le 17 janvier 1961, Patrick Emery Lumumba était assassiné 18 janvier
Patrice Emery Lumumba élu Premier ministre en 1960, il a été destitué quatre mois après.
Le 17 janvier 1961, il est assassiné sauvagement au Katanga à la suite d’un complot mêlant la puissance coloniale belge, la « CIA » et les services
secrets français. Panafricaniste, il croyait en une indépendance totale des pays ayant nouvellement accédé à l’indépendance. Cela aura été son crime. Rompre avec le colonialisme était son leitmotiv et son discours inattendu et féroce envers le colonialisme aura probablement signé son arrêt de mort.
« Congolais et Congolaises,
Combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux,
A vous tous, mes amis qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez « ineffaçablement » gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la libertés.
Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang.
C’est une lutte qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage, qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire.
Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres.
Qui oubliera qu’à un noir on disait « Tu », non certes comme à un ami, mais parce que le « Vous » honorable était réservé aux seuls blancs ? Nous avons connu nos terres spoliées au nom de textes prétendument légaux, qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort, nous avons connu que la loi n’était jamais la même, selon qu’il s’agissait d’un blanc ou d’un noir, accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine Pour les autres.
Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou, croyances religieuses : exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort même. Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillotes croulantes pour les noirs : qu’un noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens, qu’un noir voyageait à même la coque des péniches au pied du blanc dans sa cabine de luxe.
Qui oubliera, enfin, les fusillades où périrent tant de nos frères, ou les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient pas se soumettre à un régime d’injustice ? Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert, mais tout cela aussi, nous, que le vote de vos représentants élus a agréés pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre coeur de l’oppression colonialiste, nous vous le disons, tout cela est désormais fini.
La République du Congo a été proclamée et notre cher pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants (…). »














J‘ai écouté ce soir une chanson qui m’a touchée et comme souvent a fait naître en moi des émotions et des réflexions. Les hélices sous mon crâne comme à leur habitude prennent leur indépendance et m’entrainent vers des réflexions non anticipées (oh l’excuse nulle hi hi !). Il n’est pas question ici de m’étendre avec une érudition factice sur la musique, les notes ou les accords mon seuil de compétence technique en matière de musique mange les pissenlits par la racine. Et c’est peu de le dire. C’est une chanson de Charles Ewanje qui me touche parce qu’elle fait oeuvre de salut public. Comment ça oeuvre de salut public ? Me serais-je en douce mise à fumer de la moquette ? Que nenni les amis ! Je ne fume ni moquette ni rideaux.
A la confluence des cultures, il est des choses qui font que d’Afrique, d’occident ou d’ailleurs, des choses nous sont communes. L’une d’elle est l’importance immense que l’on donne aux derniers mots d’une personne qui meurt. Cette importance est magnifiée, amplifiée par la conscience de sa probable mort prochaine que l’on prête à celui qui est mort. En cela ses mots deviennent testament et une lettre privée devient patrimoine commun à ceux qui sont dans le cours de l’histoire. La dernière lettre connue de Patrice Lumumba à son épouse Pauline vaut la lecture parce que l’homme privé se confond avec le combattant, invite son épouse dans cet absolu pour lequel il va donner sa vie. Cet absolu pour lequel on va lui prendre la vie avec violence, l’assassiner. Patrice Lumumba est de ces hommes dont le passage et la mémoire sont des lueurs sur bien des parcours de vie et, dans mon panthéon personnel il a une de ces places que choix qui attise mes panafricanismes et mes passions d’Afrique.
semaine dernière, par je ne sais quel hasard, j’ai redécouvert une chanson qui a bercé quelques moments de mon enfance. C’est impressionnant comment un son, une musique, une odeur peuvent nous transporter dans des lieux lointains ( dans le temps ou dans l’espace). Ca me rappelle un chant d’Alexander O’Neal que j’aimais beaucoup et qui nous invitait à faire un voyage avec lui sur les sentiers de la mémoire.
