Danyel Waro – MANDELA

Danyel Waro rend un hommage appuyé à Mandela sur un texte et une musique en maloya. C’est un combattant réunionais pour la reconnaissance du créole ( qui a fait 2 ans de prison pour refus de servir sous le drapeau français à une certaine époque). Cet homme chante son admiration pour un homme que nous sommes nombreux à admirer. Il n’y a pas que Natty et moi qui sommes résolument, irrévocablement et incurablement tombée en admiration devant cet homme qui s’est révélé remarquable. Et quand je le vois danser je vois dans cette victoire, dans ce sourire le signe que le cynisme, le mal, le déni des droits de l’homme ne triomphe pas toujours. Merci à vous Madiba de vous être offert à nos regards admiratifs comme un modèle qui nous inspire et qui nous aide à ne pas nous laisser contaminer par les flots de la bêtise et de la haine qui se répandent ça et là sur la planète. Merci de nous avoir montré que quand l’amour, le pardon et la tolérance font face à celui qui hait par peur ou par bêtise, celui qui choisit d’aimer peut infléchir le cours de l’histoire. Quelle est la sagesse, quelle est la dignité de Mandela demande Danyel Waro. Comme je le comprends !

Et cette chanson nous permet de nous plonger dans un peu du folklore réunionais. Sourire

http://www.dailymotion.com/video/5sPg8NXk3XrAmeLdK

MANDELA

Kwé i lé Granmounté Mandela ?
Kwé i lé Granmounté ? Amont amwin
Kinm in kalot oté Mandela
Twé la pa mèt dan la gèl banna
Twé la pèt amwin.

Kwé i lé la Dinité Mandela ?
Kwé i lé la Dinité ? Amont amwin
Kaminm i pouléré Mandela
Non twé la pa souplé
Twé la mèt amwin.

Kwé i lé Léternité Mandela ?
Kwé i lé Léternité ? Amont amwin
Vinnsétan kasoté Mandela
Kék lalmanak izé
Twé la mèt amwin.

Wo Mandela la
Kélaz li nana sa ?
Na laz Lazani sa !!
Na laz Lazani sa
Na laz Lazani sa.

TRADUCTION FRANCAISE

Qu’est ce donc que la Sagesse Mandela ?
Qu’est ce que la Sagesse ? Enseigne la moi
Même une claque Mandela
Tu ne leur auras pas rendue.
C’est moi qui l’ai reçue.

Qu’est ce donc que la Dignité Mandela ?
Qu’est ce que la Dignité ? Enseigne la moi.
Tu n’as ni gémi Mandela
Ni pleuré, ni supplié.
Je te tire mon chapeau ! Respect !

Qu’est ce que l’Eternité Mandela ?
Qu’est ce que l’Eternité ? Enseigne la moi.
Vingt sept années de prison Mandela
Que de calendriers usés
Comme simple formalité.

Oh Mandela !
- Quel âge a Mandela ?
- Il a l’âge de l’Azanie.

Danyèl Waro – Bwarouz – 1993



Respects à Coretta Scott King

Une dame est passée…

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Combattre pour la dignité de l’humain : le combat permanent de Nelson Rolihaha Mandela

Je fais remonter un hommage à un homme que j’admire profondément, un homme dont la vie m’inspire, un homme en majuscule qui a su apprivoiser les tentations de la vengeance et de la haine pour embrasser la paix et la réconciliation. J’ai envie en cette période d’anniversaire du blog de mettre en lumière une vie que la haine de l’autre avait mise à l’ombre 27 années durant, un homme qui de sa prison projettait des rayons de lumière et d’espoir sur ceux qui espéraient en la restauration de la justice. Son peuple l’appelle affectueusement Madiba. Je l’appelle Madiba…

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 » Unanimement cité comme la personnalité la plus admirée au monde , l’ex-leader de la lutte anti-apartheid s’implique aujourd’hui dans la lutte contre le sida. « 

J’ai lu cette phrase dans un article d’un journal gratuit de la semaine dernière. Et j’ai en envie de parler de Lui, cet homme qui m’impressionne.

Pour ceux qui me connaissent où qui fréquentent cet espace depuis quelques temps savent que j’ai pour Nelson Mandela une admiration sans bornes et un profond respect. Il fait partie de ces hommes (j’utilise le mot homme dans son acception générique) qui m’inspirent et me donnent envie de me dépasser et d’espérer encore en une humanité plus belle. Que dire de cet homme qui a pris à bras le corps de combat pour la dignité de l’homme en Afrique du Sud. Il n’y a pas si longtemps, en Afrique du Sud, le fait d’être de race noire interdisait l’accès à la citoyenneté dans son expression la plus simple. Des hommes comme Steve Bantu Biko, Nelson Mandela et bien d’autre qui ont laissé pour certains leurs vies et pour d’autres leur liberté se sont battus et ont refusé de plier face à un régime intolérable. Nelson Mandela a offert à ce combat 27 années de sa vie qui ont fait de lui en son temps le plus vieux prisonnier du monde. Je me souviens du temps ou Johnny Clegg et Savuka nous offraient un  » Asimbonanga «  qui nous remuait et nous rappelait la longue absence de Nelson Rolihaha Mandela.

Je me souviens qu’alors, je ne pensais pas le voir vivant, même si j’espérais vivre la fin de l’Apartheid. J’ai déjà raconté dans un autre billet mon émotion quand le 11 février 1990, le héros, le symbole de la résistance de tout un continent, celui qui en refusant de plier ou de négocier a sapé le fondations d’un régime abject. Qui se souvient qu’en ce temps pas si lointain des résistants à ce régime se  » suicidaient  » de multiples balles dans le dos ? Ainsi est mort Steven Biko. Cet homme dont les résultats de l’autopsie sont une insulte à l’intelligence. Le régime confiant sur de la pérennité de ses fondations se moquait de livrer des résultats d’autopsie grossiers. Je me souviens qu’à l’époque quand on était camerounais la République Sud Africaine était l’un des deux pays dans lesquels on n’avait pas le droit de se rendre. Je me souviens que la prise de conscience de l’existence de ce régime m’est venue à la lecture du contenu de mon premier passeport. L’Apartheid avait fait de la république sud africaine une tâche honteuse, une souillure sur le continent africain et sur les consciences du monde.

Johnny Clegg ! Je le revois virevoltant sur les plateaux de télévision. On l’appelait à l’époque le Zoulou blanc. Il demeure à mes yeux un visage qui montrait que la partition de l’Afrique du Sud cachait des femmes et des hommes blancs qui résistaient de l’intérieur à la négation de la citoyenneté voire de l’humanité à ceux qui étaient de race différente. Il y a eu des hommes comme Donald Woods ami de Steve Biko. Il y a eu bien des blancs qui ont dû s’exiler loin de l’Afrique du Sud parce qu’ils n’acceptaient pas de profiter des privilèges réservés aux blancs que leur offraient le régime tandis que des déclassés de fait perdaient la vie, l’espoir et des membres de leurs familles dans les ghettos de Soweto et d’ailleurs.

Johnny Clegg était pour moi et pour d’autres sûrement l’antidote au manichéisme racial dans lequel il est facile de tomber en réponse à l’abjection d’un régime raciste. Merci à ces hommes et femmes qui ont offert ces visages de la résistance blanche à l’Apartheid nous permettant de ne pas rejeter les hommes en retour.

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Faisons un voyage dans un passé pas si lointain pour nous remémorer ce qu’était l’Apartheid.

Qu’était en fait ce régime ?

L’apartheid (mot afrikaans ou néerlandais emprunté du français, signifiant  » le fait de tenir à part  » ) est une politique de ségrégation raciale mise en place à partir de 1948 en Afrique du Sud par le Parti national afrikaner, et abolie le 30 juin 1991. La doctrine de l’apartheid s’articule autour de la division politique, économique et géographique du territoire sud-africain et de la population sud-africaine répartis en quatre groupes ethniques distincts (Blancs, métis, Bantou, Indiens) et la primauté de la communauté blanche.

Par extension, le terme peut également désigner toute politique de ségrégation.

La politique d’apartheid est l’aboutissement du nationalisme afrikaner débuté dès la fin du XVIIème siècle, magnifié par le Grand Trek et la guerre des Boers. Il s’agit pour les Afrikaners d’asseoir définitivement le contrôle de leur communauté sur l’ensemble de l’Afrique du Sud.

Minorité raciale, les Afrikaners sont cependant la communauté blanche la plus importante du pays. La politique d’apartheid a été pensée d’abord via le seul prisme des intérêts de leur communauté avant d’y englober les seules autres communautés blanches du pays.

Les principales lois d’apartheid

  • Loi sur l’interdiction des mariages mixtes (1949)
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  • Loi d’immoralité (1950) pénalisant les relations sexuelles entre blanc et non blanc.
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  • Loi de classification de la population (1950), distinguant les individus selon leur race.
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  • Loi d’habitation séparée (le fameux Group Areas Act du 27 avril 1950), répartissant racialement les zones urbaines d’habitation.
  • Loi sur les laissez-passer (‘Pass Laws Act’) de 1952 faisant obligation aux Noirs ayant plus de 16 ans d’avoir sur eux un laissez-passer en l’occurrence un document ressemblant à un passeport qui stipulait s’ils avaient une autorisation du gouvernement pour être dans certains quartiers.
  •  

  • Loi sur les commodités publiques distinctes (1953), ségrégant les toilettes, fontaines et tous les aménagements publics.
  • Retrait du droit de grève aux travailleurs noirs, interdiction de la résistance passive (1953).
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  • Loi de relocalisation des indigènes (Native resettlement Act de 1954) : permet de déplacer les populations noires vivant en zones déclarées blanches.
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  • Loi sur le travail et les mines (1956), formalisant la discrimination raciale dans le monde du travail.
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  • Loi sur la promotion de gouvernements noirs autonomes (1958), créant les bantoustans sous administration des non blancs.
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  • Loi de citoyenneté des noirs des homelands (1971), retirant la citoyenneté sud-africaine aux noirs issus de communautés ethniques relevant de bantoustans déjà créés.
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  • Décret sur l’Afrikaans (1974), obligeant toutes les écoles, même noires, à dispenser en afrikaans tous les enseignements de maths, de sciences sociales, d’Histoire et de géographie du niveau secondaire.
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  • Loi sur l’interdiction aux Noirs l’accès à la formation professionnelle (date)
  • (La définition de l’Apartheid et les principales lois générées par ce régime sont tirés de http://fr.wikipedia.org/wiki/Apartheid site à visiter pour plus d’informations)

Est-il besoin de redire que ce régime était immonde ? En revisitant ces lois je suis consternée et en même temps je me dis que même un régime démocratiquement élu peut engendrer des choses innommables. En regardant quelques unes de ces lois intolérantes et intolérables je ne peux que m’incliner respectueusement devant ceux qui ont renversé ce régime par la résistance intérieure et extérieure. Merci à la grande Miriam Mabeka qui a porté dignement et douloureusement par un exil forcé la résistance à l’indigne apartheid. Merci aux visages connus et inconnus de la résistance. Merci à ceux qui n’ont cessé de permettre à la voix des opprimés d traverser les barbelés derrière lesquels étaient retenues les espérances d’enfants noirs des ghettos de Soweto. Merci à Desmond Tutu et aux autres et merci à mon héros, Nelson Mandela dont le sourire malicieux et les yeux rieurs me rappellent que la vie triomphe de la mort, la liberté de la prison, l’espoir des désespérances. Madiba, héros contemporain, visage de la dignité de la grandeur et de l’humilité, visage d’un combattant des temps modernes.

Mandela, en sortant de 27 ans de captivité fait un discours qui est la répétition de son dernier discours lors du procès de Rivonia  » J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. J’ai rêvé d’une société libre et démocratique, où tous le monde vivrait en harmonie avec des chances égales. C’est un idéal pour lequel je veux vivre et que je veux réaliser. Mais s’il le faut, c’est aussi un idéal pour lequel je suis prêt à mourir « .

Mandela reprend ses derniers mots d’homme libre pour se les réapproprier en homme de nouveau libre. Les vingt-sept années n’ont pas flétri l’idéal qui l’a conduit à renoncer à la liberté. La reprise de ce discours, cette réappropriation de ses propres mots après avoir subi les pires privations et des traitements odieux du régime de Pretoria n’est pas anecdotique. Dans une population sud africaine noire assoiffée légitimement de vengeance Monsieur Mandela rappelle que la lutte qui l’a conduit en prison est contre la domination blanche et aussi contre la domination noire. 27 ans de vie volée plus tard, Nelson Mandela , celui dont la porte de prison portait le numéro 46664 est prêt à donner sa vie pour qu’aucune race ne domine sur l’autre. Bravo à lui ! TY_5.gif image by maddyspace

Nelson Mandela, en accord avec ses principes et dans un respect scrupuleux de sa parole n’a été président que le temps d’un mandat et il est retourné à la vie civile laissant dans son sillage un respect qui ne passe pas. Aujourd’hui, âgé de 89 ans, le combattant pour la dignité de l’homme n’a pas désarmé. Il a pris à bras le corps un autre combat. Combat contre un mal qui a infecté environ 22% de la population de son pays par le HIV. Dans un monde et plus particulièrement sur un continent sur lequel le tabou du sida est encore très prégnant, il a brisé la loi du silence en 2002 en confiant que trois membres de sa famille étaient séropositifs. Il y a deux ans, ce mal terrible a emporté l’aîné de ses fils. Ecoutez les mots du combattant qui prend le pas sur le père éprouvé et déclare le lendemain de la mort de son fils  » il faut rendre ce virus public et ne pas le cacher, parce que la seule façon de le considérer comme une maladie normale, comme la tuberculose ou le cancer est d’en parler et de dire que quelqu’un est mort à cause du sida. Et les gens arrêteront e le voir comme quelque chose d’extraordinaire « . Mandela sublime sa douleur pour embrasser celles de toutes les autres familles marquées par la maladie. Il publicise sa douleur intime pour briser le joug de la honte et participer à rendre au malade, à ‘humain la dignité que lui nie la maladie et le regard que l’on porte sur celle-ci. Respect !

Aujourd’hui le combat pour la dignité de l’homme que porte Nelson Mandela est celui de la dignité des malades du sida et de leur accès aux soins. Il a épousé ce combat avec une telle conviction qu’au travers de la fondation qui porte son nom, il récolte des fonds de par le monde pour mener à bien ce combat. La conviction de l’homme, l’importance de ce combat, la place qu’il lui donne est telle que Nelson Mandela a donné à sa campagne de sensibilisation sur le sida le numéro de sa cellule de prison, le n° 46664. En revisitant sa vie et ses combats, même de manière sommaire je me dis que mon cœur ne s’est pas trompé en tombant en admiration devant cet homme. Mes respects à cet homme dont le sourire plein de vie est à lui seul un message d’espoir pour ceux qui sont encore retenus ça et là dans des chaînes de servitude physique et/ou mentale.

Nelson Mandela un héros de notre siècle…

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14 02 2007



Hommage à un homme que j’admire : Martin Luther King Jr

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Ceux qui naviguent sur cet espace depuis quelques temps savent que dans mon panthéon personnel cet homme a une place de choix. Il est de ces hommes qui par leur vécu, leur combat m’ont appris que le racisme et la haine ne sont pas une fatalité. Il m’a appris par sa vie que ma liberté c’est de choisir de ne pas haïr. Il m’a appris qu’aimer son ennemi ne veut pas dire l’apprécier, mais choisir de ne pas laisser se lever en soi des détestations voire des  haines qui me rendraient aussi peu « aimable » que ceux dont les théories, les propos et les actions me mettent le coeur au bord des lèvres. La non violence commence par le fait de dompter les émotions négatives qui montent si facilement face à ce que l’air ambiant qui parfois est vicié fait monter à nos narines. Entre le bruit, l’odeur, l’ADN, et les attributs masculins chers à un certain animateur qui donnait la chance aux chansons mais pas toujours à l’intelligence,notamment celle du coeur, et encore moins au respect de l’autre enfermé dans une définition probablement née de ses fantasmes et de ses représentations de toute une race. L’exemple de Martin Luther King me rappelle qu’on peut choisir de ne pas répondre à la violence par la violence fut-ce celle des mots.

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Ne pas répondre par la violence…

L’exemple de MLK nous montre que ne pas répondre à la violence par la violence ce n’est pas pour autant courber l’échine et accepter l’innacceptable, mais c’est plutôt réinventer des moyens autres que la haine et la violence pour résister à la déshumanisation de l’autre, à sa réduction à un bruit, à une odeur, à une caractéristique physique, à une carnation, à une religion, une coutume, une lecture biaisée voire partiale d’une culture etc.

Ne pas répondre à la violence par la violence certes mais freiner des quatre fers pour résister à toute globalisation prédatrice de l’identité et du soi. Résister en soi, refuser de se laisser priver de sa dignité sans pour autant céder à la tentation d’utiliser les mêmes méthodes qu’eux. Ceux dont on estime les prises de position et les actions indignes.

Martin Luther King et le boycott des bus, Martin Luther King et la résistance passive à la discrimination. Martin Luther King, un modèle d’humain pour moi.

L’exemple de cet homme qui près de quarante après qu’une balle tirée par la haine l’ait soustrait à la vue des vivants, continue à me rappeler que je peux faire le choix de ne pas haïr, et mieux encore le choix d’aimer.

Il est bon en certaines saisons, quand tombent ça et là, les feuilles de la liberté, du respect de la dignité et de la considération de l’autre, de se repasser des vies qui nous sont données comme des modèles pour résister, et pour espérer encore en des lendemains meilleurs. Espérer parce qu’à l’intérieur de l’homme il y a une semence qui peut si elle reçoit les bons engrais offrir des êtres magnifiques. Imparfaits mais magnifiques.

Merci à la vie brève (39 ans seulement) et riche de Martin Luther King Jr qui est pour moi un défi permanent, un défi quant à ma capacité de réinventer sans cesse mon rapport à l’autre pour ne pas me perdre. Réinventer sans cesse mon regard sur l’autre pour résister à la haine par l’amour. Je vois en sa vie bien des traces de Celui qui inspirait sa vie et qui inspire la mienne. Honneur à Celui…

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Johnny Clegg & Savuka : Asimbonanga

Je me souviens de la violence des images qui nous arrivaient d’Afrique du Sud. Je me souviens des douleurs et des indignations d’alors. Je me souviens du sentiment d’impuissance, de l’espérance mâtinée de désespoir. Je me souviens de l’arrogance des frères Botha. Je me souviens des concerts qui appelaient à la libération de Mandela. Je me souviens de Peter Gabriel, de Simple Minds, je me souviens d’un « freeeeeeeee Nelson Mandela » C’était hier…

Mandela est sorti et il n’a pas déçu les espoirs mis en lui. L’homme n’a pas trahi le mythe.

Merci à ceux qui comme Johnny Clegg ont permis que l’on oublie pas le martyr de millions de Sud africains. Merci à ceux qui ont choisi d’embrasser l’amour du prochain plutôt que de se replier sur un confort offert par le conservatisme d’alors. Merci à l’amour et au courage qui ont sapé les fondations d’un régime immonde et qui ont laissé éclore l’espoir et la liberté dont l’une des plus belles expressions est posée sur le sourire de Nelson Mandela. Oui je suis admirative et j’assume.

Dédicace à Noah.

http://www.dailymotion.com/video/6xzUlmOOGK6Vs2vlW

Asimbonanga (We have not seen him)
Asimbonang’ uMandela thina (We have not seen Mandela)
Laph’ekhona (In the place where he is)
Laph’ehleli khona (In the place where he is kept)

 

Oh the sea is cold and the sky is grey
Look across the Island into the Bay
We are all islands till comes the day
We cross the burning water

 

Chorus….

 

A seagull wings across the sea
Broken silence is what I dream
Who has the words to close the distance
Between you and me

 

Chorus….

 

Steve Biko, Victoria Mxenge
Neil Aggett
Asimbonanga
Asimbonang ‘umfowethu thina (we have not seen our brother)
Laph’ekhona (In the place where he is)
Laph’wafela khona (In the place where he died)
Hey wena (Hey you!)
Hey wena nawe (Hey you and you as well)
Siyofika nini la’ siyakhona (When will we arrive at our destination)

 

 



Monsieur Mandela !

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J’ai trouvé ce texte magnifique. C’est un extrait du discours de Nelson Mandela lors de son intronisation en tant que Président de la République.
J’aime et admire profondément cet homme et ce discours que je découvre et trouve sublime je voudrais vous le partager. Passer ce qu’il a passé et être capable de livrer ceci c’est incroyable. Hommage …

« Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur,

Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au delà de toute limite,

C’est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus.

Nous nous posons la question : “ Qui suis-je, moi, pour être brillant, talentueux et merveilleux ? ”

En fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être ?

Vous êtes un enfant de Dieu. Vous restreindre et vivre petit ne rends pas service au monde,

L’illumination n’est pas de vous rétrécir pour éviter d’insécuriser les autres,

Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est en nous,

Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus : elle est en chacun de nous, et au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même.

En nous libérant de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres »



Merci à Martin Luther King pour l’exemple

Une vie, Une voix, Un exemple

Un homme est passé…

Il est de ma famille. Celle que j’ai choisie, celle que je revendique, celle dans laquelle je me reconnais.  Il y a des circonstances dans lesquelles sa voix me manque, parce que cette voix est porteuse de vie, d’humanité, d’amour et de tolérance. Une voix et u message qui trouveraient toute leur place dans le monde actuel. Monde dans lequel on se crispe et se rejette sur des différences extérieures au mépris de tout ce qui pourrait nous rassembler.

Quand je l’écoute, je réalise que la beauté d’un coeur, d’une âme, d’un message, d’une vision de la société résiste au temps qui passe.

Je trouve le montage qui est fait ici pour lui rendre hommage beau. Il y a le fameux « I have a dream » et le bouleversant dernier discours qui me prend aux tripes. C’était la veille du jour où il a été assassiné.

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Miriam Makeba : un joyau de la terre d’Afrique

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J’ai envie ce soir de rendre hommage à une soeur ainée d’Afrique, la chanteuse Miriam Makeba, dont la vie, la voix, les combats et la résistance sont une source d’inspiration pour beaucoup.  

 Miriam  Makeba est née et Afrique du Sud en 1932 dans la capitale sud-africaine. Son vrai prénom est  Zenzi diminutif d’Uzenzile qui signifie,  » Tu ne dois t’en prendre qu’à toi-même » Les débuts de sa vie sont tragiques car elle a quelques jours à peine quand sa mère est emprisonnée durant six mois pour avoir fabriqué de la bière afin de subvenir aux besoins de sa famille.  La petite fille a cinq ans quand son père décède.

Miriam Makeba a quinze ans  quand en 1947 le destin de son pays bascule : les nationalistes afrikaners gagnent les élections et plongent le peuple noir dans un quotidien inommable, aux exactions et aux injustices nombreuses qui sont la manifestation quotidienne de l’abject apartheid. La liberté des hommes est captive, ils n’alieneront pas la liberté de penser et de refuser. Des hommes et des femmes paieront de leur vie pour sortir leur pays de cette anomalie de l’histoire qui durera plus de quarante ans !

Le régime est lâche. Lorsqu’à vingt-sept ans, la chanteuse quitte le pays en toute légalité pour les besoins de sa carrière, elle est bannie de son pays ! Miriam Makeba portera trente ans un exil douloureux. Trente ans durant lesquels elle sera l’une des voix qui permettra que le reste du monde n’oublie pas. Trente ans durant lesquels elle sera privée des siens, errant d’un pays à l’autre à la fois libre et traquée, des USA à la Guinée, en passant par l’Europe. Ses chants proclament des messages de paix, de tolérance et d’amour. Elle dénonce un régime, elle ne véhicule jamais la haine des hommes ou la venfeance. Miriam Makeba comme beaucoup d’Africains de l’époque de sa prime jeunesse et d’aujourd’hui porte le rêve panafricain. Elle rêve d’une Afrique unie et apaisée.

Pour son pays, elle exhorte ses frères noirs au pardon.  » Il faut nous laisser grandir. L’Afrique du Sud n’a que sept ans d’existence. Les Noirs et les Blancs doivent apprendre à se connaître, à vivre ensemble. « 

Aujourd’hui, elle est retournée vivre dans son pays, pas loin de là où elle a grandi, et aujourd’hui elle se bat pour l’insertion des jeunes filles en difficulté.

C’est une grande dame de la chanson. C’est une grande dame  tout court. C’est une africaine debout et digne, comme l’Afrique, la vraie, celle qui résistera aux clichés et aux régimes intolérables qui la souillent. Miriam Makeba, belle comme sa terre, comme ma terre, comme notre terre. Mama Africa.

Modeste hommage d’une petite soeur à vous madame Miriam Makeba, femme entre les femmes, modèle de résistance, de courage et de dignité. Nous sommes nombreux à vous admirer madame, et à vous aimer.

Dédicace : J’espère Jacqueline (Binicaise) que tu apprécieras. Je sais que tu aimes Miriam Makeba.

Jinkel E Maweni 

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Soweto Blues

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 Amampondo

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 Kilimanjaro 

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Il y a trente neuf ans le 4 avril, sur un balcon à Atlanta…

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Le 4 avril 1968, sur ce balcon à Atlanta, Martin Luther King tombait sous des balles dirigées par la haine. L’homme est mort et il continue pourtant d’être une source d’inspiration pour plusieurs. Nombreux sont ceux qui comme lui rêvent d’un monde meilleur et qui perpétuent un rêve de fraternité entre les hommes.

Quelle grande destinée que celle d’un homme qui réussit par delà la mort à inspirer de nobles sentiments à de nombreuses générations après lui.

Il fait partie de ceux qui mlk.jpg m’inspirent et je fais juste une pause, pour me souvenir et pour témoigner que par delà la mort il continue d’être une source d’inspiration.

Dans mon panthéon personnel, le pasteur Martin Luther King Junior a une place de choix.

Hommage …

 Le jour de sa mort, le Sénateur Robert Kennedy lui a rendu un hommage avec des perspectives dont nous pouvons encore aujourd’hui nous approprier les résonnances.

Discours de Robert Kennedy venant d’apprendre la mort de Martin Luther King

« Mesdames et messieurs, j’ai une triste nouvelle pour vous, mais je pense aussi pour tous nos camarades citoyens et pour les personnes qui veulent la paix dans le monde : Martin Luther King a été assassiné ce soir.

 

Martin Luther King a consacré sa vie à la cause de l’amour et de la justice entre les êtres. Il est mort en y oeuvrant.

 

En ce jour difficile, en cette heure difficile pour les Etats-Unis, il faut peut-être se demander quel genre de Nation nous sommes et quelle direction nous voulons prendre. Pour ceux d’entre vous qui sont noirs – compte tenu, à l’évidence que des blancs sont responsables – vous pouvez être empli d’amertume, de haine et de désir de vengeance. En tant que pays, nous pouvons nous diriger vers une plus grande polarisation – Noirs parmi les Noirs, et Blancs parmi les Blancs, emplis de haine les uns envers les autres.

 

Ou, nous pouvons faire un effort, comme l’a fait Martin Luther King, pour comprendre, appréhender et remplacer cette violence, cette tache d’un carnage qui a accablé notre terre, pour que la compassion et de l’amour.

 

Pour ceux d’entre vous qui sont noirs et sont tentés, face à l’injustice d’un tel acte, par la haine et la méfiance envers tous les Blancs, je peux seulement dire que je ressens dans mon propre cœur le même genre de sentiment. J’ai eu un membre de famille tué, même s’il a été tué par un homme blanc comme lui. Nous devons faire un effort aux Etats-Unis, nous devons faire un effort pour comprendre, pour faire un pari sur l’avenir, pour dépasser cette époque plutôt difficile.

 

Mon poète préféré, Eschyle, a écrit par le passé : « Même dans le sommeil, la douleur qu’on ne peut oublier, tombe goutte à goutte sur notre cœur et dans notre désespoir, contre notre gré, par la grâce terrible de Dieu, nous viens la sagesse. »

 

Aux Etats-Unis, nous n’avons pas besoin de division. Aux Etats-Unis, nous n’avons pas besoin de haine. Aux Etats-Unis, nous n’avons pas besoin de violence et d’anarchie ; nous avons besoin d’amour et de sagesse, de compassion envers notre prochain, d’un sentiment de justice envers ceux qui souffrent toujours dans notre pays, qu’ils soient blancs ou noirs.

 

Ainsi, je vous demande ce soir de rentrer chez vous, de prier pour la famille de Martin Luther King bien sûr, mais surtout pour notre propre pays, que nous aimons tous – une prière pour qu’il y ait plus de cette compréhension et de cette compassion, dont je parlais tout à l’heure.

 

         Dans ce pays, nous pouvons faire le bien. Nous aurons des périodes difficiles ; nous avons eu des périodes difficiles dans le passé ; et nous aurons des périodes difficiles à l’avenir. Ce n’est pas la fin de la violence ; ce n’est pas la fin de l’anarchie ; et ce n’est pas la fin du désordre.

 

         Mais la grande majorité des Blancs et des Noirs dans ce pays veulent vivre ensemble, veulent améliorer la qualité de notre vie, et veulent que la justice soit faite pour tous les êtres humains qui demeurent sur notre terre.

 

         Consacrons-nous à ce que les Grecs ont écrit il y a tant d’années : il faut apprivoiser la sauvagerie de l’homme et rendre la vie plus douce.

 

         Consacrons-nous-y, et prions pour notre pays et pour notre peuple. Merci beaucoup. »

 

Robert Kennedy, 4 avril 1968, Indianapolis, Indiana, traduit par Maguy Day.

Trouvé sur le site  http://fecrmetz.canalblog.com/



Combattre pour la dignité de l’humain : le combat permanent de Nelson Mandela

Privilège d’anniversaire, je voudrais honorer ceux que j’admire et dont la vie m’inspire. Au mois de février ce cri d’admiration a jailli de mon coeur pour cet homme qui avec MLK est dans mon panthéon personnel à un place de choix. C’est un modèle d’une vie réussie, d’une vie qui qui aura su déjouer les pièges de la colère, un modèle pour moi. Je remonte le post pour le plaisir de mettre en lumière un homme qui en vaut la peine, celui que son peuple appelle affectueusement Madiba.

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« Unanimement cité comme la personnalité la plus admirée au monde , l’ex-leader de la lutte anti-apartheid s’implique aujourd’hui dans la lutte contre le sida. »

 J’ai lu cette phrase dans un article d’un journal gratuit de la semaine dernière. Et j’ai en envie de parler de Lui, cet homme qui m’impressionne. 

Pour ceux qui me connaissent où qui fréquentent cet espace depuis quelques temps savent que j’ai pour Nelson Mandela une admiration sans bornes et un profond respect. Il fait partie de ces hommes (j’utilise le mot homme dans son acception générique) qui m’inspirent et me donnent envie de me dépasser et d’espérer encore en une humanité plus belle. Que dire de cet homme qui a pris à bras le corps de combat pour la dignité de l’homme en Afrique du Sud. Il n’y a pas si longtemps, en Afrique du Sud, le fait d’être de race noire interdisait l’accès à la citoyenneté dans son expression la plus simple. Des hommes comme Steve Bantu Biko, Nelson Mandela et bien d’autre qui ont laissé pour certains leurs vies et pour d’autres leur liberté se sont battus et ont refusé de plier face à un régime intolérable. Nelson Mandela a offert à ce combat 27 années de sa vie qui ont fait de lui en son temps le plus vieux prisonnier du monde. Je me souviens du temps ou Johnny Clegg et Savuka nous offraient un « Asimbonanga » qui nous remuait et nous rappelait la longue absence de Nelson Rolihaha Mandela

Je me souviens qu’alors, je ne pensais pas le voir vivant, même si j’espérais vivre la fin de l’Apartheid. J’ai déjà raconté dans un autre billet mon émotion quand le 11 février 1990, le héros, le symbole de la résistance de tout un continent, celui qui en refusant de plier ou de négocier a sapé le fondations d’un régime abject. Qui se souvient qu’en ce temps pas si lointain des résistants à ce régime  se « suicidaient » de multiples balles dans le dos ? Ainsi est mort Steven Biko. Cet homme dont les résultats de l’autopsie sont une insulte à l’intelligence. Le régime confiant sur de la pérennité de ses fondations se moquait de livrer des résultats d’autopsie grossiers. Je me souviens qu’à l’époque quand on était camerounais la République Sud Africaine était l’un des deux pays dans lesquels on n’avait pas le droit de se rendre. Je me souviens que la prise de conscience de l’existence de ce régime m’est venue à la lecture du contenu de mon premier passeport. L’Apartheid avait fait de la république sud africaine une tâche honteuse, une souillure sur le continent africain et sur les consciences du monde. 

Johnny Clegg ! Je le revois virevoltant sur les plateaux de télévision. On l’appelait à l’époque le Zoulou blanc. Il demeure à mes yeux un visage qui montrait que la partition de l’Afrique du Sud cachait des femmes et des hommes blancs qui résistaient de l’intérieur à la négation de la citoyenneté voire de l’humanité à ceux qui étaient de race différente. Il y a eu des hommes comme Donald Woods ami de Steve Biko. Il y a eu bien des blancs qui ont dû s’exiler loin de l’Afrique du Sud parce qu’ils n’acceptaient pas de profiter des privilèges réservés aux blancs que leur offraient le régime tandis que des déclassés de fait perdaient la vie, l’espoir et des membres de leurs familles dans les ghettos de Soweto et d’ailleurs. 

Johnny Clegg était pour moi et pour d’autres sûrement l’antidote au manichéisme racial dans lequel il est facile de tomber en réponse à l’abjection d’un régime raciste. Merci à ces hommes et femmes qui ont offert ces visages de la résistance blanche à l’Apartheid nous permettant de ne pas rejeter les hommes en retour. 

Faisons un voyage dans un passé pas si lointain pour nous remémorer ce qu’était l’Apartheid. 

Qu’était en fait ce régime ? 

L’apartheid (mot afrikaans ou néerlandais emprunté du français, signifiant « le fait de tenir à part » ) est une politique de ségrégation raciale mise en place à partir de 1948 en Afrique du Sud par le Parti national afrikaner, et abolie le 30 juin 1991

La doctrine de l’apartheid s’articule autour de la division politique, économique et géographique du territoire sud-africain et de la population sud-africaine répartis en quatre groupes ethniques distincts (Blancs, métis, Bantou, Indiens) et la primauté de la communauté blanche. 

Par extension, le terme peut également désigner toute politique de ségrégation. 

La politique d’apartheid est l’aboutissement du nationalisme afrikaner débuté dès la fin du XVIIème siècle, magnifié par le Grand Trek et la guerre des Boers. Il s’agit pour les Afrikaners d’asseoir définitivement le contrôle de leur communauté sur l’ensemble de l’Afrique du Sud. 

Minorité raciale, les Afrikaners sont cependant la communauté blanche la plus importante du pays. La politique d’apartheid a été pensée d’abord via le seul prisme des intérêts de leur communauté avant d’y englober les seules autres communautés blanches du pays. 

Les principales lois d’apartheid 

  • Loi sur l’interdiction des mariages mixtes (1949

  • Loi d’immoralité (1950) pénalisant les relations sexuelles entre blanc et non blanc. 

  • Loi de classification de la population (1950), distinguant les individus selon leur race. 

  • Loi d’habitation séparée (le fameux Group Areas Act du 27 avril 1950), répartissant racialement les zones urbaines d’habitation. 

  • Loi sur les laissez-passer (‘Pass Laws Act’) de 1952 faisant obligation aux Noirs ayant plus de 16 ans d’avoir sur eux un laissez-passer en l’occurrence un document ressemblant à un passeport qui stipulait s’ils avaient une autorisation du gouvernement pour être dans certains quartiers. 

  • Loi sur les commodités publiques distinctes (1953), ségrégant les toilettes, fontaines et tous les aménagements publics. 

  • Retrait du droit de grève aux travailleurs noirs, interdiction de la résistance passive (1953). 

  • Loi de relocalisation des indigènes (Native resettlement Act de 1954) : permet de déplacer les populations noires vivant en zones déclarées blanches. 

  • Loi sur le travail et les mines (1956), formalisant la discrimination raciale dans le monde du travail. 

  • Loi sur la promotion de gouvernements noirs autonomes (1958), créant les bantoustans sous administration des non blancs. 

  • Loi de citoyenneté des noirs des homelands (1971), retirant la citoyenneté sud-africaine aux noirs issus de communautés ethniques relevant de bantoustans déjà créés. 

  • Décret sur l’Afrikaans (1974), obligeant toutes les écoles, même noires, à dispenser en afrikaans tous les enseignements de maths, de sciences sociales, d’Histoire et de géographie du niveau secondaire. 

  • Loi sur l’interdiction aux Noirs l’accès à la formation professionnelle (date) 

(La définition de l’Apartheid et les principales lois générées par ce régime sont tirés de http://fr.wikipedia.org/wiki/Apartheid site à visiter pour plus d’informations) 

Est-il besoin de redire que ce régime était immonde ? En revisitant ces lois je suis consternée et en même temps je me dis que même un régime démocratiquement élu peut engendrer des choses innommables. En regardant quelques unes de ces lois intolérantes et intolérables je ne peux que m’incliner respectueusement devant ceux qui ont renversé ce régime par la résistance intérieure et extérieure. Merci à la grande Miriam Mabeka qui a porté dignement et douloureusement par un exil forcé la résistance à l’indigne apartheid. Merci aux visages connus et inconnus de la résistance. Merci à ceux qui n’ont cessé de permettre à la voix des opprimés d traverser les barbelés derrière lesquels étaient retenues les espérances d’enfants noirs des ghettos de Soweto. Merci à Desmond Tutu et aux autres et merci à mon héros, Nelson Mandela dont le sourire malicieux et les yeux rieurs me rappellent que la vie triomphe de la mort, la liberté de la prison, l’espoir des désespérances. Madiba, héros contemporain, visage de la dignité de la grandeur et de l’humilité, visage d’un combattant des temps modernes. 

Mandela, en sortant de 27 ans de captivité fait un discours qui est la répétition de son dernier discours lors du procès de Rivonia « J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. J’ai rêvé d’une société libre et démocratique, où tous le monde vivrait en harmonie avec des chances égales. C’est un idéal pour lequel je veux vivre et que je veux réaliser. Mais s’il le faut, c’est aussi un idéal pour lequel je suis prêt à mourir ».

Mandela reprend ses derniers mots d’homme libre pour se les réapproprier en homme de nouveau libre. Les vingt-sept années n’ont pas flétri l’idéal qui l’a conduit à renoncer à la liberté. La reprise de ce discours, cette réappropriation de ses propres mots après avoir subi les pires privations et des traitements odieux du régime de Prétoria n’est pas anecdotique. Dans une population sud africaine noire assoiffée légitimement de vengeance Monsieur Mandela rappelle que la lutte qui l’a conduit en prison est contre la domination blanche et aussi contre la domination noire. 27 ans de vie volée plus tard, Nelson Mandela , celui dont la porte de prison portait le numéro 46664 est prêt à donner sa vie pour qu’aucune race ne domine sur l’autre. Bravo à lui ! 

TY_7.gif image by maddyspace

Nelson Mandela, en accord avec ses principes et dans un respect scrupuleux de sa parole n’a été président que le temps d’un mandat et il est retourné à la vie civile laissant dans son sillage un respect qui ne passe pas. Aujourd’hui, âgé de 89 ans, le combattant pour la dignité de l’homme n’a pas désarmé. Il a pris à bras le corps un autre combat. Combat contre un mal qui a infecté environ 22% de la population de son pays par le HIV. Dans un monde et plus particulièrement sur un continent sur lequel le tabou du sida est encore très prégnant, il a brisé la loi du silence en 2002 en confiant que trois membres de sa famille étaient séropositifs. Il y a deux ans, ce mal terrible a emporté l’aîné de ses fils. Ecoutez les mots du combattant qui prend le pas sur le père éprouvé et déclare le lendemain de la mort de son fils « il faut rendre ce virus public et ne pas le cacher, parce que la seule façon de le considérer comme une maladie normale, comme la tuberculose ou le cancer est d’en parler et de dire que quelqu’un est mort à cause du sida. Et les gens arrêteront e le voir comme quelque chose d’extraordinaire ». Mandela sublime sa douleur pour embrasser celles de toutes les autres familles marquées par la maladie. Il publicise sa douleur intime pour briser le joug de la honte et participer à rendre au malade, à ‘humain la dignité que lui nie la maladie et le regard que l’on porte sur celle-ci. R.E.S.P.E.C.T.  ! 

Aujourd’hui le combat pour la dignité de l’homme que porte Nelson Mandela est celui de la dignité des malades du sida et de leur accès aux soins. Il a épousé ce combat avec une telle conviction qu’au travers de la fondation qui porte son nom, il récolte des fonds de par le monde pour mener à bien ce combat. La conviction de l’homme, l’importance de ce combat, la place qu’il lui donne est telle que Nelson Mandela a donné à sa campagne de sensibilisation sur le sida le numéro de sa cellule de prison, le n° 46664 En revisitant sa vie et ses combats, même de manière sommaire je me dis que mon cœur ne s’est pas trompé en tombant en admiration devant cet homme. Mes respects à cet homme dont le sourire plein de vie est à lui seul un message d’espoir pour ceux qui sont encore retenus ça et là dans des chaînes de servitude physique et/ou mentale. 

Nelson Mandela un héros de notre siècle… 

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