ils ont parcouru un long chemin vers la liberté. Quelle leçon, quelle espérance pour l’Afrique tout entière. Les chaînes de la servitude mentale, politique ou économique ne sauraient être éternelles.

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« L’arme la plus puissante entre les mains de de l’oppresseur est dans l’esprit de l’opprimé » Steve BIKO



On l’appelle Madiba

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Il y’a des personnes que j’ admire, qui m’impressionnent. Il y’en a qui m’inspirent et cet homme en est. Pendant longtemps il a été pour moi, comme pour beaucoup une photo en noir et blanc qui le figeait dans un âge et dans physique  particulier ( pour ceux qui s’en souviennent il y avait une photo sur laquelle on pouvait le voir avec une raie sur la tête) tandis qu’enfermé dans des geôles d’un régime politique immonde son nom était symbole de résistance. Nelson MANDELA.  Je me souviens de la détestation, de l’écoeurement, de la colère que m’inspiraient Pieter Botha, son frère et le régime de l’Apartheid (dont ils étaient de fiers représentants) tandis que les chaines de télévision montraient les images de la maltraitance que ce régime infligeait aux non blancs en République Sud Africaine. Je me souviens de l’histoire de Steven BIKO autre résistant (chanté dans le temps par Peter Gabriel) dont la mort horrible hante encore bien des mémoires et a heureusement permis d’ostraciser ce régime abominable.  Je n’aurais jamais cru le voir sortir de prison. Malgré nos espoirs, la force du régime sud africain d’alors semblait si grande !

Nelson Mandela source d’inspiration et modèle pour beaucoup d’entre-nous. Il avait toutes les raisons d’être rempli de haine et d’être animé par un désir de vengeance. Le 11 février 1990, comme beaucoup, devant ma télévision j’attendais de voir l’homme qui depuis mon enfance n’était qu’une photo en noir et blanc. Tant d’années de prison l’auraient probablement brisé, abimé, affaibli, amoindri. C’est avec une immense émotion  que j’ai vu cet homme marcher libre. Il sortait enfin de prison après 27 ans d’incarcération dont 15 de bagne ! Il était magnifique. Je le trouvais magnifique. L’Apartheid avait volé des années de vie sociale, de vie de famille, de vie tout simplement à cet homme, mais ce régime ignoble n’avait pas eu raison de lui. Ma joie se mêlait à celle de la foule en liesse en voyant marcher un homme qui a passé sa vie à refuser de capituler, un homme debout ! J’avoue avoir pleuré tant j’étais émue et heureuse de vivre en direct ce moment historique. Ce moment à la fois attendu et inespéré. Et Nelson Mandela marchait avec majesté. Ils ne l’avaient pas détruit ! J’avoue qu’au fond de moi, j’avais peur qu’il ne soit pas à la hauteur de sa légende, à la hauteur des attentes investies en lui, des nos espérances. Il ne m’a pas déçue, loin de là. Quatre ans plus tard, il est devenu le président de son pays et a aidé à permettre une transition complexe sans que celle-ci se transforme en Apartheid à l’envers. Mandela a su ne pas s’accrocher au pouvoir et partir alors qu’il aurait pu rester. Il a su ne pas devenir une autre président africain accroché au pouvoir et aux privilèges au mépris de l’intérêt général.  Il avait accompli sa mission accompagner une transition en douceur. Pour moi ce modèle d’homme symbolise le combat pour la liberté et la paix et non celui pour le pouvoir. Il y a des vies, des parcours qui m’inspirent, celui de Nelson Rolihaha Mandela est de ceux-là, et à juste titre. Chapeau bas monsieur Mandela !

Ecoutons parler ce monsieur et vous verrez qu’il a accompli un long chemin vers la liberté. Vous vous apercevrez qu’ il a accompli un sacré chemin vers la liberté intérieure :« Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé. »



Avant de dire adieu

Il y a des gens qui ont l’incroyable don de mettre des mots sur l’intime de nos émotions et sur ce que nous ne savons ou ne pouvons dire. Quand j’étais plus jeune j’ai beaucoup lu les poèmes d’Alfred de Musset. Aujourd’hui quelques vers d’un de ses poèmes me sont revenus. C’est qu’il me touche ce poème. Quelquefois le cours de la vie nous fait vivre des soustractions non désirées. Des êtres aimés sont arrachés à nos affections par la mort ou par autre chose. Il y a une chose qui m’a souvent frappée dans mon pays : les éloges funèbres. Ils étaient parfois grandiloquents toujours élogieux et l’on se surprenait à dire son amour et son admiration devant la tombe de quelqu’un à qui l’on n’avait jamais dit ce qu’on ressentait et qui n’était plus là pour les entendre. On ne se dévoile pas aux vivants, mais on rend hommage aux morts quel paradoxe !  Alors qu’il en est encore temps, disons notre amour, notre amitié et notre affection à ceux qui nous entourent et qui comptent pour nous. Savoir dire à quelqu’un que sa présence donne un peu plus de couleur à ma vie, j’ai dû apprendre à le faire. Je ne voudrais plus avoir le regret de n’avoir pas assez dit ou montré ce que représentaient pour moi ceux que j’ai perdus. Ca nécessite parfois de faire un travail sur soi. Nous sommes souvent si pudiques dans nos relations. Nous avons tendance à nous dire que les autres savent que nous les aimons… forcément ! L’amour va de soi c’est une évidence. Avez-vous fait le test du « moi aussi » ? Vous dites « je t’aime » et la personne vous répond « moi aussi ». Et vous lui dites malicieusement « toi aussi quoi ? » et lui de répondre : « mais tu le sais !!! ». Pudeur quand tu nous tiens ! Nous gardons enfermés, bien cadenassés des mots de tendresse et d’affection parce que ça pourrait nous fragiliser de les laisser sortir.  Malheureusement il est rare que nous puissions connaître et prévoir le moment où nous perdrons ceux qui nous sont chers. Quand au regret de la perte vient s’ajouter celui de n’avoir pas su, de n’avoir pas pu faire ou  dire ce qu’on croyait avoir le temps de faire ou dire c’est terrible. Je parle d’expérience… « En te perdant je sens que je t’aimais ». C’est parfois un terrible constat. C’est parfois irrémédiable. Accepter de s’ouvrir de rendre manifeste ce que nous ressentons ne nous rend pas, de mon point de vue plus faibles. Aimer et le démontrer rend plus fort. C’est mon point de vue, mon retour d’expérience.

J’espère que vous apprécierez le poème de Musset.

ADIEU !

Adieu ! je crois qu’en cette vie
Je ne te reverrai jamais.
Dieu passe, il t’appelle et m’oublie ;
En te perdant je sens que je t’aimais.
Pas de pleurs, pas de plainte vaine.
Je sais respecter l’avenir.
Vienne la voile qui t’emmène,
En souriant je la verrai partir.

Tu t’en vas pleine d’espérance,
Avec orgueil tu reviendras ;
Mais ceux qui vont souffrir de ton absence,
Tu ne les reconnaîtras pas.

Adieu ! tu vas faire un beau rêve
Et t’enivrer d’un plaisir dangereux ;
Sur ton chemin l’étoile qui se lève
Longtemps encor éblouira tes yeux.

Un jour tu sentiras peut-être
Le prix d’un coeur qui nous comprend,
Le bien qu’on trouve à le connaître,
Et ce qu’on souffre en le perdant

Alfred de Musset. 



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