Aimé Césaire au Panthéon. Et après ?

Aimé Césaire au Panthéon. Et après ? dans De quoi je me mêle 217669_180689638644942_100001117219382_442233_4417966_n

 

Ce 6 avril, l’on fait entrer Aimé Césaire au Panthéon. Il paraît que dans la république française c’est l’un des plus grands honneurs que l’on peut rendre à une personnalité importante. On est semble t-il loin des tractations au principe d’une légion d’honneur désormais galvaudée pour cause de copinage excessif.A priori Christian Clavier, Mireille Matthieu ou Didier Barbelivien ne devraient pas troubler le repos des illustres figures qui reposent au panthéon. Ceci dit sait-on jamais ? Prudent Aimé Césaire n’a pas souhaité être arraché de sa terre Martinique pour s’exiler définitivement en métropole, fut-ce par la dépouille.

Bref reconnaître l’immense apport du « nègre fondamental » au patrimoine littéraire, culturel, politique, humain et plus encore à celui des définitions de l’humanité va de soi. Celui qui à 17h a fait un discours hommage l’a t-il jamais lu ? Le doute en moi est entêté. La biographie ânonnée par le chef de l’Etat donne à penser que le souffle qui animait le poète ne l’a pas touché. Un homme peut-il lire Césaire réellement, profondément sans que son humanité et son rapport à l’autre s’en trouvent modifiés ? Peut on avoir lu Césaire et véhiculer insidieusement dans la nation des semences de division et d’infériorisation latente de l’autre ? Peut-on avoir lu cet homme et envisager des identités strapontin pour les français issus de l’immigration  ?  J’en doute.  

En citant les extraits du discours sur le colonialisme Nicolas Sarkozy était il pris dans une dissociation de soi, dans cette forme de schizophrénie propre à la France qui d’un côté exporte à grands cris des valeurs telles que la déclaration universelle des droits de l’homme et qui de la bouche d’un ancien président peut cyniquement affirmer en parlant du Rwanda qu’un génocide en Afrique n’est pas bien grave ?  Le président entendait-il ce qu’il lisait ?

Aimé Césaire à mon humble avis méritait mieux que le discours sans vie, sans grâce et ponctué de mots sur lesquels la langue présidentielle n’a cessé d’achopper. Absence de conviction quand tu nous tiens…

La mise au Panthéon de Césaire ne saurait être un enfermement de sa pensée, de son verbe de sa liberté pour n’en laisser qu’un ersatz, une coquille vide qui servirait d’alibi à des politiques de gauche comme de droite incapables de repenser leur rapport au monde, à l’autre et à l’outre-mer.

Il n’est pas anodin que les télévisions hexagonales aient montré de Césaire  à l’envi l’image d’un entretien aux apparences suranné avec Nicolas Sarkozy, ce dernier hochant la tête le regard perdu au loin, comme si la photo avec celui qui auparavant avait refusé de le recevoir avait davantage d’importance que l’échange avec cet homme essentiel, celui dont le verbe ouvrait à la liberté, à la dignité, cet homme rebelle à toute forme d’asservissement.

Celui que l’on a célébré ce jour à juste titre est irrécupérable, il n’est pas possible de l’enfermer dans un lieu glorieux qui serait un cimetière pour la vie de son verbe. Je revois l’oeil amusé avec lequel il regardait défiler les politiques hexagonaux en voyage en Martinique qui voulaient une photo avec lui comme d’autre voudraient toucher le crâne de la statue de quelque figure religieuse. Ils en faisaient un grigri électoral passant à côté d’un homme essentiel au crépuscule de sa vie, inconscients du fait que désormais sa parole était d’or.

Ne faisons pas assaut de naïveté en pensant que cet honneur fait au grand homme est dépourvu de toute arrière pensée politique. Entendre Jean-François Copé louer son amitié avec Aimé Césaire et faire le grand écart entre la vision de cet homme et son pitoyable débat (déballage) sur l’islam et la laïcité était un moment ubuesque. J’en aurais avalé mon dentier si j’en avais eu un !

Enfermer cet homme (encore que sa dépouille demeure en Martinique ouf !) au Panthéon sans libérer son œuvre et lui donner les moyens d’arriver aux jeunes consciences que l’on forme dans les écoles de la république serait une escroquerie intellectuelle. L’éducation nationale est attendue au tournant de la réalité des convictions concernant la figure de Césaire.

Son discours sur le colonialisme est un texte essentiel que bien des politiques gagneraient à lire pour sortir de visions du monde datées et stupides. Césaire de son vivant était libre, la mort ne l’aura pas rendu captif.

Il nous appartient de le laisser voler encore et toujours comme l’aigle majestueux de la pensée qu’il aura été. Il nous appartient de nous laisser rencontrer et défier par le visionnaire qu’il demeure.

Lisons et faisons lire Césaire, la transmission de son patrimoine est plus glorieuse que tous les panthéons dans lesquels on fige les êtres et les transforme en poupées de cire de la pensée ou de l’histoire. Exposons nos filles et nos fils à la pensée de Césaire. Ceci n’est qu’un avis et je vous promets que je ne le dis pas parce que je ne risque pas d’entrer au dit Panthéon (^_^).



Qu’allons-nous faire de Marie, Koffi, Mamadou, Akadjé et André ?

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Il est des nuits comme ça, qui sans vous prévenir, prennent Morphée en otage. On tourne et se retourne dans son lit espérant que par ce mouvement inutile, on finira par trouver la porte vers le sommeil.

Bien aimée Côte d’Ivoire qui ne cesse de gémir et dont les cris de douleurs habitent les veilles de ma nuit.

 

Abandonnée par Morphée mes pensées sans entraves me conduisent vers toi auprès de tes douleurs. Des femmes et des enfants de douleur agonisent. Des hommes sans vie gisent sur le bord des chemins. De précieuses existences soudain interrompues par la folie des hommes, née de leurs inextinguibles appétits de pouvoir, hantent ma mémoire. Des corps brûlés, violés, martyrisés semblent vouloir s’exprimer, dire qu’il y a en eux davantage que le fait de gésir sans vie. Par des cris silencieux ils habitent ma nuit refusant la négation d’un traitement de masse. Pourquoi me hantent-ils ? Pour quelle raison viennent-ils troubler ma quiétude ?

Ils étaient des enfants, des femmes et des hommes, avant d’être assassinés. Ils ont été embarqués dans le tourbillon d’une folie meurtrière  qui à chaque exaction dépouille les assassins un peu plus de leur humanité. Ils se laissent aller aux pillages, aux viols et aux meurtres au nom de quoi ? De quel pouvoir ? Ils se battent pour des hommes qui, le moment venu, oublieront certainement de se battre pour eux. Les connaissent ils seulement ces supporters zélés, qui prennent fait et cause pour le champion de leur camp. Ils l’appellent Alassane, comme s’il était des leurs, ou le nomment Gbagbo comme quelqu’un de la famille. Mais voici les champions n’ont jamais pris la peine, de voir en eux davantage qu’une foule sans visage, instruments animés et instrumentalisés pour asseoir leur pouvoir. Déshumanisés dans le regard des politiques, victimes ou bourreaux sur le terrain des crimes matérialisent la privation d’humanité.

Les images qui nous arrivent via le tube cathodique ou la toile d’internet dévoilent des massacres au cœur desquels des frères ivoiriens s’entretuent. Personnes uniques, humains irremplaçables, ils étaient filles et fils, ils étaient pères et mères. Pris dans la frénésie du moment qui se joue, nous aussi sans y penser, les avons dépouillés de leur humanité, les enfermant dans une terrible globalisation.

 

Des civils sans défense à Duékoué massacrés, on s’arrête au nombre insupportable des morts et l’on oublie l’air de rien, que derrière les 800 morts, il y avait autant de vies, et tout autant d’histoires individuelles arrêtées. On n’envisage pas les séismes intimes produits dans les familles, on est loin de penser à la douleur d’une veuve, à celle d’un orphelin. On oublie qu’à Duékoué un père brisé gémit d’avoir vu s’effondrer, ses rêves d’une descendance. Pornographie terrible de la violence qui fait d’êtres humains des corps que l’on expose et que l’on manipule, les livrant aux regards. Des masses de chair se déploient sous nos yeux effrayés ou révoltés. Qui pense un seul instant à poser sur ces hommes, le voile pudique que lui offrirait la reconnaissance de leur humanité niée ?  On déshumanise les morts en politisant ce qui leur est arrivé. On conceptualise, on glose, on oppose panafricanisme et néocolonialisme au dessus de leurs corps encore chauds. On s’éloigne des être et les transformons en matière.

 

Dans ma nuit sans sommeil, les corps éventrés, calcinés se rappellent à moi. Ils semblent reprendre vie, comme le temps d’un instant pour se défaire du néant totalitaire dans lequel on veut les enfermer. Ils refusent de rejoindre les charniers de l’imaginaire dans lesquels sont empilés des victimes Rwandaises, Congolaises, roumaines ou albanaises. Dépouillés du souffle de vie, ils semblent réclamer à mon esprit fébrile, un droit à l’existence.

 

Je vois se lever dans mon imaginaire cet homme inconnu qui en humanité et en africanité m’était par deux fois frère. Et mon frère inconnu se raconte à moi par des séquences de vie venues de son passé. J’entends son rire grave, et je vois le regard inondé de tendresse qu’il posait sur Fanta. Comment s’appelle t-il ? Il répondait au nom de Koffi ou d’André, Mamadou ou Akadjé.  C’était un homme total, qui souffrait et espérait, tombait et se relevait. J’imagine son regard porté sur ses enfants, je pense à ses combats pour leur rendre la vie plus belle.

 

Il git sur un trottoir.

Sur son corps calciné, glisse une caméra qui ira nourrir les propagandes des uns ainsi que celles des autres, comme l’indécence des caméras qui glissaient sur Marie, qui encore et encore racontait un viol collectif au point que les mots gommaient sa personne pour projeter ceux qui l’entendaient dans l’obscène réalité d’actes bestiaux perpétrés par ces hommes qui font des corps de femmes des terrain de pouvoir et de conquêtes guerrières.

Ma veille forcée me ramène le visage et la voix de Marie, la dépouillant des projections nées de l’outrance médiatique qui de Charybde en Scylla semble s’adresser à un parterre de voyeurs. Marie vient à moi comme une sœur profondément meurtrie, comme une vie qu’il faudra reconstruire.

Les visages de l’un et de l’autre m’arrachent de la globalisation et m’invitent à un tête à tête avec certaines des conséquences de la tragédie ivoirienne.

Indicible douleur et cruelle empathie. Le drame ivoirien ne m’est plus exogène. C’est moi, c’est mon frère, c’est mon fils et ma fille que l’on a tué là bas. J’imagine cette peine plus près de moi et cela me glace d’effroi. Ces gens ont-ils conscience du crime qu’ils commettent contre des humains d’une part et contre la notion même d’humanité ? Je n’ai plus envie de débattre

Le flot des sons, le ruissellement des images, les débats sans fin des « pour » et des « contre » m’agressent plus que jamais. Ce sont des hommes que l’on assassine et meurtrit.

Qu’on l’appelle Marie, Koffi, Mamadou, André ou Akadjé, ils sont là, établis dans mon imaginaire, demandant que par le cœur on leur ouvre le passage qui les ramènent dans l’humanité. Ensevelis sous des débats qui les nient, ils se rappellent à moi pour dire « j’existe » ou « j’existais » « ne permettez pas à leur » crime » de m’ensevelir sous un amas de corps, rendez moi mon existence, donnez moi symboliquement un sépulcre individuel comme le fut mon histoire. »

Ivoirien mon frère, ivoirienne ma sœur, m’autoriserais-tu à m’immiscer dans le cours de l’histoire qui s’écrit pour oser te livrer l’expression de mon cœur ?  Me pardonneras-tu de livrer à ton regard le fond de ma pensée ?

Ivoirienne ma sœur, ivoirien mon frère, de quelque camp que tu sois je t’adresse une supplique. Sors de la fascination qui dénie à l’autre son droit à l’existence en gommant à tes yeux son humanité.

En face de toi celui qui est ton ennemi est avant tout un frère, un fils de ta nation.

Les petits êtres qui sous tes yeux ne sont plus que fils de l’autre camp et ennemis de demain, sont de petits enfants, qui hier encore jouaient sous ton regard et t’attendrissaient.

Ne te laisse pas tromper par la folie des puissants, par leur odieux cynisme qui t’instrumentalise pour commettre à leur place des crimes odieux dont ils se hâteront de se dédouaner, passant au besoin des accords d’impunité.

Mais après la colère, la folie meurtrière, il te faudra vivre avec la mémoire, des crimes perpétrés. Ni Laurent Gbagbo, ni Alassane Ouattara, encore moins Guillaume Soro ou Charles Blé Goudé n’auront ni le pouvoir ni la préoccupation de faire taire les cris qui après la violence, hanteront tes longues nuits.

Avant de te livrer au prochain vent de folie, souviens-toi que la victime c’est ton frère, c’est ta sœur, ton fils ou ta fille, ton père ou ta mère. Et n’oublie pas qu’en fait le vrai perdant c’est toi comme tu te dépouilles de ton humanité et l’autre perdant c’est la Côte d’Ivoire ton pays bien aimé pour lequel tu te bats.

Fille d’Afrique je voudrais apprendre à prendre le temps de faire la pause dans mes certitudes, pour redonner par le respect et l’empathie de la place à mes frères au cœur d’une humanité que leur aura nié la violence de leur mort ?

Je voudrais me souvenir le temps d’un instant que derrière la politique et la géopolitique ce sont mes frères que l’on assassine. Je voudrais prendre le temps de faire la pause pour me tourner vers les ivoiriens de mes relations non pour fustiger leurs prises de position mais pour prendre de leurs nouvelles et les encourager ou les consoler quand la tragédie qui se déroule dans leur pays les atteint au plus près.

Le jour s’est levé, mes compagnons d’insomnie semblent décidés à me laisser dormir. Avant de me coucher un espoir entêté habite mon cœur : que la paix revienne enfin en Côte d’Ivoire et qu’elle ouvre à e profondes guérisons dans ce pays.

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De qui se moque t-on en Côte d’Ivoire et ailleurs ?

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De qui se moque t-on ? De qui se moquent Nicolas Sarkozy et la « diplomatie » française qui tuent les ivoiriens au nom des droits de l’homme et de la démocratie. La France chantre de la démocratie en Afrique je me chatouillerais pour rire si le sang qui coulait en ce moment dans ce magnifique pays, hier encore fleuron de notre Afrique, n’était pas habité par bien des douleurs intimes par delà le cynisme politique ambiant.

 

Au nom de quoi décide t-on de bombarder des civils pour un pouvoir que l’on veut de toutes façons aux ordres ?  De qui se moque t-on depuis l’Élysée quand l’on adoube au Gabon un pouvoir apparemment usurpé dans les urnes pour crier comme une vierge de 12 ans face à un pédophile dans la force de l’âge et à l’obscène nudité ?

L’Afrique n’oubliera pas, les ivoiriens n’oublieront pas les caresses du pays ami , le baiser mortel de ses bombes, le mépris affiché pour sa constitution.

 

De qui se moque Barack Obama qui depuis son bunker aux blanches couleurs et dans un fantasme risible de toute puissance ordonne aux uns et aux autres de quitter le pouvoir, de respecter le choix des ivoiriens, des libyens et des aspirations légitimes des peuples à la liberté et à la démocratie. L’un de vous veut-il se dévouer pour me chatouiller ? Il est urgent de rire !  Si je n’avais pas été éduquée avec pour toile de fond l’expulsion des mots et expressions grossières, si mon surmoi n’était pas aussi prégnant, je vous dirais avec des mots fleuris à quelle partie de l’anatomie humaine me font  penser les exportations de la démocratie américaine de par le monde.

 

Barack est nu, il est juste comme les autres, en pire parce qu’il fait exploser les bulles de l’espérance d’une différence, d’une politique autrement, d’un respect de l’autre. YES WE CAN repeat the same « bulshit » all over the world

 

De qui se moque t-on en Libye notamment depuis cet occident qui vient essuyer les pieds de ses impuissances sur notre sol et dans le monde arabe encore et encore ? De qui se moque ces défenseurs de la dignité des femmes qui prennent les femmes et leurs Niqab pour cibles tout en conservant leur amitié aux grands défenseurs des femmes que sont les dirigeants du Yemen, du Barhein et de l’Arabie Saoudite ?

 

L’ impression d’impunité qui habite les prétendus puissants achoppera un jour sur de surprenantes résistances, elle achoppera sur la défaite des apathies et la fédération de nos indignations, parce que malgré nos apparentes impuissances nous avons les yeux ouverts et nous sommes les témoins d’une histoire qui une fois de plus s’écrit avec le sang des nôtres, avec notre sang. Elle achoppera sur des victoires inattendues et « je sais qu’un jour mon poing nu, mon poing seul suffira pour écraser ton monde » (Aimé Cesaire)

 

L’écœurement dispute à la colère. Les motivations qui conduisent le président français comme ses prédécesseurs, le président américain comme les cowboys dont il est l’héritier conscient et assumé, les exacerbations de leurs »dévirilisations » à l’intérieur de leurs terres les conduisent à une fuite en avant meurtrière sur les terres des autres.

 

L’Afrique n’est pas amnésique, un jour elle se lèvera et répondra. L’Afrique n’est ni la pathétique OUA ni les pantins qui dirigent nos nations.

 

Je pleure sur la Côte d’Ivoire, j’ai mal, je suis en rage. Et le pire c’est que je me sens impuissante à faire quelque chose de concret pour mes frères là bas, pour la mémoire de chaque être assassiné, pour que l’on n’oublie pas au nom du nombre que chaque vie était précieuse, pour que nous ne cédions pas à une pornographie de la guerre. Désolée si je vais dans tous les sens, la douleur et la colère ne sont pas disciplinées, elles ne sont pas maîtrisées, elles se défient de la norme et peignent hors des lignes, comme les dessins d’enfant elles jaillissent et se disent en toute liberté


Un jour, de l’Afrique, du monde Arabe, du Moyen-Orient et d’ailleurs, on se souviendra que lorsque la France et les Etats-Unis défendent les droits de l’homme ils tuent les hommes. On se souviendra que la démocratie se décrète depuis les cieux par des bombardements On se souviendra que l’on a dû se terrer comme des rats pour fuir les flammes de le démocratie venues du ciel par la grâce des messies occidentaux.

On se souviendra que leur « ordre mondial » avait davantage de prix que nos vies.

 

Souffrez que je ne prenne parti ni pour Gbagbo, ni pour Ouattara en Côte d’Ivoire. Depuis que cette chronique d’une tragédie annoncée a commencé, mes craintes, mes pensées, mes angoisses, mes funestes anticipations concernent la sécurité de mes frères ivoiriens, ceux qui aujourd’hui ne sont que des « dommages collatéraux » d’une guerre qu’ils subissent. Des humains, des vies, des histoires individuelles victimes de la soif de pouvoir et de la folie des puissants.

 

On ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs disait cyniquement Charles Pasqua il y a plus de vingt ans suite au massacre de la grotte d’Ouvea en Nouvelle-Calédonie. Une fois de plus les oeufs c’est les autres. Ceux qui ne comptent pas, cette entité aux contours informes : le peuple.

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