« Su la take » d’Etienne Mbappe : Impressions subjectives. Un album qui vient à la rencontre de nos racines. Attention chef d’oeuvre ! Partie 2

EtienneMbappeNB.jpg picture by maddyspaceDepuis samedi dernier la musique d’Etienne Mbappe résonne dans mon home sweet home et accompagne avec bonheur mes trajets en métro et bus. Je dois avouer qu’il me prend des envies de me laisser aller à la danse à l’écoute du moceau de la piste 4. Lequel ? Une solution : se procurer l’album. Hi hi.

Après une mise en bouche sur My Space il y a une dizaine de jours, j’avais hâte de découvrir l’album. Je savais qu’il ferait partie de mes achats du week end. Samedi dernier la FNAC des Halles a eu droit à ma visite et le vendeur (le bougre!) m’a fait une frayeur en me disant qu’il ne restait pas un seul album. Caramba ! Pensais-je bruyamment s’il est vrai que je souhaite un immense succès monsieur Etienne, l’univers aurait dû savoir qu’un album m’était réservé ce jour là. J’étais déçue ! ! ! ! Heureusement pour moi le vendeur s’était trompé. Je savais que je ne devrais pas être déçue de l’album au vu des morceaux écoutés sur My Space et du Bonendale qui me donne à chaque écoute envie de danser et de me réjouir. Je n’ai pas été déçue, loin s’en faut.

L’album est encore un cran au dessus de mes attentes.  » Su la take «  est une merveille de sensibilité, de profondeur, et de poésie. C’est un album dans lequel le chanteur parle de ses racines, et parle à nos racines. J’affirme qu’il s’est passé quelque chose d’essentiel sur la planète musicale ces dernières semaines et, comme souvent quand il se passe une chose essentielle on n’en mesure pas l’impact sur l’instant. Sans prétendre à quelque prescience, j’affirme avec audace (vouiiiiiiiiiiiii!) que cet album est un chef d’œuvre qui traversera les ans et qu’il comptera pour ceux qui se donneront la peine d’écouter et d’entendre. C’est un avis qui n’engage certes que moi mais je le partage.

L’album « su la take » rappelle combien savoir d’où l’on vient donne du poids et de la substance à ce qu’on est. Il rappelle l’importance de s’enraciner pour pousser haut et être solide et résistant. C’est l’album dont le peuple Sawa avait besoin pour se souvenir de l’essentiel de ce que sont ses fondations identitaires. Cet album je l’ai reçu comme un cri de ralliement involontaire peut être mais qui appelle à se réveiller et à réveiller ce qui fait notre fondement culturel. Depuis Eboa Lottin je n’avais pas entendu porter en chanson l’identité du peuple de la Côte (le mien), les Sawa avec une telle finesse. Merci à Etienne Mbappe pour cette affirmation dans Bolo bwa Sawa (la pirogue du peuple Sawa) selon laquelle cette culture, malgré le folklore qui s’est introduit dans les pratiques au détriment de l’essentiel, ne s’éteindra pas. La pirogue (image symbolique du véhicule identitaire des Sawa) ne sombrera jamais. La filiation avec Eboa Lottin est assumée par le musicien et chanteur qui reprend deux classiques du chanteur disparu, les modernisant sans les dénaturer. J’aime aussi les accords de guitare qui rendent un hommage discret à Nelle Eyoum Emmanuel inventeur du makossa.

« Na yo nde » (je ris) est une chanson qui marie avec subtilité légereté et profondeur, le rire et les larmes. C’est déjà un classique pour moi, et cela en moins d’une semaine ! C’est une chanson que pourraient reprendre en chœur et avec le cœur tous les exilés, volontaires ou non. Elle commence par une complainte qui vous prend aux tripes. Dans la voix du chanteur on entend un écho des complaintes lointaines de veillées de nos enfances. Et il y a ce solo de guitare magnifique qui accompagne cette complainte, comme si les notes étaient les sanglots. Résonnance de ces sanglots intérieurs masqués par les rires tonitruants de ceux qui sont loin de chez eux. Les larmes que l’on ne laisse pas voir, celles qui coulent en dedans, sur les terres intérieures de nos déracinements et de nos solitudes. Les larmes du migrant

Les déracinés ont souvent en public le rire contraint, le rire obligatoire, le rire comme un système de défense pour aller de l’avant à la poursuite de leurs rêves, ces rêves qui les ont arrachés à la terre natale. Na yo nde.

« Alane » (Emmène-moi) est encore une de ces chansons qui parlent à ceux qui sont loin de chez eux. Emmène-moi chez moi, là où j’ai poussé mon premier cri si un jour, tu constatais qu’en chemin je me suis perdu. Emmène-moi à Douala. J’aurais pu le dire. Il le dit pour moi, pour nous. Ce chant rappelle qu’il est des morceaux de nous qui demeurent épars et qui ne peuvent s’unifier que quand l’on est chez soi. Il est des morcellements intérieurs nés de l’altérité qui ne peuvent trouver leur intégration, leur pacification que lors d’un passage en terre natale. Alane mba o mboa.

Je pourrais faire le tour des quatorze morceaux qui constituent l’album : rien à jeter les amis ! Musango (que la paix soit avec toi) est un bijou de poésie, de nostalgie et de musicalité. J’aime l’image de la nuit qui se pare de son manteau noir.

Su la take (la fin de la souffrance) s’habille de rythmes afro jazz pour proclamer que la fin de la souffrance et de la misère approche. Comme un prédicateur, il chasse par le verbe la souffrance et la misère appelant la lumière tant espérée sur nos terres de douleurs. Il proclame l’exaucement des prières et le fruit des efforts, du labeur. Cette chanson parle d’une souffrance qui n’est pas circonscrite à un lieu. C’est la chanson d’un artiste qui regarde le monde qui l’entoure et appelle sur lui la fin de la souffrance. Quand je dis que cet album est un bijou absolu ! A mon humble avis c’est un album qui comptera au delà de l’euphorie première, parce qu’il touche à l’universel. Il parle de l’attachement à ses racines : magnifique Bonendale qui commence par un cri de ralliement qui me ramène dans le pays perdu et enchanté de l’enfance. Je l’écoute au moins dix fois par jour et le chante intérieurement au boulot. C’est une chanson qui me donne la pêche et me fait sourire de l’intérieur. C’est un album qui touche à la culture, à l’espérance, à l’amour (Your house, San san boy, Dangwa). Etienne Mbappe est un artiste qui a les yeux ouverts sur les souffrances de son temps et sur la déliquescence du tissu social (mangledi) et qui pleure sur les douleurs de son temps (Misodi). C’est un artiste de son temps, dans son temps qui n’oublie pas pour autant d’où il vient. S’il est vrai que s’éloigner d’un point permet une meilleure perspective quand on la regarde alors l’artiste a bien fait de sortir de sa terre. Le regard qu’il pose sur elle nous la révèle certes imparfaite mais belle. Elle est d’une noblesse qui me touche. Merci à lui d’avoir rencontré nos nostalgies et nos blessures nées de l’éloignement pour nous raconter ce rire que nous connaissons.

Béni soit celui qui n’oublie ni sa terre ni les siens.

Comment pourrais-je ne pas être présente à son concert au New Morning le 5 juin ?EienneMbappeBassPlayer.jpg picture by maddyspace L’univers sait que ma place y est drunk dans Etienne Mbappe. L’univers, rien que ça camarade ! D’accord, j’avoue j’ai le sens de l’exagération frénétique et ceux qui connaissent un peu le savent. Il savent par ailleurs que ça participe de mon charme. N’est-ce pas ?

Quelque chose s’est passé sur la planète musicale ! Vous ne me croyez pas ?

Faites un tour à cette adresse http://www.myspace.com/etiennembappe

et je ne doute pas que vous foncerez chez un bon disquaire. Foi de moi !!! thoughtful dans Le Cameroun chante

J’espère que je vous aurai donné envie de découvrir cet artiste et pourquoi ne pas se dire (je parle aux franciliens) à bientôt au New Morning pour danser sur la musique d’Etienne Mbappe ? Cool

A se bodilo nu muna Bonendale e no e a monguele mboa



« Su la take » d’Etienne Mbappe : Impressions subjectives. Un album qui vient à la rencontre de nos racines. Attention chef d’oeuvre !

l_bfda16c3ea1efc75b960498bfd0c13-1.jpg picture by maddyspace

Il y a une dizaine de jours j’ai appris que l’album d’Etienne Mbappe était enfin dans les bacs. Ouf ! Il était temps. Deux ans au moins que j’attendais la sortie de cet album tant j’avais été touchée par le précédent.

J’avais pourtant pris mon temps pour y entrer, pour me laisser toucher par sa musique et son univers. Le temps probablement de me défaire de certains à priori et d’entendre ce qui passait dans la musique qu’il mettait à notre disposition. Il est des musiques qui s’imposent à soi comme une évidence, comme si l’endroit d’où elles sont issues avait croisé des vérités de soi. Dans ma mémoire il y a des évidences qui accompagnent mes émotions et éblouissements et musicaux tels que ceux offerts par Marvin Gaye et son impérissable let’s get it on dont l’entame me met encore et toujours la tête à l’envers. Je garde en mémoire l’émotion éblouie à l’écoute de la voix indescriptible de Donnie Hathaway portant a song for you. Au fait vous êtes vous jamais posés pour écouter to be young gifted and black porté l’âme de Donnie Hathaway ? C’est une sensation tout simplement inimaginable. Oui, il est des artistes qui prouvent que l’âme et la voix ont des canaux de passage communs, Etienne Mbappe et de ceux là, de ceux qui ne laissent pas le désir d’épater primer sur le sens, la sensibilité, la finesse, et la nuance. Quand les canaux entre l’âme et la voix sont disjoints, le marketing prime sur l’art et donne des succès éphémères et des musiques superficielles, en accord avec l’air du temps, mais qui ne passeront pas l’épreuve de la durée. S’il est notoire que les goûts et les couleurs ne se discutent pas, à mon humble avis il se glisse dans les interstices de cette assertion quelques exceptions. Oui je l’affirme ! Oui il est des chansons et des musiques qui vous donnent l’impression de les avoir rencontrées avant de les écouter, comme si elles venaient par les mots, les voix ou la mélodie rencontrer quelque chose en vous et raconter quelque chose de vous. Su la take est une porte ouverte sur des rencontres de ce type. Je pourrais parler de multiples rencontres musicales dont les chansons ne se rident pas à l’intérieur de moi. Je les écoute et les redécouvre nouvelles, encore et encore. J’aime quand la musique réinvente ces belles premières fois, celles que l’on n’oublie pas. Ce ne sont pas tant les mots dits mais la vérité qui affleure dans la voix d’une Nina Simone, c’est le désespoir qu’elle laisse traverser par une lueur d’espérance comme celle d’une une bougie allumée dont la flamme vacillante résiste au vent du soir. J’aime quand l’âme se dévoile dans la voix et dans la musique d’un artiste. Un artiste qui m’offre ça acquiert ma fidélité. Forcément puisqu’il qu’il me touche. Je pourrais citer à l’envi des moments qui m’ont bouleversée, touchée, rencontrée et, en général ce ne sont pas la technicité vocale ou musicale qui m’ont rencontrée, mais plutôt ce petit plus qui est du ressort de l’âme et qui vient habiller de vérité la technique. C’est ce petit rien qui est un immense tout qui me met le cœur en mode we eeeeee a bona bato lambo la manyaka le pon o tomba (les gars il se produit sous nos yeux quelque chose de formidable). Etienne Mbappe a réussi ce lambo la manyaka. Respects.

Il y a quelque chose dans la musique de cet homme quelque chose qui touche au coeur et donne envie de se poser pour écouter et entendre. Pour ce qui me concerne, l’univers d’Etienne Mbappe m’a prise en otage lors d’un concert dans une petite salle de la banlieue parisienne. La salle ne payait pas de mine, elle relevait davantage du gymnase que de la salle de spectacle. La scène sur laquelle évoluait avait Etienne Mbappe, sa choriste à la magnifique présence vocale et scénique (elle a été explosive sur Sansanboy) et quelques musiciens était dépouillée. Sans être parasitée par des artifices, la musique de l’artiste occupait l’espace émotionnel et sonore. Sur cette scène minimaliste, Etienne Mbappe et son groupe nous ont offert un concert au terme duquel j’étais conquise. L’univers offert par le musicien s’était imposé à moi comme une évidence parce que j’avais croisé des gemellités de voyages intérieurs. J’ai repris avec bonheur  » Cameroun o mulema « , une chanson qui me touche au delà des mots et qui est devenu mon hymne personnel et pérenne, celui que j’emporte dans mes exils et dans mes nostalgies de ma terre natale. Forcément je l’ai au cœur partout et toujours. J’ai aimé le moment durant lequel la salle a fait les chœurs à la demande du musicien sur Ewoudou la chanson hommage à sa mère, un hommage qui ouvre à un sentiment filial universel qui fait de nos mères des  » Ewoudou  » à qui l’on délivre en chanson ce beau message de tendresse. Je me souviens d’un solo de bass démentiel lors d’un hommage si mes souvenirs sont exacts à son père disparu. Et puis il y a eu la chanson pour le frère absent. Emotion. Tant de moments dans ce concert qui donnaient une dimension universelle à l’intime.

Il faut voir cet homme sur scène aux prises avec sa guitare basse. C’est au delà du dicible.  » Un gars est doué ! «  comme l’on dirait par chez moi. Après le concert j’ai découvert l’album et je continue de le découvrir, dans ses nuances, ses finesses, une note, un accord que je n’avais pas entendu auparavant. Dans son premier album comme souvent dans les premières œuvres les chansons sont au plus près de l’être, parlant de sa terre natale, de son fils, de sa mère, du rapport à l’autre etc. Le deuxième album « Su la take » universalise le « je » et le fond dans un « nous » qui vient à la rencontre de ceux qui écoutent. Même quand il dit « je », il parle de « nous » et parle et pour un « nous » bien plus grand, bien plus ample que sa seule personne. L’album « Su la take » est un de mes coups de foudres musicaux du moment et mon album de chevet.

(à suivre)



Le chant de ma terre

L’actualité me donne envie de faire résonner à nouveau le chant de ma terre, le Cameroun, la terre de mes pères, le sol sous lequel reposent les corps de ceux que j’ai aimés et qui son passés. Puisse le chant de ma terre ne pas se muer en chant de détresse et d’agonie. Je fais remonter ce poème que m’a inspiré le pays de mes pères il y a des mois. Cameroun o mulema.

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Il est en moi un chant qui fonde mes racines,

Un chant qui retentit au fond de mes entrailles.

C’est l’essence de ma terre qui vibre dans mon cœur

Qui me dit d’où je viens et me parle de moi.

Le chant qui retentit au centre de mon être

Raconte la mémoire de ceux qui sont passés

Ceux qu’on a déposés au terme de leur voyage

Dans le cœur de ma terre et qui la rendent féconde.

 

Dans le temps où pieds nus j’en sentais le contact

Je ne discernais pas les rythmes de ma terre

Et voici que la vie au loin m’a dirigée

Vers cet autre univers différent de ma terre.

 

Les années ont passé ma vie s’est écoulée

J’ai été enrichie au contact de l’ailleurs

Et là au fond de moi je découvre une musique

Un chant qui dans l’exil me parle de ma terre

Il me dit qui je suis, ce qui est essentiel

Ce moi que je rencontre, parce que ma terre me manque.

Le chant que la distance fait rejaillir de moi

Brise les résistances nées de l’indifférence.

 

Je réentends la voix des feuilles dans vent

Et le chuchotement de l’herbe sous mes pieds

Je me rappelle les sons et le chant du silence

Quiétude de ma terre sous une pluie d’étoiles.

 

Et je découvre un rythme celui d’un cœur qui bat

C’est celui de ma terre qui cadence les tam-tam

La mélodie de l’eau qui glisse sur les pierres

La secrète ritournelle que chantent les forêts.

 

Le chant de ma mémoire c’est ma vie mon histoire

Le chant de mes racines me rappelle qui je suis

Cameroun mon pays berceau de mes ancêtres

Dont le chant m’a appris à marcher fière et libre

C’est le chant de ma terre qui nourrit ma mémoire

Et qui dans mes exils me rappelle qui je suis

Il y a là bas une terre au cœur même de l’Afrique

Qui porte mes racines, la sève de ma mémoire.

 

C’est une terre de musique de rythmes et de couleurs

Dont l’alliage unique me la rend essentielle

Et loin d’elle je découvre son incroyable éclat

La beauté majestueuse du chant de ma mémoire

Je la porte en mon cœur cette terre qui est mienne

La distance me révèle que je suis sienne aussi

A l’unisson mon cœur et ma mémoire s’accordent

Pour chanter le berceau de mon humanité

 

Sites pour découvrir des images du Cameroun :

http://www.souvenirducameroun.com/index.html

http://perso.orange.fr/photos-du-cameroun/JeuCadres.htm

La photo qui illustre le texte a été trouvée sur : http://site.voila.fr/cameroon_pics/vivre/douala_03.html



Etienne Mbappe chante Cameroun o Mulema et mon coeur vibre

Pensées

Prières

Inquiétudes

Espoirs

Amour

Plus que jamais le Cameroun au coeur en ces temps troublés.

Remember my people !

 

Ma première vidéo avec ses limites évidentes et son côté rudimentaire mais j’avais envie de célébrer ma terre.

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Traduction des paroles du Chant

Du Nord au Sud, d’Est en Ouest

Au fond de mon coeur réside ce pays

Ai-je vu endroit aussi enjoué

« mon chez moi » dans mon coeur tout le temps

Tant de contrées visitées, tant de villes traversées

Au fond de mon coeur vit ce pays

Ai-je connu sourire plus radieux , accueil plus chaleureux

« mon chez moi » dans mon coeur tout le temps

Me reviennent alors les souvenirs

De ces instants merveilleux

De ces moments heureux et parfois moins joyeux

Me reviennent encore les souvenirs

De ces jeux d’enfants

Où chahuts, cris et larmes

Faisaient si bon ménage

Mes plus affectueuses pensées se dirigent

Vers ma grande famille

Et mes nombreux amis

Que jamais je n’oublierai

Le Cameroun au fond de mon coeur

Partout et tout le temps

Le Cameroun au fond de mon coeur

Partout et si souvent.

 

Le Cameroun au fond de mon coeur

Partout et tout le temps

Le Cameroun au fond de mon coeur

Partout et si souvent.

A tout jamais

Le Cameroun au fond de mon coeur

Jamais je n’oublierai

La terre de mes ancêtres

(A/C Etienne MBAPPE) 



Kaissa : Alea so

Je suis dans ma période « roots » et ça me fait du bien d’entendre le chant de ma terre.   Quand on vit loin de chez soi, les sonorités de la musique, de la langue, des rythmes parlent un peu de soi. Plus je me tiens loin de ma terre plus elle s’enracine en moi sans pour autant exclure les autres. Plus des mots et des sons auxquels je n’aurais pas nécessairement fait attention auparavant viennent raconter des pans de ma mémoire générationnelle. Viva Africa, viva Cameroun, peuple de mon coeur, sève de mes racines et de ma mémoire. Je vous laisse découvrir la talentueuse et énergique Kaissa.Alea so !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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Dina Bell chante Elissa et offre un son digne dans un flot d’indignité

Il y a quelques années des jeunes gens ont organisé au Cameroun le braquage d’une banque. Ce fait divers a pris une dimension quasi sismique parce que les hold up ne faisaient pas partie de la “culture criminelle” du Cameroun et parce que les jeunes gens qui y étaient impliqués étaient des fils de familles respectables et respectées. L’un des protagonistes de ce fait divers, pendant qu’il était incarcéré, son épouse et par ailleurs mère de ses enfants a quitté cette vie, laissant des enfants sans maman et un papa certainement désemparé en prison. La population faisant assaut de compréhension et de miséricorde comme souvent dans ces cas là y allait de ses commentaires désobligeants, multipliant des hypothèses sur les causes du décès de cette dame et jetant l’opprobre, un de plus sur sa mémoire. Avez-vous remarqué combien la langue est plus rapide que le coeur quand il s’agit de la peine des autres ? Avez-vous remarqué combien sont nombreux les censeurs qui se parent d’une dignité virtuelle pour tuer par la langue des vies et des réputations. Il n’ y a décidément rien de nouveau sous le soleil, le coeur de l’homme est tortueux par dessus tout. Les commérages étaient enclenchés et la compassion était de fait en berne. Comment pouvait-elle être morte de cette maladie considérée comme honteuse alors que son mari n’était pas là ? Nombreux étaient ceux qui s’étaient mis sur la fréquence “madame Oleson” privant ceux qui perdaient cette jeune femme du simple respect à défaut de compassion face à leur séisme intime. Comme souvent la douleur intime et dévastatrice des uns n’est pour d’autres qu’un fait divers et un prétexte à s’ériger en donneurs de leçons universels. Dans les maisons, dans les bars, dans les lieux de socialisation la mort prématurée d’une jeune femme se faisait sujet de conversation dérisoire. Mais il y avait derrière le fait divers une femme jeune, certainement éprouvée par l’incarcération de son mari et par la honte qui souvent s’attache à de telles circonstances. Il y avait une jeune femme que l’on avait pointée du doigt comme la femme du truand pendant des années et qui peut être vivait sous des doigts réels ou nés de ses douleurs à vivre la honte, l’absence et sûrement d’autres choses. Qui le saura jamais ?  Il y avait deux petites filles désormais orphelines, il y avait un époux et père loin des siens lors du drame probablement rongé par la peine et la culpabilité. Et les langue miséricordieuses libéraient du venin !

Au milieu d’un flot d’indignité, une musique entrainante et la voix de Dina Bell ont su rendre hommage à cette dame morte trop tôt avec dignité et pudeur, replaçant ce qui était pour beaucoup un fait divers dans sa dimension humaine, intime et dramatique. C’est un chant qui me touche pour ces raisons parce que l’air de rien c’est un chant qui a eu pour moi des vertus pédagogiques. En 1992 je l’ai écouté en boucle. Le chanteur dit à celle qui part de se souvenir de ses filles et de son époux. Il parle de la consternation et de la douleur de celui qui derrière les murs qui l’isolent du monde apprend qu’il est veuf et ses filles orphelines. Il rend à mes yeux leur humanité à des humains que l’on avait enfermé dans des présupposés déshumanisants et il rend un hommage à l’absente et des années après son départ sa mémoire est chantée ainsi que sa famille. Merci à Dina Bell pour la délicatesse de son chant. Cette complainte rythmée ne peut que toucher au coeur ceux qui en comprennent le sens et qui ont connu la peine et vu leur peine commuée en fait divers.

« E ta pe nde pula son’a mbembe

I wu Duala na ngusa bekwadi…. »

http://www.dailymotion.com/video/FMHIQ3AkV6UQXpFML



Monsieur Vicky Edimo bassiste. Ok je suis fan et j’assume !

covervickyedimopp.jpg picture by maddyspace

Il y a des voix, ils y a des mélodies, des atmosphères, des émotions qui font du bien à la mémoire. La voix, la musique, les mélodies, la couleur et les saveurs de celui que j’appelle Vicky Edimo en font partie. Je suis tombée dans sa musique alors que j’étais adolescente. « Je vous parle d’un temps que les moins de … ne peuvent pas connaître ». Je vous parle d’un temps où le clonage musical n’était pas de mise. C’était le temps où j’écoutais Toguy (mais où es-tu Toto Guillaume chanteur et producteur de génie), Dina Bell (Miel à mes oreilles), Ben Decca (Deïdo en avant), Eboa Lottin (Laisse tomber ça c’est la Master Class), Ekambi Brillant (Mot’a muegna), Francis Bebey (poète de son temps), Jean Dikotto Mandengue et tant d’autres. Il y avait hors de mes limites ethnocentrées Tala André Marie reconnaissable à la première note de musique, Anne Marie Nzie (grande dame de la chanson) Sam Fan Thomas dont le « sitcha » nous a fait danser à user nos souliers du côté du Timmys. Le clônage venu de l’identification au zaïko n’avait pas frappé la musique du Littoral du Cameroun. Mais où êtes vous ???? Je ne veux pas faire ma vieille mais quand même comme dirait une mamie qui se respecte la musique n’est plus ce qu’elle était. Voui ! voui !!! J’assume mes rides et mes nostalgies. 50 cent et Eminem ne passeront pas par moi. Ne me parlez pas non plus de Petit Pays ! (rires).

Je me souviens des chansons de Vicky Edimo qui est celui qui m’a donné mes premiers frissons à l’écoute de la guitare Basse qu’il faisait résonner. C’était avant Richard Bona, c’était avant Etienne Mbappe, c’était même avant Marcus Miller. C’est grâce à Vicky Edimo que je suis tombée incurablement amoureuse de la basse. C’est frustrant pour moi de voir qu’il n’est pas connu à la mesure de son talent. Mais je ne suis pas attachée de presse, je me contente d’apprécier et de le dire. J’entends dans ma mémoire sa voix rendre un hommage à sa mère qui fait écho à mes tendresses pour ma maman. La chanson que j’ai choisie n’est pas la plus emblématique de son talent de bassiste mais c’est elle qui me fait le plus voyager parce qu’il alliait avec brio la langue duala et le français les fondant dans une même émotion, dans une même nostalgie d’une une histoire d’amour enfuie et dont les pointillés s’effacent. Et puis c’était le temps des premières boums et des premiers slows (hihi). Caramba le temps passe ! Cachez moi ce cheveu blanc que je ne saurais voir !

Monsieur Vicky Edimo allie les sons Makossa (la musique de mon chez moi à mouahhhhhhhh) à la musique funk pour le bonheur des métissés culturels tels que moi. Si la basse est l’instrument de prédilection de ce musicien Vicky Edimo est multi instrumentiste. Je dois avouer que j’ai un reproche à lui faire (oui monsieur Edimo) la rareté avec laquelle il vient à la rencontre de ceux qui l’admirent. On va arrêter de faire le fantome monsieur Edimo (jeu de mots accessible à ceux qui comprennent le duala). Je vous encourage à écouter la chanson « Ongwanemo » elle est à tomber par terre. Comment la découvrir ? Vous voulez que je vous trouve l’adresse du disquaire le plus proche, non mais !!! (hi hi). Je l’écoute au moment où j’écris. Je m’accroche à ma chaise pour ne pas tomber. C’est la classe tant dans la ligne mélodique que dans les arrangements. Mister Edimo respect !

Le dernier album de Vicky Edimo s’intitule « Jambo Afrika » et il est à découvrir absolument !!!

En passant le Jambo Afrika est à découvrir je danse sur ma chaise. Ca devient grave cette histoire, si les chaises parlaient elle en aurait de belles à raconter. Les racines ont sur moi un effet à nulle autre pareil, « jambo, jambo ! ». Allez, on fonce sur le My Space de Vicky Edimo, on met le son à fond, « jambo, jambo ! ». Du cheveu à la plante du pied on danse les amis. On pousse les meubles et on y va. Rire

http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=124439420

Ecoutez le « nongo ponda » la mélodie est magnifique et les paroles me touchent. Et il y a en prime monsieur Manu Dibango.

Sur « skeletons » et « matanga » si quelqu’un doute que c’est un bassiste. Je vous laisse juges…Langue

Bref tout ceci pour dire que j’aime Vicky Edimo (qui l’eût cru à la lecture de ce qui précède n’est-ce pas ?Clin doeil), et que je suis fière qu’il soit l’un des talents de ma terre natale.

Pour acheter le dernier album de Vicky Edimo Jambo Afrika : http://www.nocturne.fr/produit.cfm?id_produit=7034&liste=vicky%20ed;0;0;0;0

Pour le plaisir du partage j’ai commis cette petite video pour vous faire découvrir un de ses standards repris en leur temps par Henry Dikongue et Tom Yoms notamment.

Onguele veut dire souviens-toi. Je me souviens…

Je vous invite à écouter Onguele avec un montage video que j’ai réalisé avec mes moyens rudimentaires et balbutiants.Clin doeil

http://www.dailymotion.com/video/4E8ySiqaucJXHoFZX

 

vicedimo.jpg picture by maddyspace



Le métissage est mon pays et mes racines plongent dans la terre du Cameroun

Les fidèles visiteurs de ce blog que je remercie ont lu cet article au mois de janvier. J’ai envie de le faire remonter juste pour permettre à ceux qui nous ont rejoint en cours de route de découvrir cette part de moi qui m’est essentielle. Les racines… C’est étonnant combien ce qui ne se voit pas est fondamental. Un chêne ou un baobab sans racines c’est un arbre mort. Les racines de ces arbres immenses ne sont pas ce qui frappe le regard au premier abord mais sans elles il n’y aurait rien à regarder. Mes racines me sont essentielles. Me rappeler d’où je viens et qui je suis m’aide à rester constante dans le changement, à ne pas avoir peur de l’altérité car je la vis comme dispensatrice d’enrichissement. Le monde est en mouvement vers le metissage, je suis dans ce mouvement sans crainte parce que ce qui ne se voit pas nécessairement est profondément ancré en moi et m’ancre profondément dans le monde dans lequel j’ai le privilège de passer. Bonne lecture à vous mes amis et je vous envoie une salve de pensées amicales. Oui oui une salve (hi hi).

 

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« Je suis né quelque part Laissez moi ce repère

 

 

 

Ou je perds la mémoire « 

 

 

Maxime Leforestier

 


Ce soir je me laisse aller à une certaine nostalgie. Elle n’est pas mélancolie. Mais en prenant le temps de parcourir les sentiers de la mémoire, ils me conduisent par delà les océans, dans le pays où je suis née, au centre de l’Afrique. Mon pays. Mon cher pays appelé « Afrique en miniature » parce qu’on y retrouve tous les micro climats de l’Afrique. C’était le temps de l’innocence, le temps de l’enfance. C’était le temps où les rêves n’avaient ni frontières ni limites. Je grandissais dans mon pays natal et le monde m’appartenait. Tout était possible, je vivrais où je voudrais et rentrerais toujours chez moi. Les chemins de la vie ont donné un cours différent à ma vie et je me souviens. Je me souviens des comptines qui ont accompagné mon enfance. Je me souviens des bruits du voisinage. Je me souviens des ballades en famille pour regarder les courses de pirogue sur le pont du Wouri, le fleuve qui nourrit la ville de Douala. Il y avait les fêtes traditionnelles auxquelles nous prenions part vêtus de pagnes pour les hommes et de grandes robes aux couleurs chatoyantes pour les femmes. Je me souviens et ma mémoire voyage… Le Cameroun, mon pays que nous chantions le lundi avant la classe.

 

 

Si loin de moi physiquement et dont « l’exil » m’éloigne. Il change et je change et j’ai peur qu’on se perde en route lui et moi. Vivre loin de chez soi a forcément un coût parce que loin du pays l’on change et ceux qui restent changent aussi. C’est étrange la situation du migrant. Il n’est plus tout à fait de là-bas, et pas tout à fait du pays d’accueil. Il habite un nouveau pays celui de l’exil s’il s’abandonne à la mélancolie, ou celui du métissage s’il décide de rendre positif le vécu migratoire en choisissant de s’ouvrir à l’autre pour le recevoir et s’enrichir de la multi culturalité.

 

Le métissage est riche parce qu’on est le fruit de deux races, de deux cultures, de deux mondes différents, et l’on est riche de deux regards. Il devient crise quand l’on se laisse happer par un côté en niant l’autre, le rejetant comme s’il fallait choisir l’un où l’autre. Dans la migration on change forcément et si l’on fait le choix de ne pas regarder la nouvelle culture comme destructrice de son identité fondamentale on peut s’enrichir d’elle.

 

Ce que j’aime dans mon pays à moi, à « Métisland », c’est que l’on peut faire le choix de ce qu’on laisse entrer en soi. On peut choisir ce qu’on trouve bon, grand, et s’en inspirer et l’on est armé pour résister à ce qu’on trouve négatif. Bon je vous le concède, on ne contrôle pas tout. Quand je suis au Cameroun et que je parle avec les gens là-bas, très vite je suis dévoilée on sait que je ne suis plus tout à fait de là-bas. Mon accent me trahit (sourire) et pas seulement mon accent. On change au contact du pays d’accueil.

 

Le métissage culturel me permet de côtoyer les grands esprits occidentaux et cette découverte me donne envie de creuser encore plus ceux qui ont marqué l’histoire culturelle de ma terre natale, Mama Africa. Ce métissage est riche et n’est pas schizophrène parce que sachant d’où je viens, mes racines étant solidement ancrées dans ma terre, je n’ai pas peur de me perdre en m’ouvrant à l’autre. Tout ce que j’ai à y gagner c’est de m’enrichir de la différence de celui qui me reçoit.

 

Entre la terre d’exil et la terre métisse j’ai fait mon choix. Mon pays c’est le métissage et mes racines plongent en profondeur dans la terre d’Afrique, au Cameroun. « O Cameroun berceau de nos enfances, va debout et jaloux de ta liberté »

 

Ce sont les premiers mots de l’hymne national du Cameroun.

 

 

 

 

Cameroun o mulema wuma yese ponda yese (le Cameroun au cœur toujours, partout) Chante Etienne Mbappe (chanteur à découvrir http://www.etiennembappe.com/).

 

C’est le chant de mon cœur pour le pays dans lequel j’ai grandi et ai été construite dans une atmosphère dans laquelle l’amour était l’oxygène. Mon Cameroun. En cliquant sur le lien ci-dessous vous pouvez rencontrer la terre de mes racines.

 

http://www.souvenirducameroun.com/

 

 



Des traits entre les points d’une identité en pointillés

Bonjour à vous,

Comme convenu en cette période anniversaire, entre deux dédicaces à vous mes chers convives, je fais remonter des billets anciens. Celui ci date du 25 décembre dernier. Les questionnements qu’il aborde m’apparaissent fondamentaux pour la construction de soi dans l’expérience de l’ailleurs. Qu’en pensez-vous ? Je serais heureuse d’avoir vos impressions sur le sujet. Bonne lecture à vous et bonne journée. Amitiés.

afrolady.gif picture by maddyspace

Une anecdote que m’a racontée mon cousin me revient ce soir. J’ai des cousins qui ont passé une partie de leur enfance à New York. Leur papa haut fonctionnaire dans une organisation internationale avait été envoyé là-bas et il s’y était installé avec toute sa famille. Mes cousins vivaient en milieu protégé, allant à l’école avec les enfants de parents au profil professionnel proche de celui de leur père. Ils portaient un uniforme soooooooooooo british !!! L’un de mes cousins m’a raconté un jour une histoire qui à l’époque m’a effarée et qui aujourd’hui m’interpelle. En effet, la lecture que j’ai de cette anecdote perçue alors est insolite est, par la force des choses différente.  Et de vous à moi, heureusement que j’ai changé il paraît qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.  Bon revenons à l’anecdote : mon cousin m’a raconté le choc qui avait été le sien le jour où il a réalisé qu’il était noir et le séisme que cela a été pour lui. Je crois comprendre qu’à l’époque il ne se posait la question de sa race, il était un enfant parmi d’autres enfants, probablement majoritairement blancs mais avec qui il avait une identité commune. Et là, patatras ! Au détour d’un programme de télé, sa négritude lui explose en pleine figure et son assomption se révèle dramatique. Cette nouvelle réalité qui est entrée en lui avec violence ressort par des flots de larmes. L’entendre me raconter cela m’avait été bien étrange. En effet je ne me souvenais pas d’un moment au cours duquel j’aurais réalisé j’étais noire. Je l’étais un point c’est tout. A bien y réfléchir, cela a dû m’arriver, ne serait-ce que par la prise de conscience de l’altérité de ceux qu’on appelait les coopérants. Si je ne m’en souviens pas, c’est probablement parce qu’il n’y a pas eu de séisme. Des référents positifs noirs j’en avais. Je grandissais au cœur de l’Afrique, dans une famille faite de personnes fières et à mes yeux intelligentes (parents, oncles, tantes, amis de parents, parents d’amis) qui étaient les projections de l’adulte que je n’avais pas peur de devenir. Mes cousins étaient dans un environnement différent et l’image qui leur était renvoyée notamment par les médias de ceux de leur race était telle qu’ils ne pouvaient probablement pas s’identifier à eux. Leurs héros étaient Superman, Spider Man, l’homme qui valait trois milliards et que sais-je encore. Ils n’avaient probablement aucun référent idéal positif de cette race là, tout au moins dans les médias auxquels ils avaient accès. Ils n’avaient pas l’âge de voir les films « noirs » des années 70 avec Pam Grier, Jim Brown, Richard  Roundtree ou Fred Williamson. Une des figures positives noires de la télé dans les années 70-80 était « Huggy les bons tuyaux » un informateur de la police !!!!!!!!! Bon concédons que le commissaire Dobey était noir et c’était d’ailleurs à l’époque un sacré pas en avant, pour autant que je le sache, dans la scénarisation de la figure du noir à la télévision américaine. 

N’est-il pas étrange qu’un enfant de cinq ans peut-être, dont les parents et les frères et sœurs sont de race noire ne se les soit pas appropriés comme tels ?  Comment est-il possible que sa négritude lui ait explosé en pleine figure comme une surprise et comme un drame ? 

Aussi bizarre que cela puisse paraître c’est non possible mais tout à fait compréhensible et explicable : les enfants, plus que d’autres ont besoin de héros, de figures positives auxquels s’identifier, de héros qui les tirent vers le haut, des héros qui leur donnent envie de se dépasser, des héros qui les ouvrent à un idéal.  Cet enfant était dans un environnement dans lequel les héros positifs étaient sinon tous, au moins majoritairement blancs. La représentation qu’on lui donnait des noirs symbolisait l’échec, l’incapacité à accéder au « rêve américain » et s’identifier à cette représentation du noir voulait dire s’identifier à l’échec. Il ne le voulait pas, il ne le pouvait pas le conceptualiser mais il se refusait à embrasser cette représentation et se voir comme ceux qui défilaient sous ses yeux via la télévision, voire les informations. Il a grandi depuis et vu depuis ma lorgnette il semble épanoui et heureux d’être celui qu’il est.  Heureusement pour lui n’est-ce pas ? 

Cette histoire qui m’est revenue bien des années après qu’elle m’ait été contée  me fait réfléchir à l’importance d’enraciner nos enfants dans leur histoire, dans l’histoire de ceux qui les ont précédé. A  l’importance de leur raconter l’Afrique,
la vraie.  Pas celle caricaturée par ceux qui ont intérêt à n’en faire qu’une terre de laissés pour compte de tout ce qui est positif. L’Afrique est porteuse d’une histoire riche et pleine de trésors enfouis qu’il nous appartient d’aller chercher pour nous en saisir et aussi pour la raconter aux enfants Leur raconter leurs racines, leur parler des richesses, de la sagesse et leur dire que porter leur africanité n’est pas porter une tare. Etre descendant d’Afrique c’est porter l’héritage riche et varié d’un continent certes meurtri, blessé, souvent pillé mais qui peut porter avec fierté son passé. Les afro américains et autre afro caribéens peuvent aussi regarder leur passé avec fierté. Ils n’ont même pas besoin de plonger dans
la lointaine Afrique mais regarder à ce que ceux qui les ont précédé et à ce qu’ils ont apporté à l’humanité. 

Nous avons le privilège d’avoir été précédés par quelqu’un comme Cheikh Anta Diop qui par ses recherches a pu scientifiquement démontrer l’antériorité des civilisations nègres et dont nos pouvons sonder les écrits. D’autres chercheurs ont prolongé sa pensée et il ne tient qu’à nous d’en faire une lecture critique et encourager les enfants à s’instruire pour construire leur esprit critique et se construire. Si l’Afrique courbe l’échine face au savoir c’est parce qu’elle s’est voilée ou s’est laissé voiler  la vérité quant à sa participation au progrès de  l’humanité. Soyons encouragés à sonder nos racines pour nous construire. Nous construire pour nous et non contre d’autres, nous relier à notre histoire écrite jusqu’ici en pointillés et mettre enfin des traits entre les points de notre identité. 

entrevoir2.jpg picture by maddyspace



Bob Marley : Africa unite

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Dédicace à NattyDread et à tous ceux et celles qui ont l’Afrique au coeur et aux aux tripes. Notre Afrique. Dédicace à mama Africa.

Dédicace à tous ceux, africains ou non, qui ont été blessés, indignés et offensés par le mépris déversé en Afrique le 26 juillet 2007 par un homme qui consacrait par ses propos la méconnaissance fondamentale qu’il a de l’Afrique et de ce qu’il a eu l’indécence d’appeler  »l’homme africain »

Aucune injure, aucun mépris, aucun dédain n’effaceront la noblesse de l’Afrique. Les mots qui violent la dignité n’atteindront et n’altéreront pas la vérité de notre terre. L’histoire est en marche et un jour les fils et les filles d’Afrique sauront en écrire l’histoire avec une encre unique, une encre nouvelle, une encre qui lui correspond, une encre née de l’unité africaine, une encre africaine.

 http://www.dailymotion.com/video/1ujeudLYmZchN5iwM

AFRICA UNITE

‘Cause we’re moving right out of Babylon
And we’re going to our Father’s land
How good and how pleasant it would be before God and man
To see the unification of all Africans
As it’s been said already, let it be done
We are the children of the Rastaman
We are the children of the Iyaman
So, Africa unite
‘Cause the children wanna come home
Africa unite
‘Cause we’re moving right out of Babylon
And we’re grooving to our Father’s land

How good and how pleasant it would be before God and man
To see the unification of all Rastaman
As it’s been said already, let it be done
I tell you who we are under the sun
We are the children of the Rastaman
We are the children of the Iyaman

So, Africa unite
Afri, Africa unite
Unite for the benefit of your people
Unite for it’s later than you think
Unite for the benefit of your children
Unite for it’s later than you think
Africa awaits its Creator
Africa awaiting its Creator
Africa, you’re my forefather cornerstone
Unite for the Africans abroad
Unite for the Africans a yard



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