le 17 janvier 1961, Patrick Emery Lumumba était assassiné

Patrice Emery Lumumba élu Premier ministre en 1960, il a été  destitué quatre mois après. 

Le 17 janvier 1961, il est assassiné sauvagement au Katanga à la suite d’un complot mêlant la puissance coloniale belge, la « CIA » et les services

secrets français. Panafricaniste, il croyait en une indépendance totale des pays ayant nouvellement accédé à l’indépendance. Cela aura été son crime. Rompre avec le colonialisme était son leitmotiv et son discours inattendu et féroce envers le colonialisme aura probablement signé son arrêt de mort.

 

« Congolais et Congolaises,

 

Combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux,

 

A vous tous, mes amis qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez « ineffaçablement » gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la libertés.

 

Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang.

 

C’est une lutte qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage, qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire.

 

Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres.

 

Qui oubliera qu’à un noir on disait « Tu », non certes comme à un ami, mais parce que le « Vous » honorable était réservé aux seuls blancs ? Nous avons connu nos terres spoliées au nom de textes prétendument légaux, qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort, nous avons connu que la loi n’était jamais la même, selon qu’il s’agissait d’un blanc ou d’un noir, accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine Pour les autres.

 

Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou, croyances religieuses : exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort même. Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillotes croulantes pour les noirs : qu’un noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens, qu’un noir voyageait à même la coque des péniches au pied du blanc dans sa cabine de luxe.

 

Qui oubliera, enfin, les fusillades où périrent tant de nos frères, ou les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient pas se soumettre à un régime d’injustice ? Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert, mais tout cela aussi, nous, que le vote de vos représentants élus a agréés pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre coeur de l’oppression colonialiste, nous vous le disons, tout cela est désormais fini.

 

La République du Congo a été proclamée et notre cher pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants (…). »

 

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Martin Luther King song by Harry Belafonte

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As I wondered round the world so lost and angry,
He called me home and reached out for my hand,
He spoke with words that sounded more like music,
The words my heart could finally understand.

He showed me pride and said I could feel better,
But no better than the smallest of the small,
He showed me victories where no one loses,
He showed me the answer for us all.

And the song I sing,
I sing for you, sweet Martin Luther King,
And the song I sing,
I sing for you, sweet Martin Luther King,

And as we walked the people gathered round him,
Open arms the only weapons that they bore,
He wore us into cloth of many colors,
And armed with love he marched us off to war.

And the song I sing,
I sing for you, sweet Martin Luther King,
And the song I sing,
I sing for you, sweet Martin Luther King.

The more he spoke of love the more they feared him,
The more he spoke the truth their lies would grow,
Then suddenly with no good-byes we lost him,
My sweet black prince of peace,
I miss you so

They cut his dreams down thinking they would not flower,
But he planted seeds everywhere he’d gone
So that someday in an endless field of colors,
A million dreams would bloom to carry on.

And the song I sing.
I sing for you, sweet Martin Luther King,
And the song I sing,
I sing for You, sweet Martin Luther King,

And the song I sing,
I sing for you, sweet Martin Luther King,
And the song I sing,
I sing for you, my sweet prince of peace,
My sweet prince of peace.



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« L’arme la plus puissante entre les mains

de l’oppresseur c’est l’esprit de l’opprimé »

Bantu Steven BIKO

(1946-1977)



Mon panthéon personnel : des visages, des voix, des vies qui m’inspirent

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Ce sont des visages, des voix, et des messages qui m’inspirent, me défient, me remettent en question et me donnent envie de me lever pour avancer dans ma vie  et participer à faire avancer les choses.

Ils me sont une saine contagion, magnifique une émulation, parfois une intimidation tant leurs vies sont nobles. Ils sont de précieux carburants quand l’espérance en l’humain ou les circonstances pourraient me conduire à baisser les bras.

Certaines de ces personnes ont versé leur sang pour nous ouvrir la voie vers la liberté. Merci à eux.Au nom de leur sacrifice nous devrions avoir la quête de la liberté et de la dignité de l’homme exigeante.

Le film qui suit se veut un hommage certes imparfait, mais sincère. Il se veut un rappel pour que ces visages ne soient pas oubliés au milieu des clameurs des « héros » éphémères et auto-proclamés de notre temps. Il s’en lève chaque jour des demi-dieux en carton pâte qui habillent par la communication et les apparences un vide de sens.

J’admire les esprits brillants et engagés qui par leurs écrits, participent à structurer ma façon de penser le monde.Puissent ces vies être des vents sous les voiles de nos luttes pour accéder à la liberté, à la démocratie et à la dignité dans nos pays.

Tant d’afro descendants ont livré leur sang pour libérer leur peuple sur la terre d’Afrique ou sur d’autres continents.

L’état des lieux de la situation des fils d’Afrique fussent ils de la diaspora ou de la terre mère n’est pas à la hauteur du sacrifice de leurs vies. Ils ont payé ce prix ultime pour que nous ne soyons plus comptés parmi les damnés de la terre.

Qui se lèvera pour prendre la suite de la course ? Notre génération et celle de nos enfants peut choisir secouer les jougs qui la gardent dans la résignation ou dans une admiration passive pour décider de devenir actrice de son histoire. Ils y a tant  de terres de liberté, de dignité, de démocracitie, d’égalité à conquérir ou à reprendre.

Nous avons une responsabilité vis à vis de la génération qui nous a précédés et vis à vis de celle qui nous suit. Tel était le message de Frantz Fanon.
Respect et gratitude à vous mes héros.

Avec passion pour la terre de mon coeur.

Amandla !

Je vous laisse découvrir la vidéo que j’ai faite pour rendre hommage à ces femmes et hommes et pour les remercier d’avoir croisé ma vie, nos vies.

 

 

 

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Oh oh oh oh Mandela Day !

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 Le 11 février 1990.

 

20 ans déjà.

 

Je n’oublierai jamais

 

La force de ce jour.

 

Il nous était enfin rendu.

 

Il était magnifique,

 

Tout en lui respirait

 

Une grande sérénité.

 

J’espérais avec force

 

Qu’il ne trahirait pas

 

La force de nos espoirs

 

Et il ne l’a pas fait

 

Merci à notre héros.

 

Merci Madiba.

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« Invictus » de William Ernest Henley

 

Ce poème est magnifique. Il me touche d’autant plus qu’il est semble t-il le poème préféré de Nelson Mandela. L’on peut, à la lecture des mots qui le composent, mesurer la force de la poésie.
Invictus ne veut pas dire invincible, mais invaincu.
Mandela est pour moi un bel exemple d’un homme invaincu, d’un homme à l’âme indomptable.
A l’idée que ces mots l’ont accompagné dans les années terribles qu’il a dû traverser ils semblent se dilater et m’inviter à y puiser quelque encouragement pour ma vie, pour ma terre.

« Depuis l’obscurité qui m’envahit,
Noire comme le royaume de l’enfer,
Je remercie les dieux quels qu’ils soient
Pour mon âme indomptable.

Dans l’étreinte féroce des circonstances,
Je n’ai ni bronché ni pleuré
Sous les coups de l’adversité.
Mon esprit est ensanglanté mais inflexible.

Au-delà de ce monde de colère et de larmes,
Ne se profile que l’horreur de la nuit.
Et pourtant face à la grande menace
Je me trouve et je reste sans peur.

Peu importe combien le voyage sera dur,
Et combien la liste des châtiments sera lourde,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme. »

 

20150_295898101469_682081469_3996053_3685884_n dans Nelson Mandela

 

« Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbow’d.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul. »



Retrouver l’âme de notre terre pour bâtir ensemble : une réflexion autour de Tet’ekombo hommage à Rudolph Douala Manga Bell

photo2.jpgJ‘ai écouté ce soir une chanson qui m’a touchée et comme souvent a fait naître en moi des émotions et des réflexions. Les hélices sous mon crâne comme à leur habitude prennent leur indépendance et m’entrainent vers des réflexions non anticipées (oh l’excuse nulle hi hi !). Il n’est pas question ici de m’étendre avec une érudition factice sur la musique, les notes ou les accords mon seuil de compétence technique en matière de musique mange les pissenlits par la racine. Et c’est peu de le dire. C’est une chanson de Charles Ewanje qui me touche parce qu’elle fait oeuvre de salut public. Comment ça oeuvre de salut public ? Me serais-je en douce mise à fumer de la moquette ? Que nenni les amis ! Je ne fume ni moquette ni rideaux.
Pour moi, on fait œuvre de salut public quand on travaille à ne pas se laisser perdre la mémoire. Quand on ramène à la vie des figures du passé que l’histoire officielle enterre opportunément ou non.
Il y a quelques semaines j’ai lu un article qui disait que la majorité des jeunes camerounais en général, et même les Sawa ne savaient pas qui était Rudolph Douala Manga Bell ! Caramba y carambista ! J’en aurais perdu mon dentier si j’en avais eu un. En une génération à peine des figures essentielles de l’histoire du 20ème siècle sont progressivement gommées de la mémoire collective. Pour être remplacées par qui ? Par quoi ? Par quels héros, quelles référents positifs pour se bâtir ? Bien qu’ayant subi la dictature de Zembla, Tarzan etc, nous avions au moins été enseignés sur Douala Manga Bell, sur Martin Paul Samba, sur la résistance au colon allemand même si d’autres étaient opportunément passés sous silence. Et voici que la jeunesse de mon pays n’a pas eu vent de leur rôle dans l’histoire du Cameroun ! Et nombre de ces jeunes vous situeraient peut être Napoléon et Bismarck sans hésiter. Je crie au viol ! Viol de la mémoire rapt de l’identité collective. Quand on mentionne Martin Paul Samba des billes remplacent les yeux de notre fringante jeunesse en se disant « na who that ? »

Rudolph Douala Manga Bell : une figure essentielle de l’histoire de ma terre. Un homme dont l’âme peut des inspirer générations. Un de ces hommes qui a dit non à un pouvoir colonial injuste, insultant et sans vergogne. Rudolph Douala Manga Bell comme Martin Paul Samba martyrs du Cameroun sont des noms que la mémoire collective ne doit pas laisser se perdre pour rappeler que l’âme de notre terre c’est la liberté. « Va debout et jaloux de ta liberté ! »
Mais où va un peuple qui avance sans racines ? Et comment peut on ne pas prendre conscience que la mémoire commune, les figures héroïques communes participent à la construction de l’âme d’une nation ? Hééééééééééé ! Entendez vous le crépitement des bibliothèques qui brûlent ? On va arrêter ! A l’ère d’internet et de la communication, il est possible d’œuvrer au travail de mémoire pour les générations. Attendre passivement le biberon de la connaissance de notre histoire, compter sur les autres pour la transmettre à nos fils est un leurre. En revanche, si les uns et les autres nous faisons fourmis pour aller chercher ça et la un morceau de la mémoire collective pour participer à la construction, la reconstruction, la réappropriation d’un socle commun qui participerait à bâtir cet « être ensemble » qui fait l’âme d’une nation par delà les clivages ethniques et sociaux. Clivages soit dit en passant largement instrumentalisés par ceux qui ont intérêt à l’oubli voire à la négation du rôle des figures historiques de nos nations africaines. Clivages qui font le lit de guerres sanglantes et qui font le tour des médias internationaux liant l’Afrique à la barbarie. Hum… Jusqu’à quand notre histoire sera t-elle prise en otage, truquée ou tronquée pour éviter que se relève l’âme de nos nations ?

J’ai vu récemment sur une page sur Internet des visages de Camerounais qui ont compté dont je ne connaissais pas le contour des traits. Pour l’anecdote je connaissais le nom de Mbappe Leppe légende du football camerounais mais pas son visage et voici que je découvre un visage qui m’émeut et un sourire à me redonner 15 ans et trois mois mais là n’est pas le propos (hihi). Merci à celui qui m’a permis de mettre des visages sur bien des figures immenses du Cameroun il se reconnaitra ( heu bro j’ai piqué la photo sur ta page oh la voleuse !). Aller à la rencontre de son histoire, s’enraciner permet de pousser haut et fort. Certains vont encore m’accuser « d’Etiennadiction » (addiction assumée soit dit en passant) mais je conseille l’écoute de « Miso ma Munami » les yeux de mon fils qui disent l’importance de transmettre le socle historique et culturel à nos enfants et les étoiles qui se lèvent dans leurs yeux sont des semences pour voir pousser haut et fort et oser aller à la rencontre d’eux mêmes.

C’est pour toutes ces raisons que je suis reconnaissante à Charles Ewanje qui a pris sa guitare, ses mots, sa sensibilité pour dire la mémoire d’un homme que nous ne devrions pas nous donner le droit d’oublier. Il fait partie de ce socle commun qui nous rappelle que notre âme s’appelle liberté et nous appelle à être debout à l’intérieur et à résister à ce qui viole ce que nous sommes.
La vidéo sur You Tube raconte de manière sommaire la vie de Rudolph Douala Manga Bell et c’est déjà un début, une semence pour les générations qui ne savent pas qui il était.

Et voici que de mon coeur, du fond de mes entrailles, jaillit une ritournelle , un chant, une mélopée qui met en émoi. Le Cameroun au coeur, celui que je chéris  jaillit de mes entrailles  par des mots qui s’écoulent me ramenant à et l’appelant à moi :

Mon Cameroun ma terre,
Cameroun mon pays,
Cameroun terre de mes pères
Cameroun mon amour
Cameroun de ma joie
Cameroun de mes larmes
Cameroun de mes prières
Cameroun de mon chant
Cameroun mon espérance
Cameroun ma douleur
Cameroun ô sublime
Vibration de mon cœur,
« Va debout et jaloux de ta liberté ! »

Ce Cameroun qui m’est cher la sève de mes racines. Cette terre qui m’est chère et que j’emporte en moi qui souvent me conduit de la joie à la rage, des larmes à l’espérance. Et le rêve qui m’habite c’est qu’un jour ensemble nous bâtissions ce « nous » que mérite notre terre. Que ses filles et ses fils connectés à ce qu’ils sont soient enfin les acteurs de sa destinée.

Merci à Charles Ewanje pour rappeler combien le souffle qui animait cet homme nous manque !

Merci à Douala Manga Bell d’avoir donné sa vie par ce qu’il était libre.

Tet’ekombo di meya oa
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La dernière lettre de Patrice Lumumba

lumumba.jpgA la confluence des cultures, il est des choses qui font que d’Afrique, d’occident ou d’ailleurs, des choses nous sont communes. L’une d’elle est l’importance immense que l’on donne aux derniers mots d’une personne qui meurt. Cette importance est magnifiée, amplifiée par la conscience de sa probable mort prochaine que l’on prête à celui qui est mort. En cela ses mots deviennent testament et une lettre privée devient patrimoine commun à ceux qui sont dans le cours de l’histoire. La dernière lettre connue de Patrice Lumumba à son épouse Pauline vaut la lecture parce que l’homme privé se confond avec le combattant, invite son épouse dans cet absolu pour lequel il va donner sa vie. Cet absolu pour lequel on va lui prendre la vie avec violence, l’assassiner. Patrice Lumumba est de ces hommes dont le passage et la mémoire sont des lueurs sur bien des parcours de vie et, dans mon panthéon personnel il a une de ces places que choix qui attise mes panafricanismes et mes passions d’Afrique.

 

Comme il est utile de puiser aux sources de ces vies des inspirations pour aller de l’avant et construire. Parce que les mots de Patrice Lumumba revêtent à postériori une dimension testamentaire leur force et leur résonance est d’autant plus grande et l’on se surprend à admirer celui qui a érigé en valeur absolue l’indépendance, la dignité et la liberté de son pays au point de les faire primer sur sa vie. Hommage respectueux à la mémoire et à la vie de celui qui demeure pour moi un exemple, un modèle, une inspiration. Il est une Afrique autre que celle véhiculée par des satrapes qui ont dans un intérêt commun avec ceux de leurs complices à donner de notre terre une image de continent désespéré, dépendant par essence et mendiant pour survivre. De la terre d’Afrique une voix a résonné en son temps pour dire :

« Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. »

Merci Patrice Lumumba pour l’exemple.

Bonne lecture à tous, inspirons et laissons-nous inspirer par ces vies et ces voix qui nous rappellent que notre futur ne se dessine pas dans une échine constamment courbée. Des vies qui nous rappellent que les fatalismes de nos désespérances peuvent laisser la place à des têtes levées qui embrassent à nouveau des rêves et des destinées d’Afrique. Il est une autre Afrique à bâtir, à réinventer, à redécouvrir, à rencontrer à réveiller. Une Afrique mise en sommeil par une histoire à assumer et à dépasser. Nkosi Sikeleli Afrika. Que Dieu bénisse l’Afrique

___________________________________

Ma compagne chérie,

 

Je t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations-Unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu.

 

Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai je dire d’autre ?

 

Que mort, vivant, libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte. C’est le Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance en une cage d’où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur.

 

Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte que le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres.

 

A mes enfants que je laisse et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau.

 

Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. Ne me pleure pas, ma compagne. Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté.

 

Vive le Congo ! Vive l’Afrique !

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Patrice Lumumba



Merci à Miriam Makeba

Je viens d’apprendre avec consternation la mort de Miriam Makeba, notre Mama Africa. Miriam Makeba, une vie, une voix, une conscience. Elle est décédée dans la nuit de dimanche à lundi à l’âge de 76 ans des suites d’un arrêt cardiaque.  Le coeur qui semblait embrasser les battements de coeur de l’Afrique ne bat plus.  Notre Mama Afrika est morte après un concert donné en Italie pour oeuvrer à une prise de conscience face aux dangers de la Mafia et pour apporter son soutien à Roberto Saviano menacé de mort par la pieuvre napolitaine. Morte au combat. Son coeur a battu une fois encore au rythme d’une cause qui lui semblait essentielle. Il a embrassé la cause ce ceux qui sont persécutés par la Cosa Nostra. Il a battu en osmose avec un écrivain menacé de mort par la mafia pour l’avoir dénoncée. Un battement de coeur qui savait embrasser des causes plus grandes que ses intérêts individuels. Un pulsation universelle qui s’est offerte une dernière fois à l’autre avant que le coeur s’arrête. Les battements de l’immense coeur de Miriam Makeba qui lui vaudront l’exil. Les battements heureux quand Mandela est sorti de prison, quand il devenu président. Les battements d’un coeur qui savait exhorter à la patience une population noire avide de changement dans son Afrique du Sud. Les battements de coeur pour la condition des jeunes filles de son pays. Le battement de coeur que Mama Africa avait uni à celui de la terre mère, à celui d’un pays ployant sous l’iniquité de l’Apartheid, ce battement de coeur qui s’offrait à cette nouvelle génération d’africains porteurs des lendemains d’Afrique. Un coeur de mère, un coeur qui se donne. Le coeur de Miriam Makeba a cessé de battre dans la nuit de dimanche à lundi. Miriam Makeba, par sa vie, a montré le visage d’une combattante. Miriam Makeba une voix, une conscience, le refus de plier de sa taire, de subir, de ne pas agir quand elle en avait le pouvoir. Elle était l’un des visage de la résistance à la ségrégation raciale dans son pays l’Afrique du Sud.

Celle dont la vie a participé à montrer un de ces visages de la dignité, de la grandeur, de l’incorruptibilité qui me rendent fière.  Au travers de ses chansons elle elle parlait de sa chère Afrique qui se mourait à cause de guerres fratricises, de l’égoisme des hommes, de ces intolérances qui  la laissent exsangue. Par ses chansons elle travaillait à l’éveil des consciences, rappelant notamment à la jeunesse l’histoire de l’Afrique. Miriam était une de ces femmes debout à l’intérieur qui a réisté à l’apartheid. Elle aura payé son engagement par 21 d’exil loin de sa terre, loin des siens. Qui saura jamais le coût pour elle ? Elle aura eu le bonheur de voir tomber les chaînes de la servitude et de voir s’effondrer l’immonde apartheid.  Alors qu’elle rejoint l’éternité elle emporte avec elle le respect de bien des personnes pour la femme qu’elle a été et l’admiration pour la chanteuse. La voix de Miriam Makeba s’est éteinte mais heureusement pour nous il reste des disques, des vidéo, et sur l’écran noir de nos mémoires d’elle éclateront encore longtemps son talent, sa voix et sa grâce. Ces derniers sont dans un mouvement sur lequel la mort n’aura pas de prise. Miriam Makeba demeure pour moi un modèle de femme, un modèle de force, une femme en majuscule. Un peu de la femme que j’espère un jour être. Un peu de la femme que j’espère être déjà en germe.Une femme forte et qui a les yeux ouverts sur son époque, une femme généreuse, une passeuse d’espérance. Elle a sa place dans mon panthéon personnel.

Pour lui rendre hommage je fais remonter un billet écrit il y a deux ans déjà

R.I.P Mama Africa.  Celle qui était notre Malaïka.

 

Lamiriammakeba.jpg semaine dernière, par je ne sais quel hasard, j’ai redécouvert une chanson qui a bercé  quelques moments de mon enfance. C’est impressionnant comment un son, une musique, une odeur peuvent nous transporter dans des lieux lointains ( dans le temps ou dans l’espace). Ca me rappelle un chant d’Alexander O’Neal que j’aimais beaucoup et qui nous invitait à faire un voyage avec lui sur les sentiers de la mémoire.

La voix de Myriam MAKEBA a eu cet effet pour moi, elle m’a ramené les images d’une véranda à des lieux d’ici. Des parfums, des odeurs, des bonheurs et des rires de l’enfance. Myriam Makeba, quelle artiste et quelle femme ! Elle a été pour beaucoup et pendant longtemps l’une des images du refus de plier sous un régime immonde. Myriam Makeba, image d’une Afrique debout qui refuse de céder et qui sait qu’au delà du désespoir, il y a une espérance, et un avenir pour elle et pour ceux de son peuple. Elle est l’image d’une Afrique qui sait que son intégrité n’est pas négociable et ne prend pas des miettes de liberté à la place de LA liberté. Elle est l’image d’une Afrique qui résiste et en paye le prix. Pour cette dame le prix douloureux a été celui de l’exil, pire encore du bannissement. Qui saura jamais le coût intime pour cette dame ? Pour beaucoup elle a été « Malaïka »  pour l’Afrique du Sud, pour l’Afrique entière, un ange qui permettait que le rideau ne tombe pas sur l’abomination qu’a été l’Apartheid.  Merci à elle, merci à Madiba (Nelson Mandela), à Steven Biko, et à tant d’autres qui n’ont pas laissé la peur des exactions ou celle de la mort annihiler le combat pour la dignité et pour la liberté. Grâce à eux et à bien d’autre il y a comme un chant d’espérace pour cette Afrique là.

Pour revenir au chant « Malaïka », vous avez la possibilité de profiter de ce joyau de la culture musicale da la belle, la profonde, l’éternelle Afrique.

http://mwanasimba.online.fr/F_songs_malaika.htm 

Vous y trouverez aussi la traduction du chant. Pour info, Malaïka signifie mon ange.

Merci à Myriam Makeba, princesse africaine qui a fait connaître ce chant Swahili. Au fait, il y a de nombreux joyaux dans son repertoire : à découvrir… Régalez vos oreilles et sens.

PS  un portrait de Myriam Makeba en cliquant sur ce lien :

 http://www.africultures.com/index.asp?menu=affiche_artiste&no=1123



Rosa Parks : quelle étincelle !

 

 

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Il est des personnes qui sont source d’inspiration et qui laissent comme un rayon de lumière sur leur passage bien après que leurs yeux se soient refermés. Rosa Parks est de ces femmes merci à elle. Merci à elle d’avoir refusé de céder la place une fois encore, une fois de plus, une fois de trop à toute la vision raciste du Sud des Etats-Unis qui voulait qu’une femme n’ait pas le droit de s’asseoir dans un bus alors qu’il y a des places vacantes sous prétexte qu’elle avait une couleur de peau qui la plaçait dans la vision abjecte d’alors dans les damnés de la terre, les déclassés de l’humanité, les humains par accident. Merci à sister Rosa Parks d’avoir refusé de quitter son siège en se mettant dans une situation d’illégalité. Dans un Dixie américain à la barbarie notoire elle a résisté à une législation illégitime par un ras-le-bol courageux. Merci à elle d’avoir été l’étincelle qui a allumé un feu qui a fait plier la bêtise.

Oh non que les racistes aient vu la lumière, il ne faut pas rêver ! Il se trouve que même eux sont sensibles aux lois de l’économie, de leurs intérêts et de leurs ventres. En effet, le boycott des bus aura mis en lumière le fait que les « niggers » comme on les appelait élégamment payaient les bus et que leur participation à la bonne marche de l’économie était importante. Nigger peut être mais le dollar dans sa main reste vert. Le boycott fait mal à l’économie locale. Aïe ! Après 381 jours de boycott total et pacifique qui ont eu pour effet de paralyser la ville et son économie sous l’impulsion d’un jeune pasteur de 26 ans (qui sera une voix majeure des Etats Unis et du reste du monde) la cour suprême des Etats-Unis pliera et le 13 novembre 1956 interdira la ségrégation dans les bus.

Une femme refuse de se lever et une population, courroucée par son arrestation et l’amende qui lui est infligée, se lève conduite par Martin Luther King et fait plier sans violence les instances judiciaires d’une nation. Respects.

 

Rosa Parks paiera cher son courage et, des menaces de mort pesant sur sa vie, elle devra quitter la vie qu’elle avait construite et son univers familier pendant plus de quarante ans pour déménager à Detroit dans le Michigan. Il faut croire que la bêtise a le cou raide n’est-ce pas ?

 

J’aime beaucoup l’hommage que lui ont rendu les Neville Brothers dans cette chanson superbe que vous pouvez regarder sur You Tube.

 

http://www.youtube.com/watch?v=w6hUbjFdubw

 

 

 

WRHRP.gif picture by maddyspace

 

 



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