J’ai vu s’ouvrir un de ces entre-deux magiques qui suspendent le temps et élargissent l’espace : impressions subjectives sur le show case d’Etienne Mbappe au Comedy Club (troisième partie)

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Il y a aussi eu la concrétisation de mon rendez-vous avec la chanson que j’attends sur scène depuis le printemps : Bonendale. A chacun ses addictions. L’attente en valait la peine. Caramba y carambistouille mes pieds ne touchaient plus terre. Etre obligée de rester assise à ce moment là relève de la torture. Il a introduit ma chanson vitamine par un «  mini mini mini mini ya mini mini » qui a eu la vertu d’ouvrir un boulevard dans les mémoires de ceux qui ont eu ce chant comme compagnon de leurs jeux d’enfants du côté de ma terre natale. Ce chant qu’il nous fait reprendre en chœur est une belle escale avant d’arriver à Bonendale. Ce chant qui arrive comme une suite à nos jeux d’enfants raconte l’enfance du chanteur. Ingénieux n’est-ce pas ?  Et en plus la chanson était pour moi et pour moi toute seule. Tous les autres spectateurs n’étaient que des figurants de mon enchantement de l’instant. Comme vous pouvez le constater, l’option centre du monde prise à la naissance ne s’est pas arrangée. CoolVous vous imaginez vivre un tel moment coincé sur une banquette ? Je mérite une médaille pour y avoir survécu. Vivre Bonendale assise sur une banquette est aussi incongru que d’essayer de boire de l’eau en se servant d’une fourchette !

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Le groupe Su la take qui accompagne Etienne Mbappe est constitué de Cate Petit, ravissante chanteuse aux visage expressif et aux contorsions corporelles qui font d’elle par adoption une fille du Cameroun. Cédric guitariste virtuose dont nom m’échappe de même que celui de Nicolas le batteur qui de temps en temps se mue en Shiva pour jouer comme s’il lui poussait de partout des bras invisibles. Il nous a offert un solo surprenant de maîtrise. Bravo à lui. Et il y a le violoniste dont je n’ai saisi ni le nom ni le prénom, mais dont je sais qu’il a des yeux magnifiques. Heu… J’ai aussi remarqué la beauté du son de son violon. Il en joue avec grâce. Par petites touches, il apporte du brillant à la musique de l’ensemble. Souvent Etienne à l’écoute du son de son violon lui jette un regard qui en dit long sur la beauté qui se dégage de l’instrument. Le groupe Su la Take est un bien beau groupe et une évidente complicité unit le chanteur et son groupe. Des regards et sourires approbateurs, de discrets hochements de tête, des moment de duo comme avec le guitariste (magique) la complicité avec Cate et le mariage subtil de leurs voix sur l’émouvant «  o mwititi  »

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Oh la voix de la chanteuse sur ce chant, l’émotion dans son regard dans ce chant qui parle de la solitude et des douleurs de l’abandon. Sur ce chant Etienne Mbappe se fait choriste et laisse briller la voix de Cate Petit qui par moments offre de superbes graves. Joli moment.

Je ne saurai raconter ce concert de manière chronologique parce que les lois naturelles étaient pour moi en pause et je ne peux que livrer les impressions durant ce concert, les émotions offertes par les chants. J’ai aimé qu’il reprenne un classique d’Eboa Lottin auquel la proclamation sur son «  bolo bwa Sawa  » à la fin du concert est un bel écho. Résonance qui nous dit que le témoin est passé entre deux artistes, entre deux génération.

J’ai dans la mémoire des moments comme l’intro formidable sur le chant «  Ee to kem  », ou la prestation de Cate Petit sur l’incontournable «  San san boy  ». Et il y a eu «  Alane  » madeleine de Proust pérenne qui sans cesse dépose comme du cristal au bords de mes cils. Alane, chant dans lequel le «  je  » du chanteur n’est pas étouffant. C’est un «  je  » inclusif et invitant qui permet une catharsis à celui qui le chante à son tour, pour peu qu’il connaisse les solitudes et les déconstructions propre aux déracinés. J’ai aimé la prière pour l’Afrique dans son chant Mukambilan. Un chant qui me touche comme une évidence. Décidément la soirée aura été d’une grande richesse. Malgré de petits soucis de sono et le fait de devoir apprendre la danse en position assise, j’ai passé une soirée magnifique. J’ai bien essayé de réclamer dix chansons de plus à la fin mais je n’ai pas été écoutée. Pfttt ! Quand j’ai vu monter sur scène un monsieur qui marquait par sa présence la fin imminente du concert, je me suis rendu compte qu’il était pratiquement une heure et demi du matin. Etienne Mbappe et Su la take m’avaient ouvert une brèche, cet entre deux qui fait que l’espace et le temps se dissolvent pour laisser place à la grâce d’un instant unique et par conséquent irremplaçable.«  La musique pour moi a toujours été, et demeurera le plus sûr endroit pour me réfugier, et plus encore lorsqu’elle est habillée de mots conteurs d’histoire. Et vous ?  » demande Etienne Mbappe sur la jaquette de son premier album.

Nous aussi Etienne. Et en nombre croissant. Nous aussi nous aimons nous réfugier dans la musique quand elle s’habille de mots conteurs d’histoire. Merci de n’avoir pas dérogé à cette ligne directrice d’un album sur l’autre et de l’avoir plutôt enrichie. Et cette musique et les mots qui l’habillent font que les auditeurs, pour peu qu’ils se donnent la peine d’entendre ont envie de rester. Ils restent parce ce qu’ils savent que les mots d’Etienne sont ceux de leurs âmes et sa basse est aussi le rythme de leurs cœurs, l’expression de ce qu’ils ressentent et ne savent pas dire. La musique d’Etienne s’habille complaintes sur l’état des lieux de la planète, de l’Afrique. Elle porte ses affirmations, ses proclamations sur la terre mère, notre Afrique qui donnent envie de lever le poing comme en leur temps les combattants pour les droits civiques. Ca m’est arrivé hier lors du concert, comme une évidence et comme une suprise. Etienne Mbappe est un artiste passeur de sens. Il est un artiste en ce qu’il a quelque chose à dire et l’art est au service de ce qu’il porte en lui. C’est parce les mots d’Etienne Mbappe ne sont pas des logorrhées insensées, mais des mots qui mis bout à bout sont conteurs d’histoire. Les mots et la musique d’Etienne nous parlent parce qu’ils parlent de nous depuis nos espaces de refuge micro identitaires à des espaces plus larges de l’expression de nos êtres. Des mots qui ont un sens et qui se posent sur de la musique

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La soirée a été riche en belles surprises parmi lesquelles la rencontre avec Noël Ekwabi bassiste d’origine camerounaise que j’avais entendu se déchaîner au printemps sur un concert de Jay Lou Ava. Lui aussi a une basse pyromane. Le Cameroun a donné à la musique des bassistes d’une classe folle. J’ai apprécié la simplicité et l’enthousiasme avec lequel il répondait à la musique d’Etienne Mbappe. J’aime croiser l’humilité dans les gens que je rencontre.

Il faisait un peu froid sur le trottoir en attendant d’entrer dans le Comedy Club mais ce qui devait suivre valait bien quelques grelottements sur un trottoir parisien. Je savais qu’à l’intérieur je n’allais pas tarder à me réchauffer. Je savais qu’il y avait du feu dans la basse de monsieur Etienne Mbappe. En sortant du Comedy Club, faisait-il froid sur le trottoir parisien ? Je l’ignore, j’emportais avec moi des réchauffements intérieurs comme je les aime et des étoiles dans les yeux. Si vous croisez de surprenants brillants dans mes yeux, je ne suis pas «  stone  » si ce n’est de musique, si ce n’est de la magie d’une soirée de toute beauté. Si vous croisez de surprenants brillants dans mes yeux, ne me réveillez pas.

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Pour conclure, figurez vous que j’ai pu assister à cette soirée pour avoir eu l’immense privilège d’être invitée par l’artiste soi même ! «  Les jaloux vont …  » Assia.

 



J’ai vu s’ouvrir un de ces entre-deux magique qui suspendent le temps et élargissent l’espace : impressions subjectives sur le show case d’Etienne Mbappe au Comedy Club (deuxième partie)

 

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L’art est vivant, il est vie, il est invitation. Celui qui vient à son contact et qui le désire peut y entrer. Il peut se laisser toucher, si l’expression artistique qui s’offre à lui trouve en lui quelque écho. Cet entre deux dans lequel nous invitent les véritables artistes est un lieu unique, un lieu qui défie les lois naturelles. Quand on est face à un artiste qui a quelque chose à dire, qui n’est pas dans une égotique mise en scène des surinflations du soi, alors on a l’impression que le temps et l’espace se font complices pour laisser affleurer un entre deux, un entre ciel et terre, lieu dans lequel les lois naturelles cèdent la place à la grâce de l’instant. Le temps semble suspendre son vol, l’on oublie que l’on porte une montre à son poignet. Happé, pris en otage par un artiste au talent éblouissant, il ne nous vient pas l’idée de regarder notre montre. On est ailleurs, oui on est dans l’un de ces entre deux auquel seuls les vrais artistes nous ouvrent l’accès.

Ce jeudi 23 octobre, j’ai eu l’immense privilège d’assister à un showcase au Comedy Club situé Boulevard Bonne nouvelle. Un concert d’Etienne Mbappe. Oui vous m’avez bien entendue. «  Encore lui ! ! ! mais elle nous saoule «  diront les âmes chagrines. «  Allez dire. C’est même quoi ? !  » répondrais-je si je me laissais aller à la cession de mes émotions à l’autorité de mes gènes de Deïdo (Ebele o boso en passant). Cependant mes éruptions volcaniques quasi génétiques sont domptées la plupart du temps par les couches de maîtrise de soi culturellement intégrées. Je me contente de me saisir d’un truisme pour vous rappeler que «   quand on aime on ne compte pas ». Par ailleurs, la tiédeur connais pas camarades ! Hi hi.

C’est en toute subobjectivité que je vous affirme que voir ce monsieur en concert est d’autant plus impressionnant qu’il semble en progression constante d’un concert à l’autre. Etienne Mbappe, retenez ce nom et si dans le couloir de quelque FNAC ou autre distributeur de musique vous croisiez son CD saisissez-le et laissez vous happer dans un entre deux d’où l’on ne saurait sortir indemne pour peu que l’on prenne le temps d’écouter et d’entendre. D’entendre battre le cœur de l’artiste au rythme de sa basse impériale, d’ouïr son âme s’entrebâiller au fil des sujets qu’il égrène en chanson. Si en revanche vous êtes en quête d’un dispensateur de musique ou de sons encadrant quelque vide sémantique, vous vous êtes trompés de lieu, la sortie c’est la deuxième porte à gauche (rires). Ici il y a du sens, de la consistance, et du son. En revanche si vous voulez entendre quelqu’un qui laisse passer son âme par la voix et par sa musique alors prenez un siège, vous êtes chez vous dans la musique d’Etienne Mbappe, laissez vous porter et inéluctablement la rencontre se fera. Foi de moi ! Etienne Mbappe est un artiste du genre «  caramba puissance manyaka  ».

Comme les meilleurs des vins, l’homme se pique du droit de se bonifier à chaque prestation. Entre juillet à la Villette et le showcase de jeudi dernier il a fait d’incroyables progrès dans sa manière de chanter, de poser sa voix. J’avoue en être impressionnée. Sa voix est incroyablement plus assurée. Il semble avoir travaillé suffisamment la technique pour s’en affranchir. Accéder à cette liberté qui fait que le chant résonne d’autant plus vrai. La voix d’Etienne peut ainsi passer de la mélopée à l’affirmation, monter descendre en toute assurance. C’est ainsi que les expressions de son âme d’artiste conscient du monde qui l’entoure jaillissent et arrivent jusqu’à nous avec force. Aye (yen etom) et mukambilan en sont une belle expression. C’est par le premier qu’il a débuté le concert. Sur yen etom la voix et la basse sont en osmose, disant la même chose parce qu’elles résonnent l’une et l’autre avec autorité. C’est un chant intéressant parce qu’il fait l’état des lieux des dettes que nous avons reçues en héritage du fait des gestions allant de la corruption, de la gabegie et autres prévarications. «  cette dette quand bien même nous voudrions la payer que ne nous le pourrions pas  ». Le «  aye  » est une onomatopée qui en un son dit le désespoir, l’impuissance, la solitude et la douleur des héritiers de la dette qui peuplent les pays qui sont aux racines de nos existence. C’est une onomatopée qui dit la douleur consternée face au sentiment d’impuissance. Etienne parle des «  laissés pour compte que nous sommes et qui entendons parler de l’immense dette qui fait ployer nos épaules  ». Endettés par naissance au cœur des ripailles de ceux qui ont pillé nos richesses. Un intérêt de cette chanson est qu’elle est sur rythme aux sonorités funky dans lesquels la basse peut s’exprimer sans entraves et en même temps l’africanité d’Etienne Mbappe le place dans la filiation des griots qui par leur chant portent les douleurs d’un peuple, d’une terre, d’un héritage. Ce double ancrage, ce métissage sont une des forces de cet artiste. Entre juillet et octobre la différence dans la façon de chanter est impressionnante. Pendant ce temps, sous la table mes pieds déclarent leur indépendance en réponse à ce qui se joue sur scène. Comment ne pas anticiper avec délices les autres rendez-vous sur scène et ce troisième album que j’attends déjà ? Comme vous le savez si vous m’avez déjà lue, j’ai pris entre autres l’option «  encore  » à la naissance. Je suis dans le cas d’espèce et en conscience ngolo wake (jamais rassasiée). Et vous savez quoi ? Je l’assume sans états d’âme. Quand il entame Miso ma munami ( les yeux de mon fils) un chant qui parle de la nécessité de la transmission de l’héritage culturel à sa descendance, un chant qui nous fait voir naître par anticipation des milliers d’étoiles dans les yeux de nos enfants. Vous comprenez pourquoi cette musique me touche au cœur ?

Dans la salle, une grande partie de l’auditoire avait du prendre une douche glacée avant de venir. Bon courage le groupe pour réchauffer cette banquise. La basse du boss va mettre tout le monde d’accord. En un chant ou deux il va mettre tout le monde d’accord par l’autorité avec laquelle son instrument résonne. Même ceux qui ont bu de l’eau glacée ne peuvent nier éblouis que sur scène il y a de la basse. Et le sang se réchauffe peu à peu dans l’auditoire. J’ai dans la mémoire un moment de solo incroyable. O le solo en comme en état de transe alors qu’il rend visiblement hommage à un grand absent. C’est un moment fort, comme si l’homme par le biais de sa basse dont le son et le rythme montent crescendo comme si par son instrument il voulait transpercer la frontière qui sépare les morts des vivants et laisser passer son message à l’absent. Les paroles sont émouvantes même si le rythme peut en masquer l’intensité. Le chanteur était seul en scène. Le groupe s’était éclipsé pour le laisser dans un double face à face. Face à face avec le public, sans filet et face à face avec celui à qui il rendait hommage par delà les frontières de la mort. Face à face avec cette frontière pour la vaincre et laisser le message de son cœur arriver jusqu’à cet autre. Moment chair de poule pour moi. Moment qui synthétise des émotions disparates liées à l’absence et au désir de garder vivant un moyen d’être avec cet autre qui est dans un inaccessible ailleurs. Un moment intense face auquel mes mots trouvent leur seuil d’incompétence. Je m’incline simplement et dis merci à celui qui nous a permis d’assister à ce moment. C’est un moment inénarrable, il est à vivre, et à voir.

(suivre)



J’ai vu s’ouvrir un de ces entre-deux magiques qui suspendent le temps et élargissent l’espace : impressions subjectives sur le show case d’Etienne Mbappe au Comedy Club (première partie)

«  Si seulement nous savions par où venait la lumière, il serait facile d’en pénétrer les faisceaux. La musique pour moi a toujours été, et demeurera le plus sûr endroit pour me réfugier, et plus encore lorsqu’elle est habillée de mots conteurs d’histoire. Et vous ?  »

Etienne MBAPPE

thG_8057.jpg picture by maddyspaceConnaissez vous le syndrome persistant de démangeaison de la voûte plantaire ? Et avez vous déjà expérimenté celui de la contorsion contrariée ? Ces deux syndromes gagnaient du terrain à certaines tables du Comedy Club jeudi dernier. Ne les ayant absolument pas anticipés, je n’avais pas pris le soin de m’en prémunir par quelque vaccin. Ce syndrome ne se manifeste que quand la musique est bonne, quand le groupe assure, et quand la disposition des lieux ne vous permet pas de vous laisser aller à la danse en toute liberté, en réponse à la musique.

Quand une attaque de démangeaisons de la voûte plantaire se fait jour, la réponse la plus minime est de battre les pieds en cadence. Si l’on ne réprime pas les effets de ce syndrome et s’ils s’additionnent à ceux de la contorsion contrariée, des tables et chaises pourraient se retrouver en grand danger et des vols planés de meubles pourraient venir mettre en danger l’auditoire. Un seule solution, quand on est déterminé à garder quelque façade civilisée au milieu de ses congénères : réprimer instincts organiques et différer les contorsions et autres «  bal à terre  » vers son home sweet home ou vers des lieux de concerts plus propices à nos déchaînements contrariés. Entendez vous le soupir qui monte du tréfonds contrarié de la narratrice ? Souffrez que je glisse un message personnel à monsieur Etienne M. et à son groupe : «  bissez !  », oui monsieur, mais de grâce dans des lieux où l’on peut répondre à votre musique par la danse.

Je n’aurai pas l’outrecuidance de suggérer quelque lieu de concert à monsieur M. et à son staff mais juste leur demander de penser un instant à ceux dont la musique d’Etienne Mbappe cadence les cœurs et les mémoires sensorielle et émotionnelle. Les émotions rassasiées au cœur de sens affamés ça laisse comme le goût d’inachevé. Inachèvement dans la réponse que l’on aurait aimé donner à une musique qui nous est un cadeau magnifique. Il est connu cependant que le Ngolo wake est par définition jamais rassasié.

Vous êtes vous déjà arrêté devant une œuvre d’art et vous êtes senti comme aspiré à l’intérieur de cette œuvre comme si un autre monde s’ouvrait devant vous ? Avez-vous déjà eu au contact de l’œuvre d’un artiste l’impression que le monde tel que vous le connaissez révélait soudain des nuances et autres aspérités qui vous auraient échappé ? Le regard de l’artiste sur le monde en redessine les contours accentuant un point ou un autre pour nous en révéler la force, la beauté, la grâce, voire la violence ou la nocivité. Un artiste vous prend par l’âme et vous emmène dans des promenades sur des boulevards de beauté, des chemins de grâce, des allées de magnificence, des sommets de révolte ou des vallées de douleur. Son regard est le vôtre, ses sens sont vôtres. Oui les artistes nous entraînent dans un univers de beauté, comme si soudain grâce à l’œil, grâce à l’oreille, grâce au regard d’un artiste, vos yeux se dessillaient pour voir l’invisible, entendre l’inaudible, voir et entendre le monde autrement ? Parfois, une photo, un tableau, un mélodie, un son, et voici qu’un entre deux s’ouvre. L’on se retrouve, comme dans un monde parallèle, pas fondamentalement différent mais avec qui laisse affleurer des modifications sommaires, à peine perceptibles mais qui participent de la dilatation de l’âme. En matière de peinture, je suis aussi inculte qu’un désert pierreux face à une semence. Je ne peux rien expliquer, je ressens, je reçois ou pas. Il est des tableaux que l’on regarde et que l’on ne quitte pas en étant le même. Les visions d’horreur mises en scène par Picasso dans Guernica marquent durablement la mémoire et l’on n’en sort à priori pas indemne. Ce tableau nous défait des fantasmes de guerres héroïques et de chevaliers valeureux qui ont habité les épopées historiques qui nous ont été racontées. Le tableau laisse apparaître toute la monstruosité de la guerre comme si les hommes étaient habités par des créatures monstrueuses.

L’artiste est celui qui a la capacité de vous prendre par le regard ou par l’ouïe et accéder par le biais des sens à votre âme. Il vous touche, vous émeut, éveille votre conscience, bref il vous touche. Pour moi Etienne Mbappe est un artiste. Un artiste engagé qui livre ses impressions sur le monde qui l’entoure sans se faire pour autant donneur de leçons, ce qui est une belle respiration après certaines dérives artisco-politiques depuis le temps de l’émission 7/7 de Anne Sinclair que les moins de vingt ans ne doivent pas connaître. Mais je m’égare.

Parce qu’il ne prétend pas me donner un «  prêt à penser socio politique  » je peux entendre et saisir les cris de l’artiste qui rencontrent les miens et qui au fond sont simplement les miens.

Vous êtes-vous déjà laissé entraîner avec un artiste pour guide, dans un autre monde, dans un entre deux dans la contemplation duquel vous vous retrouvez plongés au point d’être comme abstrait du monde qui vous entoure ? Ce jeudi 23 octobre au Comedy Club à Paris, j’ai vécu des moments de cette envergure, j’ai croisé ces interstices dans le temps et dans l’espace qui vous mettent dans un état entre légèreté et profondeur. Légèreté née de la jouissance de l’instant et profondeur de ce sens qui habille la musique d’Etienne Mbappe. Ce qui en soi ne m’est pas une surprise puisque le chanteur et bassiste est aussi un artiste.

(à suivre)



Avis de réchauffement climatique à Dunkerque: 3 jours au Jazz Club avec Etienne Mbappe & Su la take

 « Des sonorités neuves, inédites, délicieusement rafraîchissantes sur l’horizon caniculaire de l’Afrique musicale … voilà l’Etienne MBAPPÉ 2008 ! «  

Valère EPEE

« Entre tradition et pop musique, entre jazz et funk, entre amour et mélancolie … », Etienne nous fait voyager avec un immense bonheur. Magnifique !  »

  Avis de réchauffement climatique à Dunkerque: 3 jours au Jazz Club avec Etienne Mbappe & Su la take dans A decouvrir EtienneMBAPPECela fait quelques semaines que les pull-over sont sortis des armoires et que des manteaux plus ou moins épais font escale au pressing en prévision des frimas de l’hiver.  Farrewell summer…

Les  jupes se rallongent et les jambes se vêtent de collants et les décolletés  estivaux laissent la place à des cols roulés et autres pull.  Les regards égrillards de l’été se font moins vifs. L’hiver arrive et la morosité aussi. Avez vous remarqué que l’automne venu les  visages  s’allongent et les sourires s’estompent tout au moins à Paris ? Déjà que dans certaines contrées le sourire s’offre avec parcimonie imaginez ces visages au coeur du froid et sous un ciel gris ! Ah le métro parisien et les mines façon cafetière…Clin doeil

Bref, voici qu’au coeur de l’automne, alors que le temps se rafraichit, un vent du Sud, un vent chaud, un vent qui s’est nourri des chaleurs africaines et qui fait résonner le coeur de l’Afrique partout où il souffle se propose de réchauffer la ville de Dunkerque. Ce vent a eu l’intelligence de se laisser enrichir de vents d’ailleurs. C’est la force et la richesse d’un artiste d’accueillir l’ailleurs sans se dénaturer. Auteur compositeur, bassiste d’exception et chanteur aux textes qui allient avec intelligence force et subtilité, Etienne Mbappe se pose pour trois jours à Dunkerque. Ses préoccupations d’homme et ses yeux ouverts sur son temps sont mis en musique, sa basse rythmant son coeur et ses états d’être. Ce vent unique que j’ai vu réchauffer pelouse et salle de concert se propose d’apporter une chaleur subtile au coeur de l’automne Dunkerquois.   Oyez oyez lecteurs réguliers de ce blog ou visiteurs occasionnels habitant le nord de la France ou la Belgique. L’occasion vous est donnée de profiter d’un de ces moments durant lequel le temps suspend son vol et durant lequel la musique vous conduit dans un de ces ailleurs qui vous réchauffe le coeur tandis que vous vous laissez happer dans l’univers offert par l’artiste. 

Ceux qui sont des visiteurs réguliers de ce blog ont entendu bien des fois parler de mes impressions « subobjectives » sur l’univers musical de ce monsieur. Oui Minipoucine  ça ne s’arrange pas !!!!Clin doeil

Si vous n’êtes pas loin de Dunkerque, l’occasion vous est offerte de vous faire une opinion et de venir nous la partager. On ne me fera pas le reproche de faire dans le parisianisme primaire. Langue

En toute subobjectivité je peux vous garantir que vous ne serez pas déçus du voyage, foi de moi.  

Demandez le programme !

Les Jeudi 16, Vendredi 17, & Samedi 18 octobre 2008
 

 à 20h45

au Jazz Club de Dunkerque

En plus des concerts bande de veinards il y a aussi :

  • Vendredi 17 octobre à 15 h : Concert « Jeune Public » : 
    Etienne MBAPPÉ et « Su La Také » et les élèves de l’Ecole Jean Jaurès de Saint-Pol-sur-Mer (ah les veinards)
  • Samedi 18 octobre à 15 h : Atelier de Formation :
    Etienne MBAPPÉ et PYARTO

Les tarifs vont du jazz club de Dunkerque vont de 7 à 14€ selon que vous êtes ou non adhérents au Jazz Dunkerque.

Pour de plus amples informations : jazzdunkerque@wanadoo.fr ou Tel : 03. 28. 63.51.00

En attendant je vous laisse écouter ceci :



Etienne Mbappe avec Steps Ahead : un solo de bass façon « caramba! »

Caramba il y a de la basse par ici !

Quand je dis qu’ « un gars est doué » !

Une réaction : O boso ( en avant ) !

Soit dit en passant La formation Steps ahead est à découvrir à Bobigny le 31 octobre à 20 h pour les franciliens. Comme je suis sympa je vous ai fait un copié collé sur le site de canal 93. Merci qui ? (hi hi).

Mike Mainieri & Steps Ahead (Jazz Fusion / USA)

1ère partie : Jean-My Truong Quartet (Jazz / France)

15 € / 12 €

Mike Mainieri & Steps Ahead
Déjà presque trente ans d’âge pour ces maîtres de la planète. Steps est un groupe mythique né en 1979 d’une jam session dans un club new-yorkais, à l’initiative du vibraphoniste Mike Mainieri, et composé, à l’origine de Michael Brecker, Don Grolnick, Eddie Gomez et Steve Gadd.
Vibraphoniste de jazz, Mike Mainieri a également beaucoup de talent en tant que producteur, arrangeur et compositeur. Issu d’une famille de musiciens et d’interprètes, sa formation a commencé tôt. A 14 ans il faisait déjà parti d’un trio. Il parcourt le monde auprès des plus grands avant de fonder Steps, l’un des groupes les plus passionnants et les plus demandés du jazz fusion des années 80, qui sera rebaptisé Steps Ahead lorsque la musique de Mainieri s’électrifiera. Le groupe a accueilli des pointures comme Steve Smith, Peter Erskine ou Omar Hakim, qui ont succédé à Gadd sur le siège de batteur. Le vibraphoniste nous revient aujourd’hui avec une formation régénérée : Rodney Holmes (batterie), Etienne Mbappe (basse), Till Brönner (trompette), Donny McCaslin (sax), Bryan Baker, (guitare). Un concert événement !

En écoute sur : www.myspace.com/canal93

Revenons au solo de bass avec Etienne Mbappe aux commandes.

Bonne écoute et à bientôt.

Amitiés

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Etienne Mbappe : your house

Et revoilà Etienne Mbappe ! Oui je sais sa musique devient une arlésienne par chez moi. Comme dirait Serge Lama je suis malaaaaaaaaaaaaaaaade !!!  Mais de vous à moi n’y a t-il pas pire comme maladie ? Okay on reparlera de cure de désintoxication plus tard.Langue

Je vous propose de découvrir ce musicien au travers de cette vidéo et d’une chanson qui j’aime beaucoup. Bon les images et le son sont de qualité sont approximative et ne rendent pas justice à l’artiste mais vous connaissez les addictions, elles se contentent quelquefois du moins bon plutôt que de l’absence. Oui oui promis on reparle de la cure de désintox plus tard (rires).  Alors comme dans les temps de disette, quelques grains de riz se muent en plat des plus savoureux. Miam miam !

En ce moment « Your House » fait partie des chants que je réécoute sur l’album « Su la Take ». J’aime beaucoup le métissage des sons, le reggae qui vient rendre visite à la musique d’Etienne Mbappe et qui s’installe comme à la maison. J’aime le métissage des langues anglais et duala. Si je dis que c’est un artiste que j’apprécie qui me croira ? Cool 

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Impressions subjectives sur Scènes d’Eté à la Villette : Etienne Mbappe un artiste embrasé (suite et fin)

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Le son d’Etienne Mbappe au service du sens

Il y a eu des moments magiques comme ceux durant lesquels les choristes étaient sur la pelouse. Nous étions les choristes. Nous avons, unis avec la scène chanté un classique du répertoire de la musique camerounaise et particulièrement du peuple Sawa (peuple de la côte) mon peuple, mes racines, mes fondations. Ce classique est la complainte du riverain qui se lamente sur la déliquescence de ce qui fait l’assise identitaire des Sawa. C’est l’impérissable  » mbemb’a mot’a sawa «  d’Eboa Lottin. Un moment magique, mystique, unique, et inoubliable. Une communion de cœurs et de soupirs pour notre peuple qui s’unissaient aux larmes prophétiques d’Eboa Lottin versées il y a des décennies pour le peuple de ses pères, de nos pères. Soupirs amplifiés par la distance. Un moment comme je les aime, un moment qui touche l’âme. La musique d’Etienne Mbappe n’occupe pas le vide sémantique par une profusion de sons. Les sons encadrent du sens, de la substance, de la profondeur. Respects. Merci à lui pour ce moment merveilleux.

PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-63.jpg image by maddyspaceIl y a eu le moment où le chanteur et ses musiciens nous ont entraîné dans le chant  » Alane «  (emmène moi chez moi). Quelques cloisons internes se sont ouvertes pour laisser passer les larmes qui font écho aux profonds sentiments de solitudes nés de la distance de sa terre natale. Il y a ces morcellements cachés qui coulent en larmes. J’avais à côté de moi mon amie de toujours, mon amie d’enfance, ma sœur dont les yeux laissaient couler des larmes. Nous n’étions pas les seuls. Unis à la voix d’Etienne nos cœurs criaient  » emmène moi chez moi, là où j’ai poussé mon premier cri ». « Dis aux miens que je reviendrai et nous danserons et chanterons encore ensemble ». Comment ne pas verser de larmes quand la distance nous rappelle les défections fondamentales liées, à l’absence, à la conscience que là bas la vie continue et se construit sans nous et nous habille progressivent d’une inquiétante étrangeté ? Etrangers partout…(Na yo nde). « Alane » notre madeleine de Proust. C’était un moment unique. Pardon aux musiciens si nous avons écorché ces deux chants, mais il nous eût été impossible de ne pas chanter notre chant à tous en même temps que vous. De ne pas chanter ce chant né des hurlements intérieurs et de nos éloignements communs. Ce chant qui s’écoule de nos larmes d’altérité. C’est ce chant fondamental que l’artiste a su entendre au fond de lui, le recevoir et nous l’offrir comme un support à nos émotions et à nos solitudes. En toute subobjectivité je dis qu’il y a une dimension poétique et quasi prophétique dans la musique d’Etienne Mbappe. Et vous savez quoi, il a enchaîné avec Cameroun o mulema. Obligée de chanter avec lui, avec eux le Cameroun que nous avons au cœur. Caramba y carambistouille ça c’est un concert ! Les choristes de la pelouse de la Villette étaient en poste. Nous avons dansé sur Miso ma munami (les yeux de mon fils), sur une version énergique et maîtrisée de Yen Etom (cette dette) et sur cette chanson la basse me met la tête à l’envers. Et puis il y a eu  » Sansanboy «  qui a permis à la chanteuse PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-54.jpg image by maddyspaceCate Petit (Endalle Bosadi comme l’appelle le chanteur) de livrer à la fois sa maîtrise vocale et sa capacité à se livrer à de surprenantes danses. Elle doit être un peu contorsionniste à ses heures perdues. Elle a une voix superbe et est très expressive quand elle chante. Et quand elle chante en Duala il y a ce petit quelque chose qui habille les mots d’un charme singulier. Elle est Endalle Bosadi, et puis c’est tout ! La chanteuse est un visage radieux de la rencontre des mondes. La musique est décidément un pont efficace entre les peuples.

 

Générosité d’artiste

J’ai aimé la générosité du chanteur qui laisse exister les musiciens. Il attire l’attention du public sur chacun des musiciens, et plusieurs fois encore. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-64.jpg image by maddyspaceLe guitariste n’a pas usurpé sa place dans le groupe. Saperlipopette sa guitare est polyglotte ! le violoniste a été mis en lumière plus d’une fois par Etienne, de même que le percussionniste du Burkina Faso dont le nom m’échappe. ce dernier nous a offert vers la fin du concert un solo de percussion qui semble venir des profondeurs

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de l’Afrique pour résonner dans nos  » Afrique  » intimes. L’homme donne l’impression d’avoir en plus de ses deux mains des mains invisibles qui viennent faire résonner ses instruments sans qu’il donne l’impression de souffrir le moins du monde. Les percussions sont un langage qui me parle décidément de plus en plus.

 

J’ai aimé ce concert d’abord parce que l’univers qu’offre la musique d’Etienne Mbappe fait écho en moi parce et parce que la qualité de sa musique est exceptionnelle. Mais au delà de ça il y a la maîtrise de la musique, de l’espace sans effets inutiles et surfaits. Quand il est arrivé sur scène pas besoin de manières, il est là et c’est tout, comme une évidence et la basse résonne. C’est l’instrument qui nous dit qu’il est le boss. L’artiste n’est pas dans le trip  » voyez comme je suis bon. Vous êtes épatés ? « . Si tel était le cas, il ne me toucherait pas. Ceux qui s’épatent eux même n’ont pas besoin de notre admiration n’est-ce pas ? Non, Etienne Mbappe n’a pas besoin de faire dans la surenchère, il n’en a pas besoin. Son talent s’impose. Sa basse l’impose. Ses textes et sa musique explosent et nous sommes avec lui. Il peut s’autoriser l’assurance tranquille de ceux qui sont doués et travaillent, et qui font de la musique pour dire quelque chose, communiquer, partager. Tant qu’il restera comme ça je resterai.

Il paraît que les bonnes choses ont une fin. Voici venir la fin du concert. Pas déjà !L’homme et ses musiciens nous saluent et prétendent s’en aller. C’est trop brutal. Ca ne peut être fini ! Pas comme ça. Pas en laissant des points de suspension entre nous. Il n’a pas chanté Bonendale. Une protestation monde de la pelouse à coup de « une autre » et de « Bonendale ». Devinez de qui vient la seconde expression Clin doeil? Non le chanteur nous fait le coup de la fausse fin. Il ne peut en être autrement. J’en guette la confirmation sur les visages des siens qui me rassurent. Il revient. Yes ! Bonenedale arrive. Non ce ne sera pas ma chanson vitamineMecontent, mais il met quand même le feu sur place. Et plutôt deux fois qu’une ! Who’s the boss ?

Etienne Mbappe n’a pas de mal à mettre le feu à la scène et à le communiquer à l’auditoire parce qu’il est visiblement habité par un feu intérieur fait de passion pour la musique et pour ses racines. Parce qu’il semble habité par ce feu intérieur qui fait qu’un humain, dans sa sphère d’activité repousse les limites connues et apparemment établies pour ouvrir des ailleurs et de surprenants autrements. Avez vous entendu le solo rock du plus bel effet au coeur de Na Yo nde ? Ailleurs et autrement. Le talent et la grâce rendent l’insoupçonné matériel. C’est par ce feu intérieur que ces êtres d’exception communiquent aux autres leurs embrasements, et l’on peut ainsi affirmer avec l’un d’eux que le véhicule identitaire des Sawa ne sombrera pas (Bolo Bwa Sawa). C’est ce feu que l’on transmet à ses pairs et à la génération qui vient et l’on peut voir du changement dans les fondements de la culture. Pour moi Etienne Mbappe n’est pas un bassiste qui chante c’est un artiste complet qui communique le feu intérieur, le monde qui l’habite par son instrument, par sa musique, par ses mots et par sa voix. En ce sens, l’album Su la take est porteur de feu pour qui l’écoute et l’entend.

Pour revenir à mes contrariétés de départ, vous savez quoi ? j’ai acheté un autre CD et je suis repartie avec une dédicace. J’ai désormais deux CD un pour la semaine et un pour le week-end (hi hi)  » Etiennobarge, vous avez dit Etiennobarge ? Mais nooooooooooon !!!Rire

Et dans la rubrique les jaloux vont maigrir….

J’ai rencontré l’artiste backstage et le peu que j’ai entrevu derrière de l’homme derrière le musicien ne déçoit pas. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-74.jpg image by maddyspaceL’Etienneaddiction me guette en toute subobjectivité cela va sans dire. Merci aussi pour la gentillesse et la disponibilité. Etienne Mbappe la classe ! Assia à vous les jaloux, quand je vous disais de venir à la Villette…

Maigrir avant de périr comme on dit par chez nous Cool

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Merci à l’artiste pour ce concert incroyable. Je lui pardonne de m’avoir privée de Bonendale et je sais que lors d’un prochain concert je pourrai reprendre ma nationalité  » Bonendale  » le temps d’un concert avant d’être rendue au Bonatene de mes pères.



Impressions subjectives sur Scènes d’Eté à la Villette (deuxième partie) : Etienne Mbappe un artiste embrasé

PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-58.jpg picture by maddyspaceIl est plus de dix neuf heure trente. C’est l’heure du boss. C’est l’heure d’Etienne. Mes pendules internes se mettent à l’heure de l’artiste à l’interconnexion de Misiya et de Su la take. Je sais avec une certitude inébranlable que le moment qui se prépare sera mémorable. Il ne peut en être autrement. La gestation de l’instant aura été faite de patience et d’extase différée. Ce que j’anticipe se révélera en deçà de la réalité. Pourtant mes anticipations nourries à ses deux albums et à son concert avaient mis la barre très haut. Je ne veux rien rater depuis son entrée jusqu’à la fin du concert que j’espère la plus tardive. On est Ngolo wake (boulimique) ou on ne l’est pas. Assise sur l’herbe au milieu de mes amis qui se trouvent être de la famille de l’artiste nous sommes chauffés à bloc. Le rendez-vous manqué de juin me rend l’instant d’autant plus essentiel que Paris ne semble pas être dans les prochaines dates d’Etienne Mbappe. Devant nous arrive la famille du vitrier et les fils de  » Claire « . Ils nous voilent l’arrivée d’Etienne. La basse majestueuse nous dit qu’il est là. La famille du vitrier suite à une remarque s’écarte et laisse apparaître celui que nous attendions. L’homme porte des jeans et une chemise blanche imprimée. Ses mains comme à son habitude sont gantées et sur son visage sont déposées des lunettes fumées. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-66.jpg image by maddyspaceIl est accompagné d’un guitariste, d’un batteur, d’un percussionniste, d’un violoniste et de Cate Petit chanteuse et choriste. Il est là comme une évidence. C’est le boss et il le montrera par sa maîtrise scénique et musicale. Mais laissez moi faire un détour avant de revenir à la suite du concert…

 

 

L’affaire « Bonendale » ou une revisitation du syndrome de Stockholm

Avez-vous déjà écouté  » boomerang «  ? C’est un morceau de musique à tomber par terre tellement c’est abouti. C’est une chanson incroyable de beauté, de finesse, qui laisse transparaître le génie de Marcus Miller alors que sa voix qui se mêle à celle de Rafael Saadiq (ex Tony, Toni & Tone) portées par une superbe mélodie. Bijou musical, bijou vocal, bijou harmonique, c’est de l’or en barre ce morceau. Un caviar du meilleur choix, comme la saveur unique d’un ndole aux crevettes préparé par les mains aimantes d’une mère. C’est un alliage de saveurs, de senteurs, de sensations, d’impressions, un monde sensoriel qui s’ouvre le temps d’une bouchée ou de l’écoute d’un morceau. C’est court, c’est intense, c’est bon. Il n’y a pas si longtemps, je me laissais transporter dans de magnifiques hauteurs musicales par ce morceau. La case  » encore  » bien activée dans mon cerveau, je ne sais quasiment pas écouter ce morceau une seule fois puis, passer au suivant.. Avez-vous déjà été saisi par une musique qui, dès les premières notes capte vos sens et attention et vous retient jusqu’à la dernière note ? Boomerang est de ces morceaux de musique qui vous emporte dans un voyage incroyable. Tout y passe looping, dépressurisation, la totale, puis un atterrissage en douceur maîtrisé par le commandant de bord, sir Marcus lui même ! Vous voyez je me fais mes trip en musique et la descente ici est sans danger. No other drug for me ! C’est l’effet  » boomerang  » les amis. Vous ne connaissez pas ? Je vous encourage à vous procurer l’album magnifique qui lui sert d’écrin : « The essential Marcus Miller : Power «  Et la basse de Marcus au secours !  » Un grand n’est pas un petit ! «  comme on dirait par chez moi. Serais-je bass addicted ? Disons que l’affaire m’a attrapée du côté du lycée Joss il y a une demi-éternité et depuis… voilà quoi ! Bref la bass addiction est une piste à creuser. Tiens tiens, le lien avec Etienne Mbappe est trouvé. Quelle maîtrise n’est-ce pas ? Je m’épate moi même.

PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-6.jpg picture by maddyspace

Bref pour revenir à nos moutons, depuis dimanche, jour de la mémorable prestation d’Etienne Mbappe à la Villette, je suis incapable d’écouter  » boomerang « .  » What ? Quoi ? Comment ? Qué ? Na nje ? Quel rapport avec la choucroute ? «  Me direz-vous fort à propos. Figurez vous dans l’ordre des morceaux de musique dans mon lecteur MP3, il y a  » Bonendale « ,  » Boomerang «  et un savoureux  » bring it on home to me «  de George Benson et Al Jarreau. Et je suis bloquée sur Bonendale. Lambo la manyaka (c’est incroyable !) Ai-je besoin d’aller plus loin ? Pas besoin de vous expliquer ce qui m’arrive. Depuis dimanche je suis retenue prisonnière à Bonendale, dans un village de sons, de rythmes, de voix, voire d’onomatopées que je visite écoute après écoute et qui ne cessent de me surprendre encore et encore. Prise d’otage à Bonendale. Mais que fait la police ? Record d’écoute journalier de la chanson. A cette allure je la connaîtrais bientôt mieux que son auteurCool.

L’otage qui sympathise avec son ravisseur et épouse sa cause musicale. Otage volontaire, syndrome de Stockholm à Bonendale. Allo la police ?

Que voulez-vous ? L’album Su la take n’a pas de date de péremption ! Je sens le piège qui se profile à l’horizon. Le chanteur va encore nous faire le coup de cinq ans entre deux albums. Wèèèèèèèèèèèèèèèèèèèhhhhhhhhhh !Triste

Okay je ne suis pas normale si l’on en croit mes délires mais j’assume ! Je suis unique. Unique et modeste de surcroît Clin doeilRire. Bref, malgré la présence de ces bijoux de musicalité à deux encablures de Bonendale sur mon MP3, je n’ai pas réussi à traverser la frontière du village musical. Prise en otage dans la chanson, par les rythmes, par les épousailles subtiles de la basse et des percussions. Retenue captive par les ruptures et par de surprenantes onomatopées faites à contre temps. Vous avez entendu le « oooooooooohhhhhhhhh » et le contretemps du « aahhhhhhhhh » de Bonendale ? Je meurs sur place ! Caramba mais dis donc (prononcer didong) il a même appris ça où é eeeeeeee ? Comme on dirait par chez moi. Bato ba ye eeeeeeeee, venez nombreux ! Bonendale c’est une de ces chansons qui donne la pêche, qui vous arrache des terres de mélancolie pour laisser entrer la pêche. C’est mieux que le Prozac les gars. Cette chanson devrait être remboursée par la sécurité sociale. Bon j’en conviens je m’égare…

Tout ça pour dire que si la Villette était pour moi une évidence, j’y avais joint une évidence additive selon laquelle je danserais sur mon morceau vitamine. Forcément. C’était sans compter avec la programmation de l’artiste. Pfttt ! Ca m’apprendra ! Frustrée je suis ! ! ! ! Alors je me console en explorant MP3 à l’appui, la chanson qui m’a manqué. Tant de méchanceté a mun’a Bonendale ! ! ! ! Rire

En toute « subobjectivité », du bonheur en majuscule sur la pelouse de La Villette.

Oui mais comment tenir rigueur à un musicien et chanteur qui nous a offert deux heures d’un bonheur en majuscule ? Pas un seul déchet pendant le concert. Pas un moment de trop. Pas une approximation. Tout était en place, comme une évidence. Et je suis objective quand je le dis même si mes enthousiasmes pour le moins paroxystiques peuvent à la longue appeler la suspicion des âmes chagrines et faire douter de mon objectivité. Mettons nous d’accord sur un entre deux et fondons le concept de subobjectivité misant sur le fait que la vérité doit se trouver quelque part dans cet entre deux. La subobjectivité, hum j’aime cette notion car elle ouvre un droit intéressant à des fantaisies narrative qui me convient. Je conviens aisément aussi du fait que je ne me suis pas rendue au concert pour faire une écoute analytique et chirurgicale du moment. Je suis venue bien résolue à me laisser happer par un univers qui me touche et dont les échos résonnent en moi. Je suis venue déterminée à vivre un de ces instants qui suspendent le temps et vous déposent sur des rives euphoriques. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-63.jpg image by maddyspaceMission accomplie par monsieur Mbappe et ses musiciens. Ca a marché. Et pas que pour moi. J’ai en effet vu autour de moi des visages éblouis, j’ai entendu des cris et des acclamations qui matérialisaient le fait que le fil invisible et fragile qui unit un artiste à son public était en place. Nous pouvions ensemble construire le concert. Vous ne me croyez pas ? Demandez à l’artiste qui nous a remerciés, nous le public d’avoir participé à faire du concert une réussite. Qu’est-ce que vous croyez à la Villette le public était trié sur le volet. Nous ne sommes pas n’importe qui Clin doeilRire.

(à suivre)



Impressions subjectives sur les Scènes d’Eté à la Villette (première partie) : un dimanche enchanteur avec Etienne Mbappe et Simon Nwambeben

PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-25.jpg image by maddyspaceDimanche 27 juillet, il est dix sept heures vingt quand j’arrive porte de Pantin. Je suis un peu contrariée. En partant de chez moi, je n’ai pas pu mettre la main sur la jaquette de mon CD d’Etienne Mbappe. Et ma dédicace alors ? Après le coup du concert manqué de Juin, je me dirige vers la dédicace manquée. Grhhhh ! Contrariée je suis ! Il fait chaud. La touffeur ambiante fait que les vêtement adhèrent au corps. L’été a momentanément posé ses bagages et les amoureux du soleil sont aux anges. Autour du jet d’eau, une profusion de jambes s’ébattent. Le soleil a la vertu de ramener des sourires et des rayonnements sur les visages des parisiens. Il fait lourd et mes lunettes de soleil ne font pas casquette. Regrettable omission. Les rayons du soleil m’alourdissent la tête. Petite nature que je suis ! Pfttt.

Je ne sais pas où se tiennent les scènes d’été, mais je suis déterminée à ne pas manquer les concerts qui m’ont déplacée et fait traverser la ville sous une température caniculaire et au cœur de ces effluves uniques qui en été s’élèvent dans le métro mettant souvent le cœur au bord des lèvres. Mais ce n’est pas le sujet du jour. Je suis à la Villette et il faut que je trouve le lieu qui matérialisera mes extatiques anticipations. J’ai secrètement pris la nationalité Bonendale histoire de légitimer les bal à terre qui se profilent à l’horizon. Mais chuuuuuuuut ! ! !

Après le rendez-vous manqué du 5 juin pour cause d’accident de la vie, l’univers que je croyais en accord avec mes prétentions à assister au concert du New Morning avait pour moi un rendez-vous auquel je ne pourrais déroger.

A l’époque j’avais prévu d’assister au concert d’Etienne Mbappe en Juin et en Juillet tant qu’à faire. J’ai pris l’option  » encore «  à la naissance. En duala on dit  » ngolo wake  » c’est à dire  » jamais rassasiée  » ou  » les yeux plus gros que le ventre  » si je devais transposer cette expression aux expressions hexagonales. Réduire mon envie de voir deux concerts d’Etienne Mbappe en l’espace de deux mois à de la boulimie serait pour le moins réducteur. La vérité est ailleurs comme dirait l’autre. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-55.jpg image by maddyspaceJe suis juste cohérente dans mes coups de foudre et il se trouve que j’ai pris un coup de Misiya au cœur et que Su la take est venu m’achever. Prise d’otage en terre de beauté. Syndrome de Stockholm, otage volontaire d’un univers musical qui vient au plus près de mes racines et de ma vérité. J’ai par ailleurs une passion viscérale pour la musique de qualité de mon pays et je suis déterminée à défendre et à élever avec mes moyens rudimentaires l’étendard de la musique de qualité qui jaillit du berceau de mes ancêtres. Je le dois à la beauté des sons de ma terre, je le dois aux sons des musiques de mon enfance et aux sons qui rythment les cœurs, les danses, les chants, les respiration de ma terre natale. Ces sons que les véritables artistes savent apprivoiser du moins en partie et les convertir en musique, en mots, en onomatopées saisissantes. Avez vous entendu la séquence de Bonendale sur laquelle Etienne aligne deux onomatopées en  » oohh  » et  » aahh  » ? Comment vous dire ? C’est tout simplement terrible. Ces singulières onomatopées ouvrent un boulevard à l’imaginaire. Au fait d’après mon docteur je ne suis pas folle vous savez ? (hi hi). Je serais Etiennobarge d’après une fidèle lectrice de ce blog. Mais pas du tout ! ! ! ! La preuve je vois s’ouvrir des boulevards dans des onomatopées. Si ce n’est pas de l’écoute chirurgicale c’est un tantinet borderline n’est-ce pas ?

Simon Nwambeben : un musicien qui sort des sentiers battus de la musique convenue et offre une une ouverture vers des univers de beauté en musique.

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Parlant de boulevards, avez vous entendu les mélopées portées par la voix incroyablement ample et puissante de Simon Nwambeben ? Je les ai entendues à la Villette. Ses mélopées et autres onomatopées accompagnent ma mémoire et chantent à l’intérieur de moi. Des sons qui ouvrent des pans de la mémoire et si elles ne nous emmènent pas au Cameroun viennent déposer un peu plus des profondeurs du Cameroun en nous. Ô Cameroun berceau de nos ancêtres …

Le Cameroun déborde de talents méconnus parfois tapis à l’ombre des figures tutélaires et au demeurant respectables de la musique Camerounaise. Mais ces arbres magnifiques cachent des forêts de talents qui jaillissent des quatre points cardinaux de l’Afrique en miniature. Il est temps à mes yeux que dans ma génération et celles qui suivent explosent par delà les limites continentales les mille parfums qui composent l’essence de nos talents et que la renommée acquise ne se cantonne pas une fois encore à un ou deux baobabs vénérés mais qui volontairement ou non, empêchent l’éclosion des autres talents. J’espère qu’Etienne Mbappe, Richard Bona et les autres de cette génération qui ont su s’extraire de la masse et passer les frontières ethnocentrées ne céderont pas à la tentation de l’unicité au dépends de ceux qui légitimement sont dans leurs aspiration. Il y a de la place pour toute l’étendue de l’art musical et vocal issu du Cameroun, comme du reste de l’Afrique. Je pourrais citer de manière non exhaustive, dans la génération dans laquelle je me reconnais des prénoms de femmes et d’hommes qui disent la vitalité et la richesse de la musique camerounaise du Cameroun ou de la diaspora. On les appelle Coco, Joëlle, Avline, Kaïssa, Etienne, Richard, Simon, Gino, Blick, Henri, et bien d’autres. Et plus près de moi Charly qui vient de m’épater avec  » Sacramento «  un album dont je vous reparlerai dans un autre billet. Bravissimo my bro ! Mais revenons plutôt aux raisons de ma présence à la Villette au péril de mon olfaction avant de descendre dans les dédales de mes cogitations déambulatoires. Me voici porte de Pantin essayant de me repérer au milieu des franciliens qui profitent du soleil. Je suis en direction de Bonendale, que dis-je du parc de la VilletteClin doeil ! La place grouille de monde et de vie. Des parents promenèrent leurs enfants, des enfants et des adultes jouent ça et là. D’autres personnes allongées sur l’herbe profitent des rayons du soleil pour bronzer. C’est l’image même de la vie que de se faufiler entre ces personnes pour trouver la scène qui m’appelle. Je m’attends à découvrir sur scène un jeune chanteur que je n’ai jamais vu en live mais dont l’authenticité, la puissance vocale et l’univers m’invitent à la découverte. Bien qu’impatiente d’entamer mon voyage vers le Bonendale d’Etienne Mbappe, je ne veux pas qu’il devienne dans mon esprit un baobab qui m’empêche de voir le talent de Simon Nwambeben. Il y a un temps pour toutes choses. Alors que je me dirige vers le lieu du concert, je règle mes pendules intérieures à l’heure de Simon Nwambeben et comme j’ai eu raison de le faire. Ce tour de chant tout en simplicité et en intelligence a été de toute beauté. En arrivant, discipline et respect pour l’artiste qui passe en premier oblige, mon être entier se positionne sur 17h30. Le rendez-vous de 19h30 viendra bien assez tôt. Pas trop tôt mais les meilleures choses se laissent attendre n’est-ce pas ?

PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-24.jpg image by maddyspaceParce que je connais la musique du jeune chanteur inventeur du Bitibak, je sais que je ne devrais pas être déçue. Simon Nwambeben a une de ces voix qui dès qu’elle vient à votre rencontre vous attire comme un aimant jusqu’à lui.

Sur la scène, apparaît un homme vêtu d’un ensemble entre le mauve et le rouge. C’est un homme dont la petite taille tranche avec l’amplitude vocale. Il débute le concert sans bousculer un auditoire. Sa voix vient à notre rencontre sur la pelouse et capture notre attention. Il a la capacité de prendre des envols vocaux magnifiques. Mais où a t-il donc appris à poser sa voix de la sorte ? Simon Nwambeben est de ces chanteurs qui vous prennent par la main et vous emmènent en voyage. Nous montons avec lui dans la voiture qui l’emmène vers son village, une voiture dans un état pittoresque (la mienne).

Nous accompagnons sa mémoire alors qu’il raconte cet ami trop tôt disparu dont il invite la mémoire à danser au rythme de la musique de son hommage. Le concert est ponctué d’anecdotes qui laissent passer l’humour et l’auto dérision du chanteur quand il fait allusion aux canons de beauté pour les hommes en occident. J’ai aimé l’anecdote sur le sondage sur l’homme idéal. Un moment savoureux qui a fait rire l’auditoire. Passant de la guitare aux percussions avec aisance Simon Nwambeben apporte au cœur de la Villette les rythmes de son cœur, de sa terre, de sa mémoire. Les rythmes qu’il a apprivoisés jeunes au travers d’une guitare de sa fabrication. Savoureuse anecdote que celle qui encadre la fabrication de la guitare et dévoile des fiertés tout en noblesse dans ses affirmations au cousin présent dans l’anecdote. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-14.jpg image by maddyspaceNous sommes pendus à ses lèvre quand il raconte entre deux chansons ces anecdotes qui font le lien avec la musique et nous invite dans une langue que nous ne connaissons pas. De temps en temps, l’homme tranquille qui semble protégé par sa guitare et semble abrité derrière lunettes laisse affleurer un subtil déhanchement qui s’amplifiera au fur et à mesure que le concert avancera. Sous la chaleur de juillet il laissera tomber la veste pour nous livrer un solo magnifique aux percussions. L’affaire n’en restera pas là. A la fin du concert le chanteur est chez lui et il nous offre des contorsions qui semblent être des danses traditionnelles de sa région si j’en crois les danses en écho d’une dame de l’auditoire qui se mouvait dans des contorsions similaires et qui connaissait les chansons par cœur.

On peut faire sa fière un temps mais la fin du concert m’a surprise devant la scène sous le prétexte de faire quelques photos et j’ai bien dansé.

De nombreuses personnes du public en toute liberté dansaient, tourbillonnaient, parfois en rythme, parfois non, mais tous dansaient au son de la liberté de se laisser aller à l’instant. Sur la scène un guitariste, un bassiste, et un percussionniste habité et deux choristes accompagnent le chanteur. Il va de l’un à l’autre, et les musicien se parlent sans rompre le rythme du concert et ce qui frappe c’est que les échanges se font au cœur d’un sourire. Les deux choristes ont des jolies voix qui se marient bien avec la puissance vocale du chanteur. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-23.jpg image by maddyspaceLe bassiste fidèle aux traditions séculaires des bassistes, il ne sourira pas, ou alors quand je ne regardais pas. A la fin du concert, le chanteur est torse nu. Heu… Il faut croire que derrière l’homme apparemment tranquille se cachent d’intéressants embrasements qui communiquent le feu l’air de rien.

J’ai bien aimé la simplicité avec laquelle il rend hommage en une phrase au grand frère qui arrive. C’est ça le passage de témoin inter générationnel que j’aime, celui qui est intrinsèque à l’Afrique réelle celle qui fait coexister les générations celle qui fait coexister changement et continuité. Simon Nwambeben annonce que le grand frère va mettre le feu et avant de lui laisser la place il ne se gêne pas pour nous entraîner dans un moment embrasé. Simon Nwambeben a réussi l’exploit d’habiter son concert d’une façon telle que pendant sa prestation il occupait l’espace de mon attention. Le grand frère viendrait après pour mettre le feu. En fait Etienne Mbappe arrivera avec un incendie dans sa basse. Mais ça c’est une autre histoire.

Merci à Simon Nwambeben pour le moment de toute beauté qu’il a offert aux spectateurs de la Villette et à moi. Depuis j’emporte dans ma mémoire sa voix magnifique qui dit quelque chose comme  » Ma aaaaaah aaahhhhhh «  C’est d’une beauté qui me touche parce son univers est fait d’authenticité et de simplicité. Ma mémoire dans sur Ah Meh Kone. J’emporte des sons de guitare comme l’intro de Nde beh nkeh qui ouvre sur un déchaînement ultérieur de sons tant à la basse qu’aux percussions. Simon Nwambeben, à mes yeux une belle confirmation sur une scène d’été à la Villette, un dimanche de juillet, et un moment comme je les aime. Bravo à lui et à son groupe.

PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-15.jpg picture by maddyspace



L’appel du 27 Juillet. Kezako ? Franciliennes et franciliens, tous à la Villette !!!

friday.jpg picture by maddyspaceCa y est vous dites vous ! Oui oui je vous entends d’ici. Vous vous dites  » Depuis que nous la suivons dans les dédales de ses déambulations mentales, il fallait s’y attendre, la jeune (Oui jeune ! ok on va le dire viteCool) dame a a craqué. V’là ti pas qu’elle se prend carrément pour de Gaulle ! Nous la voyions venir et ça y est elle se lance dans la politique ! Mais qu’est-ce ce qu’elle a besoin d’ajouter des ingrédients à la tambouille politicienne aux illisibilités diverses ? » Que nenni les amis. Rangez vos camisoles de force. Il est question de musique et de rien d’autre. Il s’agit de se réunir autour d’un de ces moments magnifiques qu’offrent la musique et les musiciens de qualité. C’est un appel à célébrer ensemble la bonne musique. Celle dont la diversité et la créativité me bluffent et m’invitent à y répondre par l’enthousiasme qui me caractérise quand je partage mes coups de coeur. La tiédeur ne passera pas par moi !Clin doeil Et vous serez surpris de découvrir qu’il s’agit de talents dont les racines trouvent leur sève quelque part sur cette terre qui est mienne et que je chéris mon Cameroun à mouahhhhh ! Ethnocentrisme ? Guère ! Juste un retour vers les racines pour aller à la rencontre de soi.Je suis dans une période roots et je découvre des bijoux incroyables par chez moi. Ca ne me dispense pas d’aimer John Coltrane, Marcus Miller, Dianne Reeves, ou India Arie. Cool

Amateurs de musique de qualité pourléchez vous les babines ! Deux musiciens originaux et talentueux vont se produire sur la scène de la Villette dans le cadre des scènes d’été de la Villette. Belle initiative que celle qui permet de profiter de l’été, du beau temps, de moments conviviaux sur l’herbe au son d’une musique qui fait voyager dans le beau, le créatif, l’original, l’inventivité dans l’alliage réussi des sons d’Afrique et d’occident. Simon Nwanbeben et Etienne Mbappe. Quoi ? Qué ? Comment ? Na nje ?

Etienne Mbappe à Paris au coeur de l’été mamma mia quéthkofyou.gif picture by maddyspace calor ! EtieeeeeeeeeeennnnnnnnnnnnnneClin doeil ! Bon je me calme. Allez on inspire et on expire…

Comprenez moi j’ai manqué le rendez-vous du 5 juin pour des raisons totalement indépendantes de ma volonté. Et me voci face à la possibilité de voir l’artiste en concert à Paris, dans quelques jours. Pulsations cardiaques en mode accéléré. Anticipations de moments « carambesques ». Ayooo éééééééééé ! Dire que j’attends dimanche prochain avec impatience serait une euphémisation de mes délectables anticipations. Mmmmmmmhhhhhh ! Enfin vivre en direct les bonheurs offerts par Su La Take un album à tomber par terre, et sans glisser encore! Un album dont j’ai parlé sur le blog à sa sortie, un bijou absolu. Bref, Me voilà prise par des irrépressibles envies de « Bonendale », de « Na yo nde » de « Sansan Boy » etc en live. Etieeeeeeeennnnnnnnnne !!! OK je sors ! Sourire

Etienne Mbappe chante dimanche à 19h30 à la Villette.

beauty1051.gif picture by maddyspaceSimon Nwambeden est une belle découverte de mes explorations des merveilles musicales qui s’élèvent de mon chez moi et qui m’y ramènent par des sentiers méconnus. C’est ainsi que grâce à lui je le sens chez moi au coeur d’une langue aux antipodes de celle qui fonde mes enracinements intérieurs. Parce que le son de sa guitare, les percussions subtiles qui viennent l’habiller, l’épure de ses arrangements me transportent vers ces rivages connus qu’accompagnaient la radio Douala de mon enfance, compagne de nos rassemblements familiaux. J’aime la manière dont il nous transporte, par une musique sans effets inutiles, dans les sons des forêts de sa région d’origine. L’épure, la poésie, la finesse, tout simplement. Simon Nwabeben fait résonner par sa voix dont j’apprécie la vérité, la langue Bafia au son d’une musique qu’il a lui même baptisée le Bitibak. Il a la sensibilité et l’intelligence qui permettent d’unir la musique traditionnelle avec les sons dits modernes sans la dénaturer. Il nous offre un univers qui nous invite à sortir des sentiers battus de la musique convenue pour aller explorer un ailleurs qui dans sa vérité ramène à quelque chose de soi. C’est un tour de force que celui réalisé par un artiste qui chante dans une langue que vous ne connaissez pas, dont aucun son ne fait écho en vous comme fondateur de vos racines, sur un rythme musical aux antipodes des rythmes de chez vous ou de votre univers musical personnel et qui vous donne pourtant l’impression qu’au coeur de ces sons il y a un espace qui vous invite à vous poser, un espace qui dit « tu es chez toi ». Caramba ! Je vous suggère de vous poser pour écouter Ah Meh Kone entre autres. Wow !!!! Sa voix est comme un guide qui nous conduit en rythme dans des ailleurs que l’on visite avec bonheur. Et quand il entame « Nwarha Miss Moh », même si je voulais rester coite dans une attitude digne, mon corps prendrait son indépendance. Si vous me voyiez alors que j’écris, ma tête danse en rythme et j’aime ça. Je vous défie de rester sans remuer un cil quand il chante « Ntoh Ntoh » Aaaaaaaaaaaaaaaaahhvivement dimanche pour que mes jambes se mettent au diapason.

Je vous laisse le plaisir de la découverte de son univers avant dimache sur My Space :

Simon Nwambeben est à la Villette dimanche 27 Juillet à 17h30.

La bonne nouvelle c’est qu’en plus c’est offert. On ne paye pas un radis. Que demande le peuple. Je n’en reviens pas de recevoir gratuitement l’offrande de deux concerts que j’irais voir en payant. Merci aux organisateurs inspirés des ces Scènes d’été !

http://www.villette.com/spectacles/scenes_d_ete_2008_musique.html

Mélomanes, explorateurs de sons, amateurs de musique, radinsLangue, fauchés, amateurs de pique nique sur pelouse francilienne et les autres réjouissons-nous et profitons de ce caviar servi gracieusement.

1188803922.gif image by maddyspaceAmbiance festive et décontractée assurée.

Je vous laisse je m’en vais de ce pas me muscler les mollets.

A dimanche sur la pelouse de la Villette.

Amitiés

 



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