Mon pays m’appelle

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Je veux entendre chanter ma langue et les accents qu’elle véhicule au réveil. J’ai envie d’exclamations en pidjin tandis que s’exhaleront des odeurs de maïs ou de plantain que l’on grillerait et de soyas qui libèreraient leur graisse sur leur foyer. J’ai envie de saturer un immense verre de glaçons et y verser lentement du top pamplemousse.  Je voudrais envisager le quotidien sans entendre le son annonciateur de la fermeture imminente du métro. Je veux rire aux éclats sans m’en faire pour le voisin qui de son côté s’esclaffe sans entraves. Je veux une cure de bruit autrement, de silences différents, d’ordre singulier et de surprenants désordres.

Mon pays m’appelle



Terre chérie

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Magnifique et royale, d’une noblesse oubliée, l’on veut te réduire à une caricature. Parlant de tristes records qui souillent ton image, l’on veut faire de faussaires, tes ambassadeurs.

Terre de résilience, malgré tout tu résistes, tu es un joyau que n’ont pas reconnu, ceux qui pourtant, auraient dû te chérir.

 

Au lieu de s’atteler, à oeuvrer à ta paix et à ta prospérité,  il se sont mués en prédateurs cyniques, violant sans vergogne ta beauté majestueuse, cédant ta dignité à bien des étrangers qui ne voyaient en toi qu’un moyen pour leurs fins.

 

Ta forêt s’échappait portée par des camions, pour permettre aux vautours de s’exhiber fièrement, sur des yatchs en Europe. Compagnies pétrolières, aux pratiques mafieuses, qui kidnappent l’avenir en s’appropriant les sols, constructeurs cyniques, exploitants forestiers, leurs arrogances africaines sont telles qu’elles font penser à la triste grenouille qui pour un boeuf se prit. Leur fin arrivera, et la fin de leurs mondes avec elle.

 

Ton peuple courbe la tête sous la pression d’un désespoir qui à eux s’impose tant l’avenir proposé se révèle rétréci. Des coeurs de quadragénaires, sont déjà épuisés. Ils s’arrêtent de battre sans faire leurs adieux à ceux qui plus que tout comptaient dans leurs vies. L’inquiétude pour les fils, arrêtent le voyage de vies encore si jeunes, tandis que femmes et hommes à la morale rétrécie, pillent sans vergogne la terre de nos pères, privatisant sans peur le patrimoine commun aux fils de notre terre. Au vu de ces pratiques, quand on t’envisage juste avec les yeux, l’on pourrait se laisser, aller au désespoir.

 

Mais il est  un endroit qu’on atteint par le rêve, par l’espoir par l’amour, il est un lieu de foi qui résiste aux cyniques. C’est une forteresse, un  écrin intangible dans lequel tu demeures. Ils ne l’atteindront pas, ce lieu n’est pas à eux..

 

C’est un lieu dans lequel ce qui fait ton essence demeure inviolable : c’est le coeur, c’est  l’espoir, c’est la mémoire de ceux qui refusent de mourir, et de laisser périr la terre de leurs pères.

Tes filles et tes fils.

Terre chérie.

Cameroun.



Qu’allons-nous faire de Marie, Koffi, Mamadou, Akadjé et André ?

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Il est des nuits comme ça, qui sans vous prévenir, prennent Morphée en otage. On tourne et se retourne dans son lit espérant que par ce mouvement inutile, on finira par trouver la porte vers le sommeil.

Bien aimée Côte d’Ivoire qui ne cesse de gémir et dont les cris de douleurs habitent les veilles de ma nuit.

 

Abandonnée par Morphée mes pensées sans entraves me conduisent vers toi auprès de tes douleurs. Des femmes et des enfants de douleur agonisent. Des hommes sans vie gisent sur le bord des chemins. De précieuses existences soudain interrompues par la folie des hommes, née de leurs inextinguibles appétits de pouvoir, hantent ma mémoire. Des corps brûlés, violés, martyrisés semblent vouloir s’exprimer, dire qu’il y a en eux davantage que le fait de gésir sans vie. Par des cris silencieux ils habitent ma nuit refusant la négation d’un traitement de masse. Pourquoi me hantent-ils ? Pour quelle raison viennent-ils troubler ma quiétude ?

Ils étaient des enfants, des femmes et des hommes, avant d’être assassinés. Ils ont été embarqués dans le tourbillon d’une folie meurtrière  qui à chaque exaction dépouille les assassins un peu plus de leur humanité. Ils se laissent aller aux pillages, aux viols et aux meurtres au nom de quoi ? De quel pouvoir ? Ils se battent pour des hommes qui, le moment venu, oublieront certainement de se battre pour eux. Les connaissent ils seulement ces supporters zélés, qui prennent fait et cause pour le champion de leur camp. Ils l’appellent Alassane, comme s’il était des leurs, ou le nomment Gbagbo comme quelqu’un de la famille. Mais voici les champions n’ont jamais pris la peine, de voir en eux davantage qu’une foule sans visage, instruments animés et instrumentalisés pour asseoir leur pouvoir. Déshumanisés dans le regard des politiques, victimes ou bourreaux sur le terrain des crimes matérialisent la privation d’humanité.

Les images qui nous arrivent via le tube cathodique ou la toile d’internet dévoilent des massacres au cœur desquels des frères ivoiriens s’entretuent. Personnes uniques, humains irremplaçables, ils étaient filles et fils, ils étaient pères et mères. Pris dans la frénésie du moment qui se joue, nous aussi sans y penser, les avons dépouillés de leur humanité, les enfermant dans une terrible globalisation.

 

Des civils sans défense à Duékoué massacrés, on s’arrête au nombre insupportable des morts et l’on oublie l’air de rien, que derrière les 800 morts, il y avait autant de vies, et tout autant d’histoires individuelles arrêtées. On n’envisage pas les séismes intimes produits dans les familles, on est loin de penser à la douleur d’une veuve, à celle d’un orphelin. On oublie qu’à Duékoué un père brisé gémit d’avoir vu s’effondrer, ses rêves d’une descendance. Pornographie terrible de la violence qui fait d’êtres humains des corps que l’on expose et que l’on manipule, les livrant aux regards. Des masses de chair se déploient sous nos yeux effrayés ou révoltés. Qui pense un seul instant à poser sur ces hommes, le voile pudique que lui offrirait la reconnaissance de leur humanité niée ?  On déshumanise les morts en politisant ce qui leur est arrivé. On conceptualise, on glose, on oppose panafricanisme et néocolonialisme au dessus de leurs corps encore chauds. On s’éloigne des être et les transformons en matière.

 

Dans ma nuit sans sommeil, les corps éventrés, calcinés se rappellent à moi. Ils semblent reprendre vie, comme le temps d’un instant pour se défaire du néant totalitaire dans lequel on veut les enfermer. Ils refusent de rejoindre les charniers de l’imaginaire dans lesquels sont empilés des victimes Rwandaises, Congolaises, roumaines ou albanaises. Dépouillés du souffle de vie, ils semblent réclamer à mon esprit fébrile, un droit à l’existence.

 

Je vois se lever dans mon imaginaire cet homme inconnu qui en humanité et en africanité m’était par deux fois frère. Et mon frère inconnu se raconte à moi par des séquences de vie venues de son passé. J’entends son rire grave, et je vois le regard inondé de tendresse qu’il posait sur Fanta. Comment s’appelle t-il ? Il répondait au nom de Koffi ou d’André, Mamadou ou Akadjé.  C’était un homme total, qui souffrait et espérait, tombait et se relevait. J’imagine son regard porté sur ses enfants, je pense à ses combats pour leur rendre la vie plus belle.

 

Il git sur un trottoir.

Sur son corps calciné, glisse une caméra qui ira nourrir les propagandes des uns ainsi que celles des autres, comme l’indécence des caméras qui glissaient sur Marie, qui encore et encore racontait un viol collectif au point que les mots gommaient sa personne pour projeter ceux qui l’entendaient dans l’obscène réalité d’actes bestiaux perpétrés par ces hommes qui font des corps de femmes des terrain de pouvoir et de conquêtes guerrières.

Ma veille forcée me ramène le visage et la voix de Marie, la dépouillant des projections nées de l’outrance médiatique qui de Charybde en Scylla semble s’adresser à un parterre de voyeurs. Marie vient à moi comme une sœur profondément meurtrie, comme une vie qu’il faudra reconstruire.

Les visages de l’un et de l’autre m’arrachent de la globalisation et m’invitent à un tête à tête avec certaines des conséquences de la tragédie ivoirienne.

Indicible douleur et cruelle empathie. Le drame ivoirien ne m’est plus exogène. C’est moi, c’est mon frère, c’est mon fils et ma fille que l’on a tué là bas. J’imagine cette peine plus près de moi et cela me glace d’effroi. Ces gens ont-ils conscience du crime qu’ils commettent contre des humains d’une part et contre la notion même d’humanité ? Je n’ai plus envie de débattre

Le flot des sons, le ruissellement des images, les débats sans fin des « pour » et des « contre » m’agressent plus que jamais. Ce sont des hommes que l’on assassine et meurtrit.

Qu’on l’appelle Marie, Koffi, Mamadou, André ou Akadjé, ils sont là, établis dans mon imaginaire, demandant que par le cœur on leur ouvre le passage qui les ramènent dans l’humanité. Ensevelis sous des débats qui les nient, ils se rappellent à moi pour dire « j’existe » ou « j’existais » « ne permettez pas à leur » crime » de m’ensevelir sous un amas de corps, rendez moi mon existence, donnez moi symboliquement un sépulcre individuel comme le fut mon histoire. »

Ivoirien mon frère, ivoirienne ma sœur, m’autoriserais-tu à m’immiscer dans le cours de l’histoire qui s’écrit pour oser te livrer l’expression de mon cœur ?  Me pardonneras-tu de livrer à ton regard le fond de ma pensée ?

Ivoirienne ma sœur, ivoirien mon frère, de quelque camp que tu sois je t’adresse une supplique. Sors de la fascination qui dénie à l’autre son droit à l’existence en gommant à tes yeux son humanité.

En face de toi celui qui est ton ennemi est avant tout un frère, un fils de ta nation.

Les petits êtres qui sous tes yeux ne sont plus que fils de l’autre camp et ennemis de demain, sont de petits enfants, qui hier encore jouaient sous ton regard et t’attendrissaient.

Ne te laisse pas tromper par la folie des puissants, par leur odieux cynisme qui t’instrumentalise pour commettre à leur place des crimes odieux dont ils se hâteront de se dédouaner, passant au besoin des accords d’impunité.

Mais après la colère, la folie meurtrière, il te faudra vivre avec la mémoire, des crimes perpétrés. Ni Laurent Gbagbo, ni Alassane Ouattara, encore moins Guillaume Soro ou Charles Blé Goudé n’auront ni le pouvoir ni la préoccupation de faire taire les cris qui après la violence, hanteront tes longues nuits.

Avant de te livrer au prochain vent de folie, souviens-toi que la victime c’est ton frère, c’est ta sœur, ton fils ou ta fille, ton père ou ta mère. Et n’oublie pas qu’en fait le vrai perdant c’est toi comme tu te dépouilles de ton humanité et l’autre perdant c’est la Côte d’Ivoire ton pays bien aimé pour lequel tu te bats.

Fille d’Afrique je voudrais apprendre à prendre le temps de faire la pause dans mes certitudes, pour redonner par le respect et l’empathie de la place à mes frères au cœur d’une humanité que leur aura nié la violence de leur mort ?

Je voudrais me souvenir le temps d’un instant que derrière la politique et la géopolitique ce sont mes frères que l’on assassine. Je voudrais prendre le temps de faire la pause pour me tourner vers les ivoiriens de mes relations non pour fustiger leurs prises de position mais pour prendre de leurs nouvelles et les encourager ou les consoler quand la tragédie qui se déroule dans leur pays les atteint au plus près.

Le jour s’est levé, mes compagnons d’insomnie semblent décidés à me laisser dormir. Avant de me coucher un espoir entêté habite mon cœur : que la paix revienne enfin en Côte d’Ivoire et qu’elle ouvre à e profondes guérisons dans ce pays.

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De qui se moque t-on en Côte d’Ivoire et ailleurs ?

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De qui se moque t-on ? De qui se moquent Nicolas Sarkozy et la « diplomatie » française qui tuent les ivoiriens au nom des droits de l’homme et de la démocratie. La France chantre de la démocratie en Afrique je me chatouillerais pour rire si le sang qui coulait en ce moment dans ce magnifique pays, hier encore fleuron de notre Afrique, n’était pas habité par bien des douleurs intimes par delà le cynisme politique ambiant.

 

Au nom de quoi décide t-on de bombarder des civils pour un pouvoir que l’on veut de toutes façons aux ordres ?  De qui se moque t-on depuis l’Élysée quand l’on adoube au Gabon un pouvoir apparemment usurpé dans les urnes pour crier comme une vierge de 12 ans face à un pédophile dans la force de l’âge et à l’obscène nudité ?

L’Afrique n’oubliera pas, les ivoiriens n’oublieront pas les caresses du pays ami , le baiser mortel de ses bombes, le mépris affiché pour sa constitution.

 

De qui se moque Barack Obama qui depuis son bunker aux blanches couleurs et dans un fantasme risible de toute puissance ordonne aux uns et aux autres de quitter le pouvoir, de respecter le choix des ivoiriens, des libyens et des aspirations légitimes des peuples à la liberté et à la démocratie. L’un de vous veut-il se dévouer pour me chatouiller ? Il est urgent de rire !  Si je n’avais pas été éduquée avec pour toile de fond l’expulsion des mots et expressions grossières, si mon surmoi n’était pas aussi prégnant, je vous dirais avec des mots fleuris à quelle partie de l’anatomie humaine me font  penser les exportations de la démocratie américaine de par le monde.

 

Barack est nu, il est juste comme les autres, en pire parce qu’il fait exploser les bulles de l’espérance d’une différence, d’une politique autrement, d’un respect de l’autre. YES WE CAN repeat the same « bulshit » all over the world

 

De qui se moque t-on en Libye notamment depuis cet occident qui vient essuyer les pieds de ses impuissances sur notre sol et dans le monde arabe encore et encore ? De qui se moque ces défenseurs de la dignité des femmes qui prennent les femmes et leurs Niqab pour cibles tout en conservant leur amitié aux grands défenseurs des femmes que sont les dirigeants du Yemen, du Barhein et de l’Arabie Saoudite ?

 

L’ impression d’impunité qui habite les prétendus puissants achoppera un jour sur de surprenantes résistances, elle achoppera sur la défaite des apathies et la fédération de nos indignations, parce que malgré nos apparentes impuissances nous avons les yeux ouverts et nous sommes les témoins d’une histoire qui une fois de plus s’écrit avec le sang des nôtres, avec notre sang. Elle achoppera sur des victoires inattendues et « je sais qu’un jour mon poing nu, mon poing seul suffira pour écraser ton monde » (Aimé Cesaire)

 

L’écœurement dispute à la colère. Les motivations qui conduisent le président français comme ses prédécesseurs, le président américain comme les cowboys dont il est l’héritier conscient et assumé, les exacerbations de leurs »dévirilisations » à l’intérieur de leurs terres les conduisent à une fuite en avant meurtrière sur les terres des autres.

 

L’Afrique n’est pas amnésique, un jour elle se lèvera et répondra. L’Afrique n’est ni la pathétique OUA ni les pantins qui dirigent nos nations.

 

Je pleure sur la Côte d’Ivoire, j’ai mal, je suis en rage. Et le pire c’est que je me sens impuissante à faire quelque chose de concret pour mes frères là bas, pour la mémoire de chaque être assassiné, pour que l’on n’oublie pas au nom du nombre que chaque vie était précieuse, pour que nous ne cédions pas à une pornographie de la guerre. Désolée si je vais dans tous les sens, la douleur et la colère ne sont pas disciplinées, elles ne sont pas maîtrisées, elles se défient de la norme et peignent hors des lignes, comme les dessins d’enfant elles jaillissent et se disent en toute liberté


Un jour, de l’Afrique, du monde Arabe, du Moyen-Orient et d’ailleurs, on se souviendra que lorsque la France et les Etats-Unis défendent les droits de l’homme ils tuent les hommes. On se souviendra que la démocratie se décrète depuis les cieux par des bombardements On se souviendra que l’on a dû se terrer comme des rats pour fuir les flammes de le démocratie venues du ciel par la grâce des messies occidentaux.

On se souviendra que leur « ordre mondial » avait davantage de prix que nos vies.

 

Souffrez que je ne prenne parti ni pour Gbagbo, ni pour Ouattara en Côte d’Ivoire. Depuis que cette chronique d’une tragédie annoncée a commencé, mes craintes, mes pensées, mes angoisses, mes funestes anticipations concernent la sécurité de mes frères ivoiriens, ceux qui aujourd’hui ne sont que des « dommages collatéraux » d’une guerre qu’ils subissent. Des humains, des vies, des histoires individuelles victimes de la soif de pouvoir et de la folie des puissants.

 

On ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs disait cyniquement Charles Pasqua il y a plus de vingt ans suite au massacre de la grotte d’Ouvea en Nouvelle-Calédonie. Une fois de plus les oeufs c’est les autres. Ceux qui ne comptent pas, cette entité aux contours informes : le peuple.

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RESTAURER LA DIGNITE DES GRANDS HOMMES D’ETAT FAUSSEMENT ACCUSES D’ETRE DES DICTATEURS CORROMPUS .

Décrypter les enjeux derrière de prétendues révolutions : Gloire à Mouamar, Hosni et Zine el-Abidine et à leurs pairs d’Afrique noire

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Camarades et véritables patriotes du monde entier, l’heure est grave. Il se lève un vent curieux qui, sous des djellabas dévoilent des révolutionnaires dangereux. Vous savez cette engeance qui croit qu’à coup de vociférations elle changera le cours de l’histoire. Quels idiots ! Si la rue changeait les sommets de l’Etat cela se saurait. Ce n’est pas parce qu’un roi mou et cocu a perdu la tête en 1793 en France que des gueux vont se mettre à penser que la rue peut infléchir le cours d’une nation.  La France, grande donneuse de leçon devant les nations a prétendu se débarrasser de la monarchie pour installer via la cinquième république des présidents aussi éloignés du peuple que les rois d’antan. Des hommes plus accrochés aux apparats qu’au fait d’améliorer l’ordinaire des peuples. Ainsi vont les « révolutions », les populations payent de leur vie la reproduction sociale des élites aux sommets de l’Etat.


Alors le vent de liberté apparente qui souffle dans les pays dits arabes aujourd’hui ne cache pas des Che Guevara sous chaque djellaba. Que nenni ! Si le pouvoir appartenait réellement au peuple cela se saurait. L’on ne va tout de même pas confier les rênes des nations à des incompétents sous prétexte qu’ils vocifèrent sur une place publique !


Si ces gens avaient eu du courage ils se seraient élevés à la force du poignet comme Leila Ben Ali, une femme qui force le respect. Elle est passée en quelques années de shampouineuse à milliardaire. Qui dit mieux ? Le rêve tunisien a détrôné le rêve américain. Vive la Tunisie, terre de tous les possibles.


De surcroît, pas égoïste pour un sou elle a permis à d’autres tunisiens de connaître l’ascension. Ce sont des membres de sa famille ? Et alors ! La solidarité familiale est l’essence même de notre beau continent. On ne va tout de même pas reprocher à une shampouineuse devenue milliardaire de n’avoir oublié  ni sa famille, ni ses racines. Non ?

Ceci dit elle aurait pu conseiller son époux sur la couleur de ses cheveux. Ce noir !!! On dirait un ersatz de Moubarak.


Il est temps de remettre les choses dans le contexte pour ne pas nous laisser berner par ceux qui veulent déstabiliser nos nations.


Kadhafi le premier empereur de l’Afrique unifiée sous sa direction éclairée l’a dit. Et la parole de notre empereur (loués soient les dieux d’ici de là et d’ailleurs pour le don fait à la terre par la manifestation du glorieux guerrier, lumière de nos vies, néon qui éclaire nos nuit, astre éblouissant de l’aube, Mouamar de nos cœurs frétillants) est sacrée et a force de loi.


Depuis la révolution dite de jasmin, les esprits s’échauffent. Que n’entend-t-on dire ça et là ? Des hommes d’honneur sont livrés à la vindicte populaire, jetés en pâture au jugement des nations. Des pays qui sont depuis toujours des modèles de grandeur et de noblesse sont présentés comme des lieux liberticides et fossoyeurs de la démocratie !

Il est temps que des esprits éclairés se lèvent pour dénoncer le tourbillon médiatico-impérialiste qui veut entrainer peuples et nations dans le chaos.


Oui camarades !  Si la révolution était réelle, la France,  dépositaire universelle du brevet de la révolution réussie (foi Danton, de Bonaparte de Sarkozy et de Cohn Bendit) aurait authentifié et soutenu le mouvement. Si la Libye, l’Egypte ou la Tunisie avaient été les proies d’autocrates corrompus qui bâillonnaient le peuple, la France, chantre mondial de le défense sans concession des droits de l’homme les auraient dénoncé avec force. Il n’y a qu’à voir l’autorité avec laquelle le président français toute virilité dehors a sommé Laurent Gbagbo de quitter la présidence de la Côte d’Ivoire et l’obéissance immédiate de ce dernier qui s’est depuis exilé en nouvelle guinée où il apprend à parler le Poulpe. Vive la France de l’incantation creuse.


Visionnaire entre les visionnaires, madame le ministre des affaires étrangères a proposé le savoir-faire de la police française pour régler les questions sécuritaires liées aux manifestations en Tunisie. Elle avait tout de même survolé le pays en jet privé sans percevoir le moindre battement de cils anti Ben Ali. La révolution de jasmin n’a au vu de l’analyse pertinente des politiques français, aucune légitimité sinon la France l’aurait dit.


Oui camarades, un complot est ourdi  par les forces du mal contre l’Afrique pour l’asservir à nouveau. Il a commencé par enflammer le Maghreb et le Machrek avec pour fin de soumettre les peuples en les privant de leurs guides et protecteurs suprêmes. Félonie ! Ne l’ont-ils pas fait ces affreux du temps de Chaka ? Assassinant un de nos chefs pour posséder nos terres ?  Résistons avant que l’Apartheid ne revienne gangrener le continent entier.


Peuples d’Afrique subsaharienne levez-vous pendant qu’il est temps et protégez avec force les dinosaures qui sont à la tête de nos nations. Ils veulent contaminer nos populations par des révolutions chimériques. Heureusement que nos guides d’Afrique noire tiennent trop à la sécurité de leurs fonds détournés heu que dis-je à la sécurité de nos nations pour les laisser piller par des chacals. Gloire à eux, sauveurs suprêmes. L’on ne va tout de même pas sacrifier ces hommes d’expérience pour des chimères portées par de prétendus opposants. Gloire à nos guides qui pillent nos terres pour notre nous garder purs et protégés des excès.


Quel abus y a-t-il lorsqu’un président, guide bienveillant et suprême d’un pays décrète un état d’urgence qui dure trois décennies ?Qui a fourni la moindre preuve qu’il n’y avait pas d’urgence en Égypte depuis la mort de Sadate ? 

Pendant les trente ans de pouvoir de Hosni le magnifique pas le moindre enlèvement de pyramide ! Sans l’état d’urgence décrété par le bien aimé Rais, qui peut nous garantir qu’il y aurait encore la moindre pyramide en Égypte ? Et de vous à moi, qui irait douter d’un homme qui, à 80 ans assume sans difficulté le ridicule du cheveu noir jais, voire corbeau ?

Hosni Moubarak, grand seigneur jusqu’au bout se proposait de consentir au sacrifice suprême, confier à terme les rênes du pays à son fils, la chair de sa chair. La dynastie des Moubarak au service de la grandeur de Égypte. Par malheur le cirage avec lequel il enduisait ses cheveux aura dû couler sur ses yeux et voiler son discernement, sinon il ne se serait pas laissé tromper par son entourage et aurait rejoué la pacification de la place Tien an Men au cœur de Égypte. Si seulement il avait accepté d’être chauve ou assumé de cheveu poivre et sel… La coquetterie de trop aura privé Égypte d’un pharaon de grande envergure et à peine octogénaire.  


Comment par ailleurs peut-on trainer dans le boue le nom d’un homme honorable l’accusant de népotisme, de corruption, de gabegie, et de prévarication ? N’en jetez plus ! Tout scientifique, même le plus médiocre est informé du fait qu’il y a des phases obligatoires de test avant de mettre à la disposition du public des produits et autres découvertes. Une découverte majeure se teste sur une petite échelle. Le projet de Ben Ali le Grand était l’enrichissement exponentiel de tout tunisien. Puits de sagesse et homme prudent, le guide président a fait le choix de tester « la molécule d’enrichissement rapide » sur un groupe témoin appelé les Trabelsi. Il fallait d’une part voir si l’on pouvait passer d’un état de quasi pauvreté à celui de milliardaire en quelques années. Cette preuve faite il fallait tester les changements induits sur le groupe teste après son enrichissement. Ce n’est qu’après ces vérifications de sécurité primaire qu’il allait déployer la technique au peuple entier.  Les esprits chagrins le suspectent de népotisme sous prétexte qu’il s’agit de sa belle-famille ?  Quel être sensé enrichirait sa belle-famille au détriment de sa propre famille ? Du bon sens diantre !

Par ailleurs, le guide suprême de la nation tunisienne a mis en péril ses proches en les faisant cobayes de la croissance future de la nation. Mais il a fallu qu’un homme contrarié se prenne pour un méchoui sur la place publique et les tunisiens ingrats et sans vision ont sacrifié leur guide, digne successeur de Bourguiba (qu’il a en passant participé à destituer pour le bien de la nation) à l’émotion.

La fortune de son clan ne s’élèverait à 5 milliards de dollars après vingt-quatre années au pouvoir ? Et alors ? Ben Ali travaille. Ce qui, je le souligne en passant n’est pas le cas de Liliane Bettencourt ou de Caroline de Monaco ! Qui est descendu dans la rue pour les destituer ? Ne crions pas au racisme tout de suite mais il se lève en moi comme un soupçon. Pas joli joli tout ça !


Cinq milliards de dollars ? C’est tout ?  Une telle misère ferait rire aux éclats quelques souverains rapaces ça et là sur la planète. Comparé à d’autres c’est à peine de quoi offrir un apéritif à des malades du kwashiorkor dans Éthiopie du milieu des années quatre-vingt !

Si on lui avait laissé du temps, il aurait pu étendre l’expérience de l’enrichissement exponentiel à tout le peuple, la Chine serait venue prendre des leçons de croissance en Tunisie. Le manque de vision aura stoppé  l’histoire en mouvement. La Tunisie ne sera pas la première puissance mondiale pour cause d’autodafé inopportun.


Et voilà qu’aujourd’hui, pour tout couronner, l’on déverse comme des ordures par une benne, et sans la moindre réserve, des tombereaux d’injures sur un homme de bien : Mouamar le Merveilleux ! C’est ainsi que l’on salit la réputation d’un pacifiste, d’un homme équilibré. Cet être supérieur a durant quatre décennies consacré sa vie, son génie et son aura au service de la grandeur de Libye. L’homme et son clan auraient une fortune estimée à  120 milliards de $ (87 milliards d’euros). Est-ce cher payé pour 40 années dédiés à la grandeur de la Libye ? Est-ce cher payé pour l’artisan de  la pacification du Tchad, l’unité africaine, la protection des immigrants d’Afrique subsaharienne et la sécurité aérienne internationale ? Sans Kadhafi, la Libye ne serait pas, le monde ne serait pas, les galaxies ne seraient pas, le soleil non plus. Mouamar Kadhafi est l’Etre absolu la réponse à toutes les questions de l’univers.


De toutes les façons, si l’on considère que Moubarak et son clan ont environ 70 milliards de dollars pour dix ans de moins à la tête d’une nation, et en comptant les heures supplémentaires et les congés payés, la fortune des Kadhafi est amplement méritée et est de la roupie de sansonnet au regard des du Guide suprême (que son nom soit chanté par des vierges sur tous les continents de génération en génération)  et ses apports à la Libye et au monde.

De plus le guide visionnaire au visage remodelé -pour mieux plaire à son peuple chéri- a mis ses fils au travail pour le bien de la nation.


Comment peut-on suspecter le Guide suprême de la Grande Révolution libyenne d’être un tyran sanguinaire ? D’accord un peu excédé par les enfantillages d’un peuple aux caprices adolescents sur la place publique, il traite ces grands enfants de drogués avec des vociférations hallucinées. Nous n’allons pas pinailler sur les mots tout de même !

En effet, ne faut-il pas être sous l’effet de quelque substance opiacée ou  de quelque autre hallucinogène pour imaginer la Libye sans Mouamar l’immortel et sa famille ? Kadhafi est la Libye, cette dernière n’est pas sans lui. Qu’on se le dise.


En bon père du peuple conscient que ce dernier ne peut vivre sans lui se propose d’orchestrer le « suicide » d’une nation plutôt que de la laisser entre les mains des étrangers qui haïssent la Libye. Kadhafi a promis un bain de sang si le peuple ne retrouve pas la raison.


En effet si au final ces chochottes de Ben Ali et Moubarak n’ont pas eu la virilité affirmée et manifestée par quelque excroissance testiculaire pour rester au pouvoir, Mouamar ne cèdera pas. Il en a lui ! Et ses fils aussi. Que son look de drag queen massacrée par un chirurgien esthétique ne trompe personne. Lla diva Mouamar n’est pas une femmelette, c’est un homme, un vrai. En matière de « cojones », il en remontrerait à une escouade de zébus en rut. Il est mâle jusqu’à la déraison. Personne ne lui prendra son jouet.  Il préfèrera le bain de sang plutôt que de livrer son cher pays à des hérésies telles que la démocratie ou la liberté.


Quels sont donc ces peuples qui ne sont pas fichus de s’élever au-delà des considérations aussi prosaïques que la faim, le chômage, ou la liberté d’expression ? On accuse des dirigeants d’affamer des peuples alors qu’ils les éduquent spirituellement par l’ascèse ?


L’heure est au grand n’importe quoi et les médias dominants tordent le sens des faits pour priver des nations entières d’hommes valeureux qui ont prouvé depuis toujours leur attachement féroce à la construction de leurs nations. Comment est-il acceptable que nul ne s’offusque de ce que l’on ose qualifier ces nobles âmes  des pires qualificatifs ? Fort heureusement, la France, patrie des droits de l’homme et étalon de mesure interplanétaire du respect des droits de l’homme et du citoyen, par le soutien, la fourniture des armes et des amitiés durables avec ces êtres supérieurs rappelle à nos consciences engourdies que les « révolutions » actuelles sont illégitimes et sans fondement.


A bas les Guevarra d’opérette en djellaba, boubous ou pagnes la liberté et la démocratie sont des chevaux de Troie des puissances coloniales. Ne nous laissons pas tromper. De toutes les façons Jacques Chirac, grand visionnaire n’a-t-il pas dit que l’Afrique n’était pas mûre pour la démocratie ? Si la France, championne du monde des droits de l’homme et de la diplomatie éclairée le dit, cela doit être vrai.


C’est la France qui déroule le tapis rouge à Kadhafi, à Hu Jingtao pour décrocher des contrats et à Bongo, Biya, Compaoré, Sassou Nguesso, Nguema et les autres pour des raisons encore plus opaques pour lesquelles les peuples d’Afrique subsaharienne n’ont pas fini de payer. Qui aurait en Afrique Subsaharienne l’idée folle de s’opposer aux tentations monarchiques de Wade, Biya ou Nguesso ? La révolution de jasmin sous l’équateur ? Et puis quoi encore ?  Parce que la citronnelle est finie chez nous ?


Dormez tranquilles indéboulonnables guides de nos peuples assoupis. Continuez à vous croire intouchables. Continuez à envisager de léguer des pays qui ne vous appartiennent pas à vos rejetons.

Le jour vient, et il est proche disent les antipatriotes,  où l’on verra sur vos visages l’air hébété de Ali ou Moubarak ou pire encore l’air abasourdi et grotesque de Ceausescu au moment où il a réalisé que ses vociférations étaient désormais sans effet sur un peuple excédé. Ils disent que l’histoire est en marche et les que les peuples d’Afrique sont en passe d’écrire leur propre histoire. Eux les qui ? Tchuip.


Camarades, réveillons nous et boutons défendons nos guides suprêmes au péril de nos vies.Ils ne sont pas fous, leurs enfants sont dehors. Et au fond ayant probablement des nationalités étrangères pourquoi verseraient ils leur sang pour sauver nos pays ? Voyons …


Signé camarade Extinctor

Secrétaire perpétuel du comité

de maintien de l’ordre dans nos nations



le 17 janvier 1961, Patrick Emery Lumumba était assassiné

Patrice Emery Lumumba élu Premier ministre en 1960, il a été  destitué quatre mois après. 

Le 17 janvier 1961, il est assassiné sauvagement au Katanga à la suite d’un complot mêlant la puissance coloniale belge, la « CIA » et les services

secrets français. Panafricaniste, il croyait en une indépendance totale des pays ayant nouvellement accédé à l’indépendance. Cela aura été son crime. Rompre avec le colonialisme était son leitmotiv et son discours inattendu et féroce envers le colonialisme aura probablement signé son arrêt de mort.

 

« Congolais et Congolaises,

 

Combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux,

 

A vous tous, mes amis qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez « ineffaçablement » gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la libertés.

 

Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang.

 

C’est une lutte qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage, qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire.

 

Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres.

 

Qui oubliera qu’à un noir on disait « Tu », non certes comme à un ami, mais parce que le « Vous » honorable était réservé aux seuls blancs ? Nous avons connu nos terres spoliées au nom de textes prétendument légaux, qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort, nous avons connu que la loi n’était jamais la même, selon qu’il s’agissait d’un blanc ou d’un noir, accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine Pour les autres.

 

Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou, croyances religieuses : exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort même. Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillotes croulantes pour les noirs : qu’un noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens, qu’un noir voyageait à même la coque des péniches au pied du blanc dans sa cabine de luxe.

 

Qui oubliera, enfin, les fusillades où périrent tant de nos frères, ou les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient pas se soumettre à un régime d’injustice ? Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert, mais tout cela aussi, nous, que le vote de vos représentants élus a agréés pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre coeur de l’oppression colonialiste, nous vous le disons, tout cela est désormais fini.

 

La République du Congo a été proclamée et notre cher pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants (…). »

 

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« DEBOUT MAINTENANT, MON PAYS ET MOI  » (Aimé CESAIRE)

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Il est des textes qui sont une rencontre, une fondation, une base de lancement de soi tout en étant un lieu qui permet de se poser pour penser. Ce sont des écrits que l’on ne devrait pas laisser dormir au fond d’un tiroir ou de la mémoire, mais les relire encore et encore En effet à chaque saison de notre parcours ils ont quelque chose à nous dire, à nous dévoiler.

Le texte d’Aimé Césaire n’a pas pris une ride. Nous pouvons le constater pour peu que nous ouvrions les yeux sur l’œuvre d’asservissement des consciences par la dévalorisation de soi qui a encore cours dans de nombreux afro descendants.

Oh ! Il est vrai que certains discours ouvertement racistes se sont tus. Cependant, des siècles de méconnaissance de soi et de l’autre ont laissé des traces, notamment dans l’arrogance avec laquelle les occidentaux commercent avec l’Afrique, et par le positionnement des nombreux dirigeants Africains dans le rapport à l’occident.

Mais il est une vérité : TOUTE ÉTOILE CHUTE DU CIEL EN TERRE A NOTRE COMMANDEMENT SANS LIMITE !

Ce ne sont pas les autres qui nous donneront une place à la mesure de notre valeur dans le concert des nations. C’est à nous de la connaître, de nous donner les moyens de nous y établir. Quelle est notre ambition, quelle est notre vision, quels sont nos rêves d’Afrique ?

Nous ne sommes pas par essence satellites d’une puissance n’en déplaisent aux “résistants” d’un ordre ancien né dans la violence et le déni d’humanité à l’autre. C’est à nous de le savoir et de le faire savoir. Notre commandement est sans limite quand nos consciences s’éveillent. Notre commandement est sans limite quand nous savons qui nous sommes et ce à quoi nous pouvons aspirer. Pour cela il nous faut des gouvernants qui ont des ambitions autres que leur gloriole et des intérêts personnels ou de clan. Il nous faut des dirigeants africains qui pensent l’Afrique pour elle même et pour ses filles et ses fils. Ils nous faut des dirigeants qui ont un rêve, une vision et une stratégie pour développer leur pays et éduquer ses ressortissants.Il nous faut autre chose que des satrapes au service de l’ancienne puissance coloniale et qui en attend les ordres les doigts sur la couture du pantalon, privilégiant la volonté de cette dernière sur la vie des populations. L’Afrique a besoin de dirigeants qui sont de véritables résistants, des femmes et des hommes qui combattent le viol permanent d’un ordre ancien qui refuse de mourir quand bien même il avancerait masqué derrière des résolutions des Nations Unies.

Oui toute étoile chute du ciel en terre et c’est d’égal à égal que nous commerçons avec les nations. C’est possible, c’est faisable, et c’est nécessaire. Sortons de l’esclavage mental !

 

Ne nous servons plus du passé comme d’un prétexte pour ne pas avancer ou pour verser dans un consumérisme contre productif. Utilisons-le comme une base de lancement de laquelle nous monterons pour aller vers ce « nous » auquel nous aspirons. Servons-nous de cette mémoire pour ne plus accepter la moindre infériorisation, le moindre manque de respect.
Refuser en éduquant, en ne tolérant plus que les chaines héritées de l’asservissement soient transmises à nos enfants. Déprogrammer la résignation et la tentation de mendier ce qui est à soi.

A l’échelle de nos nations, c’est à notre commandement sans limite que doivent tomber les « étoiles » qui se croient inaccessibles et omnipotentes. La prise de conscience que l’ordre actuel n’est pas immuable parce que nos pays sont à nous et non à une caste nous invite à l’action. C’est à notre commandement sans limite que nous devons leur faire comprendre qu’il n’est plus acceptable qu’elles dilapident impunément les richesses de nos nations à des fins privées, et que, plus grave encore, elles dilapident le potentiel des filles et fils d’Afrique en tuant l’espérance en un lendemain autre et meilleur.

Ce dont nous devons être conscients c’est que, comme pour les nations étrangères à l’Afrique, « à notre commandement sans limite, toute étoile chute du ciel en terre », même celle de nos « immuables » dirigeants .

Le pays ne se lèvera pas sans nous.
Nous n’irons pas loin si nous oublions le bien de nos nations.

 » Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi »

MON PAYS ET MOI tout est dit.

Merci à Aimé Césaire d’avoir écrit des mots qui sont son testament et nous sont source d’inspiration.

Merci à Lucien Dissake pour l’inspiration par la remise en lumière de ce texte éblouissant d’Aimé Césaire.

Je vous invite à découvrir les mots d’Aimé Césaire. Ils sont magnifiques et puissants. Combien il est heureux qu’il ne les ait pas retenus.


 » Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi, les cheveux dans le vent, ma main petite

maintenant dans son poing énorme et la force n’est pas en nous, mais au-dessus de nous, dans une

voix qui vrille la nuit et l’audience comme la pénétrance d’une guêpe apocalyptique.

Et la voix prononce que l’Europe nous a pendant des siècles gavés de mensonges et gonflés de pestilences,

Car il n’est point vrai que l’œuvre de l’homme est finie
Que nous n’avons rien à faire au monde
Que nous parasitons le monde
Qu’il suffit que nous nous mettions au pas du monde

Mais l’œuvre de l’homme vient seulement de commencer
Et il reste à l’homme à conquérir toute interdiction immobilisée aux coins de sa ferveur
Et aucune race ne possède le monopole de la beauté, de l’intelligence, de la force
Et il est place pour tous au rendez-vous de la conquête et nous savons maintenant

Que le soleil tourne autour de notre terre éclairant la parcelle qu’a fixée notre volonté seule

ET QUE TOUTE ÉTOILE CHUTE DU CIEL EN TERRE A NOTRE COMMANDEMENT SANS LIMITE »

Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal,
Ed. Présence africaine



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« L’arme la plus puissante entre les mains

de l’oppresseur c’est l’esprit de l’opprimé »

Bantu Steven BIKO

(1946-1977)



Construire ensemble le monde

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J’aime beaucoup cette photo parce que par delà la dimension privée et intime dans laquelle  l’on peut se projeter,  elle peut aussi suggérer que l’africain qui a eu de puis quelques temps en charge la gestion des affaires de l’Afrique reconnaît ses incapacités et sa responsabilité et passe le témoin à l’africaine. J’aime l’idée que l’homme et la femme d’Afrique coopèrent réellement pour relever l’Afrique. J’aime l’idée que les femmes entrent dans le projet de renaissance africaine et pas seulement pour transmettre des valeurs aux enfants même si en cela elles sont essentielles.

N’oublions pas que l’Afrique est matriarcale dans ses fondations.

Et j’aime aussi l’idée que l’homme dépose le monde à nos pieds.Ne sommes nous pas reines par essence ? Nubian Princess yes we are !

Le respect est le minimum requis et l’adulation naturelle à qui nous voit vraiment même dans nos limites. Nous n’aspirons pas à une inaccessible perfection mais à une noblesse de cœur et d’attitude.Une femme qui sait qui elle est n’a pas besoin d’artifices pour dégager ce rayonnement intrinsèque aux femmes épanouies et assurées de leur valeur. Elles sont belles par delà quelques « disgrâces » décrétées par les diktats du siècle. Ne nous dévaluons pas, relevons la tête.

Et en passant si nous sommes reines nos hommes sont rois personne n’a dit de marcher sur leurs têtes oooooooooooooooooooo (hihi) Rire



Saisir le témoin de nos héros

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Nous pouvons faire le choix de prendre la suite de ceux qui ont refusé de plier devant un ordre injuste et une pensée dominante inacceptable. Ils se sont mis en marche pour libérer les hommes et les consciences. Voici venu notre tour au rendez-vous de l’histoire. Qu’allons nous faire ? Une course de relais ne saurait être gagnée si un relayeur ne prend pas son tour. Notre génération est à une virage fondamental. C’est me semble-t-il une image du troisième coureur dans le relais. Celui qui déterminera l’aisance ou la difficulté du dernier relayeur. Nos fils attendent que le témoin passe dans les meilleures conditions. Ils nous attendent en Afrique, dans les Caraïbes,en Amérique,en Europe.
Les afro descendants attendent la libération et le relèvement de l’Afrique. Ce déclic atteindra les fils dispersés et fera tomber les dernières chaines. J’en suis convaincue. Nos aînés ont lutté par le verbe, par la résistance,
par les armes, ou par la transmission de la connaissance et nous leur devons beaucoup. Ils ont brisé nos chaînes physiques et mentales. Merci à eux.

L’asservissement le plus dangereux est l’esclavage mental. Nous pouvons demeurer pétrifiés devant la stature de nos héros ou nous laisser inspirer par eux et saisir le témoin de leur combat pour libérer l’Afrique et les Afro descendants.
Sommes nous disponibles ? Suis-je disponible ?



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