Impressions subjectives sur Scènes d’Eté à la Villette (deuxième partie) : Etienne Mbappe un artiste embrasé

PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-58.jpg picture by maddyspaceIl est plus de dix neuf heure trente. C’est l’heure du boss. C’est l’heure d’Etienne. Mes pendules internes se mettent à l’heure de l’artiste à l’interconnexion de Misiya et de Su la take. Je sais avec une certitude inébranlable que le moment qui se prépare sera mémorable. Il ne peut en être autrement. La gestation de l’instant aura été faite de patience et d’extase différée. Ce que j’anticipe se révélera en deçà de la réalité. Pourtant mes anticipations nourries à ses deux albums et à son concert avaient mis la barre très haut. Je ne veux rien rater depuis son entrée jusqu’à la fin du concert que j’espère la plus tardive. On est Ngolo wake (boulimique) ou on ne l’est pas. Assise sur l’herbe au milieu de mes amis qui se trouvent être de la famille de l’artiste nous sommes chauffés à bloc. Le rendez-vous manqué de juin me rend l’instant d’autant plus essentiel que Paris ne semble pas être dans les prochaines dates d’Etienne Mbappe. Devant nous arrive la famille du vitrier et les fils de  » Claire « . Ils nous voilent l’arrivée d’Etienne. La basse majestueuse nous dit qu’il est là. La famille du vitrier suite à une remarque s’écarte et laisse apparaître celui que nous attendions. L’homme porte des jeans et une chemise blanche imprimée. Ses mains comme à son habitude sont gantées et sur son visage sont déposées des lunettes fumées. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-66.jpg image by maddyspaceIl est accompagné d’un guitariste, d’un batteur, d’un percussionniste, d’un violoniste et de Cate Petit chanteuse et choriste. Il est là comme une évidence. C’est le boss et il le montrera par sa maîtrise scénique et musicale. Mais laissez moi faire un détour avant de revenir à la suite du concert…

 

 

L’affaire « Bonendale » ou une revisitation du syndrome de Stockholm

Avez-vous déjà écouté  » boomerang «  ? C’est un morceau de musique à tomber par terre tellement c’est abouti. C’est une chanson incroyable de beauté, de finesse, qui laisse transparaître le génie de Marcus Miller alors que sa voix qui se mêle à celle de Rafael Saadiq (ex Tony, Toni & Tone) portées par une superbe mélodie. Bijou musical, bijou vocal, bijou harmonique, c’est de l’or en barre ce morceau. Un caviar du meilleur choix, comme la saveur unique d’un ndole aux crevettes préparé par les mains aimantes d’une mère. C’est un alliage de saveurs, de senteurs, de sensations, d’impressions, un monde sensoriel qui s’ouvre le temps d’une bouchée ou de l’écoute d’un morceau. C’est court, c’est intense, c’est bon. Il n’y a pas si longtemps, je me laissais transporter dans de magnifiques hauteurs musicales par ce morceau. La case  » encore  » bien activée dans mon cerveau, je ne sais quasiment pas écouter ce morceau une seule fois puis, passer au suivant.. Avez-vous déjà été saisi par une musique qui, dès les premières notes capte vos sens et attention et vous retient jusqu’à la dernière note ? Boomerang est de ces morceaux de musique qui vous emporte dans un voyage incroyable. Tout y passe looping, dépressurisation, la totale, puis un atterrissage en douceur maîtrisé par le commandant de bord, sir Marcus lui même ! Vous voyez je me fais mes trip en musique et la descente ici est sans danger. No other drug for me ! C’est l’effet  » boomerang  » les amis. Vous ne connaissez pas ? Je vous encourage à vous procurer l’album magnifique qui lui sert d’écrin : « The essential Marcus Miller : Power «  Et la basse de Marcus au secours !  » Un grand n’est pas un petit ! «  comme on dirait par chez moi. Serais-je bass addicted ? Disons que l’affaire m’a attrapée du côté du lycée Joss il y a une demi-éternité et depuis… voilà quoi ! Bref la bass addiction est une piste à creuser. Tiens tiens, le lien avec Etienne Mbappe est trouvé. Quelle maîtrise n’est-ce pas ? Je m’épate moi même.

PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-6.jpg picture by maddyspace

Bref pour revenir à nos moutons, depuis dimanche, jour de la mémorable prestation d’Etienne Mbappe à la Villette, je suis incapable d’écouter  » boomerang « .  » What ? Quoi ? Comment ? Qué ? Na nje ? Quel rapport avec la choucroute ? «  Me direz-vous fort à propos. Figurez vous dans l’ordre des morceaux de musique dans mon lecteur MP3, il y a  » Bonendale « ,  » Boomerang «  et un savoureux  » bring it on home to me «  de George Benson et Al Jarreau. Et je suis bloquée sur Bonendale. Lambo la manyaka (c’est incroyable !) Ai-je besoin d’aller plus loin ? Pas besoin de vous expliquer ce qui m’arrive. Depuis dimanche je suis retenue prisonnière à Bonendale, dans un village de sons, de rythmes, de voix, voire d’onomatopées que je visite écoute après écoute et qui ne cessent de me surprendre encore et encore. Prise d’otage à Bonendale. Mais que fait la police ? Record d’écoute journalier de la chanson. A cette allure je la connaîtrais bientôt mieux que son auteurCool.

L’otage qui sympathise avec son ravisseur et épouse sa cause musicale. Otage volontaire, syndrome de Stockholm à Bonendale. Allo la police ?

Que voulez-vous ? L’album Su la take n’a pas de date de péremption ! Je sens le piège qui se profile à l’horizon. Le chanteur va encore nous faire le coup de cinq ans entre deux albums. Wèèèèèèèèèèèèèèèèèèèhhhhhhhhhh !Triste

Okay je ne suis pas normale si l’on en croit mes délires mais j’assume ! Je suis unique. Unique et modeste de surcroît Clin doeilRire. Bref, malgré la présence de ces bijoux de musicalité à deux encablures de Bonendale sur mon MP3, je n’ai pas réussi à traverser la frontière du village musical. Prise en otage dans la chanson, par les rythmes, par les épousailles subtiles de la basse et des percussions. Retenue captive par les ruptures et par de surprenantes onomatopées faites à contre temps. Vous avez entendu le « oooooooooohhhhhhhhh » et le contretemps du « aahhhhhhhhh » de Bonendale ? Je meurs sur place ! Caramba mais dis donc (prononcer didong) il a même appris ça où é eeeeeeee ? Comme on dirait par chez moi. Bato ba ye eeeeeeeee, venez nombreux ! Bonendale c’est une de ces chansons qui donne la pêche, qui vous arrache des terres de mélancolie pour laisser entrer la pêche. C’est mieux que le Prozac les gars. Cette chanson devrait être remboursée par la sécurité sociale. Bon j’en conviens je m’égare…

Tout ça pour dire que si la Villette était pour moi une évidence, j’y avais joint une évidence additive selon laquelle je danserais sur mon morceau vitamine. Forcément. C’était sans compter avec la programmation de l’artiste. Pfttt ! Ca m’apprendra ! Frustrée je suis ! ! ! ! Alors je me console en explorant MP3 à l’appui, la chanson qui m’a manqué. Tant de méchanceté a mun’a Bonendale ! ! ! ! Rire

En toute « subobjectivité », du bonheur en majuscule sur la pelouse de La Villette.

Oui mais comment tenir rigueur à un musicien et chanteur qui nous a offert deux heures d’un bonheur en majuscule ? Pas un seul déchet pendant le concert. Pas un moment de trop. Pas une approximation. Tout était en place, comme une évidence. Et je suis objective quand je le dis même si mes enthousiasmes pour le moins paroxystiques peuvent à la longue appeler la suspicion des âmes chagrines et faire douter de mon objectivité. Mettons nous d’accord sur un entre deux et fondons le concept de subobjectivité misant sur le fait que la vérité doit se trouver quelque part dans cet entre deux. La subobjectivité, hum j’aime cette notion car elle ouvre un droit intéressant à des fantaisies narrative qui me convient. Je conviens aisément aussi du fait que je ne me suis pas rendue au concert pour faire une écoute analytique et chirurgicale du moment. Je suis venue bien résolue à me laisser happer par un univers qui me touche et dont les échos résonnent en moi. Je suis venue déterminée à vivre un de ces instants qui suspendent le temps et vous déposent sur des rives euphoriques. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-63.jpg image by maddyspaceMission accomplie par monsieur Mbappe et ses musiciens. Ca a marché. Et pas que pour moi. J’ai en effet vu autour de moi des visages éblouis, j’ai entendu des cris et des acclamations qui matérialisaient le fait que le fil invisible et fragile qui unit un artiste à son public était en place. Nous pouvions ensemble construire le concert. Vous ne me croyez pas ? Demandez à l’artiste qui nous a remerciés, nous le public d’avoir participé à faire du concert une réussite. Qu’est-ce que vous croyez à la Villette le public était trié sur le volet. Nous ne sommes pas n’importe qui Clin doeilRire.

(à suivre)



1 commentaire

  1. Michelotte 30 juillet

    Bonjour de ce mercredi matin :
    je souhaite que tu sois en bonne forme.
    Ici dans le gard il fait une de ces chaleur torride le soleil commence a lachè tout ses sur notre belle terre …;ne sortait pas son chapeau .

    Ma chérie tes pages sont de plus en plus longue je doit t’avouer que je n’ai pas tout lu pas trop le temps .. je dois quiand même te dire que moi aussi j’ador (Boomerang ) de Marcus Miller ,mais en ce momentpas le temps d’écouter ni musique je tourne a la vitesse d’une horloge mes seconde sont comptés .
    je te souhaite une bonne journée .
    et un gros calin de Michelotte

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