Le Ku Klux Klan ou les surprenants ressorts de la haine : le ku klux klan soutient la candidature de Barack Obama !

Chers lecteurs,

Je retirerai volontiers cet article pour enfouir mon embarras sous le sable mais je ne le ferai pas. Je ne le ferai pas d’une part parce que c’est pédagogue pour moi, et par ailleurs parce que c’est drôle, d’autant plus drôle que ça me permet de me moquer de moi, et si je le retirais ça vous priverait d’une belle occasion de vous payer ma tête.  Non que je sois spécialement masochiste, je trouve ça plutôt sain quoique dans le cas d’espèce embarrassant. Cool

L’article qui suit est la réaction spontanée à une information qui m’a interloquée. Enfourchant mon blanc destrier j’ai foncé dans le questionnement du contenu de la nouvelle sans en questionner la véracité. Et figurez-vous que tout en bas de la page du journal d’où provenait l’information, comme sur les contrats, écrit en tout petit il est précisé que je journal est satyrique et je n’ai pas lu tout en bas. Hi hi.

Ma carnation chocolat masque des rougeurs bien présentes à mes joues embarrassées. Je vous laisse prendre connaissance de l’article sachant que l’information n’est pas vraie et finalement le contenu change de sens et toute mon argumentation prend un tour comique des plus inattendus. Tant pis pour mon egoClin doeil et vive l’auto dérision.

Bonne lecture et amitiés

Malaïka

 

kkkhillaryobama.jpgCe soir sur le site du Daily Squib* j’ai lu une nouvelle qui m’a surprise voire fascinée : le Ku Klux Klan soutient la candidature de Barack Obama. Le soutien n’est pas que verbal il se fait en dollars camarades. On est en Amérique sapristi ! C’est ainsi qu’une des « fédérations » de la noble institution a fait un don de 250 000 dollars au comité de campagne du candidat Obama.

Permettez que je sois abasourdie. Hombre ! Que pasa sobre la tierra ? Serais-je un poquito loca ?

A la lecture de cette nouvelle pour le moins insolite une première hypothèse (après avoir écarté celle peu agréable de la folieRire) monte à mon esprit : il est plus que temps de changer de lunettes après une exploration complète de mon système visuel par les meilleurs spécialistes de la place de Paris. Mes lunettes actuelles me donnent de toute évidence la berlue, voire pire. Des lunettes qui ajouteraient des mots dans un article il y aurait un souci de taille ! Heu… le retour à question de la folie se profile si je n’abandonne pas en urgence la folle hypothèse des binocles.

Obama & le Ku Klux Klan : il y a une contradiction intrinsèque, une antinomie fondamentale, un non sens génétique à leur mise en commun. Si l’on doit exclure la question des lunettes une question de pose : qu’est-ce qui a rendu possible cette équation à l’improbabilité intrinsèque ? Improbabilité intrinsèque peut-être mais c’est sans compter la logique qui est au principe des actions et des fondations de ce funeste groupe : la détestation et la haine.

Barak Obama : est-il bien le candidat démocrate américain métis de père africain dont la carnation sombre doit hanter les nuits et même les jours des membres du Klan ?

Le Ku Klux Klan : Est-ce bien le groupe qui a parsemé les routes du Dixie*** américain de fruits étranges faits de nègres pendus aux arbres le long des routes du sud ?

Le Ku Klux Klan est-il ce groupe de crétins ataviques (et je me retiens les amis) défenseurs de la suprématie blanche qui masquent pudiquement leur bravoure sous de grotesques « cache visages » ? Qu’est-ce qu’on peut être courageux sous des draps grossièrement découpés !

Si ces actions ne masquaient pas l’une des expressions les plus laides de ce que l’humain peut produire de haine, je rirais du versant grotesque de leurs accoutrements. Mais il se trouve mon sourire s’efface à la pensée de la haine qui les structure et qui a terrorisé des enfants devant des écoles, pendu, brûlé sans vergogne ces nègres à qui il prenait la fantaisie de se croire non seulement libres mais égaux des blancs. Sacrilège chez le WASP*** décérébré. Le péril négro ne passerait pas, foi de WASP abruti ! On aurait la peau de ces cuistres diantre.

C’est ainsi que des cocktails molotov venaient animer le quotidien des familles des leaders des mouvements des droits civiques. Vous pouvez poser la question aux descendants de Martin Luther King, de Medgar Evers**** et bien d’autres (dont ils ont eu la peau) pour connaître les ressorts de la lâcheté des membres du Klan. La nuit votre voisin, celui peut être qui vous semblait insoupçonnable par ses attitudes sociales devenait une bête sauvage sous les draps blancs à trous, massacrant sauvagement votre semblable.

Et le Ku Klux Klan soutiendrait Barack Obama ? Décidément ils finiront par avoir mon dentier virtuel à force de chutes interloquées.

Mais que s’est-il passé chez les abrutis ? Serait-ce un miracle de la repentance ? Un désir de participer au pansement de plaies sociales qu’ils ont largement participé à causer ? Sous les draps le Ku Klux Klan se serait-il mué en une cohorte angélique ?

Que nenni ! La haine est le principe imprescriptible qui sous-tend la noble organisation. Vous pensez bien que les dirigeants du clan ne sont pas subitement tombés amoureux du physique hollywoodien, de l’éloquence et du charisme du sénateur Obama. Point du tout. Ils ne trahiraient pas l’héritage de la haine pour des raisons aussi superficielles.

Non ils ont simplement trouvé en face une personne qu’ils haïssent davantage et qu’ils ne supporteraient pas à la maison blanche : Hillary Rodham Clinton. Elle est WASP peut-être la Hillary, mais ça ne suffit pas. la haine qu’elle suscite dans l’aile la plus à droite des conservateurs se concrétise par ce soutien à Obama. Le don n’est pas fait pour Obama, le soutien n’est pas à Obama, il est contre la Clinton. La détestation que suscite la sénatrice Clinton est telle que les racistes congénitaux lui préfèrent l’image même de leurs plus grandes haines : une face de negro. Caramba ! Mais qu’es-ce qu’elle a bien pu leur faire la Hillary ? Je ne suis pas convaincue que le fait qu’elle soit une femme (même si ça hérisse bien des fondamentalistes selon lesquelles la meilleure rime pour femme est popote) soit la raison d’un tel déchainement. Il y a plus. Elle cristallise bien des haines.

Le soutien au sénateur Obama est donc le fruit du douloureux choix à faire entre la peste et le choléra, Madame Clinton placée plus haut dans l’échelle de leurs détestations remporte la palme de la haine et ouvre la porte à l’impensable soutien à un negro, voire nigger si l’on en reste à la sémantique poétique des vénérables membres du Klan.

Ecoutez parler l’un des responsables : » Ce gars va y arriver ! Mon Klan a fait un don d’environ 250 000 $ au fond de soutien à Obama. Tout vaut mieux que Hillary Clinton. Par l’enfer je préférerais adopter un enfant noir d’Afrique avant de voter pour Hillary »**** Tout en finesse n’est-ce pas ?

Noirs du monde entier unissions nous et donnons nous la main pour entonner une farandole. Demandons sans tarder la béatification de Hillary dans toutes les religions reconnues des hommes. N’a t-elle pas réussi l’exploit de faire envisager l’adoption d’un enfant noir par un membre du Klan, mieux encore un petit noir d’Afrique ? Je n’ose imaginer l’atmosphère aimante et propice à l’épanouissement pour le petit adopté. Angelina, Madonna et toutes les autres attention le marché de l’adoption du petit noir d’Afrique risque d’être saturé, le Klan est bientôt sur les rangs !

En attendant ils adoptent symboliquement le petit noir (Obama) venu d’Afrique par son père (Kenya), consacrent leur acte par le don d’un 1/4 de millions de dollars, plutôt que de voir Hillary Clinton à la maison blanche. Ah le couple Clinton et son cynisme politique. C’était bien la peine d’avoir des propos limites, voire un peu minables sur les noirs pour ne même pas récolter le soutien du Ku Klux Klan.

Décidément les valeurs d’antan se perdent. Clin doeil

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* http://www.dailysquib.co.uk/?c=117&a=1227

** Etat du Sud des USA.

*** White Anglo Saxon Protestant. Blanc, anglo saxon protestant. Voilà l’homme américain dans sa vérité et son unicité pour les membres du Klan.

**** Défenseur des droits civiques membre de la NAACP assassiné par un membre du Klan en 1963. Il avait 38 ans.

**** The boy’s gonna do it. My Klan group has donated up to $250,000 to the Obama fund. Anything is better than Hillary Clinton. Hell I’ll even adopt a black kid from Africa before I vote for Hillary. »



Sommes nous tous racistes ?

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Bonjour vous,

En allant sur un blog ami j’ai trouvé un texte qui a retenu mon attention. C’est l’extrait d’un livre d’Albert Memmi Le point de vue de Albert Memmi vaut la peine d’être rencontré parce qu’il apporte des éclairages qui m’apparaissent pertinents. Dès que le mot « racisme » est laché dans toute la laideur et la violence de ce qu’il véhicule, des replis légitimes apparaissent. Il est impossible que l’on porte en soi les semences de ce qui du Rwanda au Moyen Orient en passant par l’Afrique du Sud de l’Apartheid, le Dixie américain ou les fonctionnements des Etats coloniaux ont avili les hommes et les ont maltraités au non d’une infériorisation pensée, conceptualisée de l’autre.

Memmi en forgeant le concept d’hétérophobie ouvre à une réflexion sur soi et sur la société qui vaut la peine à mon avis d’être creusée. Il me semble qu’une lecture ouverte peut nous aider à débusquer ce sur quoi l’on ne s’arrête pas et y travailler. On ne peut pas passer son temps à faire l’autruche ou à botter en touche (wow l’image footbalistique je m’épate moi même ! Zizou sors de ce corps !Sommes nous tous racistes ? dans altérité 03) sinon on aura du mal à poser les bons diagnostics sur nos propres modes de fonctionnement et sur ceux de nos sociétés dans lesquelles le rejet de l’autre sur la base d’une différence structure de plus en plus les rapports sociaux. Rejet sur une différence de peau,de croyance, de statut, de partique, de codes sociaux etc. Les rejets de l’autre intériorisés si tôt que nous ne nous interrogeons plus sur eux, et nous en restons prisonniers sauf si la grâce passe par là et encore faudrait-il la laisser faire son oeuvre (ou la philosophie pour les puristes de la sacralisation de la réflexion et de l’intellect. Je ne vais pas me mettre à dos les laïques la veille d’un dimanche Cool ). Si vous ouvrez les yeux vous verrez les autruches de la grâce leurs longs cous graciles dans le sable fin des déserts de leurs refus de réfléchir. Il y a comme un refus de sortir de l’argument refuge du « l’enfer c’est les autres » pour se regarder un petit peu.

Votre avis (de préférence un peu plus loquace que « intéressant »04 dans Faits de société) sur ce qui suit m’aidera à faire avancer ma réflexion sur le sujet et permettre à mon long cou gracile (oui oui long et gracile non mais ! Merci de garder pour vous vos réflexions discourtoises sur la circonférence de mon cou pftfffft ) de sortir ma tête magnifique au demeurant du sable de mes présupposés entêtés. 03 dans Le racisme parlons-en

Je vous laisse découvrir le texte sur le blog de Titophe http://colonisation.blogspot.com/2007/11/141-sommes-nous-tous-racistes.html et j’attends vous réflexions .

Bonne lecture et amitiés



Combattre pour la dignité de l’humain : le combat permanent de Nelson Rolihaha Mandela

Je fais remonter un hommage à un homme que j’admire profondément, un homme dont la vie m’inspire, un homme en majuscule qui a su apprivoiser les tentations de la vengeance et de la haine pour embrasser la paix et la réconciliation. J’ai envie en cette période d’anniversaire du blog de mettre en lumière une vie que la haine de l’autre avait mise à l’ombre 27 années durant, un homme qui de sa prison projettait des rayons de lumière et d’espoir sur ceux qui espéraient en la restauration de la justice. Son peuple l’appelle affectueusement Madiba. Je l’appelle Madiba…

madibaetunenfant.jpg picture by maddyspace

 » Unanimement cité comme la personnalité la plus admirée au monde , l’ex-leader de la lutte anti-apartheid s’implique aujourd’hui dans la lutte contre le sida. « 

J’ai lu cette phrase dans un article d’un journal gratuit de la semaine dernière. Et j’ai en envie de parler de Lui, cet homme qui m’impressionne.

Pour ceux qui me connaissent où qui fréquentent cet espace depuis quelques temps savent que j’ai pour Nelson Mandela une admiration sans bornes et un profond respect. Il fait partie de ces hommes (j’utilise le mot homme dans son acception générique) qui m’inspirent et me donnent envie de me dépasser et d’espérer encore en une humanité plus belle. Que dire de cet homme qui a pris à bras le corps de combat pour la dignité de l’homme en Afrique du Sud. Il n’y a pas si longtemps, en Afrique du Sud, le fait d’être de race noire interdisait l’accès à la citoyenneté dans son expression la plus simple. Des hommes comme Steve Bantu Biko, Nelson Mandela et bien d’autre qui ont laissé pour certains leurs vies et pour d’autres leur liberté se sont battus et ont refusé de plier face à un régime intolérable. Nelson Mandela a offert à ce combat 27 années de sa vie qui ont fait de lui en son temps le plus vieux prisonnier du monde. Je me souviens du temps ou Johnny Clegg et Savuka nous offraient un  » Asimbonanga «  qui nous remuait et nous rappelait la longue absence de Nelson Rolihaha Mandela.

Je me souviens qu’alors, je ne pensais pas le voir vivant, même si j’espérais vivre la fin de l’Apartheid. J’ai déjà raconté dans un autre billet mon émotion quand le 11 février 1990, le héros, le symbole de la résistance de tout un continent, celui qui en refusant de plier ou de négocier a sapé le fondations d’un régime abject. Qui se souvient qu’en ce temps pas si lointain des résistants à ce régime se  » suicidaient  » de multiples balles dans le dos ? Ainsi est mort Steven Biko. Cet homme dont les résultats de l’autopsie sont une insulte à l’intelligence. Le régime confiant sur de la pérennité de ses fondations se moquait de livrer des résultats d’autopsie grossiers. Je me souviens qu’à l’époque quand on était camerounais la République Sud Africaine était l’un des deux pays dans lesquels on n’avait pas le droit de se rendre. Je me souviens que la prise de conscience de l’existence de ce régime m’est venue à la lecture du contenu de mon premier passeport. L’Apartheid avait fait de la république sud africaine une tâche honteuse, une souillure sur le continent africain et sur les consciences du monde.

Johnny Clegg ! Je le revois virevoltant sur les plateaux de télévision. On l’appelait à l’époque le Zoulou blanc. Il demeure à mes yeux un visage qui montrait que la partition de l’Afrique du Sud cachait des femmes et des hommes blancs qui résistaient de l’intérieur à la négation de la citoyenneté voire de l’humanité à ceux qui étaient de race différente. Il y a eu des hommes comme Donald Woods ami de Steve Biko. Il y a eu bien des blancs qui ont dû s’exiler loin de l’Afrique du Sud parce qu’ils n’acceptaient pas de profiter des privilèges réservés aux blancs que leur offraient le régime tandis que des déclassés de fait perdaient la vie, l’espoir et des membres de leurs familles dans les ghettos de Soweto et d’ailleurs.

Johnny Clegg était pour moi et pour d’autres sûrement l’antidote au manichéisme racial dans lequel il est facile de tomber en réponse à l’abjection d’un régime raciste. Merci à ces hommes et femmes qui ont offert ces visages de la résistance blanche à l’Apartheid nous permettant de ne pas rejeter les hommes en retour.

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Faisons un voyage dans un passé pas si lointain pour nous remémorer ce qu’était l’Apartheid.

Qu’était en fait ce régime ?

L’apartheid (mot afrikaans ou néerlandais emprunté du français, signifiant  » le fait de tenir à part  » ) est une politique de ségrégation raciale mise en place à partir de 1948 en Afrique du Sud par le Parti national afrikaner, et abolie le 30 juin 1991. La doctrine de l’apartheid s’articule autour de la division politique, économique et géographique du territoire sud-africain et de la population sud-africaine répartis en quatre groupes ethniques distincts (Blancs, métis, Bantou, Indiens) et la primauté de la communauté blanche.

Par extension, le terme peut également désigner toute politique de ségrégation.

La politique d’apartheid est l’aboutissement du nationalisme afrikaner débuté dès la fin du XVIIème siècle, magnifié par le Grand Trek et la guerre des Boers. Il s’agit pour les Afrikaners d’asseoir définitivement le contrôle de leur communauté sur l’ensemble de l’Afrique du Sud.

Minorité raciale, les Afrikaners sont cependant la communauté blanche la plus importante du pays. La politique d’apartheid a été pensée d’abord via le seul prisme des intérêts de leur communauté avant d’y englober les seules autres communautés blanches du pays.

Les principales lois d’apartheid

  • Loi sur l’interdiction des mariages mixtes (1949)
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  • Loi d’immoralité (1950) pénalisant les relations sexuelles entre blanc et non blanc.
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  • Loi de classification de la population (1950), distinguant les individus selon leur race.
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  • Loi d’habitation séparée (le fameux Group Areas Act du 27 avril 1950), répartissant racialement les zones urbaines d’habitation.
  • Loi sur les laissez-passer (‘Pass Laws Act’) de 1952 faisant obligation aux Noirs ayant plus de 16 ans d’avoir sur eux un laissez-passer en l’occurrence un document ressemblant à un passeport qui stipulait s’ils avaient une autorisation du gouvernement pour être dans certains quartiers.
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  • Loi sur les commodités publiques distinctes (1953), ségrégant les toilettes, fontaines et tous les aménagements publics.
  • Retrait du droit de grève aux travailleurs noirs, interdiction de la résistance passive (1953).
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  • Loi de relocalisation des indigènes (Native resettlement Act de 1954) : permet de déplacer les populations noires vivant en zones déclarées blanches.
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  • Loi sur le travail et les mines (1956), formalisant la discrimination raciale dans le monde du travail.
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  • Loi sur la promotion de gouvernements noirs autonomes (1958), créant les bantoustans sous administration des non blancs.
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  • Loi de citoyenneté des noirs des homelands (1971), retirant la citoyenneté sud-africaine aux noirs issus de communautés ethniques relevant de bantoustans déjà créés.
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  • Décret sur l’Afrikaans (1974), obligeant toutes les écoles, même noires, à dispenser en afrikaans tous les enseignements de maths, de sciences sociales, d’Histoire et de géographie du niveau secondaire.
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  • Loi sur l’interdiction aux Noirs l’accès à la formation professionnelle (date)
  • (La définition de l’Apartheid et les principales lois générées par ce régime sont tirés de http://fr.wikipedia.org/wiki/Apartheid site à visiter pour plus d’informations)

Est-il besoin de redire que ce régime était immonde ? En revisitant ces lois je suis consternée et en même temps je me dis que même un régime démocratiquement élu peut engendrer des choses innommables. En regardant quelques unes de ces lois intolérantes et intolérables je ne peux que m’incliner respectueusement devant ceux qui ont renversé ce régime par la résistance intérieure et extérieure. Merci à la grande Miriam Mabeka qui a porté dignement et douloureusement par un exil forcé la résistance à l’indigne apartheid. Merci aux visages connus et inconnus de la résistance. Merci à ceux qui n’ont cessé de permettre à la voix des opprimés d traverser les barbelés derrière lesquels étaient retenues les espérances d’enfants noirs des ghettos de Soweto. Merci à Desmond Tutu et aux autres et merci à mon héros, Nelson Mandela dont le sourire malicieux et les yeux rieurs me rappellent que la vie triomphe de la mort, la liberté de la prison, l’espoir des désespérances. Madiba, héros contemporain, visage de la dignité de la grandeur et de l’humilité, visage d’un combattant des temps modernes.

Mandela, en sortant de 27 ans de captivité fait un discours qui est la répétition de son dernier discours lors du procès de Rivonia  » J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. J’ai rêvé d’une société libre et démocratique, où tous le monde vivrait en harmonie avec des chances égales. C’est un idéal pour lequel je veux vivre et que je veux réaliser. Mais s’il le faut, c’est aussi un idéal pour lequel je suis prêt à mourir « .

Mandela reprend ses derniers mots d’homme libre pour se les réapproprier en homme de nouveau libre. Les vingt-sept années n’ont pas flétri l’idéal qui l’a conduit à renoncer à la liberté. La reprise de ce discours, cette réappropriation de ses propres mots après avoir subi les pires privations et des traitements odieux du régime de Pretoria n’est pas anecdotique. Dans une population sud africaine noire assoiffée légitimement de vengeance Monsieur Mandela rappelle que la lutte qui l’a conduit en prison est contre la domination blanche et aussi contre la domination noire. 27 ans de vie volée plus tard, Nelson Mandela , celui dont la porte de prison portait le numéro 46664 est prêt à donner sa vie pour qu’aucune race ne domine sur l’autre. Bravo à lui ! TY_5.gif image by maddyspace

Nelson Mandela, en accord avec ses principes et dans un respect scrupuleux de sa parole n’a été président que le temps d’un mandat et il est retourné à la vie civile laissant dans son sillage un respect qui ne passe pas. Aujourd’hui, âgé de 89 ans, le combattant pour la dignité de l’homme n’a pas désarmé. Il a pris à bras le corps un autre combat. Combat contre un mal qui a infecté environ 22% de la population de son pays par le HIV. Dans un monde et plus particulièrement sur un continent sur lequel le tabou du sida est encore très prégnant, il a brisé la loi du silence en 2002 en confiant que trois membres de sa famille étaient séropositifs. Il y a deux ans, ce mal terrible a emporté l’aîné de ses fils. Ecoutez les mots du combattant qui prend le pas sur le père éprouvé et déclare le lendemain de la mort de son fils  » il faut rendre ce virus public et ne pas le cacher, parce que la seule façon de le considérer comme une maladie normale, comme la tuberculose ou le cancer est d’en parler et de dire que quelqu’un est mort à cause du sida. Et les gens arrêteront e le voir comme quelque chose d’extraordinaire « . Mandela sublime sa douleur pour embrasser celles de toutes les autres familles marquées par la maladie. Il publicise sa douleur intime pour briser le joug de la honte et participer à rendre au malade, à ‘humain la dignité que lui nie la maladie et le regard que l’on porte sur celle-ci. Respect !

Aujourd’hui le combat pour la dignité de l’homme que porte Nelson Mandela est celui de la dignité des malades du sida et de leur accès aux soins. Il a épousé ce combat avec une telle conviction qu’au travers de la fondation qui porte son nom, il récolte des fonds de par le monde pour mener à bien ce combat. La conviction de l’homme, l’importance de ce combat, la place qu’il lui donne est telle que Nelson Mandela a donné à sa campagne de sensibilisation sur le sida le numéro de sa cellule de prison, le n° 46664. En revisitant sa vie et ses combats, même de manière sommaire je me dis que mon cœur ne s’est pas trompé en tombant en admiration devant cet homme. Mes respects à cet homme dont le sourire plein de vie est à lui seul un message d’espoir pour ceux qui sont encore retenus ça et là dans des chaînes de servitude physique et/ou mentale.

Nelson Mandela un héros de notre siècle…

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14 02 2007



Hommage à un homme que j’admire : Martin Luther King Jr

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Ceux qui naviguent sur cet espace depuis quelques temps savent que dans mon panthéon personnel cet homme a une place de choix. Il est de ces hommes qui par leur vécu, leur combat m’ont appris que le racisme et la haine ne sont pas une fatalité. Il m’a appris par sa vie que ma liberté c’est de choisir de ne pas haïr. Il m’a appris qu’aimer son ennemi ne veut pas dire l’apprécier, mais choisir de ne pas laisser se lever en soi des détestations voire des  haines qui me rendraient aussi peu « aimable » que ceux dont les théories, les propos et les actions me mettent le coeur au bord des lèvres. La non violence commence par le fait de dompter les émotions négatives qui montent si facilement face à ce que l’air ambiant qui parfois est vicié fait monter à nos narines. Entre le bruit, l’odeur, l’ADN, et les attributs masculins chers à un certain animateur qui donnait la chance aux chansons mais pas toujours à l’intelligence,notamment celle du coeur, et encore moins au respect de l’autre enfermé dans une définition probablement née de ses fantasmes et de ses représentations de toute une race. L’exemple de Martin Luther King me rappelle qu’on peut choisir de ne pas répondre à la violence par la violence fut-ce celle des mots.

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Ne pas répondre par la violence…

L’exemple de MLK nous montre que ne pas répondre à la violence par la violence ce n’est pas pour autant courber l’échine et accepter l’innacceptable, mais c’est plutôt réinventer des moyens autres que la haine et la violence pour résister à la déshumanisation de l’autre, à sa réduction à un bruit, à une odeur, à une caractéristique physique, à une carnation, à une religion, une coutume, une lecture biaisée voire partiale d’une culture etc.

Ne pas répondre à la violence par la violence certes mais freiner des quatre fers pour résister à toute globalisation prédatrice de l’identité et du soi. Résister en soi, refuser de se laisser priver de sa dignité sans pour autant céder à la tentation d’utiliser les mêmes méthodes qu’eux. Ceux dont on estime les prises de position et les actions indignes.

Martin Luther King et le boycott des bus, Martin Luther King et la résistance passive à la discrimination. Martin Luther King, un modèle d’humain pour moi.

L’exemple de cet homme qui près de quarante après qu’une balle tirée par la haine l’ait soustrait à la vue des vivants, continue à me rappeler que je peux faire le choix de ne pas haïr, et mieux encore le choix d’aimer.

Il est bon en certaines saisons, quand tombent ça et là, les feuilles de la liberté, du respect de la dignité et de la considération de l’autre, de se repasser des vies qui nous sont données comme des modèles pour résister, et pour espérer encore en des lendemains meilleurs. Espérer parce qu’à l’intérieur de l’homme il y a une semence qui peut si elle reçoit les bons engrais offrir des êtres magnifiques. Imparfaits mais magnifiques.

Merci à la vie brève (39 ans seulement) et riche de Martin Luther King Jr qui est pour moi un défi permanent, un défi quant à ma capacité de réinventer sans cesse mon rapport à l’autre pour ne pas me perdre. Réinventer sans cesse mon regard sur l’autre pour résister à la haine par l’amour. Je vois en sa vie bien des traces de Celui qui inspirait sa vie et qui inspire la mienne. Honneur à Celui…

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Rêve de fraternité

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 L’égoïsme et la haine ont seuls une patrie

 la fraternité n’en a pas

Alphonse de Lamartine

Ils diront ce qu’ils veulent les chantres de la haine, du repli sur soi et de l’exclusion de l’autre sur le prisme d’une différence de carnation, d’accent, de croyance, ou d’expression. Ils peuvent parler les diffuseurs de haine et d’infériorisation de l’autre, mais qu’ils se replient ou pas, qu’ils se cabrent ou pas, nous sommes dans le 21ème siècle et l’hisroire est en marche, le monde est ouvert, l’Africain a pu rencontrer l’Asiate, le Caucasien a croisé l’Indien, la terre est métisse par essence et l’histoire est en marche. Les Antilles racontent un peuple qui est métis de ce métissage là, portant des ses racines l’Afrique, l’Europe, L’Asie.On y croise des personnes au teint chocolat dont la chevelure  trouve sa texture du coté des Indes. De belles personnes qui racontent le métissage des nations.

Le monde est ouvert et les vies et les cultures se rencontrent par l’amour, par l’amitié. Au travail, au lycée, au collège comme à la maternelle la différence qui s’asseoit à nos côtés nous raconté l’identité que nous avons avec elle. Dans les cours d’école Aziz joue avec Aminata, Abner, Gaelle et Ling. Ils sont amis et leur identité ne se laisse pas arrêter par des considérations absurdes qui séparent les adultes. L’amour, le respect et l’amitié se teintent d’une couleur métisse, d’un magnifique arc en ciel ou les couleurs et les identités ne se perdent pas mais se subliment et se mettent en valeur les unes les autres. Celui qui est mon frère n’a pas nécessairement ou exclusivement ma couleur de peau mais il a un coeur dans lequel le mien se reconnaît.Il a des valeurs dans lesquels je me reconnais.

Ils peuvent vomir leur mépris et leur haine ces nostalgique d’un ordre ancien qui était désordre de l’humanité et de la fraternité, les mains continuent à se tendre les unes vers les autres, les murs continuent à tomber, les différences se rencontrer et se respecter. Ils peuvent parler, discourir, invectiver mais ils s’essoufleront avant que meurent la fraternité, le respect et l’accueil de l’autre. Ils s’essoufleront les premiers parce l’amour leur survivra tout simplement parce que l’amour ne périt jamais.

Ils peuvent s’ébrouer ils ne tueront pas mon rêve de fraternité et la stupidité affirmée d’une personne ou d’un groupe de personnes, pas plus que ses propos odieux ne me pousseront à exclure toute une part de l’humanité sous prétexte qu’elle porte le même vêtement, la même couleur de peau que l’abruti précédemment mentionné. Le coeur et l’âme m’importent bien plus qu’un vêtement qui nous a été attribué sans que nous ne l’ayons choisi, un vêtement que l’on appelle la race. Et derrière l’arc en ciel des couleurs des êtres, il y a une couleur fantastique qui peint les coeurs que j’aime : celle de l’amour, du respect, de la générosité, et de toutes ces choses qui font à mes yeux la vraie valeur de l’humain.

Et mon rêve de fraternité n’est pas un rêve, il est la réalité d’une histoire en marche. Qu’on se le dise.

 

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Savez-vous que ? Une histoire du racisme et de la xénophobie au quotidien

Savez-vous que l’autre jour en sortant de chez moi je me suis fait agresser verbalement par un homme qui a utilisé des mots abjects pour me signifier que je n’étais pas chez moi et que je devais par conséquent rentrer dans ce chez moi qu’il devinait hors d’ici à la couleur de ma peau ? L’homme n’avait ni l’excuse de l’extrême jeunesse ni celle qu’on prête à l’âge avancé qui déraisonne. C’était un homme jeune d’environ vingt-cinq ans qui n’a rien trouvé de mieux à faire qu’agresser verbalement une femme un matin. Propos outranciers et grossiers, déversement d’une haine plus grande que lui. Savez-vous qu’un jour en sortant du RER à la station Nation j’ai croisé une dame d’un certain âge qui faisait la manche. Je lui ai donné une pièce et il s’est produit une chose surréaliste. La femme s’est mise à m’insulter et à vociférer contre « la m… qu’avait ramenée le Général de Gaulle d’Afrique ». Elle me sommait avec haine de rentrer chez moi. Violence de mots sur un quai de gare. Histoire banale d’une personne dite « de couleur » (expression que soit dit en passant, j’exècre), face à la violence des mots. Histoire banale parce qu’elle se répète prenant des visages différents mais portant la même violence et les mêmes séismes. Histoire qui devient répétitive, qui se banalise dans les faits mais à laquelle je ne peux m’habituer.

 

 

Pour revenir à ce jeune homme et à cette dame d’un certain âge qui m’ont envoyé mon altérité pour l’un et mon africanité pour l’autre à la figure comme une insulte obscène. Ils se sont basés sur ma couleur de peau pour déduire que je n’étais pas d’ici. Tiens tiens !!! En se basant sur la couleur de peau d’une femme à Paris, un homme et une femme d’âges différents en on conclu qu’elle était d’ailleurs et devait y retourner. Aïe ! ça cache un présupposé effarant si l’on sait que l’être français n’est pas le fait d’avoir une couleur de peau.

 

 

Je peux décider de me cacher derrière la raison pour laisser derrière moi la dimension émotionnelle de l’offense mais je n’en ai pas envie parce que la banalisation de la parole raciste n’est pas qu’un fait divers lu dans la presse, rapidement dénoncé, le temps de remettre la tête dans le sable comme une autruche en se répétant « tout va bien, le racisme est marginal dans la société » au point de finir par y croire. Oui mais la vérité est qu’il n’est pas marginal, il l’est de moins en moins, des femmes et des hommes s’autorisant impunément la parole qui blesse, agresse et/ou humilie l’autre. Il se trouve que cette banalisation affecte le quotidien de plusieurs personnes. Moi je ne suis qu’un épiphénomène, une goutte d’eau dans l’océan de cette violence verbale qui parfois se transforme en actes.

 

 

Je me souviens que le jour où le charmant monsieur dont je parlais plus haut m’a agonie sa haine matinale, ma hantise était qu’il sache où j’habite (je n’étais qu’à quelques mètres de chez moi) et qu’il revienne convertir ses mots en violence physique. Le problème c’est que je ne suis pas capable de le reconnaître, je le croiserais que je ne le reconnaîtrais pas. Il était dans mon environnement de vie. Ce n’est pas rassurant. Je veux croire que je ne le croiserais plus.

 

Je ne peux pas brider les émotions que l’on ressent dans un tel cas et prétendre constamment atteindre des sommets de « zenitude ». La violence du racisme entraîne des déflagrations internes dans celui qui en est la victime.

 

Le racisme au quotidien c’est entendre un agent de la préfecture de police au service des étrangers me dire du temps où j’étais étudiante « pourquoi faire autant d’études puisque dans votre pays on peut être ministre avec le BEPC ». Le racisme au quotidien c’est de rester pétrifié devant cette femme qui se trouve drôle et qui pourtant ne l’est pas, et qui éclate de rires aidée de ses collègues dans un absolu sentiment d’impunité. Elle a le pouvoir, je mendie le droit de rester en France à ses yeux. Peu importe si j’ai tous les documents nécessaires eu renouvellement de mon titre de séjour, elle se sent en position de tenir des propos humiliants pour moi et pour mon pays. Le racisme au quotidien c’est ne pas pouvoir dire les mots qui me montent aux lèvres parce qu’elle a le pouvoir administratif de me pourrir la vie de différentes manières et a de fait développé la détestable mentalité de « petit chef » dont nous sommes tous un jour victimes à un moment où à un autre. Ca fait plus de quinze ans , et son visage ne m’a pas quittée. Le racisme au quotidien c’est sortir d’un service public avec ce sentiment d’humiliation et d’impuissance, c’est de ravaler sa colère et ses larmes éventuelles, de redresser la tête et de se dire que ça ne nous atteint pas. Le racisme au quotidien c’est n’avoir commis aucun délit et ne pas se sentir protégé quand la police déboule de peur d’être criminalisé par sa couleur. Les conséquences du racisme au quotidien c’est l’intériorisation de cette insécurité comme allant de soi. Les conséquences du racisme au quotidien c’est le sentiment qu’il faut raser les murs pour être toléré.

 

Le racisme au quotidien c’est d’entendre quelqu’un me dire « oui mais toi tu n’es pas comme les autres, tu n’as pas d’accent (j’en ai un désolée et je l’assume d’autant plus qu’il me raconte, il raconte mes origines et l’endroit où je vis, il est une synthèse de la personne que je suis avec ses voyages et son histoire), tu ne t’habilles pas comme eux. En un mot « toi au moins tu es une africaine acceptable ». Le pire c’est que ceux qui disent ces mots ne réalisent même pas que ce n’est pas un compliment, mais que c’est une offense absolue. Mon africanité n’est pas une tare, ni une injure n’en déplaise aux abrutis. Mon rêve secret n’a jamais été de m’en défaire, n’en déplaise aux sots.

 

Alors quand j’entends de certains hommes politiques et intellectuels irresponsables qui criminalisent à mots couverts les origines et la culture des autres je trouve ça de plus en plus insupportable. Je voudrais crier que derrière la figure de l’immigré, investi aujourd’hui à tort de la responsabilité de bien des problèmes de la nation, il y a des humains désécurisés au quotidien par la levée de tabous qui libèrent l’expression de la haine.

 

Derrière la figure de l’immigré « vorace et dangereux » pour le pays qui l’accueille il y a des personnes qui ont eu la faiblesse d’aimer un pays d’accueil et de vouloir construire une histoire commune avec lui. Derrière la figure du « profiteur » décliné sous toutes les formes dans les meetings politiques, il y a des individus qui ont une histoire autre que celle caricaturée par ces personnes aspirant aux plus hautes fonctions de l’Etat et qui sans gêne nous instrumentalisent pour être élus sans se soucier de l’humain derrière le mot tant galvaudé de l’immigration. Derrière cette figure, il y a moi et il y a d’autres qui vivent cette campagne électorale comme un doigt accusateur pointé sur eux comme cause de tous les maux qui prennent aux « ayant droit » travail et logement. Savez-vous que je me suis surprise à me sentir fautive d’avoir un travail ? A force de mots, à force de violence, voici un exemple de ce qui est semé dans un cœur d’humain derrière la figure de l’étranger prédateur. Les hommes politiques véhiculent sans vergogne ces images d’Epinal et monsieur et madame tout le monde fragilisé par la misère et la peur du lendemain ou nourri au biberon des thèses haineuses se sentent libres de tagger les murs d’un médecin dont la « faute » est d’être noir, d’insulter une personne qui vous fait l’offense de lui faire l’aumône alors qu’elle n’est que cette « m… ramenée d’Afrique par que général de Gaulle », ou de vomir sa haine matinale sur une femme qui sort de chez elle pour aller travailler.

 

J’en ai vécu des campagnes électorales en France, mais je ne vous cache pas que celle- ci m’est la plus intolérable. Pourtant il y a eu le 21 avril 2002. Il y a eu l’amalgame honteux et sournois entre immigration et insécurité. Le problème c’est que dans l’esprit de plusieurs aujourd’hui les deux mots se confondent comme une évidence criminalisant l’altérité. Jusques à quand ? Ils ont gagné les vecteurs de haine, mes regards se tournent vers un ailleurs parce et je sais qu’à terme, pour mon propre salut je partirai. Pourtant ce pays j’avais choisi d’y rester parce qu’il avait, et continue d’avoir un place particulière dans mon cœur. Tant pis pour une histoire d’amour apparemment à sens unique entre ce pays et moi. Tant pis pour les murs d’incommunicabilité érigés à coup de phrases et de bon mots par le monde politico médiatique. Je ne veux pas porter la figure du parasite, je refuse de l’intégrer. Partir pour ne pas périr, ou au moins rêver d’un ailleurs pour ne pas être détruit et se dire qu’une autre vie reste possible. Dérisoire refuge de l’altérité.

 

C’est le coup de gueule d’une personne sans voix et sans visage et qui n’a aucun poids ni aucune importance dans les enjeux du moment, mais qui existe, oh oui qui existe derrière le fantasme et les généralisations absurdes et imbéciles.

 

Paris le 31 mars 2007

 



Quelques citations sur le racisme

 « Le racisme est bien l’infirmité la plus répugnante parmi les diverses laideurs de l’humanité ». Claire Martin

 « Toute espèce de racisme conduit inévitablement à l’écrasement de l’homme ». Jean-Paul II  « Le sexisme et le racisme commencent par la généralisation, c’est à dire la bêtise »  Christiane Collange « Ne composez jamais avec l’extrémisme, le racisme, l’antisémitisme ou le rejet de l’autre » Jacques Chirac 



En France et en Belgique des actes racistes intolérables

Les murs d’un médecin noir du Pas de Calais recouverts de Tags racistes

 

Le Dr Thierry Zanfonhouede, un généraliste d’origine béninoise s’est installé à Villers-au-Bois, dans le Pas-de-Calais, il y a quatre ans. Quatre ans qu’il vit avec son épouse dans ce village de 500 âmes où, selon le maire Jean-Pierre Blancart, « il ne pose de problèmes à personne et où personne ne lui pose de problèmes« . « Il est parfaitement intégré, ça se passe très bien, c’est un homme charmant« , martèle le maire. L’élu de gauche soupire, un ange passe dans le fil du téléphone. « Ça se passait très bien jusqu’à samedi à 4h15 du matin. » A 4h15, des « couillons » selon les mots du maire qui n’en trouve pas d’autres pour décrire « le niveau zéro de l’intelligence« , des « couillons » donc, ont couvert la maison du médecin de tags racistes : des slogans en allemand et des signes nazis. Un cocktail molotov a également été balancé dans le jardin du médecin. Un voisin ayant entendu la déflagration a prévenu les secours, personne n’a été blessé.

 

La même chose il y a deux-trois ans « Je suis scandalisé et je peux vous dire que nous mettons tout en oeuvre pour retrouver le ou les auteurs de ces actes« , a déclaré à l’AFP le procureur, Jean-Pierre Valensi. « Malheureusement, il n’y a pas de témoin« , a-t-il ajouté. La gendarmerie indiquait lundi enquêter en « vérifiant certains emplois du temps« . « Quand on n’a que des sigles connus de tout le monde c’est une chose, mais là ce sont des inscriptions particulières« , qui nécessitaient une certaine connaissance de l’allemand, a-t-on ajouté de même source. Selon le maire, des faits similaires étaient survenus il y a deux-trois ans. Cette fois, c’était la maison d’un Algérien qui avait été visée mais sans cocktail molotov. « Lui aussi vivait dans le village, il était très bien intégré« , se souvient l’élu.

 

Une voisine du Dr Thierry Zanfonhouede avait appelé à un rassemblement lundi en fin d’après-midi devant la maison du médecin. « Il n’a pas souhaité effacer les tags, précise le maire. Il faut que ça se sache. Dans le climat actuel où certains revendiquent des tas de choses sur la nationalité, le droit du territoire, j’en passe et des meilleurs, il faut en parler. Il faut que les gens sachent que dans les petits villages aussi, qui n’ont pas de cas sociaux, pas de difficultés particulières, il y a aussi un racisme ordinaire, barbare… Et je ne sais pas si les mots sont suffisants ici… »

 

Source LCI

 

En Belgique, mariages blancs contre le racisme Par solidarité avec le maire-adjoint noir, «boycotté» par certains couples, 1 200 personnes se sont unies mercredi dans sa ville de Saint-Nicolas.

 

Le vent, le froid et les giboulées n’ont pas gâché la fête. Ils étaient plus de 1 200, mercredi soir, sur la grand-place de Saint-Nicolas, ville de 70 000 habitants située entre Anvers et Gand, venus pour un mariage de masse contre le racisme. A 20 heures, sous le carillon de l’hôtel de ville, le premier maire adjoint noir de Flandres, Wouter Van Bellingen, est apparu en chemise blanche et veston rose. «Je vous déclare unis par les liens du mariage», a-t-il déclaré à la foule, dans un néerlandais marqué par l’accent de la région d’Anvers, avant d’embrasser sa femme. Ce geste symbolique a été fait en présence de 626 couples, parents et amis, venus lui témoigner leur sympathie. Riposte médiatique. Tout a commencé en décembre, lorsque deux fiancés de Saint-Nicolas ont refusé d’être unis par un Noir. Un deuxième, puis un troisième couple, en février, ont eux aussi renoncé au mariage, plutôt que de passer devant monsieur le maire, un échevin d’origine africaine. Wouter Van Bellingen, 34 ans, aurait pu s’en offusquer. Au lieu de poursuivre les mauvais coucheurs devant la justice, ce candidat du parti de centre gauche Spirit, élu lors des dernières municipales, en octobre, a pensé à une riposte plus médiatique.

 

Né en Belgique d’une mère rwandaise, adopté à la naissance par un couple belge de Saint-Nicolas, Wouter Van Bellingen a préféré l’idée d’une grosse fête, suggérée par ses amis. Pourquoi ne pas célébrer un gigantesque mariage, avec musique, kermesse et buffet multiracial ? L’initiative, qui a plu au maire, a été fixée au 21 mars, date de la commémoration du massacre de Sharpeville, en Afrique du Sud, et journée mondiale de lutte contre le racisme. L’événement a été soutenu avec ardeur par le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, une structure nationale qui dépend du Premier ministre. «Il n’y a jamais eu de société monoculturelle, il faut oublier ça», a déclaré Jozef De Witte, le directeur de ce centre, qui a fait le déplacement à Saint-Nicolas. Sur la grand-place, des couples de tous les âges et tous les horizons lui ont donné raison. Sous un ciel bas, parapluie en main, ils ont fait la queue pour s’inscrire, certains emmitouflés, d’autres en tenue de soirée ou de mariage. «Notre réponse au racisme bête et méchant, c’est que nous voulons être mariés par un Noir», témoigne un grand blond, employé de poste, son épouse à son bras et une rose à la boutonnière.

 

«Comme nous avons vécu en Afrique et que nous avons fêté nos vingt-cinq ans de mariage hier, ça nous a paru normal de venir», explique un médecin venu d’Anvers avec sa femme, infirmière. «La Belgique est aussi faite de gens comme nous», souligne Idrissa, un Sénégalais venu de Bruxelles, avec sa femme belge, tous deux en tenue africaine. «L’autre visage». A Saint-Nicolas, mercredi, il n’y avait guère de place pour les râleurs. Les commerçants ont été de la partie, deux boulangers ayant confectionné un gâteau de cinq mètres sur cinq, pour l’occasion. «Voilà comment un incident négatif provoqué par des racistes stupides est devenu un signal positif», s’est félicité Freddy Willockx, le maire, devant les nombreuses caméras de télévision, venues de toute l’Europe. «A Saint-Nicolas, il n’y a pas d’autre maire adjoint disponible pour célébrer les mariages», a-t-il répété. Wouter Van Bellingen, de son côté, a tenu à «garder la porte ouverte» à tous ceux qui voudraient se marier. Dans une région qui vote à 20 % pour le Vlaams Belang («intérêt flamand»), un parti d’extrême droite, cet élu local a réussi à montrer l’ «autre visage» de sa ville.

 

Par Sabine CESSOU

 

Source LIBERATION



Continuer de rêver.

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« Je rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère. Je fais aujourd’hui un rêve !

Je rêve que, un jour [...]  les petits garçons et petites filles noirs, les petits garçons et petites

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filles blancs, pourront tous se prendre par la main comme frères et sœurs. Je fais aujourd’hui un rêve ! »

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Martin Luther King Junior

Cultiver le rêve pour que ne triomphe pas le cauchemar.

Rêver une humanité belle et fraternelle.

Parfois c’est difficile, quelquefois douloureux. Quelquefois l’espérance sous le poids de la bêtise, de la haine et du reste, se replie et se surprend à renoncer.

Puis je me souviens d’un sang, sur un balcon d’Atlanta, versé dans la rencontre de la haine et de l’amour. Par la rencontre d’un homme qui aimait, tombé sous les balles de la haine. Celui qui aimait est tombé. L’amour n’a pas pu mourir. L’amour a triomphé de la haine, par delà le sang versé.

Je me souviens aussi de cet autre homme, il y a bien longtemps, tué dans un théâtre, sur une impulsion haineuse, parce qu’il avait osé rêver l’humanité par delà la race, belle et fraternelle. Il avait osé rêver son pays différent.

Je me souviens de ces autres hommes et femmes courageux, qui ont mis leurs vies, au service de ce rêve.

Alors je rêve encore, par delà le cauchemar, et nourris mon espérance de ces vies magnifiques qui ont su s’offrir pour ne pas renoncer, à un rêve plus grand que les limites de leurs vie.

Alors je rêve encore.  Et j’espère continuer à rêver, la tête hors des flots de la haine, du racisme et de la bêtise.

Il paraît que le rêve est l’apanage de l’humain. Alors je fais un rêve.

Hommage aux femmes et aux hommes qui nous ont précédé et qui donnent tout leur sens aux locutions fraternité, égalité, et liberté.

Et si au delà du slogan on essayait d’aller à la rencontre du sens de ces trois mots superbes ?

Pourvu que la jeune génération fasse mieux que la mienne.

J’en rêve. J’en rêve encore.

A bout de souffle je rêve.

 



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