Eteindre la lumière des yeux d’un enfant

Il y a dans ma vie un petit garçon dans les yeux duquel je vois briller mille feux. Il est brillant, intelligent, beau, et dans ses yeux brillent mille feux. Ils brillent des feux de l’enfance et de cette lumière unique qu’il y a dans le regard d’un enfant heureux et épanoui. J’aime voir naître le rire au fond de ses prunelles avant qu’il affleure à ses lèvres et explose comme un feu d’artifice. C’est un enfant qui s’autorise des remarques surprenantes. Il sait pouvoir être lui-même parce qu’il est profondément aimé. L’amour est une fondation essentielle.

Cette lueur que je vois dans son regard est absente des yeux de bien des enfants. Des enfants en souffrance, des enfants maltraités, des enfants précipités trop vite dans une vie d’adulte. Il  y a une affiche dans une gare dans laquelle je passe régulièrement. C’est une affiche en lien avec une action humanitaire quelconque et un appel à des dons. Sur cette affiche, il y a une petite fille probablement africaine qui a dans le regard une gravité que l’on ne trouve même pas chez certains adultes. Ce regard me poursuit. Cette gravité me trouble et me bouleverse. Qu’est-ce qui a bien pu éteindre la lumière de son regard ? Qu’est-ce qui a mis dans les yeux d’une enfant un regard d’adulte triste ?

L’enfance maltraitée, l’enfance en souffrance, l’enfance trop vite responsabilisée perd cette part d’enfance qui allume les yeux d’un enfant de mille feux. Je ne connais pas l’histoire de cette petite fille. Mais s’il est une chose que j’espère après avoir été touchée par ce regard d’adulte perdu dans les yeux d’un enfant, c’est de ne jamais éteindre la lumière qu’il y a dans les yeux d’un enfant.

Personne ne devrait éteindre la lumière des yeux d’un enfant…

Bonne soirée  tous et amitiés



Planète en larmes dans un bain de sang

larme00.jpg picture by maddyspaceCe matin, dans la presse j’ai lu qu’il y avait eu deux attentats en Irak. Bilan : 62 morts et 182 blessés. Encore du sang, encore des larmes en perspectives pour des familles touchées et des vies brisées. Vous me connaissez, la machine à cogiter s’est mise en route et m’a conduite sur des rivages inattendus : un état des lieux subjectif de la planète.

Au Darfour : il y a une moyenne de 10000 morts par mois depuis 2003. 10.000 morts par mois !!! En janvier 2007 nous en sommes à 200000 morts au Darfour. Sinistre comptabilité. Derrière les chiffres, des hommes. Derrière les chiffres des larmes, du sang, des drames, de la douleur, des larmes de sang. Je me souviens du Rwanda, de la Bosnie, et d’autres épicentres de la douleur et de la sauvagerie humaine et je suis glacée d’effroi. Je pense à la Tchétchénie où les condamnations de principe de certaines voix de la communauté internationale restent en sourdine tant le son du cynisme économique et diplomatique résonnent fort et prime sur tout le reste.

Un conflit doit il être médiatique pour attirer l’attention des décideurs de la planète ? On parle certes aujourd’hui du Darfour mais au-delà du discours et de la condamnation de principe. 200000 êtres humains ont péri ! Combien de vies dévastées par ces drames ? Quel est le seuil international de tolérance à la barbarie, à l’intolérable ? J’entends l’écho des voix des familles brisées par la dictature chilienne longtemps soutenue par les USA. J’entends les pas de danses de ces femmes en Argentine qui pleurent leurs disparus. Femmes en larmes, familles brisées, planète en larmes.

Il y a bien longtemps, mes études m’ont conduite à plonger mes yeux dans la guerre civile libérienne et j’en suis sortie le coeur au bord des lèvres en colère et un peu désespérée. Désespérée de voir combien des enjeux et des réseaux d’intérêts contradictoires ouvraient la voie aux viols de femmes et d’enfants, à l’intoxication par des drogues de jeunes enfants qu’on désocialisait pour les transformer en machines à tuer. Désespérée de voir des états limitrophes armer des milices tout en oeuvrant à la pacification du conflit par la diplomatie. Viol d’enfance, viol d’innocence, entrée en barbarie, vies détruites sur l’autel des intérêts personnels des chefs de guerre. Je me souviens de l’élection du sinistre Charles Taylor. Il fait nuit sur la planète.

Face à ces chiffres,face à ces drames, les souffrances et tracas de notre quotidien deviennent relatifs car hormis quelques abrutis qui peuvent nous asséner ça et là des propos blessants ou globalisants, hormis aussi des cas particuliers de dérives individuelles dramatiques nous ne courons pas quotidiennement le danger de voir une voiture piégée exploser dans le voisinage ou de voir des kamikaze s’asseoir avec nous dans le bus. Ca relativise nos psychodrames quotidiens.

Je me souviens que l’on meurt au Congo, en Côte d’Ivoire, en République Centrafricaine et ailleurs. Je me souviens que l’Afrique verse le sang de ses fils sous la pression d’intérêts particuliers et/ou claniques et sous celle plus pernicieuse des intérêts pétroliers honteux qui ont n’ont aucun scrupule à soutenir des régimes indignes. Et je me souviens que le sang des enfants de Sierra Leone entoure de manière invisible le cou de bien des riches propriétaires de diamants de par le monde. Je pense à ces dictateurs sans foi ni loi qui livrent la planète aux larmes et la couvrent de sang. Je pense aux dictateurs occidentaux en habits de démocrates qui mettent en oeuvre leurs travers antidémocratiques loin de leurs pays, construisant des réseaux qui asservissent des populations entières. Je me souviens des basses oeuvres de la Françafrique et des réseaux Foccart et deleurs conséquences dramatiques sur l’Afrique francophone d’aujourd’hui. Je pense à eux, les donneurs de leçons qui sous des prétextes fallacieux participent à vider des pays de leurs richesses en maintenant sur place des chefs d’Etats d’opérette qui bâillonnent leurs populations et vident leurs jeunesses de tout espoir en l’avenir. Triste période sur la planète.

Je pense à ces femmes et hommes qui s’entassent dans des bateaux de fortune et que l’on retrouve morts au large de l’Espagne parce qu’ils ne voient en leurs pays que des fossoyeurs d’espérance et s’enfuient vers un ailleurs qu’ils espèrent meilleur. Un endroit qui recueille leurs corps avec une compassion anémiée. Douleurs d’Afrique, atrophie de l’espérance de ses enfants, larmes d’africaine sur sa terre blessée.

Je pense aux « fantômes » de l’ancien centre de Sangatte, fermé à grand renfort de tapage médiatique sans pour autant régler la situation sur le terrain mais plutôt en aggravant les choses. Je repense à la solitude des ces personnes errantes cherchant un débouché à leurs désespérances : la Grande Bretagne. Je pense à leurs regards filmés dont la flamme semble éteinte alors qu’ils tournent en rond dans la région du Pas de Calais, cherchant une porte de sortie à leur désespoir.

Je pense à ce dictateur grotesque qui tient captives les vies et les espérances de millions de Nord Coréens. Je pense à ces femmes, enfants et homme pour qui la faim est quotidienne et qui vivent un situation dramatique tandis que le dictateur ubuesque se repaît d’un culte de la personnalité hérité de son père fort grotesque lui aussi. Je pense à ces vies captives de la folie des hommes. Je me souviens des blessures d’Haïti. De Duvallier père et son fils piteux. Je pense au sang pas encore sec sur la terre haitienne, sang réactivé par des régimes nauséabonds comme celui de l’homme que l’on a cru bon à une époque, l’ancien dictateur Aristide sous le régime duquel la torture s’est nantie de raffinements intolérables. Je pense aux cris qui montent depuis le sang de ces vies blessées. Sur la terre se joue une allégorie du premier meutre biblique par l’écho du cri du sang versé.

Je me souviens du sinistre couple Ceausescu et de la souffrance infligée aux roumains durant des années sombres. Je me souviens de la vague d’espoir soulevée dans mon cœur au basculement des années 80-90. Je me souviens de la chute du mur qui divisait l’Europe et qui se tenait entre deux Europe comme une blessure, une tâche, une douleur. Je me souviens des peuples de l’Est accédant à la liberté. Je me souviens de Vaclav Havel image de la résistance et de la liberté. Je me souviens de Mstislav Rostropovitch jouant du violoncelle assis sur un chaise sur un pan du mur ce Berlin.

Je me souviens de Nelson Mandela marchant avec majesté vainqueur debout après avoir mis KO, avec ses compagnons de résistance un régime au delà de l’immonde. Je me souviens de son poing levé. Je me souviens de Mandela dansant sur un air de liberté. Je me souviens de ces images que j’ai regardées à la télévision derrière un voile de larmes émues. Je me souviens de ce temps où j’espérais de meilleurs lendemains pour la planète.

Mais voici, des cris de douleur montent par toute la terre. Des cris de douleurs viennent de la Palestine où des mamans serrent contre leur cœur leurs enfants tués. Des larmes inondent les visages de maman d’Israël à la suite d’attentats qui leur ont volé leur enfant. Moyen Orient en larmes dans un bain de sang.

Et j’entends le silence assourdissant du monde occidental et les précautions oratoires de ceux qui sont prompts à fustiger d’autres régimes. Je les entends se taire sur le régime chinois. Les intérêts économique liés à la probable prochaine puissance économique mondiale ont assourdi les cris de la place TienAnmen. Le marché prime sur l’humain. J’ai mal à la planète.

Et le compte des morts en masse grandit. La plus grande catastrophe naturelle est devenue l’homme lui-même, prédateur sanguinaire ou en col blanc de son prochain, alors qu’il se met au service de ses intérêts, des intérêts de son clan, tout cela au mépris de la vie, de cet essentiel qu’est la vie humaine.

Planète en larmes dans un bain de sang. Triste constat.

Bonne soirée à vous qui m’avez lue. Merci de vous être arrêtés et d’avoir accompagné mes cogitations déambulatoires.

 



Ca s’est passé vendredi, ça s’est passé en France, en janvier 2007 !!!

« Une femme sans domicile fixe, âgée de soixante-seize ans, a été retrouvée morte de froid,

Une femme sans domicile fixe, âgée de soixante-seize ans, a été retrouvée morte de froid, vendredi soir, près du Forum des Halles, à Paris. Surnommée « Mamie » par les habitants de ce quartier, la vieille dame a été retrouvée sans papiers. Elle errait dans les rues alentours du Forum depuis deux ans et personne ne connaissait son passé. »

http://www.humanite.presse.fr/journal/1996-01-01/1996-01-01-742149

J’ai trouvé cette brève sur le site du journal l’humanité ce soir après avoir été alertée par Patricia que je remercie. Ca m’a fait un coup au moral. Coup de blues face à cette misère là, dans un pays dans lequel les moyens existent pour sécuriser les processus de protection des populations fragiles. Je suis consternée par le fait que chaque hiver, des gens meurent de froid et que hiver après hiver, on soit surpris de voir le froid revenir et décimer des populations fragiles. Je suis triste parce que l’exclusion dans les sociétés post-modernes grandissent et que l’individualisme s’amplifie. Je m’interroge aussi par rapport à l’extraordinaire capacité de communication qu’offre Internet et je me demande si, discutant avec des personnes du bout du monde, échangeant des idées passionnantes certes, on ne court pas le risque de négliger des personnes autour que l’on ne voit plus. Je pense trop je sais, et vous n’êtes pas sensés être les spectateurs de psychanalyse en direct n’est-ce pas ? Encore que … Et la solidarité des bloggers alors ? Clin doeil

L’information précédemment citée m’a cueillie à froid aujourd’hui, peut-être aussi parce que toute la communication autour de la vie et l’oeuvre de l’Abbé Pierre me font réaliser que 50 ans après son appel de l’hiver 54, les pouvoirs publics ne se sont pas réellement donné les moyens de changer les choses. Quand j’entends qu’on veut donner son nom à la loi sur le logement opposable je dis ok. Oui mais après ? Oui mais au-delà de cette démarche symbolique ? J’ai entendu à la radio que cette loi l’Abbé Pierre l’a réclamée il y a 50 ans au moins. Arghhhhhhhhhh !!!!

Derrière quel autre homme ou femme à l’âme noble se cachera t-on pour se donner bonne conscience et ne pas changer structurellement les choses ?  Ce soir j’en ai gros sur le coeur parce que dans un pays qui a les ressources pour protéger ses enfants ça ne devrait pas arriver. je ne puis me résigner à trouver ça acceptable. Je refuse de m’habituer, je refuse de ne plus voir, de ne plus ressentir. Non pas ça ! Ce sera ma poche de résistance !!!

Quelque fois ça m’arrive j’ai envie de hurler face à ces injustices. Je connais les limites de l’écho de mon cri mais ce soir comme dirait l’autre « j’ai envie de me casser la voix »

Très bonne nuit à vous et je vous souhaite une merveilleuse journée demain

Amitiés et merci de m’avoir lue.



Merci

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Ce soir avant de me coucher, j’ai envie de dire merci.

A vous qui me faites l’amitié de passer sur cet espace, merci.

A vous qui enrichissez ma réflexion par vos interventions, merci.

A vous que je rencontre par le biais de ce blog

Et qui m’offrez humour, sensibilité et réflexion merci

Pour la vie qui anime ce blog et pour les échanges merci.

A vous qui passez pour la première fois ici

Et qui prenez la peine de vous arrêter merci.

C’est un plaisir d’échanger avec vous et de vous rencontrer aussi sur vos blogs pour ceux qui en ont. Je m’enrichis des chose que vous y offrez et je suis étonnée par la richesse et la profondeur des contenus.
Je découvre par vos regards de belles régions, de beaux paysages.
Je découvre des talents artistiques qui m’épatent
Je découvre des personnages sur lesquels je ne m’étais pas arrêtée
Je découvre des plumes dont le talent m’éblouit.
Je n’ai pas à me forcer pour parcourir vos blogs.
Je ne citerai pas ceux qui ont mon estime pour n’en oublier aucun.
Mais ce qui m’enchante c’est la découverte progressive des magnifiques paysages de vos âmes, leur richesse, leur profondeur et ça c’est indicible.
Merci aussi à vous, fidèles passagers qui vous attardez ici et qui revenez souvent, blogger ou non.

Vous avez ma gratitude parce que vous m’avez aidé à sortir du monologue et échanger avec vous est précieux.

Très bonne soirée à tous et amitiés



C’est un jour nouveau, je vous le souhaite magnifique !

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C’est un jour nouveau. La journée s’est terminée hier sur une note triste. Spleen face à la violence insoutenable et irrépressible de jeunes gens déchaînés http://dipitadidia.unblog.fr/2007/01/24/cette-violence-qui-me-glace/.

Ce matin dans la quiétude du jour qui vient de se lever, je veux croire que ce jour nouveau enfantera de belles rencontres pour moi bien sûr, pour chacun de vous. Je veux espérer que la fin de la journée trouvera déposé sur chacun de nos visages un sourire de satisfaction face à une journée remplie de mille bonheurs. Le bonheur d’avoir tendu la main à l’autre, le bonheur d’avoir reçu ou donné un sourire, le bonheur d’avoir par un regard réchauffé un coeur, le bonheur d’avoir engagé la conversation avec un inconnu et rencontré une personne interessante. Le bonheur d’avoir reçu des nouvelles de quelqu’un qui nous tient à coeur, le bonheur de nous être réconcilié après une brouille, et ces milliers de bonheurs intimes que vous espérez et qui n’appartiennent qu’à vous. Je vous souhaite une merveilleuse journée. Je nous souhaite d’être heureux, et tant qu’à faire incroyablement heureux !

Amitiés et merci de passer par ici.

Malaïka



Cette violence qui me glace

Ce soir, je suis sortie du boulot la dernière, j’avais des choses à terminer avant de partir. Conscience professionnelle quand tu nous tiens n’est-ce pas ? Cool
Je ne sais pas pour vous mais il y a des moments comme ça où les sons semblent amplifiés par le silence. De plus je travaille dans une de ces banlieues qui a fait l’ouverture des journaux télévisés il y a quelques temps pour cause d’embrasement. Ce ne sont pas les endroits qui donneraient envie de quitter le boulot à des heures tardives. Ces endroits incitent à un couvre-feu personnel. Ce soir j’ai dû dépasser le couvre-feu interne et je suis partie la dernière. Je n’étais pas mécontente de ma journée et je suis allée prendre le bus qui devait me conduire à la gare. Voici que j’aperçois de loin le bus que je suis sensée prendre et, à mon grand étonnement, il ne bouge pas. Je m’interdis de me mettre à courir pour le rattraper. Je n’ai pas spécialement envie d’un face à face avec le trottoir ce soir. Il est salutaire de différer certains moments d’intimité n’est-ce pas ?Clin doeil Je prends mon temps et le bus ne bouge pas. Arrivée à l’arrêt de bus, il y a du monde sur le trottoir et en fait de bus, il y en a deux et le second est presque vide. Pas normal. Pas dans cette banlieue ! La fréquentation quotidienne de ce bus est un démenti du propos selon lequel les franciliens ne seraient pas proches les uns des autres. Rire Dans ce bus la proximité est de rigueur si vous voyez ce que je veux dire. Bref deux bus en même temps à l’arrêt près de mon boulot, à l’heure où j’en ai besoin dont un presque vide, c’est aussi inattendu que la mutation visible aux yeux nus d’un gène. Bon avec le temps vous réaliserez que je n’ai pas, mais pas du tout le sens de l’exagération. Mutation génétique visible à l’œil nu… et quoi d’autre ? Bref revenons à notre bus.

 

Alors que je m’approche du bus et que le monde sur le trottoir m’alerte, la boîte à contrariétés sous mon crâne se met en marche. Je m’imagine comme quelques soirs laisser passer quelques bus pour être sûre de respirer aisément, ou alors de faire un trajet des plus déplaisants. Alors que j’approchais du bus, j’ai réalisé que la situation était plus grave qu’un retard de bus. Dans le bus il y avait un épouvantable déchaînement de violence. C’était absolument insoutenable. Des jeunes gens qui en frappaient un autre avec sauvagerie, et un chauffeur de bus qui mettant sa vie en danger qui s’interposait prenant des coups terribles pour être un paravent pour ce jeune homme. Quand on est face à l’insoutenable, le temps semble tourner au ralenti. Heureusement pour moi je n’ai assisté qu’à la fin de cette débauche de sauvagerie. Ce n’est que plus tard que deux jeunes femmes qui avaient assisté à toute la scène m’ont raconté ce qu’elles ont vu. Elles ont vu un groupe de jeunes gens (je serais surprise que le plus vieux ait plus de vingt ans) qui à l’arrêt du bus se sont précipités dans le bus forçant l’ouverture à coups de batte de base-ball. Je n’ai heureusement pas vécu cet épisode terrifiant.

 

Les jeunes gens sont descendus du bus, ils étaient déchaînés et s’excitaient les uns les autres dans la violence et j’avoue que mon cœur était glacé. Avez-vous remarqué que quand ils sont en bande les jeunes gens sont quelquefois incontrôlables ? La violence sauvage a sur moi un effet terrible. Elle m’oppresse. Ce soir j’ai ressenti cette oppression et une incroyable impuissance face à des jeunes gens à peine sortis de l’adolescence déchaînés. Ecrire est pour moi une manière de résister à la peur rétrospective, prendre de la distance pour faire fondre la glace autour du cœur. Il ne m’est rien arrivé mais juste à côté de moi la violence a explosé. La police qui avait été appelée est venue sur les lieux. Les jeunes gens ont passé de la bravade à la débandade et quand le bus a enfin pu partir, j’ai vu ces jeunes gens à peine sortis de l’enfance menottes aux poignets. Triste visage d’une certaine jeunesse n’est-ce pas ? Des jeunes gens qui n’ont aucune gêne à troubler la quiétude d’un autobus dans lequel des femmes, des enfants et des hommes rentrent du travail, de l’école ou d’ailleurs et aspirent à la tranquilité après une journée bien remplie. Plus ils intimident les passagers glacés par la peur et par cette violence inexplicable, plus ils ont un sentiment d’impunité, voire de toute puissance. Eux, des jeunes gens à peine sortis de l’enfance qui prennent en otage par la violence des personnes qui n’ont rien à voir avec eux. Personne parmi les passagers n’a été blessé, hormis le malheureux jeune homme cible d’un règlement de compte apparent amis aux racines inexplicable.

 

Dans le bus qui m’emmenait vers « home » plus « sweet » que jamais, refuge, endroit dans lequel, la porte fermée je suis tranquille, j’avais les larmes aux yeux parce que cette scène pénible qui n’était qu’un fait divers de plus mettait sous mes yeux la réalité d’une jeunesse de plus en plus nombreuse faite de jeunes gens en rupture avec les codes de socialisation de base. Une jeunesse qui vit le quotidien, posant des actes susceptibles d’hypothéquer leur avenir sans aucune retenue. Une jeunesse en déshérence et ce visage d’une certaine jeunesse en France m’attriste profondément. Une jeunesse qui porte la semence des adultes de demain. Ca me fait peur ce soir. Comme souvent je n’ai pas de préconisations ni de solutions, mais ce soir j’ai froid au cœur et mal à l’espérance. Il y a des jours comme ça qui font passer comme des nuages sur les perspectives d’avenir.

 

Ce n’est pas un coup de gueule, même si ça pouvait l’être, mais juste un coup de blues face à une panne momentanée de l’espérance.

 

 

 

Bonne soirée à tous !

 

Ps : je ne voudrais pas vous quitter sur cette note de violence mais vous faire un cadeau virtuel. Quelques fleurs pour adoucir ce récit visiblement pessimiste. Comme disait Scarlett O’Hara « Tommorrow will be another day » (demain sera un autre jour)

 

 

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« BenlaBush » ou « BushLaden » :La superposition de deux visages d’une croyance certes différente, mais d’un même extrémisme odieux

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Le 11 septembre 2001, un visage s’est imposé sur les écrans de télévision du monde entier. Après le choc terrible de deux tours qui s’effondrent percutées par des avions dans lesquels des femmes et des hommes qui voulaient juste prendre un avion trouvent la mort. Des familles dont nous avons entendu les témoignages depuis sont dévastées par la mort d’un père, d’une mère, d’un fils, d’une fille. Des fondations familiales sont ébranlées. Des visages qui avaient accueilli le jour avec un sourire se crispent de chagrin : le papa, la maman, le fils, la fille, le frère, la sœur, l’ami, l’époux, l’épouse, l’amie, ou le cousin, etc s’en est allé pour le long voyage. Voyage d’autant plus désespéré pour ceux qui n’ont pas l’espérance d’un ailleurs dans lequel peut-être, ils pourront retrouver ceux qui leur ont été arrachés.
Le 11 septembre n’a pas seulement été un événement médiatico politique immense, ou la fondation d’une nouvelle ère dans les relations mondiales, mais aussi un séisme intime pour de nombreuses personnes. Derrière l’événement il y a l’humain. Permettez-moi de faire un détour du côté de la planète people. Qui se souvient d’un acteur doué et tourmenté qui jouait Norman Bates dans Psychose de Hitchcock ? Cet acteur, Anthony Perkins, est mort le 12 septembre 1992. Sa veuve, Berry Berenson, une photographe qui était entre autres la sœur de l’actrice Marisa Berenson est morte dans l’un des deux avions qui a percuté le World Trade Center. Pour les deux enfants dont la maman vient de mourir presque 9 ans jour pour jour après leur père, le 11 septembre est probablement d’abord un séisme intime au-delà de l’événement politique à dimension internationale. Pourquoi ce détour par la planète people ? Ce n’est pas pour étaler ma subculture c’est promis, mais c’est juste une manière de donner un visage à des détresses intimes. Comment oublier ces images terribles de personnes affolées qui se jettent du haut d’une tour pour fuir une mort qui les poursuit, mais vers laquelle ils plongent pourtant avec désespoir. Mais quelle horreur !

Le 11 septembre, un visage à la douceur trompeuse s’offre au monde comme la matérialisation de l’extrémisme religieux qui ne fait pas cas des humains pourvu que la vision du monde qu’on a construite comme juste avance. Un homme que le Time Magazine consacrait l’année suivante comme l’homme de l’année pour avoir été celui que l’on aura le plus vu et dont on aura le plus parlé.
Depuis on en a découvert des choses sur lui, sur la doctrine qui l’habite et l’anime. Il est visiblement un homme qui se croit à ce point investi d’une mission que les humains n’ont pas d’importance à ses yeux, pourvu que sa mission avance. A mon humble avis cette mission lui a été confiée par son propre extrémisme religieux qui confine à la folie et qui déshumanise d’une part celui qui en est habité, et qui désincarne d’autre part tellement ceux qui l’entourent que les hommes deviennent des moyens pour une fin, des instruments au service de sa cause. C’est ainsi que l’on voit des hommes et des femmes, qui se muent en armes pour détruire des vies avec pour dessein l’avancement de cette vision du monde. Brrrrrr !

De l’autre côté, dans la plus grande « démocratie » du monde « libre », un président à l’élection contestable et contestée se saisit d’un prétexte politique pour donner une assise à une présidence faible. Il construit sa légitimité en offrant au monde un visage de l’Amérique qui fait frémir les défenseurs de la liberté. Des prétextes divers et ubuesques ouvrent la voie à des transgressions impunies du droit international. La vengeance pilonne l’Afghanistan pour débusquer un Ben Laden introuvable et ses alliés Talibans. Des rhétoriques guerrières accompagnées de promesses qui fédèrent les douleurs d’une Amérique encore sous le choc donnent une légitimité interne au combat de cow-boy que George W. Bush semble mener. Il partitionne par sa sémantique guerrière le monde en deux : l’axe du bien qu’il représente et l’axe du mal de l’autre côté.

Comme pour Ben Laden, l’extrémisme religieux donne un sens à sa croisade. Même si les mots et les références ne sont pas les mêmes, ça ressemble à une même vision Celle qui partitionne le monde en deux :
- Ceux qui croient ce que l’on croit et avec la même appréhension de la croyance.
- Ceux qui ne croient pas ce que l’on croit ou y croient de manière différente.
Les uns sont les bons, les autres les méchants. L’un comme l’autre se servent de la force, et de la puissance économique qu’ils ont à disposition pour convertir le monde à leur croyance à leur vision .du monde.

Je crois en Dieu et je n’ai aucune honte ou gêne à le dire. Cette foi en lui est la fondation de ma vie. C’est la joie la plus intime et la plus absolue de ma vie. C’est une relation dont le résultat structure mon regard sur mon prochain et ma relation à lui. Je ne reconnais pas le Dieu auquel je crois dans ces deux visages qui se confondent dans le même extrémisme religieux, dans la même haine. Deux visages qui justifient leurs croisades comme autant d’actes ouvrant à l’approbation de la divinité et qui appellent à adhérer à leur folie les âmes faibles et fragiles, ou les âmes prisonnières de la haine et/ou de la colère. Au secours le monde est fou que la pour que terre s’arrête et je descende.

Plus le temps passe, plus des vies sont sacrifiées ça et là sur le bûcher des vanités de ces deux hommes et de leurs lieutenants. Des chiffres terribles de vies humaines dont on comptabilise la mort nous arrivent jour après jour par les médias. Dois-je citer l’Afghanistan, la Somalie, l’Irak, le Soudan, etc. ? Leurs visages se superposent racontant les dérives de certitudes qui deviennent névrotiques et en Amérique une population est prisonnière des décisions d’un homme dont la vision extrémiste du monde fonde la politique.
BenlaBush, BushLaden, deux figures marquantes des dérives de notre siècle. La confusion de deux visages qui racontent la gravité et le danger de la politisation de l’intime, de la foi, de la croyance.

C’est mon coup de gueule du jour contre ces hommes qui ont suffisamment de pouvoir et d’argent pour entrainer des populations entières dans des croisades absurdes et meurtrières. Mais après eux, quel héritage pour les jeunes générations à qui l’on aura offert des ennemis héréditaires ? Quel avenir pour le monde de demain ?



Un chiffre terrible

Ce matin en allant travailler je lisais un des quotidiens gratuits qu’on attrape avant de monter dans le métro. Il y avait un titre principal qui célébrait la vie dans le sens où, malgré un climat morose et une confiance mitigée dans l’avenir, la France faisait de nouveau des bébé. Juste à côté, sur la gauche, un chiffre qui m’a frappée au coeur : 34000 civils irakiens tués en 2006. Hier 100 personnes ont été tuées. A force d’entendre des chiffres déclinés jour après jour dans les informations on ne réalise peut être plus ce que ça représente. 100 personnes en une journée !!!!!!! Puis  j’apprends qu’en moyenne 94 civils sont tués Irak chaque jour. C’est affolant. Ca donne près de 3000 personnes qui meurent tous les mois. Quand je pense à la chaîne de douleur et de dévastation causée dans une famille par la perte d’une personne. Je ne peux imaginer le nombre de dévastations intimes qui sont la dimension humaine au delà de la statistique.

C’est mon coup de blues du jour.



Un cri dans le désert ?

Hier, au travers d’échanges avec Jacqueline, Catz et Helran j’ai eu envie de dédier cet espace à ceux qui voudraient ce joindre à nous pour pousser un cri pour l’amitité entre les peuples et contre toutes les formes d’intolérance. Nous nous disions hier que c’était peut être un cri dans le désert. Mais je continue à croire que même quand on crie dans le désert  quelqu’un peut passer par là et prendre avec lui le message que l’on cri, le cri que l’on pousse pour le porter plus loin. C’est naïf, c’est idiot peut être, mais si quelqu’un veut-il juste que l’on se passe le témoin comme dans une course de relais pour libérer son cri ?

Moi je crie que l’amitié entre les races est possible. Je crie que le respect entre les races est possible. Je pousse un cri contre la xénophobie, le racisme, l’ntolérance.  Je propose que nous fassions de l’espace commentaire un passage de relais pour une course pour la tolérance, le respect et l’amitié. Je passe le témoin qui veut bien le saisir ?

Je mets cette chanson qui peut sembler naïve, elle n’est pas un chef d’oeuvre loin s’en faut, mais elle donne un support musical à ce rêve, à ce cri. Amitiés à tous.

Image de prévisualisation YouTube



A vous qui passez par ici

Frustrée !!!!!!!!!!!!!

Frustrée du dialogue avec vous, je pousse mon cri matinal, juste avant d’aller travailler  (sniiiif). Comme dirait Almodovar « Femme au bord de la crise de nerf » (lol).

Plus sérieusement, merci de vous arrêter dans cet espace et de prendre le temps de lire, d’écouter de la musique, de circuler dans cette part ce mon univers que je livre ici.

Je dois dire que si je suis contente de voir passer du monde je m’interroge sur le manque de réaction via des commentaires. Puis-je avoir votre avis sur le contenu de ce que vous avez vu ou lu ?  Je livre pas mal mes réflexions et mes impressions, notamment sur l’actualité quand elle m’a touchée, sur des faits de société, sur le rapport à l’autre celui qui est différent etc. Mais je ne sais pas si c’est un monologue ou si des choses font écho à ceux qui lisent. J’aimerais établir un dialogue avec vous et que cet espace soit aussi un espace de dialogue entre ceux qui passent. Dialoguer, échanger pour progresser. Me nourrir de votre point de vue, et aussi savoir si ce qui est partagé trouve un écho chez vous.

Vos réactions et commentaires m’aideraient j’en suis sûre à progresser dans ma réflexion et à ne pas tourner à rond dans mes certitudes éventuelles. Je veux avancer moi !!!!!!!!!!!Triste

Je n’attends pas des envolées lyriques ou de grands concepts philosophiques pour nous impressionner mutuellement, mais une réflexion ensemble, un discussion, un pas les uns vers les autres. Et ces discussions inspireront d’autres réflexions etc.

N’hésitez pas à me dire aussi ce qui est ici un éventuel frein à ce que vous laissiez des commentaires.

Merci de votre visite et je vous souhaite une merveilleuse journée. Sur cette humeur du jour je fonce prendre mon train, il ne manquerait plus que je sois en retard n’est-ce pas ?



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