Protégé : Dans les coulisses de soi : épisode 45

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Protégé : Dans les coulisses de soi : épisode 44

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Protégé : Dans les coulisses de soi : épisode 43

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Protégé : Dans les coulisses de soi : épisode 42

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Protégé : Dans les coulisses de soi : épisode 41

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Protégé : Dans les coulisses de soi : épisode 40

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Protégé : Dans les coulisses de soi : épisode 39

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Protégé : Dans les coulisses de soi : épisode 38

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Dans les coulisses de soi : épisode 37

Ma’a Kélé avait connu mes parents par ricochet. Elle les avait rencontrés chez tatie Crescence dont elle était la cousine. Elle était l’une des rares personnes de sa famille à ne l’avoir pas frappée d’ostracisme après son mariage avec un blanc. Elle avait gardé le contact avec sa cousine, bien que vivant à Libreville au Gabon avec son époux et ses enfants. Un rapatriement aussi brutal que traumatisant les avaient ramenés au Cameroun sans rien. Ils avaient été chassés du Gabon par une poussée xénophobe vis à vis des Camerounais. Ces poussées de xénophobie parsemaient les relations entre les immigrés Camerounais et les Gabonais. Ma’a Kélé et sa famille étaient revenus traumatisés bien décidés à ne pas retourner dans le pays où son époux avait été battu au point d’être ensanglanté. Elle se souvenait n’avoir rien pu faire alors que des autochtones vidaient leurs villas en les narguant. Elle avait peur pour ses enfants, particulièrement pour ses filles. Alors qu’avec d’autres rapatriés sa famille et elle étaient parqués à la maison du parti de Douala, tatie Crescence et son époux était venus les chercher. Cette dernière ayant eu vent du rapatriement de Camerounais du Gabon avait tout fait pour les retrouver. Elle les avait hébergé le temps qu’ils se retournent et avait sollicité ses relations pour que Clémentine et son époux puissent trouver du travail. Mon père avait appuyé la candidature de l’époux dans son entreprise et ma mère avait aidé au recrutement de Ma’a Kélé dans la banque où elle travaillait. Ma’a Kélé avait commencé comme secrétaire et, en fin de carrière elle était secrétaire de direction, assistante personnelle du directeur de la banque. Elle avait une immense gratitude vis à vis de mes parents et estimaient abusivement qu’ils leur avaient sauvé la vie. Je pense en effet que Ma’a Kélé a une force vitale incroyable et avec ou sans mes parents elle n’aurait pas été vaincue par l’adversité. Sa force face à une maladie invalidante était la preuve qu’elle était plus forte que les tribulations. Elle est de ces femmes dont le sourire et le rire sont une gifle donnée au malheur et à la souffrance. Cette femme est admirable. Mes parents avaient aidé la famille Ngono à peine quelques semaines avant l’accident. ils n’avaient eu le temps que de se voir, mais pas de se connaître, mais dans le cœur de cette famille Mal et Servanne avaient une place d’honneur. C’est avec émotion que j’ai appris qu’elle veillait à l’entretien de la tombe de mes parents, faisant couper les mauvaises herbes par Athanase. Je n’en revenais pas qu’elle ait porté ou fait porter des fleurs sur leur tombe à chaque date anniversaire de leur mort. Ma’a Kélé se souvenait de l’enterrement de mes parents et de la petite fille égarée qui s’accrochait à la main de tatie Crescence. Comme sa cousine, elle s’était souvent demandé ce que je devenais et avait espéré pouvoir me rendre un peu de ce qu’elle devait à mes parents. C’est grâce à elle que j’ai su que la pierre tombale de mes parents avait été payée par Tatie Crescence et son époux. J’étais heureuse et émue que mes parents aient laissé de jolies traces dans les cœurs de ceux qui les avaient croisés et qu’ils aient suscité une indéfectible fidélité.

C’est en discutant avec Ma’a Kélé que j’ai appris que tatie Crescence avait essayé de garder le contact avec moi. Elle avait écrit de nombreuses lettres à tante Thérèse sans réponse et un jour les lettres lui étaient revenues dans une grande enveloppe sans avoir été lues. Bien déterminée à garder le contact avec la fille de sa Servanne elle avait persévéré, envoyant une lettre par semaine. L’entêtement n’était pas le trait le moins exacerbé du caractère de ma tatie. Exaspérée par ce harcèlement épistolaire venu du pays où sa sœur avait trouvé la mort, ma tante avait enfin répondu. Ma’a Kélé se souvenait parfaitement des cris d’enthousiasme de Tatie Crescence qui brandissait la lettre.

- La bonne dame se croyait têtue mais elle ne connaissait Crescence la fille Béti. Celui qui n’a pas encore croisé une fille Béti n’a pas encore rencontré une femme têtue. Je te dis ma fille la têtutesse (expression locale pour qualifier l’entêtement) habite chez nous et elle part seulement se promener chez les autres.

Les deux cousines avaient éclaté de rire mais à la lecture de la lettre sourires et rires avaient disparu pour faire place à la tristesse.

 

Ma tante lui signifiait par lettre que pour mon bien, elle ne souhaitait pas le maintien du moindre contact entre sa nièce et elle. Toute pérennisation d’un lien avec le passé serait selon les psychologues un lien avec le lieu de son plus grand choc et une porte ouverte à la dépression. Selon tante Thérèse, les psychologues auraient en effet déclaré que l’enfant avait besoin de s’adapter à son nouvel environnement pour avoir une chance de se reconstruire. Pour l’instant selon les psychologues disait ma tante, seule une rupture nette avec le passé maintiendrait le fragile équilibre de l’enfant. Plus tard, promettait-elle, quand Welly irait mieux, elle veillerait à la mettre en contact avec elle. Tatie Crescence avait cédé pour mon bien, sans imaginer une seconde que ma tante lui mentait. Elle avait pris le soin de communiquer ses nouvelles coordonnées à ma tante quand sa famille et elle s’étaient installés à Montpellier. Elle avait lancé une invitation permanente à venir la voir que ma tante ne m’avait jamais transmise. Fallait-il qu’elle m’ait haïe pour me priver de toute possibilité de recevoir de l’affection ?



Protégé : Dans les coulisses de soi : épisode 36

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