J’ai vu s’ouvrir un de ces entre-deux magiques qui suspendent le temps et élargissent l’espace : impressions subjectives sur le show case d’Etienne Mbappe au Comedy Club (troisième partie)

thG_8039.jpg picture by maddyspace

Il y a aussi eu la concrétisation de mon rendez-vous avec la chanson que j’attends sur scène depuis le printemps : Bonendale. A chacun ses addictions. L’attente en valait la peine. Caramba y carambistouille mes pieds ne touchaient plus terre. Etre obligée de rester assise à ce moment là relève de la torture. Il a introduit ma chanson vitamine par un «  mini mini mini mini ya mini mini » qui a eu la vertu d’ouvrir un boulevard dans les mémoires de ceux qui ont eu ce chant comme compagnon de leurs jeux d’enfants du côté de ma terre natale. Ce chant qu’il nous fait reprendre en chœur est une belle escale avant d’arriver à Bonendale. Ce chant qui arrive comme une suite à nos jeux d’enfants raconte l’enfance du chanteur. Ingénieux n’est-ce pas ?  Et en plus la chanson était pour moi et pour moi toute seule. Tous les autres spectateurs n’étaient que des figurants de mon enchantement de l’instant. Comme vous pouvez le constater, l’option centre du monde prise à la naissance ne s’est pas arrangée. CoolVous vous imaginez vivre un tel moment coincé sur une banquette ? Je mérite une médaille pour y avoir survécu. Vivre Bonendale assise sur une banquette est aussi incongru que d’essayer de boire de l’eau en se servant d’une fourchette !

thG_8039.jpg image by maddyspace

Le groupe Su la take qui accompagne Etienne Mbappe est constitué de Cate Petit, ravissante chanteuse aux visage expressif et aux contorsions corporelles qui font d’elle par adoption une fille du Cameroun. Cédric guitariste virtuose dont nom m’échappe de même que celui de Nicolas le batteur qui de temps en temps se mue en Shiva pour jouer comme s’il lui poussait de partout des bras invisibles. Il nous a offert un solo surprenant de maîtrise. Bravo à lui. Et il y a le violoniste dont je n’ai saisi ni le nom ni le prénom, mais dont je sais qu’il a des yeux magnifiques. Heu… J’ai aussi remarqué la beauté du son de son violon. Il en joue avec grâce. Par petites touches, il apporte du brillant à la musique de l’ensemble. Souvent Etienne à l’écoute du son de son violon lui jette un regard qui en dit long sur la beauté qui se dégage de l’instrument. Le groupe Su la Take est un bien beau groupe et une évidente complicité unit le chanteur et son groupe. Des regards et sourires approbateurs, de discrets hochements de tête, des moment de duo comme avec le guitariste (magique) la complicité avec Cate et le mariage subtil de leurs voix sur l’émouvant «  o mwititi  »

thG_8050.jpg image by maddyspace

Oh la voix de la chanteuse sur ce chant, l’émotion dans son regard dans ce chant qui parle de la solitude et des douleurs de l’abandon. Sur ce chant Etienne Mbappe se fait choriste et laisse briller la voix de Cate Petit qui par moments offre de superbes graves. Joli moment.

Je ne saurai raconter ce concert de manière chronologique parce que les lois naturelles étaient pour moi en pause et je ne peux que livrer les impressions durant ce concert, les émotions offertes par les chants. J’ai aimé qu’il reprenne un classique d’Eboa Lottin auquel la proclamation sur son «  bolo bwa Sawa  » à la fin du concert est un bel écho. Résonance qui nous dit que le témoin est passé entre deux artistes, entre deux génération.

J’ai dans la mémoire des moments comme l’intro formidable sur le chant «  Ee to kem  », ou la prestation de Cate Petit sur l’incontournable «  San san boy  ». Et il y a eu «  Alane  » madeleine de Proust pérenne qui sans cesse dépose comme du cristal au bords de mes cils. Alane, chant dans lequel le «  je  » du chanteur n’est pas étouffant. C’est un «  je  » inclusif et invitant qui permet une catharsis à celui qui le chante à son tour, pour peu qu’il connaisse les solitudes et les déconstructions propre aux déracinés. J’ai aimé la prière pour l’Afrique dans son chant Mukambilan. Un chant qui me touche comme une évidence. Décidément la soirée aura été d’une grande richesse. Malgré de petits soucis de sono et le fait de devoir apprendre la danse en position assise, j’ai passé une soirée magnifique. J’ai bien essayé de réclamer dix chansons de plus à la fin mais je n’ai pas été écoutée. Pfttt ! Quand j’ai vu monter sur scène un monsieur qui marquait par sa présence la fin imminente du concert, je me suis rendu compte qu’il était pratiquement une heure et demi du matin. Etienne Mbappe et Su la take m’avaient ouvert une brèche, cet entre deux qui fait que l’espace et le temps se dissolvent pour laisser place à la grâce d’un instant unique et par conséquent irremplaçable.«  La musique pour moi a toujours été, et demeurera le plus sûr endroit pour me réfugier, et plus encore lorsqu’elle est habillée de mots conteurs d’histoire. Et vous ?  » demande Etienne Mbappe sur la jaquette de son premier album.

Nous aussi Etienne. Et en nombre croissant. Nous aussi nous aimons nous réfugier dans la musique quand elle s’habille de mots conteurs d’histoire. Merci de n’avoir pas dérogé à cette ligne directrice d’un album sur l’autre et de l’avoir plutôt enrichie. Et cette musique et les mots qui l’habillent font que les auditeurs, pour peu qu’ils se donnent la peine d’entendre ont envie de rester. Ils restent parce ce qu’ils savent que les mots d’Etienne sont ceux de leurs âmes et sa basse est aussi le rythme de leurs cœurs, l’expression de ce qu’ils ressentent et ne savent pas dire. La musique d’Etienne s’habille complaintes sur l’état des lieux de la planète, de l’Afrique. Elle porte ses affirmations, ses proclamations sur la terre mère, notre Afrique qui donnent envie de lever le poing comme en leur temps les combattants pour les droits civiques. Ca m’est arrivé hier lors du concert, comme une évidence et comme une suprise. Etienne Mbappe est un artiste passeur de sens. Il est un artiste en ce qu’il a quelque chose à dire et l’art est au service de ce qu’il porte en lui. C’est parce les mots d’Etienne Mbappe ne sont pas des logorrhées insensées, mais des mots qui mis bout à bout sont conteurs d’histoire. Les mots et la musique d’Etienne nous parlent parce qu’ils parlent de nous depuis nos espaces de refuge micro identitaires à des espaces plus larges de l’expression de nos êtres. Des mots qui ont un sens et qui se posent sur de la musique

PapNoetmoi-1.jpg image by maddyspace

La soirée a été riche en belles surprises parmi lesquelles la rencontre avec Noël Ekwabi bassiste d’origine camerounaise que j’avais entendu se déchaîner au printemps sur un concert de Jay Lou Ava. Lui aussi a une basse pyromane. Le Cameroun a donné à la musique des bassistes d’une classe folle. J’ai apprécié la simplicité et l’enthousiasme avec lequel il répondait à la musique d’Etienne Mbappe. J’aime croiser l’humilité dans les gens que je rencontre.

Il faisait un peu froid sur le trottoir en attendant d’entrer dans le Comedy Club mais ce qui devait suivre valait bien quelques grelottements sur un trottoir parisien. Je savais qu’à l’intérieur je n’allais pas tarder à me réchauffer. Je savais qu’il y avait du feu dans la basse de monsieur Etienne Mbappe. En sortant du Comedy Club, faisait-il froid sur le trottoir parisien ? Je l’ignore, j’emportais avec moi des réchauffements intérieurs comme je les aime et des étoiles dans les yeux. Si vous croisez de surprenants brillants dans mes yeux, je ne suis pas «  stone  » si ce n’est de musique, si ce n’est de la magie d’une soirée de toute beauté. Si vous croisez de surprenants brillants dans mes yeux, ne me réveillez pas.

EtienneMbappeetmoiauComedyClub-1.jpg image by maddyspace

Pour conclure, figurez vous que j’ai pu assister à cette soirée pour avoir eu l’immense privilège d’être invitée par l’artiste soi même ! «  Les jaloux vont …  » Assia.

 



10 commentaires

  1. tchitchi 26 octobre

    Caramba, ce qu’elle est belle, notre ange Malaïka…Mais ce n’est pas étonnant un ange est toujours d’une grande beauté! et puis l’option « centre du monde » a de telles vertus!
    Je me demande ce que je vais devenir entre Natty et toi! Impossible de garder Ben, Bennet et toute la clique de mes maris avec des beautés aussi ravageuses dans les parages!!!!

  2. Minipoucine 27 octobre

    Ben dis donc, te voilà hypnotisée par cette soirée musicale! Mais tu as raison, quel bonheur de vivre de tels instants de grâce!:o)

  3. Malaïka 28 octobre

    @ Tchtchi : Laisse l’affaire de Ben là on ne va pas rompre le famille pour ça. Je revendique la primauté du droit d’ainesse. Natty et Tchitchi : on sort sans bruit je vous prie. Merci pour le compliment sista. Bisous !

    @ Minipoucine : C’est gentil de ne pas me réveiller :o )

    Bise vous trois

  4. Fred 28 octobre

    Ah.. Quel délice cette histoire!
    Merci de m’avoir fait vivre ces moments (et je retire ma réflexion précédente ÉVIDEMMENT!)
    Tu m’as donné envie de réécouter l’Album (dédicacé SVP!), ce que j’ai fait en te lisant, et c’était encore plus …parlant!
    Ah Oui, « Papa Noël » aussi est un grand Monsieur! Cette Humilité est tout à fait caractéristique. définitivement de la même trempe.
    Que d’affection pour nos chers Bassistes! Et bcp de fieté!
    Bravo et MERCI Malaïka! J’ai passé un très beau moment!

  5. Jo 29 octobre

    Quelle frime le Fred !!! « dédicacé svp » !!!! Il essaie de nous rendre jalouses….
    Bon, toute jalousie mise à part… C’est effectivement un vrai délice… et les inconditionnels comme nous, ne pouvons que regretter d’être si loin… Heureusement que nous avons Malaika pour vivre ces événements en nos lieu et place ! Et nous garantir le frisson, les démangeaisons de la voute plantaire, les contorsions contrariées, et tout le reste ! Thanks Malaika…. Na kupenda !

  6. Kans 29 octobre

    Akiééé! Elle frime alors!
    Merci de m’avoir annoncé l’album Su La Take que j’ai découvert avec délice.
    C’était un moment à vivre ce concert alors?! Tu aurais qd mm pu me souffler un peu plus fort la puce à l’oreille :-d

  7. Malaïka 29 octobre

    @Fred,
    Moi j’ai deux albums « Su la take » dédicacés. Tu crois qu’il faut que j’en achète un autre pour une dédicace ? (lol) Si tu dis oui je pleure ça voudrait dire que tu es convaincu que je suis un peu borderline. Encore que quand on lit mes chroniques je pourrais être suspectée d’Etiennobargie. Mais quand je vous lis Jo et toi notamment je me dis que si je suis très atteinte, d’autres le sont aussi au moins un peu. Jo étant la pire of course !
    Pour ce qui est Papa Noel c’est un homme que je découvre adorable et humble. Ses prouesses à la basse n’ont visiblement pas altéré les essentiels. Comme quoi être grand n’altère pas nécessairement l’humilité n’est-ce pas ?
    « Que d’affection pour nos chers Bassistes! Et bcp de fierté! »
    Ils ont la classe nos bassistes et comme tu le sais je suis atteinte de « bassaddiction » profane mais virulente.
    Bises et merci d’avoir apprécié cet article.

  8. Malaïka 29 octobre

    @ Jo,
    Laisse le frimer. Nous avons tous nos dédicaces non ? point de jalousie ooooooooooo
    Heureuse que la chronique du concert t’ait plu. Merci d’être entrée dans mes mots et d’avoir vécu le concert avec moi. Toi même tu sais ce qu’on éprouve quand E.M. est sur scène. Bon comme je crains de provoquer une overdose je sors. Merci pour ton commentaire et many kisses.

  9. Malaïka 29 octobre

    @Kans,
    Les jaloux vont…
    Heureuse mon frérot que l’album Su la take ait rencontré ton adhésion.

    « C’était un moment à vivre ce concert alors?! »
    Oh que oui !

    « Tu aurais qd mm pu me souffler un peu plus fort la puce à l’oreille :-d »
    Oui en effet. Mais et l’effet « je me vante ? » hi hi. Plus sérieusement c’était un showcase sur invitation. J’étais grhhhhhhhhh à l’idée de rater Etienne M à Paris une seconde fois et j’ai pu y accéder grâce à une invitation du chanteur lui même. Je lui en suis reconnaissante parce que mes yeux et mon âme ont saisi des poussières d’étoile.

  10. natty 30 octobre

    oui elle est beeeeeeeeeeeeeeelle !!!!!

    hé ooh moi aussi je veux une dedicace !!!!

Laisser un commentaire

Couissiz |
Ker Gwen |
Le Blog de Coco |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Entrez dans mon univer de m...
| Réalité ou rêve ?
| formation-continue-à-l'ubo