Refuser les loyautés stupides

Recevoir la haine en héritage c’est naître en prison. C’est naître derrière des geôles dont les murs ont été érigés par ses parents et les parents de ses parents. Souvent celui qui naît est totalement ignorant des causes initiales de la haine. Il  sait juste qu’il a en face un ennemi, puisqu’on le lui a dit. La haine est de ces émotions destructrices qui ne fait pas appel à la raison mais à l’irrationnel, à la déraisons, aux passions destructrices.

L’héritage de la haine a fait couler du sang et de l’encre au cours des générations.

Nous nous disons aisément que nous sommes plus forts, plus futés que les abrutis qui se sont laissé piéger par de grossières ficèles de haines transgénérationnelles. Et pourtant…

On ne mesure pas que souvent,  l’on est soi même courroie de transmission du soupçon sur l’autre. Nous affirmons légèrement que tel groupe de personne est par nature et par structure radin, sournois, méchant, dangereux et faisons le lit de ceux qui manipuleront pour leurs profits ces détestations, enfantant au pire des génocides au coeur de guerre civiles. le soupçon est jeté sur le Dioula, le Bété, le Douala, le Bassa, le Béti, le Bamiléké, le juif, l’arabe, l’africain, le caucasien, l’asiate etc.

Le soupçon, collaborateur parfait pour affermir ou attiser la haine. Que transmettons nous à nos enfants concernant ceux qui sont différents de nous ? Que leur transmettons-nous concernant ceux qui nous ont meurtri ? Leur apprenons nous à se construire pour eux mêmes ou bien contre l’autre, par la haine de l’autre ? Parfois nous sommes ceux qui distillons en la génération d’après ce poison insidieux qu’est la haine, la détestation, le mépris et le rejet de l’autre.

 

 Plutôt que de traiter les problèmes à l’intérieur de soi ou d’une société l’on décide que les problèmes naissent du fait que l’autre existe.Forcément, il vient un moment au cours duquel l’on se dit que la solution au problème passe par l’éradication de l’autre.

Nous ne sommes pas responsables des choix éthiques et des valeurs de nos pères, mais nous avons le droit, la liberté et la responsabilité de refuser des legs que nous estimons pernicieux. Si la loyauté à ses pères est la haine de l’autre, c’est une loyauté stupide !

C’est à nous de ne pas être stupides quant à nos loyautés et  de scier les barreaux de nos prisons héritées . Nous avons le droit de dire non à nos pères quand ils sont dans l’erreur. Nous nous devons à nous même, pour éviter de vivre avec du poison à l’intérieur de nous , de nous défaire des héritages infectés : racisme, xénophobie, antisémitisme, tribalisme, sectarisme,  et tous les « ismes » que nous devrions régurgiter. Si nous refusons de le faire, soyons humbles quand nous crions  à tue-tête que nous sommes libres.

Personne ne naît sur un terrain vierge, mais il appartient  chacun de questionner ses valeurs et de se défaire de celles qui nous poussent à stigmatiser l’autre et à le haïr. Ces valeurs qui font décroître en nous l’humain et l’ensevelissent sous de croissantes bestialités.

 

Nous sommes dans un temps dans lequel, des personnalités politiques cyniques et irresponsables manipulent les peuples pour leur inoculer la haine de l’autre comme valeur structurante de l’être français, italien, allemand, ivoirien, ou autre. En échec quant à leur capacité à redonner un socle d’espérance et de vision commun à leurs sociétés, ils proposent la haine de l’autre comme élément fédérateur. En France après un débat ignoble sur l’identité nationale, voici venu l’ennemi commun, celui qui menace une identité nationale que le débat n’a pas su définir : l’islam. Mais bien sur ! Si la loyauté à son pays est la haine de l’autre, c’est une loyauté stupide.

 

Nous avons le pouvoir de briser nos chaines et de scier les barreaux des prisons que l’on veut nous imposer par héritage ou en faisant appel à notre « loyauté ».

2989845634085906161177406161883123841641n.jpgIl nous appartient de choisir avec discernement ce que nous acceptons comme valeurs structurantes pour notre vie. Il nous appartient aussi de briser le cycle de l’héritage de la haine et de choisir de transmettre à nos enfants de l’amour, le respect de l’autre, de sa différence, de ses richesses. Oui il nous appartient de transmettre cette lumière là à la place des ténèbres de la haine.

Il nous appartient de veiller à ce que nos enfants ne naissent pas en prison.





Refuser d’être enseveli sous les blessures et briser les chaînes des mots vecteurs de maux

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Un mot, un son anodin, quelques syllabes que l’on aligne avec légèreté, peuvent pour celui qui les entend avoir de terribles conséquences.

Quelquefois on les prononce pour blesser, rire ou faire rire, sans mesure les ondes de choc dans la vie de celui qui en est, l’involontaire cible.

Combien de fois, sous le prétexte que l’on est énervé, excédé ou agacé, en tant que parents ou adultes nous nous laissons aller à infliger à de jeunes enfants des mots qui les enferment comme des sarcophages ? Tout y passe : l’enfant est tour à tour un fardeau, une déception, un raté, un abruti, un incapable, un bon à rien et que sais-je encore ! Quelques adultes se laissent aller à offrir un autre cercueil à ces êtres en construction, leur prophétisant une incapacité à plaire, une incompétence à exprimer par leur physique la moindre grâce. Une inaptitude à être aimé.  Et l’on s’étonne du nombre d’infirmes  émotionnels tapis sous les adultes que nous sommes.

Derrière l’excès apparent de confiance ou le doute maladif se logent quelquefois tant de fêlures !

Prenons-nous seulement le temps de nous poser et questionner notre rapport à l’autre et notre rapport à nous-mêmes ? De quelle manière parlons-nous des autres ? Soulignons-nous davantage les défauts des personnes que leurs qualités quand nous en parlons ? Sommes-nous embêtés quand l’on entend dire du bien des autres comme si cela nous diminuait ? Si oui nous avons intérêt à faire un travail sur nous-mêmes au regard de l’estime de soi.

Les mots, les regards, les silences, l’absence de regards tandis que l’on se construit, peuvent orienter le cours de nos existences de manière radicale. Qu’avons-nous fait des mots vecteurs de maux qui ont ébranlé nos parcours de vie ?

Quand je fais le voyage dans l’enfant que j’étais, malgré l’amour et la protection offerte par mes parents et au cœur d’une fratrie équilibrée et aimante, j’entends des mots qui enferment et qui brident des dons, qui sèment le doute dans mes capacités à être et ou à faire. Un enfant ne vit pas que dans sa cellule familiale nucléaire.

Prenons-nous le temps de dire à nos enfants combien ils sont précieux et combien ils sont beaux, intelligents, brillants, magnifiques et dignes d’être aimés juste pour ce qu’ils sont ? Prenons-nous le temps de les armer par l’amour contre la violence et le rejet ?  L’amour de soi et l’acceptation de ce que l’on est une fondation essentielle pour se construire. Édifier la confiance en soi chez l’enfant peut lui permettre  de traverser l’adolescence sans y laisser trop de plumes.

L’escale en adolescence ramène à ma mémoire les sons de quelques bris intérieurs. Se bâtir dans le doute sous les sarcasmes de ses pairs n’est pas une sinécure.

Malgré les fantasmes qui nous structurent et les proclamations de nos orgueils blessés dans le rapport à l’autre, nous avons besoin du regard des tiers et de la relation à autrui. Ceux qui clament d’ailleurs le plus fort leur absence de besoin de l’autre sont peut-être secrètement en train de gémir de solitude.

J’ai croisé dans mon existence quelques fossoyeurs. Vous savez, ceux qui vous enferment dans des définitions ou dans des limites inhérentes à leurs prétentions égocentriques à définir le monde. Quand ces personnes appartiennent au cercle de ceux qui comptent pour vous à une saison de votre existence, ils peuvent vous meurtrir profondément.

Fort heureusement, malgré des propensions féminines à se projeter dans des passions exclusives et qui consument, l’on n’est pas obligé de reproduire à l’infini la tragédie de Marguerite Gautier.

Les rejets les plus blessants ne nous obligent pas à rester dans les tombeaux de ces afflictions. Après la douleur vient le dépassement et l’on en sort grandi, voire heureux. Il y a une vie à vivre et elle vaut la peine !

Alors je dis merci à tous ceux qui pour me blesser, me détruire ou pour m’avilir se sont servi des mots comme des obus.

Merci à ceux qui auraient pu me détruire mais qui ont participé à me construire telle que je suis. Les douleurs passagères ont produit un poids éternel de gloire et de surprenantes joies. Elles m’ont enrichie, élargie, affermie. Elles m’ont appris à faire des choix entre le désespoir et la joie, l’amertume et le pardon, l’enfermement ou le dépassement, la mort ou la vie, entre leurs mots et moi. Je me suis choisie.

Après les tempêtes, c’est avec délectation que l’on profite des océans apaisés et des nouvelles perspectives de voyage.

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Je remercie ceux qui ont pris le parti de porter atteinte à ma réputation propageant des propos infâmants, distillant ça et là le soupçon et des accusations mensongères. Merci à eux de m’avoir appris à me centrer sur l’essentiel : être en paix avec moi-même et avec Celui qui est l’Essence de mon être. Merci à eux de m’avoir fait réaliser que l’essentiel est que je sache qui je suis et où réside la vérité de mon être.

Quand les définitions de soi ne sont plus prisonnières de la parole de l’autre, on a fait un pas primordial vers la liberté.

Merci de m’avoir appris ou rappelé que l’énergie qui m’habite peut être investie à des choses plus constructives que le fait de combattre les moulins à vents de la mesquinerie humaine. Peu m’importe que la vérité soit ou non rétablie aux yeux de ceux qui les auront écoutés, je sais qui je suis et ça me va. Et qu’est-ce que j’aime celle que je suis ! Le chemin aura été long et quelquefois tortueux pour en arriver là, mais aujourd’hui cette vérité est  scellée sur un fondement inaltérable.

Merci à ceux qui m’ont pris pour un vilain petit canard qui avait la prétention de nager au milieu des cygnes majestueux qu’ils étaient.  Qui sait si sans ce rejet, ce mépris, cette disgrâce proclamée j’aurais pris la peine de regarder l’autre au-delà des apparences ? Grâce à eux j’aurais appris à chercher dans ceux que je croise la beauté véritable, la grâce cachée et les richesses intérieures. Je leur dois probablement en partie d’avoir travaillé à développer des qualités humaines que j’aurais peut être négligées par ailleurs. Ils se proposaient comme des croque-morts venus embaumer ma de confiance en moi, et voici qu’involontairement, ils sont devenus des pédagogues magnifiques, m’obligeant à creuser en moi pour me trouver, à creuser dans l’autre pour le voir  et le recevoir en dépit de ses failles. Les rires moqueurs d’antan se convertissent en une symphonie dans mes souvenirs, parce que cette musique participe de la bande originale de mon existence.

En passant je remercie des involontaires tuteurs de m’avoir épargné le désagrément de m’acoquiner avec les êtres superficiels et pour le moins fats qu’ils étaient. Ben oui ne faut-il pas manquer de profondeur pour passer à côté d’un être humain sous prétexte qu’il ne ressemble pas à ses propres projections de la beauté physique ? Et de vous à moi, plus le temps avance plus je trouve la femme que je croise dans mon miroir magnifique. A mon avis cela tient à cet éclat qui vient de ce que l’on aime le compagnon de voyage que l’on est pour soi. Je me trouve belle. Pourquoi mentir ? Heu… ne soyez pas désobligeants en disant que ma vue baisse avec l’âge. Pftttt ! Cool

Merci aux les amitiés trahies, aux amours avortées aux espoirs déçus, aux illusions relationnelles, après les blessures je me suis chaque fois relevée plus riche. Riche d’avoir vécu ces choses et déployée intérieurement pour aimer davantage et pour donner encore et toujours, mais avec discernement. On ne se trompe jamais en aimant, on vit parfois les désagréments d’une escale imprévue de l’amour dans un lieu inapproprié et qui se révèle trop longue.  Mais un jour l’amour que l’on donne arrive enfin à  la bonne destination et l’on réalise que toutes les douloureuses escales traçaient le chemin jusqu’à cette plénitude amoureuse, amicale, filiale.

Non, on ne se trompe jamais en aimant. Aimer c’est le sens et l’essence de l’être. L’on se trompe davantage et l’on ne se grandit pas en se croyant autorisé à se moquer de, et à piétiner les sentiments d’un tiers sous prétexte que l’on n’éprouve pas la même chose pour lui.

Il peut être long le chemin qui ramène de certaines expériences douloureuses jusqu’à l’essentiel, une rencontre plus profonde et une relation apaisée avec soi.  Quelles que soient les épreuves d’hier et d’aujourd’hui,  ne nous laissons pas ensevelir dans un lieu ou nos espoirs sont en escale forcée. Brisons les chaînes de l’amertume. Le voyage reprendra et nous arriverons à bon port. En tout cas, moi j’avance…Clin doeil



Cent ans de plus par Francis Cabrel

« Cent ans dans la peau de l’esclave, Et juste après cent ans de plus. Chercher des miettes sous les tables, avant que les blancs ne marchent dessus. Dormir sur des paquets de planches, chanter seulement le dimanche. Tu vois la femme noire, dans le rôle de la bonne, avec tout à coté tout tordu son bonhomme. Après ça faut pas que tu t’étonnes… »

 

Ainsi débute une chanson de Francis de Cabrel.

Dès la première écoute de cette chanson il y a quelques années, une rencontre. Si ma mémoire ne me trahit pas elle était dans l’album « Hors saison ». La chanson avait ouvert des boulevards de réflexion et d’émotion. Elle effleure une histoire qui rencontre mes profondeurs. Telle est la force de mon rapport à la musique. Elle initie parfois un dialogue avec mon environnement. Parfois une phrase, un mot, une séquence et les hélices sous mon crane affirment leur autonomie. La chanson de Cabrel est parsemée de quelques séquences qui mettent une focale sur la négation de l’humanité qui a frappé ceux que l’on avait emmenés en esclavage, sur ce « Peuple interdit du reste des hommes ».

Cabrel et moi ne regardons pas cette blessure, cette offense, ce crime, cette injure à l’humanité depuis le même lieu. Mais nous nous rencontrons dans le respect pour la mémoire. Musicien et chanteur, il insiste sur la sublimation de la douleur qui a donné naissance à de magnifiques talents et à d’inoubliables musiques.

Mais il y a eu un tel tribut payé à la douleur… Bien des biographies de saltimbanques perdus dans la drogue en témoignent. Ils nous ont offert du bonheur en musique mais ils erraient dans les paradis artificiels pour se soustraire à une vie bien moins belle que leur musique.

Pendant longtemps les afro descendants ont été perçus comme de superbes saltimbanques, des amuseurs (sportifs ou autres) participant à offrir le pain et le cirque. Donner de la musique, faire danser, mais surtout ne pas être conscients. Confort pour les puissants.

La conscience libère son absence retient dans la servitude. Certains ont intérêt à les enfermer dans ce fantasme folklorique. Cependant, les rôles que les descendants d’esclaves peuvent tenir ne peuvent plus être prescrits par des « maîtres » arrogants et paternalistes. Ils écrivent leur histoire et tracent leur route dans la littérature, en politique, dans les différentes sphères de la société civile, n’en déplaise à ceux qui pensent que l’homme africain n’est pas entré dans l’histoire.

J’aime à dire aux enfants qui touchent ma vie et dont la vie me touche qu’ils portent en eux le potentiel pour rendre possible l’impossible. J’exècre l’idée que l’on s’autorise à empêcher les enfants de se rêver grands, de se rêver aigles, sous le prétexte que l’on n’aurait pas soi même su, voulu ou pu être autre chose que des poussins, connaissant l’existence des hauteurs et ne les ayant jamais rencontrées.

Ne laissons pas nos échecs et notre manque d’ambition barrer la route de nos enfants et les empêcher d’aller à la rencontre d’eux-mêmes.

Cent ans après, se souvenir mais pour construire l’avenir. Quatre-cent ans après déployer ses ailes et voler très haut à la rencontre de soi.


 

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Cent ans dans la peau de l’esclave
Et juste après cent ans de plus
Chercher des miettes sous les tables
Avant que les blancs ne marchent dessus
Dormir sur des paquets de planches
Chanter seulement le dimanche
Tu vois la femme noire
Dans le role de la bonne
Avec tout à coté
Tout tordu son bonhomme
Après ça faut pas que tu t’étonnes

C’est Eux qui ont fait
Eux qui ont fait
Son House et Charlie Patton
Howlin’ Wolf et Blind Lemon

Bien rouge le sang de l’Afrique
Sur la jolie fleur du coton
La toute nouvelle Amérique
La belle démocratie « Welcome »
Bateaux déportant les villages
Au bout de l’immense voyage
Gravé dans la mémoire
Pour des années-lumière
Chaque larme d’ivoire
Chaque collier de fer
Après ca faut pas que tu t’étonnes

C’est Eux qui ont fait
Eux qui ont fait
Son House et Charlie Patton
Howlin’ Wolf et Blind Lemon

Toujours plaire aux marchands de fantômes
Elle qu’on achète et lui que l’on donne
Naître avec la peine maximum
Toujours vivant dans ce que nous sommes
Peuple interdit du reste des hommes
Cherchant le bleu de l’ancien royaume
Eux qui ont fait faut pas que ca t’étonne

Son House et Charlie Patton
Blind Blake et Willie Dixon
Ma Rainey et Robert Johnson
Howlin’ Wolf et Blind Lemon…
Son House et Charlie Patton

 

 

13842_170926896469_682081469_3363464_6625584_n dans Ma musique à moi



le chemin…

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Si le chemin jusqu’à soi

passe aussi par les autres

ils ne sont pas le chemin

et ne sauraient nous définir.

Ils sauraient encore moins

être la destination de l’être soi.



La transmission du socle identitaire et culturel : la naissance de milliers d’étoiles au coeur des larmes de nos enfants (quatrième partie)

Misodinanguengueti.jpg picture by maddyspacePendant longtemps, à cause de mon histoire familiale personnelle, j’ai cru que le français était ma langue maternelle, puisqu’elle était la langue essentielle de mes échanges avec mes parents. Depuis le temps a passé et des événements essentiels, parfois traumatiques m’ont révélé l’enracinement dans la langue qui fonde mes racines. Cette langue traversant toute la palette de mes émotions pour les exprimer en mots, en onomatopées, voire en soupirs aux accents spécifiques. Ce rapport à la langue s’accompagne parfois de mouvements corporels que je découvre pouvoir faire bien que ne les ayant pas expérimentés auparavant. Il faut croire que s’il est vrai que l’on s’enracine dans une culture, il semble tout aussi vrai que cette dernière s’enracine aussi en nous. Il m’apparaît de plus en plus qu’il est un langage corporel propre à ma culture qui fait partie de moi et que je découvre alors qu’il s’exprime naturellement en moi. La langue de mes père est visiblement en moi un langage non verbal. Elle est l’écho de ma culture, de l’histoire des miens, des scènes de courses de pirogues sur le fleuve Wouri, des luttes traditionnelles sous le grand fromager, des contes et légendes racontées par la voix de mon grand père, des mythes fondateurs dont le chant se transmet de génération en génération. La découverte et l’appropriation de tout cela ont posé en moi des fiertés et des liens pérennes avec ma terre, avec mon pays, mon village, et mes racines.

78310193.jpg image by maddyspaceJe reconnais avoir une maîtrise sémantique bien approximative de la langue de mes pères devenue mienne par héritage et par apprentissage. Je reconnais que cette maîtrise ne s’améliore pas avec la distance et le manque de pratique. Malgré ces failles je l’ai inscrite en moi. Je porte en moi la langue de mes pères avec son univers sonore, sensitif, culturel. Mes onomatopées essentielles ont leur source près du fleuve Wouri. Onomatopées d’extase, de douleur, de joie, d’ironie, de défi, d’amour, elles sont gravées en moi par les nuances propres à la langue de mes pères. La transmission de la langue est l’un des secrets de l’être Duala que j’ai reçu de mes pères par «  l’accident  » de «  l’illétrisme  » des mes aïeux. La langue est encore pour moi une clé d’entrée dans le «  nous  » qui constitue le socle identitaire des miens. Plus je prends conscience de la fonction essentielle de la langue plus je réalise la profonde ineptie qui structurait la pensée selon laquelle on lierait la nationalité française au renoncement à la langue de ses pères. Mais quelle génération de zombies on voudrait préparer pour la France ! Au secours…

Pourquoi la quête des origines, la connaissance de ses racines et leur appropriation le cas échéant par la langue serait elle dangereuse ? Même si la comparaison a des limites évidentes, aurait-on idée de reprocher à un enfant adopté sa quête des origines histoire d’unifier son histoire et les parts de son être pour avancer ? Ca n’aurait pas de sens.

La richesse, la dimension essentielle de la langue et de la culture de mes pères m’apparaît d’avantage aujourd’hui probablement à cause de la distance, sous l’effet de la maturité, sous l’effet d’une quête croissante d’essentiel et du désir de transmettre ces essentiels aux générations d’après. Il est des valeurs qui sont transmises par l’éducation nationale, par des ancrages républicains ou autres et ce sont des valeurs reconnues avec raison comme essentielles. Ce sont des valeurs que l’on retrouve dans toutes les strates de nos tissus sociaux. Mais il en est d’autres qui se perdraient si nous ne prenions pas la décision de la transmettre, si nous ne décidions pas dire à nos enfants l’histoire de leurs pays, leur histoire. On va arrêter le coup de la bibliothèque qui brûle pour structurer la transmission inter générationnelle. Quand ils iront à la rencontre de leur histoire, des histoires spécifiques à leur village, à leur pays, à leur continent, il y aura, comme dans la chanson dont il est question plus haut, des étoiles qui illumineront leurs regards. Etoiles parce qu’ils découvriront un socle de référence fondateur, des histoires mythiques ou réelles, des histoires qui fondent ce «  nous  » grâce auquel il sauront n’être pas seuls où qu’ils aillent. Ce socle de référence grâce auquel ils sauront qu’un cordon ombilical invisible les enracine dans une histoire, dans une lignée, dans un autre héritage qui vient les enrichir. Il sauront, particulièrement ceux de la diaspora que ce cordon ombilical les relie aussi à une terre même lointaine sans remettre en cause d’éventuels enracinements en terre d’adoption. Ils découvriront les raisons d’être fiers de leur héritage et de leur histoire. Ils découvriront qu’il n’y a pas de honte à être issus de la terre de leurs pères. Ils découvriront que pour se réaliser ils n’ont pas besoin de nier des pans entiers de ce qu’ils sont. Des étoiles de fierté, de réconciliation avec l’histoire et par conséquent avec soi.

77516863.jpg image by maddyspaceLe chanteur dit avoir vu naître dans les yeux de son fils des milliers d’étoiles et des larmes alors que ce dernier découvrait des images d’Epinal de sa terre d’origine. Emerveillement et émotion d’un petit enfant vivant en occident qui, à peine dans l’âge de raison qui découvre le pays dont il est issu. Quel cadeau fait à un enfant que celui de l’enraciner dans son héritage alors qu’il est encore petit, et qu’il arrive à un âge où il peut comprendre. L’âge de raison. Quel privilège pour un parent que celui de voir naître des étoiles dans les yeux de son enfant. Quel bonheur que celui de voir se lever dans son regard des astres précieux qui éclaireront son parcours alors qu’au fil de la vie il se construira. Et ces larmes d’émotion qui semblent dire en écho aux étoiles «  je sais d’où je viens, je découvre une part de moi que je connaissais pas. Une part de moi dans laquelle courent des gazelles, et léopards et autres animaux mythiques. Une part de moi qui m’enracine dans un lieu qui n’est pourtant pas la terre sur laquelle je vis »

J’aime les mots de bénédiction du chanteur à son fils «  va mon enfant le ciel et la terre te protégeront et toutes sortes de portes s’ouvriront si tu sais lire entre les lignes[…] sache lire entre les lignes, sache entendre entre les mots  »

sb10069771aa-001.jpg picture by maddyspaceLire entre les lignes, entendre entre les mots grâce à la connaissance de son histoire, grâce à l’enracinement à sa terre. Entendre le battement de cœur, les rythmes et les respirations de la terre mère. Entendre la mémoire de son peuple. Entendre ce que ne se dit pas mais que l’on entend parce qu’on adopte et on respecte ce que l’on découvre. Et cet enfant qui sait concilier son enracinement identitaire à ses enrichissements venus de connaissances plus «  universelles  » peut déployer ses deux ailes et voler très haut à la rencontre de lui même. J’aime à penser que ces enfants complets sauront  comme les aigles trouver les vents ascendants qui les conduiront vers les sommets magnifiques de la réalisation de soi.

J’aime l’idée que des milliers d’étoiles jailliront des larmes de nos enfants. J’aime l’idée qu’en écho à ce chant des parents pourront dire :

«  Neni so nguengueti i ma panya o miso ma munami  »

«  J’ai alors vu des étoiles briller dans les yeux de mon enfant  »

«  Neni pe misodi mi ma sulea o miso ma munami  »« 

 J’ai aussi vu des larmes couler des yeux de mon enfant « 

Je vous laisse découvrir le chant dont il est question depuis le début de cette réflexion. D’avoir pris le temps de me lire, vous méritez une récompense plus concrète que ma considération (sourire). En avant la musique et en avant la basse !

Amitiés et à bientôt

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Etienne Mbappe : Miso ma munami

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La transmission du socle identitaire et culturel : la naissance de milliers d’étoiles au coeur des larmes de nos enfants (troisième partie)

african-american-baby-tear_011124AT.jpg picture by maddyspaceJ’ai eu le privilège (c’est ainsi que je le vois à posteriori) d’avoir des grand- parents paternels «  illettrés  » au regard de la langue française bien que lisant couramment le Duala. Parce qu’ils ne parlaient pas un mot de français nous avons dû accéder à eux par la langue de nos pères. Je leur suis reconnaissante de n’avoir pas voulu ou pas pu entrer dans le français pour communiquer avec nous. Nous avons dû enrichir notre apprentissage de la langue française de celle de nos père pour communiquer avec nos grands-parents. L’enfance est un socle favorable aux apprentissages et il n’a pas fallu longtemps pour réussir à communiquer avec eux et avec d’autres membres de la famille qui étaient exclus des échanges avec nous par la non maîtrise de la langue de Molière.

african-grandfather-young_tv4715_03.jpg picture by maddyspaceHeureusement pour moi nos grands parents ne se sont pas mis au français parce que j’aurais perdu la possibilité recevoir mon héritage culturel de l’intérieur, par le biais de la langue et des échanges avec les miens. C’est par eux que j’ai intégré les mots, les sons, les onomatopées uniques propres au Duala. C’est grâce à ce nécessaire apprentissage qu’aux pieds de mon grand père j’ai entendu des légendes fondatrices de l’être Sawa comme l’histoire mémorable de Jeki la Nyambe. C’est grâce à ce passage obligé pour être reliée avec mes aïeux que j’accède aujourd’hui à des intimes de moi qui s’insèrent je le découvre peu à peu dans un intime du peuple Sawa, le peuple de la Côte, celui dont je suis issue. Malgré tout, parce que cette langue est venue à moi comme une seconde langue, une langue apprise en second importante mais pas vitale, pas essentielle pour bâtir mon futur, j’en ai une maîtrise largement discutable. C’est probablement ce qui explique des lacunes dans mes enracinements et des expressions qui me sont propres et qui provoquent des explosions de rire dans ceux qui m’écoutent alors que je m’aventure dans certaines expressions en Duala. Mais je persévère. Cette langue est mienne et gravée en moi, et je ne l’abandonnerai pas. Les lacunes, j’essaie de les combler par la connaissance progressive de notre histoire, de mon histoire, de celle que je voudrais transmettre à la génération d’après pour la relier à celles d’avant.

L’expérience d’une migration durable m’a enseigné et m’enseigne encore qu’un profond enracinement dans ce que l’on est et dans le lieu d’où l’on vient permet d’accueillir l’ailleurs sans craindre de se perdre. Elle permet d’accueillir les changements intrinsèques à la migration tout en gardant une continuité au coeur de l’inévitable changement. Demeurer le même dans l’essentiel de l’être. Elle permet de recevoir sans être trop ébranlé les écueils liés à l’altérité et parfois au rejet de sa différence.

Cette expérience migratoire m’enseigne que c’est dans la négation des origines que l’on court le risque de planter les semences des ébranlements futurs, pour soi ou pour sa descendance. La connaissance précoce de ses racines peut à mon sens être un bouclier contre les replis identitaires sismiques né d’une découverte tardive de ses racines au détour d’un rejet de la terre de migration. Si l’on sait d’où l’on vient et qui l’on est, si l’on a une histoire et des référents mythologiques positifs et constructifs, alors les vêtements identitaires dévalorisants proposés par l’autre par celui qui nous méprise, par celui qui rejette sur le prisme de la différence glisseront sur nous sans nous marquer. Je le crois de plus en plus alors que je regarde quelquefois passer des enfants africains de la diaspora qui, bien qu’ayant tout la panoplie vestimentaire de la modernité ont le regard vide d’histoire, mais habité par la défaite, la colère ou la résignation. Il y en a des zombies dans la nouvelle génération, façonnée par l’absence d’ancrage identitaire positif, n’ayant à disposition que celui de la honte et de la dévalorisation de ses origines. S’il est des plafonds de verre à combattre dans les sociétés dans lesquelles nous vivons, il est impératif de faire exploser tous les plafonds de verre intérieurs. Rien ne doit empêcher un être d’être lui même dans complexité et dans la totalité de tout ce qui forme l’identité d’un être. Sa relation au passé, sa place dans le présent et ses capacités à se projeter dans le futur me semblent de ce point de vue liés. L’explosion de ces murs et plafonds de verre intérieurs relève pour moi de l’urgent et du nécessaire.

A suivre



La transmission du socle identitaire et culturel : la naissance de milliers d’étoiles au coeur des larmes de nos enfants (deuxième partie)

m-Douala_Ngondo_Pirogue_05.jpg picture by maddyspaceDans le pays qui a recueilli mon premier cri et qui je l’espère accueillera mon dernier souffle il y a deux langues nationales venues d’ailleurs le français et l’anglais. Ces langues nous ont ouvert à des pans immenses de la culture francophone et anglophone. Nous avons eu accès aux textes fondateurs de la culture occidentale, à la poésie, à la philosophie et à bien d’autres portes ouvertes sur cette culture. Il est des maximes venues d’occident qui font désormais partie intégrante de nos expressions, elles sont inscrites en nous et coulent naturellement. Nous sommes enrichis de cet ailleurs qui nous relie à des mondes, des continents lointains. Cet enrichissement malheureusement s’accompagne bien de fois de l’anémie des fondations culturelles et de lacunes concernant les langues dites vernaculaires.

Dans des pays comme le Sénégal ou le Congo (ex Zaïre) et bien d’autres en Afrique, la langue nationale est une langue issue du pays tandis que les langues reçues de l’extérieur sont langue officielle. Au Sénégal le Wolof est parlé dans toutes les sphères de la société et, même si ce n’est pas la langue unique, c’est une langue qui semble donner un sentiment d’unité aux sénégalais. J’ai eu la même impression en écoutant les congolais exprimer leur rapport au lingala. Je ne sais pas si ceci est spécifique à ceux que j’ai croisé mais quand ils sont réunis, c’est tout naturellement qu’ils parlent lingala. Chez moi il y a tant de langues que ce serait quasiment impossible d’en extraire une en excluant les autres sans provoquer de remous. L’unité linguistique se fait obligatoirement par une langue étrangère, par une langue véhicule d’une culture allogène. Au Cameroun nous avons deux langues nationales qui sont des langues importées, reçues, imposées par la force et ou par l’histoire. Après une incursion dans la langue allemande jusqu’à la première guerre mondiale, les logiques des vainqueurs de la guerre et la partition consécutive des «  possessions  » coloniales a fait entrer le français et l’anglais au Cameroun. Nouveaux apprentissages pour les autochtones. Nécessité de se défaire la langue apprise pour en réapprendre une autre selon que l’on était du Cameroun occidental ou non. Anglais pour les uns, français pour les autres.

Mon grand père paternel né en 1899 gardait des bribes de la langue expulsée du Cameroun en même temps que les allemands. Dans mon enfance, des bâtisses anciennes nous rappelaient que les allemands avaient fait escale sur la terre de nos pères. Mais de leur langue, pratiquement plus de traces sinon quelques appropriations insérées dans des langues locales.

Mes parents ont grandi dans le Cameroun francophone et ont fait leurs études en français. Les échanges primaires avec leurs ascendants leur avaient donné des langues maternelles autres que celles venues par bateau sur les rivages de fleuve Wouri. Ils ont grandi bercés par les légendes et les mythes fondateurs de leurs cultures, racontés dans leurs langues maternelles. Mythes fondateurs et essentiels pour l’identisation d’un être parce que ce dernier agit comme un cordon ombilical qui le relie à la terre mère. Ils se sont approprié par la connaissance de l’histoire des fiertés de leurs lignées familiales.

Le mythe, comme l’histoire des siens agissent pour celui qui la découvre comme des trait d’union entre les générations, entre soi et les siens vivants ou semence nourrissant déjà la terre. Ces traits d’union sont essentiels et sont parfois des lacunes dans les fils d’Afrique de la diaspora et les fils de l’Afrique post coloniale. Nourris à l’histoire d’un autre continent et à une histoire parcellisée de leur continent, les fils et filles d’Afrique font parfois penser à des oiseaux qui ont un potentiel d’envol énorme mais qui ne déploient qu’une seule aile. Ils sont comme des oiseaux qui n’auraient pas appris à se servir de leurs deux ailes. Comment pourraient-ils voler ?

Comment prendre son envol avec une seule aile déployée ? Il y a de fortes chances que le pauvre oiseau ne puisse que tourner en rond, et qu’en plus il épuise la pauvre et unique aile fonctionnelle. Résultat, à terme il risque de tomber et de se faire très mal.

Plus le temps passe plus il m’apparaît essentiel d’enraciner la génération qui nous suit, celle de nos enfants dans la connaissance de ses racines africaines, dans ses racines au cœur d’une famille, d’un clan, d’une histoire non pour faire de la micro identité une raison d’exclure l’autre, mais plutôt d’un tremplin pour aller vers soi, se trouver pour mieux s’ouvrir à l’autre dans une relation apaisée. Par crainte de non adaptation des enfants à un système éducatif occidental de nombreux parents ont volontairement coupé leurs enfants de la langue de leurs pères, de peur que cette dernière soit un handicap à l’adaptation au monde tel qu’il se dessinait. Des amis originaires de la France d’outremer m’ont raconté que de nombreux parents interdisaient l’usage du créole aux enfants de peur qu’ils ne soient pas insérés dans la modernité, dans le progrès, dans la France. Dans certaines appréhensions parentales le progrès était occidental et ce qui était local relevait du folklore, de l’accessoire.

à suivre

Image piquée ici :

http://cameroundouala.afrikblog.com/albums/le_ngondo___/photos/2353482-douala_ngondo_pirogue_05.html



La transmission du socle identitaire et culturel : la naissance de milliers d’étoiles au coeur des larmes de nos enfants (première partie)

Misodinanguengueti.jpg picture by maddyspace 

«  Neni so nguengueti i ma panya o miso ma munami  »

«  J’ai alors vu des étoiles briller dans les yeux de mon enfant  »

«  Neni pe misodi mi ma sulea o miso ma munami  »

«  J’ai aussi vu des larmes couler des yeux de mon enfant  »

Etienne Mbappe

Cet après midi, j’écoutais de la musique en vaquant à mes occupations. Et voici que les paroles d’un chant que je connais pourtant depuis des années ont ouvert les vannes de mes sempiternelles cogitations. La voix du chanteur portait un message sur l’essentiel de la transmission des racines et de l’histoire à la descendance. Je ne prendrai même pas la peine de vous dire que l’écho de ces mots a rencontré en moi bien des résonances. Ceux qui ont entrebâillé quelques fenêtres sur moi savent que ce sont des problématiques qui me sont importantes. Voici ce que chantait l’artiste :

«  Mon fils grandit, il arrive à l’âge de raison. J’ai pour lui un secret qui m’a été transmis par mon père. Car il faut qu’il sache, qu’il connaisse l’histoire de ce pays, qu’il connaisse notre histoire  ».

Le chant si j’en traduit le titre s’appelle «  les yeux de mon enfant  ». Le chanteur parle des nuances dans le regard de son enfant pour poser des choses qui lui semblent essentielles. Par un chant de quelques minutes à peine il touche à un domaine à mes yeux fondamental, celui de la transmission générationnelle, du passage de témoin de la mémoire, de l’histoire, de «  l’être ensemble  ». Sont ce des résonances de mon africanité ? Peut-être, mais je pense que ce sont plus largement celles de mon humanité. Cette humanité qui a besoin d’être reliée à une famille, à un passé, à une histoire . Sous toutes les latitudes l’humain a me semble t-il besoin de lien social dans le présent et en relation avec le passé.

Comme vous pouvez le constater, il y a des thématiques qui déclenchent chez moi, comme dans un réflexe pavlovien des cogitations déambulatoires. Les hélices sous mon crâne prennent leur envol pour emmener mes réflexions vers des rivages qui cette fois prennent leur source en moi. Ils m’ont conduite à repenser les chemins de mes cheminements identitaires ou d’identisation

La transmission de la langue comme celle de l’histoire sont essentielles dans la construction de celui qui arrive dans la lignée familiale.

Pendant des années, j’ai affirmé avec conviction que le français était ma langue maternelle. Cela m’était d’autant une vérité que la définition de la langue maternelle était pour moi celle de la langue des échanges primaires avec sa figure maternante, le plus souvent avec sa mère. Avec ma mère comme avec mon père, mes frères sœurs et moi communiquions en langue française. Et c’est en français que toute la gamme des émotions dans ma famille se traduisait en mots. Cette langue était par conséquent pour moi ma langue maternelle.

La langue maternelle dans mon appréhension est celle dans laquelle une voix unique rassurait l’enfant que l’on a été. C’est la langue dans laquelle l’enfant apprend à reconnaître les inflexions qui disaient l’humeur de la mère. C’est la voix qui encourageait, qui consolait, reprenait, etc.

La langue de mes pères passait à l’époque en second au palmarès de mes langues d’identifications tandis que je m’enracinais dans l’expression en français. Ce qui demeure pour moi une grande richesse. La français est devenu pour moi la langue de l’expression de la pensée, de la précision du sens, de la communication ciblée. C’est étrange de voir combien quand je m’exprime en français j’ai une quête consciente ou non du mot juste, alors que dans la langue héritée de mes pères je m’autorise de surprenantes approximations, cela d’autant que j’ai en Duala des lacunes abyssales.

La richesse rencontrée dans la langue de Molière me demeure précieuse. Elle porte mes inspirations, elle met des mots précis sur ma pensée, sur mon ressenti de l’instant. Mais il y a l’autre langue, celle qui structurait les échanges de mes ancêtres, de mes pères, et qui structure encore celle de mes pairs, cette langue qui vient habiller les expressions émotionnelles indicibles autrement que par elle. Cette langue qui se révèle au fil du temps celle de mes intériorités et dont les sonorités influencent mon accent quand je m’exprime en français. Cette langue qui malgré mes approximations et la conscience de mes lacunes, m’est de plus en plus signifiante, de plus en plus essentielle. Il y a cette langue qui m’ouvre à des onomatopées porteuses davantage de sens que les plus belles locutions en français. Il y a cette langue qui au fil du temps est passée du chuchotement intérieur au cri, à une affirmation de mon ancrage en moi et dans un peuple dont la terre est irriguée par le fleuve Wouri. Langue de mes douleurs et de mes joies, langues de mes soupirs, langue qui dans un soupir vient aux secours de mes incompétences sémantiques. Pour autant que j’en ai conscience elle n’est pas pour moi un véhicule d’indifférence.

à suivre



Indissociables dignité et indépendance pour l’Afrique

 

greatness1.jpg picture by maddyspaceIl y a des années Modibo Keita, figure politique majeure de l’Afrique du 20ème siècle disait des mots qui résonnent encore aujourd’hui avec force. Il donnait un cadre pour l’indépendance de l’Afrique. J’ai lu ceci hier et ça m’a réellement touchée:

« … vingt années de lutte faite de sacrifices de tous ordres, vingt ans de lutte farouche pour sauvegarder notre dignité et notre indépendance que nous ne devons jamais dissocier de la dignité et de l’indépendance réelle de toute l’Afrique. « 

Modibo KEITA

Entendez-vous résonner le son de son JAMAIS ?

Entendez vous le poids de ces mots ?

Entendez-vous l’héritage ?

Heureusement qu’il reste les mots, les écrits, la trace des discours de nos aînés pour nous rappeler que nous existons dans la continuité d’autres qui ont marché et combattu avant nous et que nous pouvons suivre leur trace en nous inspirant d’eux, de leur fierté, de leur dignité.

Bien des aînés ont combattu pour une Afrique libre, indépendante, digne et tant qu’à faire AFRICAINE ! Le sang d’un Lumumba crie si fort face aux cessions de la dignité pour des profits éphémères.

J’aime entendre parler ces personnes qui me rappellent que la vassalité mentale n’est pas structurelle de l’être africain, qu’elle a été importée et a été reçue comme vraie et comme fondatrice du soi. Mensonge !!!!!

L’Afrique n’est pas en soi fossoyeuse de rêves et d’épanouissement. Cette Afrique falsifiée inoculée comme un virus silencieux qui attend son heure pour réveiller comme autrefois en nous, dans nos enfants le dépréciation, il nous appartient de la déloger de nous et de la déloger de nos enfants par l’instruction et par la transmission des valeurs de combat pour la dignité.

La sensation de faim objectivée par des carences réelles quant aux besoins essentiels fait que bien des nôtres occupés qu’ils sont à satisfaire la base de la pyramide de Maslow n’ont pas la possibilité de relever la tête pour se projeter vers des lendemains ou des ailleurs. En cela des femmes et des hommes de la trempe de Modibo Keita, de Cheik Anta Diop, de Douala Manga Bell et de bien d’autres sont des voix porteuses de lumière et d’inspiration, ce sont des lueurs sur nos luttes quotidiennes et leurs voix peuvent participer, pour peu qu’on les laisser retentir, frayer un chemin dans les déserts de nos agonies quotidiennes. En cela ceux d’entre nous qui avons accès à quelque savoir ou information avons la responsabilité de leur ouvrir l’accès à l’information, à la culture, à leur héritage.

Je n’ai rien contre les magnifiques auteurs occidentaux classiques ou contemporains. Je suis personnellement éblouie par la plume de Paul Auster ou par celle de Milan Kundera. Mais pour transmettre l’Afrique et l’africanité nos enfants ont besoin d’être au contact des auteurs issus de notre terre et il y en a et de grande qualité, ancien et contemporains.

Le quotidien de bien des africains est asphyxié par des prédateurs en tout genre intra ou extra africains qui ont pour dieu leur ventre et la jouissance de l’instant au péril de l’autre qui à leurs yeux, ne souffre pas la moindre considération. Il sont de le «  ici et maintenant  » dans son versant négatif et toxique. Nous en voyons les effet dans la gabegie, la corruption et autres prévarications qui étouffent l’espérance d’une part, et proposent d’autre part la malhonnêteté comme un modèle de fonctionnement. Combien il est triste d’entendre un étudiant brillant et plein d’avenir décider, de devenir inspecteur des douanes non parce qu’il a quelque intérêt pour les transactions commerciales transnationnales, mais simplement parce que pour lui, c’est pour le chemin pour devenir millionnaire voire milliardaire. Au secours rendez-nous nos valeurs !!!

Proxénètes et autres clients de réseaux de prostitutions, ils usent et abusent sans vergogne de l’Afrique et de ses ressources naturelles et humaines. Mais il s’est levé depuis notre terre mère des voix qui nous invitent à relever la tête et aller de l’avant, à ne pas sacrifier notre dignité. Des voix comme celles de Thomas Sankara ou de Patrick Lumumba, des voix comme celle de Ruben Um Myobe qui rappellent que l’Afrique est nôtre et que c’est à nous de forger son destin.

Nous sommes peu de chose mais les petits ruisseaux font les grandes rivières et nous pouvons en servant de relais aux pensées, aux mots, aux constructions mentales qui inspirent passer le témoin à nos congénères et à la génération de nos enfants.

InHisImage.jpg picture by maddyspace

La dignité de l’Africain ne vient pas du regard de l’allogène elle est intrinsèque à l’être humain et c’est à nous de refuser de manière non négociable de céder la moindre parcelle sur le terrain de la dignité.

Quand l’indépendance d’un pays fait l’économie de la dignité, elle n’a d’indépendance que le nom. Est-il besoin de citer des exemples ? Il n’y a qu’à ouvrir les yeux et regarder autour de nous.

Notre génération à la suite de celle de nos parents a loupé quelques coches mais nous pouvons rattraper des wagons et semer quelques graines pour ceux qui suivent.

«  Nous ne devons jamais dissocier de la dignité et de l’indépendance réelle de toute l’Afrique. « 

Lire, écouter ceux qui nous ont précédé et qui ont combattu, revenir aux sources du panafricanisme cela pourrait nous être source d’inspiration pour demain.

Bonne semaine à vous et amitiés.

 



Bisso na bisso : Tata Nzambe -Un cri qui rejoint mes cris d’Afrique, mes cris pour le Cameroun, mon pays blessé

Je n’ai pas de mots pour dire combien ce cri me touche. Cette chanson est sortie si mes souvenirs sont exacts au coeur d’une guerre qui a laissé exsangue un Congo déjà blessé par tant de guerres fratricides.

Tant de douleurs et de larmes d’Afrique sont contenues dans ce cri. Larmes de femmes, d’hommes et d’enfants. « La mère patrie pleure des rivières de sang » ça et là en Afrique. Larmes de sang qui recouvrent la terre parce que des humains ont l’outrecuidance de rêver leur vie autrement que sous le joug de la tyrannie, de la gabegie, de la corruption, des pouvoirs autocrates « de droit divin ». Un peuple qui a le mauvais goût de vouloir se réapproprier son destin et son droit au futur reçoit en retour exactions et vindicte d’Etat. L’Etat qui détient le monopole de la violence physique légitile selon Weber. Cette violence physique entre les mains d’un état délégitimé qu’est-ce que ça donne ?

Des opposants disparaissent au Tchad, au Cameroun les forces de l’ordre tirent sur la population sans sommation, au Kenya on confisque sans vergogne le pouvoir, instrumentalisant l’ethnicité pour ouvrir à la barbarie. Et « la mère patrie pleure des rivières de sang »

Dans mon pays on interdit à une télévision d’émettre probablement pour mâter les rebelles loin des caméras de télévision, pour enfermer dans le silence les cris nés de la terreur. Tant de « guantanamo » du côté de l’Afrique dans une sourde indifférence.

Quand de l’autre côté de l’océan la famille, les amis, le pays sont prisonniers d’une situation qui pourrait dégénérer en boucherie il dur de ne pas avoir peur. L’inquiétude et la peur de perdre les miens et mon pays paralysent mes capacités d’analyser, je suis dans l’instant et non dans la distance, dans l’émotion et non dans la raison. Je ne vais pas m’excuser ni regretter d’être humaine, simplement humaine. Et me voilà accrochée au téléphone pour être sûre qu’ils sont en vie, qu’ils sont prudents et qu’ils vont bien. Grâce à Dieu ma famille va bien, mais des morts dus à cette situation font couler des larmes dans ma grande famille du Cameroun, chez mes compatriotes, le peuple de mon coeur. « La mère patrie pleure des rivières de sang »

Je n’arrive même pas encore à me mettre en colère contre ceux qui au nom de leurs panses avides détruisent mon pays, mes frères et soeurs, nos enfants et leurs espoirs pour de meilleurs lendemains. Je n’arrive pas encore à les vomir alors qu’ils pèsent sur nos estomacs, nous un peuple à l’agonie. Le peuple dans la rue ose demander la changement. Crime de lèse ploutocrate. La paix sans le pain, tel est le deal que l’on nous propose. Et ce peuple d’abrutis qui ose descendre dans la rue pour demander que ça change. Ils osent avoir l’indignité aux lèvres. Ils aspireraient à la démocratie ? La démocratie kezako ?

Ils n’ont pas de pain ? Mais qu’on leur donne de la brioche et qu’ils ne nous saoulent pas avec des rêveries libertaires. Et pourquoi pas le gouvernement du peuple par le peuple pendant qu’on y est ? Et v’là t-il pas qu’il lui prend la fantaisie, à ce peuple de rêveurs de s’indigner de ce qu’un président veuille s’installer à vie à la tête de l’Etat au détour d’un tripatouillage de la constitution ? Mais de quoi il se mêle le peuple ? La constitution ça ne le regarde pas. Non mais ! Allez un coup de lacrymogènes et une pluie de gourdins sur le corps et ça devrait leur remettre les idées en place. Sion les laisse faire ils sont fichus de demander le rapatriement des capitaux dont le pays a été spolié. Qu’on les fasse taire.

C’est bien connu voyons bande d’ignares l’Afrique n’est pas mûre pour la démocratie. Jacques Chirac l’a affirmé en son temps. C’est bien connu l’homme africain est un enfant qui fantasme sur un passé merveilleux et qui n’a pas existé. C’est bien connu il est incapable de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. Nicolas Sarkozy nous l’a dit en juillet 2007. Alors le petit peuple ne va pas se laisser aller à la fantaisie de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. Il ne va pas s’égarer vers des aspirations démocratiques et des aspirations à une vie meilleure qui trancheraient avec l’infantisation dans laquelle bien des fantasmes l’enferment.

Et pendant ce temps un jeune homme devant le collège Alfred Saker de Deïdo aurait trouvé la mort pour avoir accompagné des amis devant le portail. Que voulez-vous nul n’est sensé ignorer la loi. Surtout si elle est martiale. Dans le cas d’espèce, la loi c’est le couvre feu. Mais non la police ne tire pas sans sommation dans les rues de Douala et d’ailleurs. La sommation a été donnée par la fermeté du discours présidentiel. Un homme averti en vaut deux. Quand je dis que je n’arrive pas à garder de la distance ? Voilà que je m’énerve n’est-ce pas ? Et pendant ce temps : « La mère patrie pleure des rivières de sang »

Je n’arrive pas à trancher entre la vindicte et l’analyse. Je verse dans un concept nouvellement fondé, celui de la vindicte analytique navigant entre émotion et raison. Souffrez que je déverse ma bile sur ceux à cause de qui des enfants de 8 à 12 ans sont dans la rue, formant une armée qui fait craindre le pire de ce que l’on a vu du Liberia au Congo en passant par l’Angola, l’ex Zaire et la Sierra Leone.

J’ai peur que mon pays enfante des enfants soldats. Je structurerai mon énervement plus tard, j’analyserai calmement plus tard. J’ai juste peur, et au nom de tous les miens j’espère que ceux qui sont au pouvoir ne radicaliseront pas leurs positions pour garder une illusion de force, de puissance et de légitimité. J’espère que l’on n’instrumentalisera pas la quête légitime d’une vie meilleure d’un peuple pour conquérir des positions de pouvoir. Les souvenirs de la Côte d’Ivoire, de la RDC, du Congo et d’ailleurs soulèvent des frayeurs irrépressibles car l’histoire de mon continent est jonchée de cadavres tombés au front des ambitions des hommes. « La mère patrie pleure des rivières de sang »

Quand un peuple aspire à la liberté, tôt ou tard il la conquiert. Quand la misère et la détresse deviennent des jougs intolérables, quand un peuple sait qu’on ne lui donnera pas ce à quoi il peut légitimement aspirer : liberté, éducation, soins médicaux, travail, avenir, alors il se lève pour aller l’arracher.

L’inconnue de l’équation c’est le prix à payer pour cette liberté, pour une vie meilleure. La somme sur la facture dépendra de la volonté des gouvernants à donner la primauté à la nation sur leurs ventres jamais rassasiés de leurs rapines et sur leurs tentations monarchiques.

La balle, à mon humble avis, est dans le camp d’une classe dirigeante repliée sur ses privilèges au détriment de la nation. La balle est dans le camp de ceux qui, s’il leur reste une once de considération à défaut d’amour pour la terre de leurs pères, sauront nous aider à tourner des pages sinistres sans bain de sang, parce qu’il auront compris qu’il serait temps de quitter la scène dans la paix.

Parce qu’il y a un temps pour tout, parce que l’aspiration à la liberté et à un monde différent est là, dans le coeur d’une nation, jusque dans les jeunes coeurs d’enfants pas encore adolescents, parce qu’il n’est plus possible que dès l’enfance on renonce à rêver et à espérer, il serait temps que les sourds entendent et que les aveugles voient. Croyez-vous qu’ils entendront le cri qui vient du coeur d’un pays ? Croyez vous qu’ils verront que l’heure est critique ?

En attendant je me laisse porter par la voix de cette chanteuse. En effet j’aime la voix de Mpassi la chanteuse, accessoirement cousine de Passi initiateur du projet. Sa voix est de celles qui atteignent l’intime de mon être pour et qui d’une certaine façon me racontent.

Dès le cri, l’onomatopée d’entrée je suis dans le chant, dans le cri, l’invocation,la supplique…Tata Nzambe !

http://www.dailymotion.com/video/1iPadNYw4Ffbs6Aef

[PASSI]
La mère patrie pleure des rivières de sang,
Le rouge est dans ses yeux, le peuple est mécontent.
Dans ces drames qui rentrent les armes du mal,
De qui coulent les larmes. Miséricorde à ces félins
Qui laissent veuves et orphelins. Vallées de l’angoisse,
Pêchés, enfant égarés, règne de la tristesse,
Beaucoup trop de gens sont tombés.
Tour à tour nos pays sont bombés, les nôtres bombés.
Jalousie, haine, hostilité, Ah ! Moundombé.
Tata Nzambé, Tata Nzambé
[LINO]
Les anges font la grève, mes rêves deviennent cauchemars
Une brève nouvelle du front, la sève du mal coule, fin de la trêve.
C’est comme une jungle en slalom entre flingues et came,
L’homme crève parce qu’Eve avait un faible pour les pommes.
Je lève les yeux, m’élève vers les cieux.
Dieu bénisse mon âme, préserve de la lame des
Envieux, du drame et du feu, ça crame, je rime,
Rame entre le crime et les pleurs, les fleurs fânent, la foi prime,
Lino en mission pour le seigneur.
Tata Nzambé, Tata Nzambé 

[D.O.C]
Des sorciers, des médiums et marabouts, des chiens enragés,
De l’opium le patron est le Moucouyou.
Des sorts jetés, tant de mort sur la jetée.
Prier et crier, de souffrance mon corps veut lâcher.
Je veux marcher auprès de l’Eternel, ne plus me faire acheter
Et fuir les querelles, dans un monde qui ne pardonne pas,
Sans foi ni loi. Tata Nzambé, ici-bas on a besoin de toi.

Tata Nzambé, Tata Nzambé

[BEN-J]
Que le Seigneur soit avec nous et avec notre esprit, afin d’affermir notre foi. Le bon chemin est si étroit que sa lumière nous éclaire Afin que l’on soit sur la bonne voie.
Au-delà des inéquités et des plaisirs charnels,
Bisso Na Bisso revient louer L’Eternel.
Les 7 anges ici-bas ont bien reçu l’appel.
Je prêche ces quelques mots, les yeux rivés vers le ciel.

Tata Nzambé, Tata Nzambé

[MYSTIK]
Au nom de Dieu le Tout-puissant, le Miséricordieux.
Louange à toi, Seigneur de l’univers.
Guide nous vers le droit chemin,
Chemin de ceux que tu a comblé de tes faveurs
Prions avec ferveur. Frères et soeurs,
Sachez attendrir vos coeurs.
Dans le jardin des hommes que la foi boulverse et gêne le pêcheur
Qu’elle incite, qu’elle entraîne à se dépasser, qu’elle communique
Quelle que soit ta foi, un seul Dieu unique.

Tata Nzambé, Tata Nzambé

[G-KILL]
Je ne suis sage qu’à mes propres yeux
Je veux ma place dans le royaume des cieux
Tata Nzambé, ta venue est proche, mes frères ouvrez vos coeurs
Ainsi que ceux de vos proches
Car dans sa droite une longue vie, sa gauche la richesse,
La gloire, là haut pas de mauvais esprits
Ni de bleu, ni de blanc, ni de rouge, le troisième millénaire se profile
Et la jeunesse voit rouge.

Tata Nzambé, Tata Nzambé

[CALBO]
Regarde ce que ce monde a fait de moi,
Ça fait des mois que je me cherche,
Pêche dans mes recherches, recherche
En vain des portes, une brèche.
À cent milles lieues sous la merde,
Ça merde à chaque fois, essaie de m’en sortir,
Écarte foi et opte pour 4 mois de folie.
Échappe-toi du chemin, il me disait « Viens dans la luxure,
Appelle tes potes, la belle vie pour tous, j’assure » Amen.
J’ai su me relever alors que d’autres reposent en paix,
Je dois ma vie à une seule personne dans ce monde,
Tata Nzambé.

Tata Nzambé, Tata Nzambé…
Alléluia, Alléluia…
Hosanna, Hosanna…
Tata Nzambé, Tata Nzambé…



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