Douleur chante Elissa : je me régale !

Bon comment présenter cette chanson et son chanteur sans faire dans la redondance ?

Cette chanson et l’album dont elle est tirée sont arrivés à moi dans un temps où la musique a été une bouée de sauvetage au coeur d’une perte absolue, irréparable et jamais réparée. La musique permet de salutaires autismes en ce qu’elle enferme dans une bulle au coeur de laquelle la violence de la vie ne peut entrer. La musique a la vertu de laisser hors du temps et de l’espace émotionnel cet extérieur vers lequel on finira par aller. Mais l’espace d’une chanson, de cinq minutes à peine, le reste du monde n’est plus. Il y aune communion avec le son, la voix, le sens, et avec l’intime de soi qui laissent dehors ce qui pour une saison ou pour plus longtemps fait mal. Parfois elle vient raconter une histoire qui ressemble à nos douleurs et l’universalise permettant de sortir du centrage egotique du soi pour entrer dans un tout plus rassurant ou moins dangereux pour l’équilibre. Il y avait en particulier une chanson en hommage à Bebey Black, mort brutalement sur la pente ascendante du succès et de la reconnaissance. Jeunesse pleine de promesses fauchée au détour de l’accident inattendu. Résonnances…

J’aime Douleur parce que c’est un artiste en tout ce que cela comporte de sensibilité, d’inventivité, de dérision, et de subjectif. C’est un artiste qui sait transporter son héritage africain dans les sons importés d’ailleurs avec les quels il les marie sans se perdre. Il a l’âme et la voix du griot et une modernité qui traverse les âges. Si je dis que j’aime Douleur (alias Doualla Alexandre) vous me croirez ?Sourire

La chanson qui suit est la complainte d’un homme qui voit arriver la fin de son couple, détruit par les silences, les incompréhensions, les bouderies et surtout le manque de communication. J’aime sa complainte. J’aime quand sa voix imite les larmes. J’aime qu’il ose dire qu’il pleure et que le départ de sa belle le conduira en terre de larmes.

Douleur artiste Camerounais, artiste africain et universel, à découvrir à l’infini.

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Etienne Mbappe chante Cameroun o Mulema et mon coeur vibre

Pensées

Prières

Inquiétudes

Espoirs

Amour

Plus que jamais le Cameroun au coeur en ces temps troublés.

Remember my people !

 

Ma première vidéo avec ses limites évidentes et son côté rudimentaire mais j’avais envie de célébrer ma terre.

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Traduction des paroles du Chant

Du Nord au Sud, d’Est en Ouest

Au fond de mon coeur réside ce pays

Ai-je vu endroit aussi enjoué

« mon chez moi » dans mon coeur tout le temps

Tant de contrées visitées, tant de villes traversées

Au fond de mon coeur vit ce pays

Ai-je connu sourire plus radieux , accueil plus chaleureux

« mon chez moi » dans mon coeur tout le temps

Me reviennent alors les souvenirs

De ces instants merveilleux

De ces moments heureux et parfois moins joyeux

Me reviennent encore les souvenirs

De ces jeux d’enfants

Où chahuts, cris et larmes

Faisaient si bon ménage

Mes plus affectueuses pensées se dirigent

Vers ma grande famille

Et mes nombreux amis

Que jamais je n’oublierai

Le Cameroun au fond de mon coeur

Partout et tout le temps

Le Cameroun au fond de mon coeur

Partout et si souvent.

 

Le Cameroun au fond de mon coeur

Partout et tout le temps

Le Cameroun au fond de mon coeur

Partout et si souvent.

A tout jamais

Le Cameroun au fond de mon coeur

Jamais je n’oublierai

La terre de mes ancêtres

(A/C Etienne MBAPPE) 



Toto Guillaume chante Dibena

Quel bonheur de découvrir une vidéo de Toto Guillaume alias Toguy, chanteur et musicien qui a accompagné mon enfance et mes très jeunes années. Oui très jeunes dis-je car j’ai la jeunesse entêtée et résistante. Cool . J’imagine quelques forbans commencer à deviner mon âge en partant de mes goûts musicaux. Pfttt ! Aimer Coltrane et Bethoveen ne fait pas de moi un être sentant la naphtaline diantre ! Rire

Bref revenons à nos chameaux (je décrète ce jour, jour de repos du mouton) Toguy a accompagné des jolis moments de ma prime jeunesse. Je dois avouer que j’ai connu les « boum » « ô temps suspens ton vol« . Musicien, chanteur et aussi producteur il savait donner à ses productions une touche particulière qui les mettait dans le haut du panier du point de vue de la qualité. Il est celui qui a produit le fameux « Beneground » du chanteur Douleur. Rien à jeter dans l’album. Je me souviens d’une chanson infiniment touchante en hommage à sa mère Emene Marie, la complainte d’un fils dont la mère s’est échappée en déraison (pitié j’ai encore besoin de ma mère chantait il alors). Une chanson absolument bouleversante.

Il y a bien longtemps que Toguy a quitté la lumière volontairement ou non mais il y a quelque chose de son talent, de sa maîtrise qui manquent. Peut-être ne reviendra t-il plus jamais au devant de la scène mais une symphonie de « mercis » s’échappent de ma mémoire en souvenir des temps de fêtes que sa musique a accompagnés, et qui ont déposé dans l’écrin de ma mémoire des moments merveilleux. Je me souviens d’une fête d’anniversaire chez M.C. mon amie d’enfance et de toujours qui est passée de la catégorie des amis à celle de la famille de coeur, la famille de toujours, et le refrain de Dibena nous offrait des chorégraphies implicites :

« keka wombo le na mombwa nga o tondi mba ! ».

Merci Toguy.

 

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Manu Dibango : Africa – Feat Douleur

Manu Dibango musicien et chanteur d’origine Camerounaise (« chauvinnons » par la peine de vous dresser sur vos ergots de puristes de la langue française, c’est un néologisme volontaire et de surcroît assumé) que l’on ne présente nous livre une ode à l’Afrique qui est à la fois hommage et complainte.

La voix de Douleur (chanteur dans la meilleure tradition des griots et pleinement enraciné dans la modernité) lui répond en écho livrant une complainte et des cris d’Afrique qui me touchent au plus intime de moi.

Il rencontre en effet par sa mélopée des clameurs nichées au fond de moi que je ne sais pousser. Il hurle ce que mes entrailles n’arrivent pas à laisser sortir. Il est des cris qui sont enfouis dans une mémoire générationnelle que l’on ne peut retrouver et entendre que si l’on se donne le temps pour les laisser arriver jusqu’à nous.

Alors de façon opportune je me pose sur les notes de musique et sur les voix que j’entends. Ces voix qui se greffent à des mémoires d’Afrique et je me laisse porter, criant par eux, appelant avec eux et par eux la terre mère à une prise de conscience salutaire pour que les destinées de l’Afrique changent pour le meilleur. Pour que ses propres fils n’en soient pas les fossoyeurs, pour que les blessures de la mémoire ne nous aveuglent pas sur les responsabilités du présent. Pour que l’état des lieux des drames du présent ne devienne pas extincteur d’espérance pour l’avenir.

Le cri de du chanteur Douleur est un appel à une prise de conscience, un appel au rassemblement des fils et filles de l’Afrique pour ne pas laisser la terre mère plus longtemps à l’agonie.

Il est des cris et des sons de cette terre que l’on ne peut entendre que si on l’écoute, et si on la respecte.

Terre d’espérance, terre de rêves avortés. Terre de contradictions qui peuvent laisser pantois. Terre de mille richesses qui enfante la misère. Terre de douleurs abyssales et de joies paroxystiques. Terre dont le potentiel naturel ne saurait engendrer à l’infini, l’état des lieux présent.

Ma terre d’Afrique n’est pas dans l’instant mais avance en veillant à maintenir le trait d’union entre le passé, le présent et le futur.

Ma terre d’Afrique connaît la force et l’importance des racines sans être pour autant, comme certains le prétendent incapable de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.

La mémoire de ma terre se transmet par les mots, elle est dans le témoin que se passent les relayeurs de la mémoire : les griots, aïeux et chantres qui racontent les mémoires, les histoires, le vécu que l’on perdrait sans doute en dépouillant l’oral de sa fonction vitale.

L’Afrique que j’ai en moi sait réconcilier et concilier l’écrit et l’oral, la gravité et les rires, la vie et la mort, les danses et les larmes.

Le passé et le présent se rencontrent dans le respect de ceux qui nous ont devancés et viennent trouver nos rêves qui nous portent vers l’avant.

C’est un continent qui a survécu au pire, Mama Africa ne mourra pas.

Il est une Afrique qui ne se rencontre que si l’on vient à elle dans une démarche de respect.

Il est une Afrique que l’on ne trouve jamais si l’on se présente à elle pétri de certitudes.

Il est une Afrique que l’on ne peut trouver qu’en ôtant ses oeillères et en sortant des clichés.

Il est une Afrique que l’on ne peut trouver que le jour où l’on se tait pour l’écouter parler.

L’Afrique qui a survécu aux pires des prédations, sans laisser les pillards faire mourir son chant, cette Afrique magnifique là ne périra jamais.

Du fond de mon espoir s’élève un cri et une prière pour cette terre qui est mienne, cette terre qui est nôtre. Mama Africa. Tant qu’elle aura des fils, tant qu’elle aura des filles qui n’oublieront pas de qui ils sont issus elle n’aura d’autre issue que d’être un jour debout.

L’Afrique que j’ai au coeur est un un écrin de velours qui enveloppe le coeur de chacun de ses enfants. C’est une terre que l’on quitter pour s’installer loin d’elle mais qui a cette force incroyable et sublime de ne jamais quitter, aucun de ses enfants.

Manu Dibango : Africa

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Jaylou Ava : Mot’a benama. Et moi je dis môssieu !!!!!!

Merci à Jay Lou Ava d’offrir des moments tels que celui ci. Pour quelle raisons sens-je monter en moi d’immenses fiertés ? Serais-je un tantinet chauvine ?  Le tribunal tranchera. En attendant l’homme est doué et Camerounais ou pas quand le talent est là on s’incline.  Et si les soucis de dos que j’ai venaient d’un excès de courbettes ? Hum hum la question du jour est lachée. 2008 années des questions nulles ? Au secours.

« Mot’a benama » ça veut dire l’être humain. En écoutant cette mélodie je me demande si ce n’est pas une reprise de Francis Bebey…

Je vous laisse savourer ce moment de bonheur pour les écoutilles. 

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C’était Tom Yom’s

 

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Photo trouvée sur le site : http://culturalles.unblog.fr/

Sur la pointe des pieds Tom Yom’s s’est absenté de le scène des vivants le matin du 25 décembre laissant en apparence le dernier mot, la dernière note à une funeste leucémie. Mais la voix, le souvenir, la trace qu’il laisse dans le patrimoine musical du Cameroun, son sourire et son enthousiasme, malgré sa mort prématurée sont un pied de nez à la mort. Il n’est plus, il demeure dans nos mémoire et sa voix accompagnera longtemps ceux qui l’ont apprécié. J’entends sa voix dans ma mémoire, j’entends « pona pona » dans mes souvenirs, les odeurs, l’atmosphère d’un appartement dans le 20è me reviennent. Agréables insouciances d’antan. Tom Yom’s est indissociable de ces souvenirs. « Na nongi mutoa timba sawa… »

Hommage…

En duo avec Charlotte Mbango :

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Fleur des antilles (avec de nombreux artistes du Cameroun)

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Pour en savoir plus :

http://culturalles.unblog.fr/2007/12/25/tom-yoms-is-died/

 

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Douleur (Douala Alexandre) chante « Wake Up Africa »

 » Je cherche à construire de solides fondations avant d’aller plus loin. Le sommet est très fragile et si je tombe j’aimerais être fort dans ma douleur. »

Alexandre Douala alias Douleur

Douleur a fait ses débuts en 1983 avec un album éponyme. En dehors des sept lettres inscrites en blanc sur une pochette noire, personne ne sait vraiment qui est Douleur. Personne n’a vraiment vu son visage. Sur toutes les pochettes de ses albums, il apparaît plus ou moins masqué. C’est la naissance d’un mystère générant des fantasmes les plus insolites. Et ce d’autant plus que l’homme est très discret et porte nuit et jour des lunettes noires. A star is born. Le chanteur s’entoure ainsi d’un halo de mystère et chaque album est un concept par lequel il livre des bouts de lui sans dévoiler son visage. Je dois vous avouer que je n’étais pas du tout sensible à son univers. Je devais être en mode snob n’écoutant pas ce genre de musique d’autant que ceux que je savais l’apprécier ne partageaient pas les valeurs « Bordeaux Chesnel » Rire. Je ne comprenais pas ses périphrases et expressions et n’essayais même pas. Et puis il y a eu la rencontre avec un album « Beneground » produit par Maurice Thaye et réalise de manière superbe par Douleur et Valery Lobe. sur lequel il y a le fameux « travailleur immigré » est un chef d’oeuvre à mes yeux, ou plutôt à mes oreilles (hi hi). Un album que pendant un an je n’ai pas écouté puis, un jour dans mon walkman… Alors j’ai eu envie de revenir en arrière et découvrir ce que j’avais négligé. Ca valait la peine et c’est ainsi que j’ai découvert le Wake up Africa dont j’ai fait un montage video pour vous le faire découvrir. Sur cet album il n y a pas un morceau qui soit la répétition rythmique de l’autre. Rien à jeter camarades ! La chanson Musango (qui veut dire « paix ») est à tomber par terre tant elle met en lumière des mécanismes relationnels dans lesquels il n’est pas difficile de se retrouver quand on a vécu par chez nous. Il y a dans cet album un hommage à Bebey Black (chanteur mort dans un accident de voiture à un âge où la vie commence à peine) et qui a eu dans ma vie des résonnances immenses. A une époque le cri et les envolées lyriques de sa complainte rencontrait les silences de mes peines pour les crier à ma place. J’entends encore dans ma mémoire le cri « a dikom lasu di meya oa di meya oa we nde we, a dikom lasu di meya oa na te na bwindea » C’est la force de l’art et de l’artiste d’universaliser le particulier. Je trouve que dans la génération à laquelle il appartient il est le plus créatif et le plus complet des chanteurs que j’apprécie au Cameroun et même au delà des frontières de ma terre. Il sait se saisir des sonorités de divers pays et se les approprier, y déposant la beauté de ma langue maternelle. C’est un artiste unique en son genre chez nous il peut passer aisément du Makossa, au Mangambeu en passant par l’Assiko ou l‘Essewe. Il s’approprie aussi les rythmes High Life Ouest Africain. De plus sa particularité réside dans le fait de se laisser porter par l’histoire qu’il raconte et par la musique au point qu’il quitte l’écrit de ses textes pour embrasser des improvisations qui le rapprocheraient du griot. Il en a en effet l’âme tout en étant pleinement inséré dans la modernité. Cette capacité à surfer sur les divers rythmes sans les dénaturer est manifeste dans son album le plus récent (qui a cinq ans déjà pfttttttttttttt ! Douleur paresseux !!!!) intitulé « C’est magique » Douleur (Douala Alexandre) chante dans lequel il a à mon sens retrouvé la grâce de l’époque « beneground » (si vous êtes gentils je vous en ferai découvrir quelques morceaux un de ces jours). Sur ce dernier opus, il laisse apparaître son visage aux trois-quarts comme on peut le voir sur la mini pochette ci-dessus. Le mystère se lève progressivement sur son visage, mais la vérité de l’homme reste sienne et à ceux qui appartiennent à sa sphère intime. J’ai eu l’occasion de le rencontrer il y a des années, j’ai apprécié sa discrétion et son humilité apparentes.

Douleur serait-il de la race des seigneurs ? Il semble que oui ! C’est en tout cas mon avis et je le partageClin doeil.

Je vous laisse découvrir « Wake up Africa » de Douleur. Ce chant est un cri poussé par le chanteur qui est un cri d’Afrique. L’album date du temps où Madiba était en prison. Le « free nelson Mandela » était un cri qui retentissait sur les cinq continents. Douleur chante les douleurs (c’est le cas de le dire d’un Continent blessé, blessé par la tragédie Ethiopienne, par l’Apartheid etc.Son chant est à la fois cri, prière, chant de ralliement par lequel il appelle les peuples de la terre à répondre au cri de l’Afrique et il invite l’Afrique à se réveiller. Serez-vous surpris que j’y sois sensible ? Alors laissez-moi vous souhaiter la bienvenue sur le blog car vous êtes forcément nouveau Rire!

Pour en savoir plus sur ce chanteur de grande classe : http://www.adouleur.com/

Amitiés à tous et j’espère que vous apprécierez.

http://www.dailymotion.com/video/5qAQzY7QbuS0lqkGf



Kaissa : Alea so

Je suis dans ma période « roots » et ça me fait du bien d’entendre le chant de ma terre.   Quand on vit loin de chez soi, les sonorités de la musique, de la langue, des rythmes parlent un peu de soi. Plus je me tiens loin de ma terre plus elle s’enracine en moi sans pour autant exclure les autres. Plus des mots et des sons auxquels je n’aurais pas nécessairement fait attention auparavant viennent raconter des pans de ma mémoire générationnelle. Viva Africa, viva Cameroun, peuple de mon coeur, sève de mes racines et de ma mémoire. Je vous laisse découvrir la talentueuse et énergique Kaissa.Alea so !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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Dina Bell chante Elissa et offre un son digne dans un flot d’indignité

Il y a quelques années des jeunes gens ont organisé au Cameroun le braquage d’une banque. Ce fait divers a pris une dimension quasi sismique parce que les hold up ne faisaient pas partie de la “culture criminelle” du Cameroun et parce que les jeunes gens qui y étaient impliqués étaient des fils de familles respectables et respectées. L’un des protagonistes de ce fait divers, pendant qu’il était incarcéré, son épouse et par ailleurs mère de ses enfants a quitté cette vie, laissant des enfants sans maman et un papa certainement désemparé en prison. La population faisant assaut de compréhension et de miséricorde comme souvent dans ces cas là y allait de ses commentaires désobligeants, multipliant des hypothèses sur les causes du décès de cette dame et jetant l’opprobre, un de plus sur sa mémoire. Avez-vous remarqué combien la langue est plus rapide que le coeur quand il s’agit de la peine des autres ? Avez-vous remarqué combien sont nombreux les censeurs qui se parent d’une dignité virtuelle pour tuer par la langue des vies et des réputations. Il n’ y a décidément rien de nouveau sous le soleil, le coeur de l’homme est tortueux par dessus tout. Les commérages étaient enclenchés et la compassion était de fait en berne. Comment pouvait-elle être morte de cette maladie considérée comme honteuse alors que son mari n’était pas là ? Nombreux étaient ceux qui s’étaient mis sur la fréquence “madame Oleson” privant ceux qui perdaient cette jeune femme du simple respect à défaut de compassion face à leur séisme intime. Comme souvent la douleur intime et dévastatrice des uns n’est pour d’autres qu’un fait divers et un prétexte à s’ériger en donneurs de leçons universels. Dans les maisons, dans les bars, dans les lieux de socialisation la mort prématurée d’une jeune femme se faisait sujet de conversation dérisoire. Mais il y avait derrière le fait divers une femme jeune, certainement éprouvée par l’incarcération de son mari et par la honte qui souvent s’attache à de telles circonstances. Il y avait une jeune femme que l’on avait pointée du doigt comme la femme du truand pendant des années et qui peut être vivait sous des doigts réels ou nés de ses douleurs à vivre la honte, l’absence et sûrement d’autres choses. Qui le saura jamais ?  Il y avait deux petites filles désormais orphelines, il y avait un époux et père loin des siens lors du drame probablement rongé par la peine et la culpabilité. Et les langue miséricordieuses libéraient du venin !

Au milieu d’un flot d’indignité, une musique entrainante et la voix de Dina Bell ont su rendre hommage à cette dame morte trop tôt avec dignité et pudeur, replaçant ce qui était pour beaucoup un fait divers dans sa dimension humaine, intime et dramatique. C’est un chant qui me touche pour ces raisons parce que l’air de rien c’est un chant qui a eu pour moi des vertus pédagogiques. En 1992 je l’ai écouté en boucle. Le chanteur dit à celle qui part de se souvenir de ses filles et de son époux. Il parle de la consternation et de la douleur de celui qui derrière les murs qui l’isolent du monde apprend qu’il est veuf et ses filles orphelines. Il rend à mes yeux leur humanité à des humains que l’on avait enfermé dans des présupposés déshumanisants et il rend un hommage à l’absente et des années après son départ sa mémoire est chantée ainsi que sa famille. Merci à Dina Bell pour la délicatesse de son chant. Cette complainte rythmée ne peut que toucher au coeur ceux qui en comprennent le sens et qui ont connu la peine et vu leur peine commuée en fait divers.

« E ta pe nde pula son’a mbembe

I wu Duala na ngusa bekwadi…. »

http://www.dailymotion.com/video/FMHIQ3AkV6UQXpFML



Monsieur Vicky Edimo bassiste. Ok je suis fan et j’assume !

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Il y a des voix, ils y a des mélodies, des atmosphères, des émotions qui font du bien à la mémoire. La voix, la musique, les mélodies, la couleur et les saveurs de celui que j’appelle Vicky Edimo en font partie. Je suis tombée dans sa musique alors que j’étais adolescente. « Je vous parle d’un temps que les moins de … ne peuvent pas connaître ». Je vous parle d’un temps où le clonage musical n’était pas de mise. C’était le temps où j’écoutais Toguy (mais où es-tu Toto Guillaume chanteur et producteur de génie), Dina Bell (Miel à mes oreilles), Ben Decca (Deïdo en avant), Eboa Lottin (Laisse tomber ça c’est la Master Class), Ekambi Brillant (Mot’a muegna), Francis Bebey (poète de son temps), Jean Dikotto Mandengue et tant d’autres. Il y avait hors de mes limites ethnocentrées Tala André Marie reconnaissable à la première note de musique, Anne Marie Nzie (grande dame de la chanson) Sam Fan Thomas dont le « sitcha » nous a fait danser à user nos souliers du côté du Timmys. Le clônage venu de l’identification au zaïko n’avait pas frappé la musique du Littoral du Cameroun. Mais où êtes vous ???? Je ne veux pas faire ma vieille mais quand même comme dirait une mamie qui se respecte la musique n’est plus ce qu’elle était. Voui ! voui !!! J’assume mes rides et mes nostalgies. 50 cent et Eminem ne passeront pas par moi. Ne me parlez pas non plus de Petit Pays ! (rires).

Je me souviens des chansons de Vicky Edimo qui est celui qui m’a donné mes premiers frissons à l’écoute de la guitare Basse qu’il faisait résonner. C’était avant Richard Bona, c’était avant Etienne Mbappe, c’était même avant Marcus Miller. C’est grâce à Vicky Edimo que je suis tombée incurablement amoureuse de la basse. C’est frustrant pour moi de voir qu’il n’est pas connu à la mesure de son talent. Mais je ne suis pas attachée de presse, je me contente d’apprécier et de le dire. J’entends dans ma mémoire sa voix rendre un hommage à sa mère qui fait écho à mes tendresses pour ma maman. La chanson que j’ai choisie n’est pas la plus emblématique de son talent de bassiste mais c’est elle qui me fait le plus voyager parce qu’il alliait avec brio la langue duala et le français les fondant dans une même émotion, dans une même nostalgie d’une une histoire d’amour enfuie et dont les pointillés s’effacent. Et puis c’était le temps des premières boums et des premiers slows (hihi). Caramba le temps passe ! Cachez moi ce cheveu blanc que je ne saurais voir !

Monsieur Vicky Edimo allie les sons Makossa (la musique de mon chez moi à mouahhhhhhhh) à la musique funk pour le bonheur des métissés culturels tels que moi. Si la basse est l’instrument de prédilection de ce musicien Vicky Edimo est multi instrumentiste. Je dois avouer que j’ai un reproche à lui faire (oui monsieur Edimo) la rareté avec laquelle il vient à la rencontre de ceux qui l’admirent. On va arrêter de faire le fantome monsieur Edimo (jeu de mots accessible à ceux qui comprennent le duala). Je vous encourage à écouter la chanson « Ongwanemo » elle est à tomber par terre. Comment la découvrir ? Vous voulez que je vous trouve l’adresse du disquaire le plus proche, non mais !!! (hi hi). Je l’écoute au moment où j’écris. Je m’accroche à ma chaise pour ne pas tomber. C’est la classe tant dans la ligne mélodique que dans les arrangements. Mister Edimo respect !

Le dernier album de Vicky Edimo s’intitule « Jambo Afrika » et il est à découvrir absolument !!!

En passant le Jambo Afrika est à découvrir je danse sur ma chaise. Ca devient grave cette histoire, si les chaises parlaient elle en aurait de belles à raconter. Les racines ont sur moi un effet à nulle autre pareil, « jambo, jambo ! ». Allez, on fonce sur le My Space de Vicky Edimo, on met le son à fond, « jambo, jambo ! ». Du cheveu à la plante du pied on danse les amis. On pousse les meubles et on y va. Rire

http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=124439420

Ecoutez le « nongo ponda » la mélodie est magnifique et les paroles me touchent. Et il y a en prime monsieur Manu Dibango.

Sur « skeletons » et « matanga » si quelqu’un doute que c’est un bassiste. Je vous laisse juges…Langue

Bref tout ceci pour dire que j’aime Vicky Edimo (qui l’eût cru à la lecture de ce qui précède n’est-ce pas ?Clin doeil), et que je suis fière qu’il soit l’un des talents de ma terre natale.

Pour acheter le dernier album de Vicky Edimo Jambo Afrika : http://www.nocturne.fr/produit.cfm?id_produit=7034&liste=vicky%20ed;0;0;0;0

Pour le plaisir du partage j’ai commis cette petite video pour vous faire découvrir un de ses standards repris en leur temps par Henry Dikongue et Tom Yoms notamment.

Onguele veut dire souviens-toi. Je me souviens…

Je vous invite à écouter Onguele avec un montage video que j’ai réalisé avec mes moyens rudimentaires et balbutiants.Clin doeil

http://www.dailymotion.com/video/4E8ySiqaucJXHoFZX

 

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