« Tell It Like It Is » : Aaron Neville chante l’exaspération est l’espoir au coeur du doute amoureux

J’aime beaucoup ce chant d’Aaron Neville. Je l’ai découvert il y a deux ou trois éternités. Quoi ? Comment ? Kezako ? « Deux ou trois Plusieurs éternités ? Ça y est elle a basculé du côté obscur de la force » devez-vous vous dire. Mais non ! Ceci n’est juste une figure de style pour mettre de l’emphase à la manière de dire que le temps a passé depuis ces quelques notes de musique et la voix angélique de monsieur Neville ont passé les frontières de mes sens. Même le carbone 14 ne saurait dater ma rencontre avec cette chanson. Ma seule certitude est de ne l’avoir pas écoutée avant qu’elle ne soit chantée (lol).

 

Bref ce qui m’a marquée c’est et ça ne surprendra pas ceux qui l’on approchée, c’est la voix d’Aaron Neville. Mais quelle voix ! Quand je l’écoute je me surprend à penser que le son de sa voix doit interroger les anges. Je les imagine chuchotant entre eux « serait-il des nôtres » ? Vous constatez sans peine que la musique me fait voyager dans des lieux à la frontière du sensé et du fantaisiste.

 

J’aime cette chanson pas uniquement par sadisme. Mais aussi parce que les paroles nous invitent dans un lieu qui pour plusieurs personnes de la gente féminine, semble être un lieu tiré de la science fiction : les coulisses émotionnelles d’un homme. Non que nous pensions que ces coulisses soient inexistantes, mais plutôt que certains en ont fait une chambre secrète dont l’inviolabilité rendrait envieux Barbe Bleue soi même ! Vouiiiiiiiiiiiiiii !!!! Ca en surprendra plus d’une mais c’est que ça a des émotions un homme. (Je me baisse le temps de laisser passer les scud). Hihi

 

Ouf j’ai survécu à la frappe chirurgicale du jour. Continuons…

 

La fragilité et le doute inhérents à certaines phases de la relation amoureuse sont bien rendus ici. Ah ces moments qui nous transforment en funambules de l’émotion ! L’on se retrouve enfermés dans un inconfortable « peut être » qui semble s’éterniser. Même si la certitude dans ce domaine est un leurre, l’entretien du doute par l’autre se révèle agonique.
Alors, entre doute et frustration l’homme se rebiffe et la première phrase de la chanson est surprenante de violence rentrée. Il entre dans un moment « tell it like it is ». C’est l’heure de la mise au point.

 

L’homme explose : « Si tu veux t’amuser avec quelque chose trouve toi un jouet, chérie mon temps est trop précieux et je ne suis pas un petit garçon ! »

 

Le cadre est posé. Il en a assez des atermoiements de sa belle. On doute peut être mais on ne va pas geindre. Non mais !!!! L’homme invite fermement la femme à prendre ses responsabilités et à se décider quant à la suite de leur relation.

 

Entre nous, si tous les hommes furieux avaient du miel dans la voix comme Aaron Neville ! Mais bon la terre n’est pas un fantasme même des princes ont quelquefois des voix de crapauds (hihi).

 

 » Si tu es sérieuse, ne joue pas avec mon cœur, cela me met hors de moi. En revanche si tu veux que je t’aime, alors chérie tu sais que je le ferai »

 

Le cadre est posé pour la belle, c’est l’heure des choix, plus d’atermoiements. Le doute dans ce domaine là c’est comme des punaises sur un lit, ce n’est pas seulement inconfortable, surtout pour ceux qui aiment prendre la vie à bras le corps. Les hommes viennent décidément de Mars. Du côté de Vénus les choses n’auraient pas forcément été aussi directes de peur de rompre le fil ténu d’une relation et dans l’espoir que le temps la rende plus solide. Mars et Vénus complémentaires et antagoniques aller sur la planète de l’autre pour l’entendre de l’intérieur.

 

Pour l’une ce n’est peut être qu’une coquetterie, une manière de se rassurer et d’entretenir l’intérêt de l’autre en ne basculant pas trop tôt du côté des certitudes de l’autre pour inviter l’habitude. Tandis que pour l’autre c’est vécu comme un jeu cruel. Combien la communication est difficile quand l’on ne se réfère pas aux mêmes codes ! C’est l’histoire de deux mondes qui passent leur temps à trouver des points de rencontre.

 

La chanson n’est pas longue, elle n’est pas faite d’une profusion de paroles mais nous rappelle que nous rencontrons un jour où l’autre ce moment « Tell It Like It Is « , ce tournant qui fait que ça passe ou ça casse, ce moment qui nous rend fébriles et nous révèle fragile. Ce virage que nous négocions selon nos sensibilités. A la croisée des chemins, « Tell it like it is »

 

Peut être que la raison pour laquelle la chanson me touche est qu’elle me rappelle que cette fragilité n’est pas sexuée, mais qu’elle est intrinsèque à ceux qui osent se laisser aller à aimer.Bien souvent les hommes masquent leur doute. Quand un homme tombe le masque il laisse apparaître de la beauté dans ce qu’il pourrait croire faiblesse. Mais ceci n’est qu’un point de vue qui ne prétend pas à l’universalité.

If you want something to play with
Go and find yourself a toy
Baby, my time is too expensive
And I’m not a little boy

 

If you are serious
Don’t play with my heart, it makes me furious
But if want me to love you
Then, baby, I will, girl, you know I will

 

Tell it like it is
Don’t be ashamed to let your conscience be your guide
But I-I-I-I-I know deep down inside of me
I believe you love me, forget your foolish pride

 

Life is too short to have sorrow
You may be here today and gone tomorrow
You might as well get what you want
So go on and live, baby, go on and live

 

Tell it like it is
I’m nothin’ to play with, go and find yourself a toy
But I-I-I-I-I
Tell it like it is
My time is too expensive
And I’m not your little boy

 

[Fade]
Mm mm, tell it like it is

 

Quand Aaron NEVILLE pose sa voix sur cette chanson, ceux avec qui il chante se muent en quasi spectateur admiratifs.

Une telle voix ce n’est pas possible ! A partir de la 3ème minute le voyage stratosphérique s’ouvre.

Magnifique commandant de bord de ce voyage. « I believe I can fly…« 

 

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