Impressions subjectives sur Scènes d’Eté à la Villette : Etienne Mbappe un artiste embrasé (suite et fin)

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Le son d’Etienne Mbappe au service du sens

Il y a eu des moments magiques comme ceux durant lesquels les choristes étaient sur la pelouse. Nous étions les choristes. Nous avons, unis avec la scène chanté un classique du répertoire de la musique camerounaise et particulièrement du peuple Sawa (peuple de la côte) mon peuple, mes racines, mes fondations. Ce classique est la complainte du riverain qui se lamente sur la déliquescence de ce qui fait l’assise identitaire des Sawa. C’est l’impérissable  » mbemb’a mot’a sawa «  d’Eboa Lottin. Un moment magique, mystique, unique, et inoubliable. Une communion de cœurs et de soupirs pour notre peuple qui s’unissaient aux larmes prophétiques d’Eboa Lottin versées il y a des décennies pour le peuple de ses pères, de nos pères. Soupirs amplifiés par la distance. Un moment comme je les aime, un moment qui touche l’âme. La musique d’Etienne Mbappe n’occupe pas le vide sémantique par une profusion de sons. Les sons encadrent du sens, de la substance, de la profondeur. Respects. Merci à lui pour ce moment merveilleux.

PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-63.jpg image by maddyspaceIl y a eu le moment où le chanteur et ses musiciens nous ont entraîné dans le chant  » Alane «  (emmène moi chez moi). Quelques cloisons internes se sont ouvertes pour laisser passer les larmes qui font écho aux profonds sentiments de solitudes nés de la distance de sa terre natale. Il y a ces morcellements cachés qui coulent en larmes. J’avais à côté de moi mon amie de toujours, mon amie d’enfance, ma sœur dont les yeux laissaient couler des larmes. Nous n’étions pas les seuls. Unis à la voix d’Etienne nos cœurs criaient  » emmène moi chez moi, là où j’ai poussé mon premier cri ». « Dis aux miens que je reviendrai et nous danserons et chanterons encore ensemble ». Comment ne pas verser de larmes quand la distance nous rappelle les défections fondamentales liées, à l’absence, à la conscience que là bas la vie continue et se construit sans nous et nous habille progressivent d’une inquiétante étrangeté ? Etrangers partout…(Na yo nde). « Alane » notre madeleine de Proust. C’était un moment unique. Pardon aux musiciens si nous avons écorché ces deux chants, mais il nous eût été impossible de ne pas chanter notre chant à tous en même temps que vous. De ne pas chanter ce chant né des hurlements intérieurs et de nos éloignements communs. Ce chant qui s’écoule de nos larmes d’altérité. C’est ce chant fondamental que l’artiste a su entendre au fond de lui, le recevoir et nous l’offrir comme un support à nos émotions et à nos solitudes. En toute subobjectivité je dis qu’il y a une dimension poétique et quasi prophétique dans la musique d’Etienne Mbappe. Et vous savez quoi, il a enchaîné avec Cameroun o mulema. Obligée de chanter avec lui, avec eux le Cameroun que nous avons au cœur. Caramba y carambistouille ça c’est un concert ! Les choristes de la pelouse de la Villette étaient en poste. Nous avons dansé sur Miso ma munami (les yeux de mon fils), sur une version énergique et maîtrisée de Yen Etom (cette dette) et sur cette chanson la basse me met la tête à l’envers. Et puis il y a eu  » Sansanboy «  qui a permis à la chanteuse PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-54.jpg image by maddyspaceCate Petit (Endalle Bosadi comme l’appelle le chanteur) de livrer à la fois sa maîtrise vocale et sa capacité à se livrer à de surprenantes danses. Elle doit être un peu contorsionniste à ses heures perdues. Elle a une voix superbe et est très expressive quand elle chante. Et quand elle chante en Duala il y a ce petit quelque chose qui habille les mots d’un charme singulier. Elle est Endalle Bosadi, et puis c’est tout ! La chanteuse est un visage radieux de la rencontre des mondes. La musique est décidément un pont efficace entre les peuples.

 

Générosité d’artiste

J’ai aimé la générosité du chanteur qui laisse exister les musiciens. Il attire l’attention du public sur chacun des musiciens, et plusieurs fois encore. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-64.jpg image by maddyspaceLe guitariste n’a pas usurpé sa place dans le groupe. Saperlipopette sa guitare est polyglotte ! le violoniste a été mis en lumière plus d’une fois par Etienne, de même que le percussionniste du Burkina Faso dont le nom m’échappe. ce dernier nous a offert vers la fin du concert un solo de percussion qui semble venir des profondeurs

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de l’Afrique pour résonner dans nos  » Afrique  » intimes. L’homme donne l’impression d’avoir en plus de ses deux mains des mains invisibles qui viennent faire résonner ses instruments sans qu’il donne l’impression de souffrir le moins du monde. Les percussions sont un langage qui me parle décidément de plus en plus.

 

J’ai aimé ce concert d’abord parce que l’univers qu’offre la musique d’Etienne Mbappe fait écho en moi parce et parce que la qualité de sa musique est exceptionnelle. Mais au delà de ça il y a la maîtrise de la musique, de l’espace sans effets inutiles et surfaits. Quand il est arrivé sur scène pas besoin de manières, il est là et c’est tout, comme une évidence et la basse résonne. C’est l’instrument qui nous dit qu’il est le boss. L’artiste n’est pas dans le trip  » voyez comme je suis bon. Vous êtes épatés ? « . Si tel était le cas, il ne me toucherait pas. Ceux qui s’épatent eux même n’ont pas besoin de notre admiration n’est-ce pas ? Non, Etienne Mbappe n’a pas besoin de faire dans la surenchère, il n’en a pas besoin. Son talent s’impose. Sa basse l’impose. Ses textes et sa musique explosent et nous sommes avec lui. Il peut s’autoriser l’assurance tranquille de ceux qui sont doués et travaillent, et qui font de la musique pour dire quelque chose, communiquer, partager. Tant qu’il restera comme ça je resterai.

Il paraît que les bonnes choses ont une fin. Voici venir la fin du concert. Pas déjà !L’homme et ses musiciens nous saluent et prétendent s’en aller. C’est trop brutal. Ca ne peut être fini ! Pas comme ça. Pas en laissant des points de suspension entre nous. Il n’a pas chanté Bonendale. Une protestation monde de la pelouse à coup de « une autre » et de « Bonendale ». Devinez de qui vient la seconde expression Clin doeil? Non le chanteur nous fait le coup de la fausse fin. Il ne peut en être autrement. J’en guette la confirmation sur les visages des siens qui me rassurent. Il revient. Yes ! Bonenedale arrive. Non ce ne sera pas ma chanson vitamineMecontent, mais il met quand même le feu sur place. Et plutôt deux fois qu’une ! Who’s the boss ?

Etienne Mbappe n’a pas de mal à mettre le feu à la scène et à le communiquer à l’auditoire parce qu’il est visiblement habité par un feu intérieur fait de passion pour la musique et pour ses racines. Parce qu’il semble habité par ce feu intérieur qui fait qu’un humain, dans sa sphère d’activité repousse les limites connues et apparemment établies pour ouvrir des ailleurs et de surprenants autrements. Avez vous entendu le solo rock du plus bel effet au coeur de Na Yo nde ? Ailleurs et autrement. Le talent et la grâce rendent l’insoupçonné matériel. C’est par ce feu intérieur que ces êtres d’exception communiquent aux autres leurs embrasements, et l’on peut ainsi affirmer avec l’un d’eux que le véhicule identitaire des Sawa ne sombrera pas (Bolo Bwa Sawa). C’est ce feu que l’on transmet à ses pairs et à la génération qui vient et l’on peut voir du changement dans les fondements de la culture. Pour moi Etienne Mbappe n’est pas un bassiste qui chante c’est un artiste complet qui communique le feu intérieur, le monde qui l’habite par son instrument, par sa musique, par ses mots et par sa voix. En ce sens, l’album Su la take est porteur de feu pour qui l’écoute et l’entend.

Pour revenir à mes contrariétés de départ, vous savez quoi ? j’ai acheté un autre CD et je suis repartie avec une dédicace. J’ai désormais deux CD un pour la semaine et un pour le week-end (hi hi)  » Etiennobarge, vous avez dit Etiennobarge ? Mais nooooooooooon !!!Rire

Et dans la rubrique les jaloux vont maigrir….

J’ai rencontré l’artiste backstage et le peu que j’ai entrevu derrière de l’homme derrière le musicien ne déçoit pas. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-74.jpg image by maddyspaceL’Etienneaddiction me guette en toute subobjectivité cela va sans dire. Merci aussi pour la gentillesse et la disponibilité. Etienne Mbappe la classe ! Assia à vous les jaloux, quand je vous disais de venir à la Villette…

Maigrir avant de périr comme on dit par chez nous Cool

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Merci à l’artiste pour ce concert incroyable. Je lui pardonne de m’avoir privée de Bonendale et je sais que lors d’un prochain concert je pourrai reprendre ma nationalité  » Bonendale  » le temps d’un concert avant d’être rendue au Bonatene de mes pères.



Impressions subjectives sur Scènes d’Eté à la Villette (deuxième partie) : Etienne Mbappe un artiste embrasé

PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-58.jpg picture by maddyspaceIl est plus de dix neuf heure trente. C’est l’heure du boss. C’est l’heure d’Etienne. Mes pendules internes se mettent à l’heure de l’artiste à l’interconnexion de Misiya et de Su la take. Je sais avec une certitude inébranlable que le moment qui se prépare sera mémorable. Il ne peut en être autrement. La gestation de l’instant aura été faite de patience et d’extase différée. Ce que j’anticipe se révélera en deçà de la réalité. Pourtant mes anticipations nourries à ses deux albums et à son concert avaient mis la barre très haut. Je ne veux rien rater depuis son entrée jusqu’à la fin du concert que j’espère la plus tardive. On est Ngolo wake (boulimique) ou on ne l’est pas. Assise sur l’herbe au milieu de mes amis qui se trouvent être de la famille de l’artiste nous sommes chauffés à bloc. Le rendez-vous manqué de juin me rend l’instant d’autant plus essentiel que Paris ne semble pas être dans les prochaines dates d’Etienne Mbappe. Devant nous arrive la famille du vitrier et les fils de  » Claire « . Ils nous voilent l’arrivée d’Etienne. La basse majestueuse nous dit qu’il est là. La famille du vitrier suite à une remarque s’écarte et laisse apparaître celui que nous attendions. L’homme porte des jeans et une chemise blanche imprimée. Ses mains comme à son habitude sont gantées et sur son visage sont déposées des lunettes fumées. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-66.jpg image by maddyspaceIl est accompagné d’un guitariste, d’un batteur, d’un percussionniste, d’un violoniste et de Cate Petit chanteuse et choriste. Il est là comme une évidence. C’est le boss et il le montrera par sa maîtrise scénique et musicale. Mais laissez moi faire un détour avant de revenir à la suite du concert…

 

 

L’affaire « Bonendale » ou une revisitation du syndrome de Stockholm

Avez-vous déjà écouté  » boomerang «  ? C’est un morceau de musique à tomber par terre tellement c’est abouti. C’est une chanson incroyable de beauté, de finesse, qui laisse transparaître le génie de Marcus Miller alors que sa voix qui se mêle à celle de Rafael Saadiq (ex Tony, Toni & Tone) portées par une superbe mélodie. Bijou musical, bijou vocal, bijou harmonique, c’est de l’or en barre ce morceau. Un caviar du meilleur choix, comme la saveur unique d’un ndole aux crevettes préparé par les mains aimantes d’une mère. C’est un alliage de saveurs, de senteurs, de sensations, d’impressions, un monde sensoriel qui s’ouvre le temps d’une bouchée ou de l’écoute d’un morceau. C’est court, c’est intense, c’est bon. Il n’y a pas si longtemps, je me laissais transporter dans de magnifiques hauteurs musicales par ce morceau. La case  » encore  » bien activée dans mon cerveau, je ne sais quasiment pas écouter ce morceau une seule fois puis, passer au suivant.. Avez-vous déjà été saisi par une musique qui, dès les premières notes capte vos sens et attention et vous retient jusqu’à la dernière note ? Boomerang est de ces morceaux de musique qui vous emporte dans un voyage incroyable. Tout y passe looping, dépressurisation, la totale, puis un atterrissage en douceur maîtrisé par le commandant de bord, sir Marcus lui même ! Vous voyez je me fais mes trip en musique et la descente ici est sans danger. No other drug for me ! C’est l’effet  » boomerang  » les amis. Vous ne connaissez pas ? Je vous encourage à vous procurer l’album magnifique qui lui sert d’écrin : « The essential Marcus Miller : Power «  Et la basse de Marcus au secours !  » Un grand n’est pas un petit ! «  comme on dirait par chez moi. Serais-je bass addicted ? Disons que l’affaire m’a attrapée du côté du lycée Joss il y a une demi-éternité et depuis… voilà quoi ! Bref la bass addiction est une piste à creuser. Tiens tiens, le lien avec Etienne Mbappe est trouvé. Quelle maîtrise n’est-ce pas ? Je m’épate moi même.

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Bref pour revenir à nos moutons, depuis dimanche, jour de la mémorable prestation d’Etienne Mbappe à la Villette, je suis incapable d’écouter  » boomerang « .  » What ? Quoi ? Comment ? Qué ? Na nje ? Quel rapport avec la choucroute ? «  Me direz-vous fort à propos. Figurez vous dans l’ordre des morceaux de musique dans mon lecteur MP3, il y a  » Bonendale « ,  » Boomerang «  et un savoureux  » bring it on home to me «  de George Benson et Al Jarreau. Et je suis bloquée sur Bonendale. Lambo la manyaka (c’est incroyable !) Ai-je besoin d’aller plus loin ? Pas besoin de vous expliquer ce qui m’arrive. Depuis dimanche je suis retenue prisonnière à Bonendale, dans un village de sons, de rythmes, de voix, voire d’onomatopées que je visite écoute après écoute et qui ne cessent de me surprendre encore et encore. Prise d’otage à Bonendale. Mais que fait la police ? Record d’écoute journalier de la chanson. A cette allure je la connaîtrais bientôt mieux que son auteurCool.

L’otage qui sympathise avec son ravisseur et épouse sa cause musicale. Otage volontaire, syndrome de Stockholm à Bonendale. Allo la police ?

Que voulez-vous ? L’album Su la take n’a pas de date de péremption ! Je sens le piège qui se profile à l’horizon. Le chanteur va encore nous faire le coup de cinq ans entre deux albums. Wèèèèèèèèèèèèèèèèèèèhhhhhhhhhh !Triste

Okay je ne suis pas normale si l’on en croit mes délires mais j’assume ! Je suis unique. Unique et modeste de surcroît Clin doeilRire. Bref, malgré la présence de ces bijoux de musicalité à deux encablures de Bonendale sur mon MP3, je n’ai pas réussi à traverser la frontière du village musical. Prise en otage dans la chanson, par les rythmes, par les épousailles subtiles de la basse et des percussions. Retenue captive par les ruptures et par de surprenantes onomatopées faites à contre temps. Vous avez entendu le « oooooooooohhhhhhhhh » et le contretemps du « aahhhhhhhhh » de Bonendale ? Je meurs sur place ! Caramba mais dis donc (prononcer didong) il a même appris ça où é eeeeeeee ? Comme on dirait par chez moi. Bato ba ye eeeeeeeee, venez nombreux ! Bonendale c’est une de ces chansons qui donne la pêche, qui vous arrache des terres de mélancolie pour laisser entrer la pêche. C’est mieux que le Prozac les gars. Cette chanson devrait être remboursée par la sécurité sociale. Bon j’en conviens je m’égare…

Tout ça pour dire que si la Villette était pour moi une évidence, j’y avais joint une évidence additive selon laquelle je danserais sur mon morceau vitamine. Forcément. C’était sans compter avec la programmation de l’artiste. Pfttt ! Ca m’apprendra ! Frustrée je suis ! ! ! ! Alors je me console en explorant MP3 à l’appui, la chanson qui m’a manqué. Tant de méchanceté a mun’a Bonendale ! ! ! ! Rire

En toute « subobjectivité », du bonheur en majuscule sur la pelouse de La Villette.

Oui mais comment tenir rigueur à un musicien et chanteur qui nous a offert deux heures d’un bonheur en majuscule ? Pas un seul déchet pendant le concert. Pas un moment de trop. Pas une approximation. Tout était en place, comme une évidence. Et je suis objective quand je le dis même si mes enthousiasmes pour le moins paroxystiques peuvent à la longue appeler la suspicion des âmes chagrines et faire douter de mon objectivité. Mettons nous d’accord sur un entre deux et fondons le concept de subobjectivité misant sur le fait que la vérité doit se trouver quelque part dans cet entre deux. La subobjectivité, hum j’aime cette notion car elle ouvre un droit intéressant à des fantaisies narrative qui me convient. Je conviens aisément aussi du fait que je ne me suis pas rendue au concert pour faire une écoute analytique et chirurgicale du moment. Je suis venue bien résolue à me laisser happer par un univers qui me touche et dont les échos résonnent en moi. Je suis venue déterminée à vivre un de ces instants qui suspendent le temps et vous déposent sur des rives euphoriques. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-63.jpg image by maddyspaceMission accomplie par monsieur Mbappe et ses musiciens. Ca a marché. Et pas que pour moi. J’ai en effet vu autour de moi des visages éblouis, j’ai entendu des cris et des acclamations qui matérialisaient le fait que le fil invisible et fragile qui unit un artiste à son public était en place. Nous pouvions ensemble construire le concert. Vous ne me croyez pas ? Demandez à l’artiste qui nous a remerciés, nous le public d’avoir participé à faire du concert une réussite. Qu’est-ce que vous croyez à la Villette le public était trié sur le volet. Nous ne sommes pas n’importe qui Clin doeilRire.

(à suivre)



Impressions subjectives sur les Scènes d’Eté à la Villette (première partie) : un dimanche enchanteur avec Etienne Mbappe et Simon Nwambeben

PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-25.jpg image by maddyspaceDimanche 27 juillet, il est dix sept heures vingt quand j’arrive porte de Pantin. Je suis un peu contrariée. En partant de chez moi, je n’ai pas pu mettre la main sur la jaquette de mon CD d’Etienne Mbappe. Et ma dédicace alors ? Après le coup du concert manqué de Juin, je me dirige vers la dédicace manquée. Grhhhh ! Contrariée je suis ! Il fait chaud. La touffeur ambiante fait que les vêtement adhèrent au corps. L’été a momentanément posé ses bagages et les amoureux du soleil sont aux anges. Autour du jet d’eau, une profusion de jambes s’ébattent. Le soleil a la vertu de ramener des sourires et des rayonnements sur les visages des parisiens. Il fait lourd et mes lunettes de soleil ne font pas casquette. Regrettable omission. Les rayons du soleil m’alourdissent la tête. Petite nature que je suis ! Pfttt.

Je ne sais pas où se tiennent les scènes d’été, mais je suis déterminée à ne pas manquer les concerts qui m’ont déplacée et fait traverser la ville sous une température caniculaire et au cœur de ces effluves uniques qui en été s’élèvent dans le métro mettant souvent le cœur au bord des lèvres. Mais ce n’est pas le sujet du jour. Je suis à la Villette et il faut que je trouve le lieu qui matérialisera mes extatiques anticipations. J’ai secrètement pris la nationalité Bonendale histoire de légitimer les bal à terre qui se profilent à l’horizon. Mais chuuuuuuuut ! ! !

Après le rendez-vous manqué du 5 juin pour cause d’accident de la vie, l’univers que je croyais en accord avec mes prétentions à assister au concert du New Morning avait pour moi un rendez-vous auquel je ne pourrais déroger.

A l’époque j’avais prévu d’assister au concert d’Etienne Mbappe en Juin et en Juillet tant qu’à faire. J’ai pris l’option  » encore «  à la naissance. En duala on dit  » ngolo wake  » c’est à dire  » jamais rassasiée  » ou  » les yeux plus gros que le ventre  » si je devais transposer cette expression aux expressions hexagonales. Réduire mon envie de voir deux concerts d’Etienne Mbappe en l’espace de deux mois à de la boulimie serait pour le moins réducteur. La vérité est ailleurs comme dirait l’autre. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-55.jpg image by maddyspaceJe suis juste cohérente dans mes coups de foudre et il se trouve que j’ai pris un coup de Misiya au cœur et que Su la take est venu m’achever. Prise d’otage en terre de beauté. Syndrome de Stockholm, otage volontaire d’un univers musical qui vient au plus près de mes racines et de ma vérité. J’ai par ailleurs une passion viscérale pour la musique de qualité de mon pays et je suis déterminée à défendre et à élever avec mes moyens rudimentaires l’étendard de la musique de qualité qui jaillit du berceau de mes ancêtres. Je le dois à la beauté des sons de ma terre, je le dois aux sons des musiques de mon enfance et aux sons qui rythment les cœurs, les danses, les chants, les respiration de ma terre natale. Ces sons que les véritables artistes savent apprivoiser du moins en partie et les convertir en musique, en mots, en onomatopées saisissantes. Avez vous entendu la séquence de Bonendale sur laquelle Etienne aligne deux onomatopées en  » oohh  » et  » aahh  » ? Comment vous dire ? C’est tout simplement terrible. Ces singulières onomatopées ouvrent un boulevard à l’imaginaire. Au fait d’après mon docteur je ne suis pas folle vous savez ? (hi hi). Je serais Etiennobarge d’après une fidèle lectrice de ce blog. Mais pas du tout ! ! ! ! La preuve je vois s’ouvrir des boulevards dans des onomatopées. Si ce n’est pas de l’écoute chirurgicale c’est un tantinet borderline n’est-ce pas ?

Simon Nwambeben : un musicien qui sort des sentiers battus de la musique convenue et offre une une ouverture vers des univers de beauté en musique.

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Parlant de boulevards, avez vous entendu les mélopées portées par la voix incroyablement ample et puissante de Simon Nwambeben ? Je les ai entendues à la Villette. Ses mélopées et autres onomatopées accompagnent ma mémoire et chantent à l’intérieur de moi. Des sons qui ouvrent des pans de la mémoire et si elles ne nous emmènent pas au Cameroun viennent déposer un peu plus des profondeurs du Cameroun en nous. Ô Cameroun berceau de nos ancêtres …

Le Cameroun déborde de talents méconnus parfois tapis à l’ombre des figures tutélaires et au demeurant respectables de la musique Camerounaise. Mais ces arbres magnifiques cachent des forêts de talents qui jaillissent des quatre points cardinaux de l’Afrique en miniature. Il est temps à mes yeux que dans ma génération et celles qui suivent explosent par delà les limites continentales les mille parfums qui composent l’essence de nos talents et que la renommée acquise ne se cantonne pas une fois encore à un ou deux baobabs vénérés mais qui volontairement ou non, empêchent l’éclosion des autres talents. J’espère qu’Etienne Mbappe, Richard Bona et les autres de cette génération qui ont su s’extraire de la masse et passer les frontières ethnocentrées ne céderont pas à la tentation de l’unicité au dépends de ceux qui légitimement sont dans leurs aspiration. Il y a de la place pour toute l’étendue de l’art musical et vocal issu du Cameroun, comme du reste de l’Afrique. Je pourrais citer de manière non exhaustive, dans la génération dans laquelle je me reconnais des prénoms de femmes et d’hommes qui disent la vitalité et la richesse de la musique camerounaise du Cameroun ou de la diaspora. On les appelle Coco, Joëlle, Avline, Kaïssa, Etienne, Richard, Simon, Gino, Blick, Henri, et bien d’autres. Et plus près de moi Charly qui vient de m’épater avec  » Sacramento «  un album dont je vous reparlerai dans un autre billet. Bravissimo my bro ! Mais revenons plutôt aux raisons de ma présence à la Villette au péril de mon olfaction avant de descendre dans les dédales de mes cogitations déambulatoires. Me voici porte de Pantin essayant de me repérer au milieu des franciliens qui profitent du soleil. Je suis en direction de Bonendale, que dis-je du parc de la VilletteClin doeil ! La place grouille de monde et de vie. Des parents promenèrent leurs enfants, des enfants et des adultes jouent ça et là. D’autres personnes allongées sur l’herbe profitent des rayons du soleil pour bronzer. C’est l’image même de la vie que de se faufiler entre ces personnes pour trouver la scène qui m’appelle. Je m’attends à découvrir sur scène un jeune chanteur que je n’ai jamais vu en live mais dont l’authenticité, la puissance vocale et l’univers m’invitent à la découverte. Bien qu’impatiente d’entamer mon voyage vers le Bonendale d’Etienne Mbappe, je ne veux pas qu’il devienne dans mon esprit un baobab qui m’empêche de voir le talent de Simon Nwambeben. Il y a un temps pour toutes choses. Alors que je me dirige vers le lieu du concert, je règle mes pendules intérieures à l’heure de Simon Nwambeben et comme j’ai eu raison de le faire. Ce tour de chant tout en simplicité et en intelligence a été de toute beauté. En arrivant, discipline et respect pour l’artiste qui passe en premier oblige, mon être entier se positionne sur 17h30. Le rendez-vous de 19h30 viendra bien assez tôt. Pas trop tôt mais les meilleures choses se laissent attendre n’est-ce pas ?

PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-24.jpg image by maddyspaceParce que je connais la musique du jeune chanteur inventeur du Bitibak, je sais que je ne devrais pas être déçue. Simon Nwambeben a une de ces voix qui dès qu’elle vient à votre rencontre vous attire comme un aimant jusqu’à lui.

Sur la scène, apparaît un homme vêtu d’un ensemble entre le mauve et le rouge. C’est un homme dont la petite taille tranche avec l’amplitude vocale. Il débute le concert sans bousculer un auditoire. Sa voix vient à notre rencontre sur la pelouse et capture notre attention. Il a la capacité de prendre des envols vocaux magnifiques. Mais où a t-il donc appris à poser sa voix de la sorte ? Simon Nwambeben est de ces chanteurs qui vous prennent par la main et vous emmènent en voyage. Nous montons avec lui dans la voiture qui l’emmène vers son village, une voiture dans un état pittoresque (la mienne).

Nous accompagnons sa mémoire alors qu’il raconte cet ami trop tôt disparu dont il invite la mémoire à danser au rythme de la musique de son hommage. Le concert est ponctué d’anecdotes qui laissent passer l’humour et l’auto dérision du chanteur quand il fait allusion aux canons de beauté pour les hommes en occident. J’ai aimé l’anecdote sur le sondage sur l’homme idéal. Un moment savoureux qui a fait rire l’auditoire. Passant de la guitare aux percussions avec aisance Simon Nwambeben apporte au cœur de la Villette les rythmes de son cœur, de sa terre, de sa mémoire. Les rythmes qu’il a apprivoisés jeunes au travers d’une guitare de sa fabrication. Savoureuse anecdote que celle qui encadre la fabrication de la guitare et dévoile des fiertés tout en noblesse dans ses affirmations au cousin présent dans l’anecdote. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-14.jpg image by maddyspaceNous sommes pendus à ses lèvre quand il raconte entre deux chansons ces anecdotes qui font le lien avec la musique et nous invite dans une langue que nous ne connaissons pas. De temps en temps, l’homme tranquille qui semble protégé par sa guitare et semble abrité derrière lunettes laisse affleurer un subtil déhanchement qui s’amplifiera au fur et à mesure que le concert avancera. Sous la chaleur de juillet il laissera tomber la veste pour nous livrer un solo magnifique aux percussions. L’affaire n’en restera pas là. A la fin du concert le chanteur est chez lui et il nous offre des contorsions qui semblent être des danses traditionnelles de sa région si j’en crois les danses en écho d’une dame de l’auditoire qui se mouvait dans des contorsions similaires et qui connaissait les chansons par cœur.

On peut faire sa fière un temps mais la fin du concert m’a surprise devant la scène sous le prétexte de faire quelques photos et j’ai bien dansé.

De nombreuses personnes du public en toute liberté dansaient, tourbillonnaient, parfois en rythme, parfois non, mais tous dansaient au son de la liberté de se laisser aller à l’instant. Sur la scène un guitariste, un bassiste, et un percussionniste habité et deux choristes accompagnent le chanteur. Il va de l’un à l’autre, et les musicien se parlent sans rompre le rythme du concert et ce qui frappe c’est que les échanges se font au cœur d’un sourire. Les deux choristes ont des jolies voix qui se marient bien avec la puissance vocale du chanteur. PhotosconcertEtienneMbappeetSimo-23.jpg image by maddyspaceLe bassiste fidèle aux traditions séculaires des bassistes, il ne sourira pas, ou alors quand je ne regardais pas. A la fin du concert, le chanteur est torse nu. Heu… Il faut croire que derrière l’homme apparemment tranquille se cachent d’intéressants embrasements qui communiquent le feu l’air de rien.

J’ai bien aimé la simplicité avec laquelle il rend hommage en une phrase au grand frère qui arrive. C’est ça le passage de témoin inter générationnel que j’aime, celui qui est intrinsèque à l’Afrique réelle celle qui fait coexister les générations celle qui fait coexister changement et continuité. Simon Nwambeben annonce que le grand frère va mettre le feu et avant de lui laisser la place il ne se gêne pas pour nous entraîner dans un moment embrasé. Simon Nwambeben a réussi l’exploit d’habiter son concert d’une façon telle que pendant sa prestation il occupait l’espace de mon attention. Le grand frère viendrait après pour mettre le feu. En fait Etienne Mbappe arrivera avec un incendie dans sa basse. Mais ça c’est une autre histoire.

Merci à Simon Nwambeben pour le moment de toute beauté qu’il a offert aux spectateurs de la Villette et à moi. Depuis j’emporte dans ma mémoire sa voix magnifique qui dit quelque chose comme  » Ma aaaaaah aaahhhhhh «  C’est d’une beauté qui me touche parce son univers est fait d’authenticité et de simplicité. Ma mémoire dans sur Ah Meh Kone. J’emporte des sons de guitare comme l’intro de Nde beh nkeh qui ouvre sur un déchaînement ultérieur de sons tant à la basse qu’aux percussions. Simon Nwambeben, à mes yeux une belle confirmation sur une scène d’été à la Villette, un dimanche de juillet, et un moment comme je les aime. Bravo à lui et à son groupe.

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L’appel du 27 Juillet. Kezako ? Franciliennes et franciliens, tous à la Villette !!!

friday.jpg picture by maddyspaceCa y est vous dites vous ! Oui oui je vous entends d’ici. Vous vous dites  » Depuis que nous la suivons dans les dédales de ses déambulations mentales, il fallait s’y attendre, la jeune (Oui jeune ! ok on va le dire viteCool) dame a a craqué. V’là ti pas qu’elle se prend carrément pour de Gaulle ! Nous la voyions venir et ça y est elle se lance dans la politique ! Mais qu’est-ce ce qu’elle a besoin d’ajouter des ingrédients à la tambouille politicienne aux illisibilités diverses ? » Que nenni les amis. Rangez vos camisoles de force. Il est question de musique et de rien d’autre. Il s’agit de se réunir autour d’un de ces moments magnifiques qu’offrent la musique et les musiciens de qualité. C’est un appel à célébrer ensemble la bonne musique. Celle dont la diversité et la créativité me bluffent et m’invitent à y répondre par l’enthousiasme qui me caractérise quand je partage mes coups de coeur. La tiédeur ne passera pas par moi !Clin doeil Et vous serez surpris de découvrir qu’il s’agit de talents dont les racines trouvent leur sève quelque part sur cette terre qui est mienne et que je chéris mon Cameroun à mouahhhhh ! Ethnocentrisme ? Guère ! Juste un retour vers les racines pour aller à la rencontre de soi.Je suis dans une période roots et je découvre des bijoux incroyables par chez moi. Ca ne me dispense pas d’aimer John Coltrane, Marcus Miller, Dianne Reeves, ou India Arie. Cool

Amateurs de musique de qualité pourléchez vous les babines ! Deux musiciens originaux et talentueux vont se produire sur la scène de la Villette dans le cadre des scènes d’été de la Villette. Belle initiative que celle qui permet de profiter de l’été, du beau temps, de moments conviviaux sur l’herbe au son d’une musique qui fait voyager dans le beau, le créatif, l’original, l’inventivité dans l’alliage réussi des sons d’Afrique et d’occident. Simon Nwanbeben et Etienne Mbappe. Quoi ? Qué ? Comment ? Na nje ?

Etienne Mbappe à Paris au coeur de l’été mamma mia quéthkofyou.gif picture by maddyspace calor ! EtieeeeeeeeeeennnnnnnnnnnnnneClin doeil ! Bon je me calme. Allez on inspire et on expire…

Comprenez moi j’ai manqué le rendez-vous du 5 juin pour des raisons totalement indépendantes de ma volonté. Et me voci face à la possibilité de voir l’artiste en concert à Paris, dans quelques jours. Pulsations cardiaques en mode accéléré. Anticipations de moments « carambesques ». Ayooo éééééééééé ! Dire que j’attends dimanche prochain avec impatience serait une euphémisation de mes délectables anticipations. Mmmmmmmhhhhhh ! Enfin vivre en direct les bonheurs offerts par Su La Take un album à tomber par terre, et sans glisser encore! Un album dont j’ai parlé sur le blog à sa sortie, un bijou absolu. Bref, Me voilà prise par des irrépressibles envies de « Bonendale », de « Na yo nde » de « Sansan Boy » etc en live. Etieeeeeeeennnnnnnnnne !!! OK je sors ! Sourire

Etienne Mbappe chante dimanche à 19h30 à la Villette.

beauty1051.gif picture by maddyspaceSimon Nwambeden est une belle découverte de mes explorations des merveilles musicales qui s’élèvent de mon chez moi et qui m’y ramènent par des sentiers méconnus. C’est ainsi que grâce à lui je le sens chez moi au coeur d’une langue aux antipodes de celle qui fonde mes enracinements intérieurs. Parce que le son de sa guitare, les percussions subtiles qui viennent l’habiller, l’épure de ses arrangements me transportent vers ces rivages connus qu’accompagnaient la radio Douala de mon enfance, compagne de nos rassemblements familiaux. J’aime la manière dont il nous transporte, par une musique sans effets inutiles, dans les sons des forêts de sa région d’origine. L’épure, la poésie, la finesse, tout simplement. Simon Nwabeben fait résonner par sa voix dont j’apprécie la vérité, la langue Bafia au son d’une musique qu’il a lui même baptisée le Bitibak. Il a la sensibilité et l’intelligence qui permettent d’unir la musique traditionnelle avec les sons dits modernes sans la dénaturer. Il nous offre un univers qui nous invite à sortir des sentiers battus de la musique convenue pour aller explorer un ailleurs qui dans sa vérité ramène à quelque chose de soi. C’est un tour de force que celui réalisé par un artiste qui chante dans une langue que vous ne connaissez pas, dont aucun son ne fait écho en vous comme fondateur de vos racines, sur un rythme musical aux antipodes des rythmes de chez vous ou de votre univers musical personnel et qui vous donne pourtant l’impression qu’au coeur de ces sons il y a un espace qui vous invite à vous poser, un espace qui dit « tu es chez toi ». Caramba ! Je vous suggère de vous poser pour écouter Ah Meh Kone entre autres. Wow !!!! Sa voix est comme un guide qui nous conduit en rythme dans des ailleurs que l’on visite avec bonheur. Et quand il entame « Nwarha Miss Moh », même si je voulais rester coite dans une attitude digne, mon corps prendrait son indépendance. Si vous me voyiez alors que j’écris, ma tête danse en rythme et j’aime ça. Je vous défie de rester sans remuer un cil quand il chante « Ntoh Ntoh » Aaaaaaaaaaaaaaaaahhvivement dimanche pour que mes jambes se mettent au diapason.

Je vous laisse le plaisir de la découverte de son univers avant dimache sur My Space :

Simon Nwambeben est à la Villette dimanche 27 Juillet à 17h30.

La bonne nouvelle c’est qu’en plus c’est offert. On ne paye pas un radis. Que demande le peuple. Je n’en reviens pas de recevoir gratuitement l’offrande de deux concerts que j’irais voir en payant. Merci aux organisateurs inspirés des ces Scènes d’été !

http://www.villette.com/spectacles/scenes_d_ete_2008_musique.html

Mélomanes, explorateurs de sons, amateurs de musique, radinsLangue, fauchés, amateurs de pique nique sur pelouse francilienne et les autres réjouissons-nous et profitons de ce caviar servi gracieusement.

1188803922.gif image by maddyspaceAmbiance festive et décontractée assurée.

Je vous laisse je m’en vais de ce pas me muscler les mollets.

A dimanche sur la pelouse de la Villette.

Amitiés

 



Derrière le proverbe…

1bp.gif picture by maddyspace« Aussi longtemps que les lions n’auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur.»

Proverbe africain

Les proverbes africains, anciens ou contemporains recèlent des trésors enfouis et offrent des niveaux de lecture intéressants à qui veut prendre le temps de s’y arrêter. J’aime bien les parcourir et y trouver résumés en une phrase des pans de la sagesse de ma terre. Ils ouvrent quelquefois la porte à des réflexions inattendues. Proverbes qui deviennent boîtes de pandore de mes déambulations mentales et de mes questionnements identitaires ou métaphysiques. On ne se refait pas n’est-ce pas ? Comme vous le savez peut-être, il y a des hélices sous mon crâne qui prennent leur indépendance et se mettent en action sans me demander l’autorisation de faire voyager ma pensée. Non non…je ne suis pas folle vous savez Clin doeilRire.

Quelquefois, à la lecture ou à l’écoute des proverbes africains on y perçoit du bon sens, voir un bon sens un peu folklorique parce que les proverbes charrient des images magnifiques et poétiques. Ils invitent la faune, la flore, les éléments naturels pour raconter la vision des relations humaines, une philosophie et une éthique de vie. En dépassant les premiers niveaux de lecture si l’on se pose un instant pour les sonder, il y a des portes qui s’ouvrent sur des profondeurs intéressantes. Derrière les sourires qui effleurent nos lèvres en recevant les images mentales offertes par les proverbes, il y a des ouvertures vers un ailleurs qui nous instruit sur aujourd’hui, sur maintenant, sur notre rapport à l’autre, sur notre rapport au temps ou à la nature. J’aime aller à la rencontre des proverbes d’Afrique.

J’aime l’image que véhicule cette phrase sur le lion et le chasseur face à la narration de l’histoire. C’est un proverbe que je connais depuis longtemps et qui soudain me conduit à une réflexion sur le rapport de l’Afrique et de l’africain à son histoire. Quel rapport avec la choucroute ? Vous direz-vous. Que vous répondre, les hélices sous mon crâne sont en mode pilotage automatique.Langue

Ce proverbe rappelle que l’histoire est souvent assujettie à des faits extra historiques tels que les rapports de force entre le narrateur et ce dont il parle, à des rapports dominant dominé. Le colon et le colonisé ne donnent pas le même sens aux faits, n’ont pas le même rapport à l’histoire et pas les même paradigmes. Ce proverbe me rappelle l’histoire officielle qui m’a été inculquée sur les bancs de l’école dans mon pays et qui me présentait Ruben Um Myobe figure de la résistance et de l’anticolonialisme camerounais comme un terroriste et un maquisard. Mon esprit en construction et pas encore accessible au sens critique avait reçu cette torsion du sens de l’histoire comme une vérité. Bien qu’ayant eu depuis des informations plus complètes sur cette période ces pré-constructions ont laissé des traces et je sais que je ne suis pas au bout des nécessaires déconstructions pour mieux appréhender l’histoire de mon pays. La raison du plus fort… L’histoire officielle, les forteresses mentales, l’arme des puissants. L’histoire contemporaine Africaine est faite de bien des terroristes officiels parmi lesquels il y a quelques temps Nelson Mandela ou Steven Biko. D’ailleurs l’administration américaine, bien connue pour sa réactivité et sa pertinence, n’avait pas encore ôté Nelson Mandela de la liste des terroristes au début de cette année. Surprise La raison du plus fort…

Je me souviens aussi des livres prétendument historiques qui racontaient nos héros imposés d’alors. Ils racontaient en effet les présidents de nos républiques en bande dessinée pour accéder aux, et poser des forteresses mentales dans les esprits fragiles des enfants que nous étions. C’est ainsi que des hommes comme Ahidjo, Houphouet Boigny, Mobutu, Bongo et autres grand démocrates d’Afrique avaient leurs hagiographies en bande dessinées. Réécriture opportune de l’histoire qui faisait de ces figures anti-démocratiques d’Afrique des quasi héros, mieux encore des « pères de la nation ». Le « prêt à vénérer en bande dessinée » ! Quelle créativité sournoise de la part des dictatures au service du culte de la personnalité. Je me souviens (oh la honte !!!Embarasse) qu’une amie d’enfance m’avait prêté une bande dessinée à la gloire d’Eyadema président du Togo, grand démocrate s’il en fût. Opération lavage de cerveau en une bande dessinée réussie. J’abreuvais ma famille de louanges et d’anecdotes glorieuses sur le grand homme et mes pauvres parents qui ne voulaient pas faire éclater la bulle de mes illusions d’enfant de moins de dix ans avalaient bien des couleuvres en silence. Ma mère a dû mettre en marche toute sa finesse et son intelligence pour me soustraire à cette vénération sans me blesser. Elle m’a premièrement poussée à rendre le livre à sa propriétaire et avec délicatesse elle a travaillé à nuancer les assertions du livre. Peut être ce moment a t-il été la première la porte à s’ouvrir pour moi sur une forme de conscience politique et sur l’exercice ultérieur du sens critique. La raison du plus fort, la version du chasseur, le trafic de l’histoire au service d’un dessein, d’une idéologie, de l’assise d’un pouvoir. Nos chefs d’Etats de la période post décolonisation ont tous eu des bandes dessinées à la gloire de leur grandeur, sa majesté Bokassa inclus ! Ubu quand tu nous tiens !

Les mémoires d’un esclave du Sud des Etats-Unis et celles d’un propriétaire ne mettraient probablement pas l’accent sur les mêmes choses. La question économique ne serait pas primordiale pour le premier tandis que la question sur la dignité humaine serait au mieux anecdotique pour le second.

Celui qui aura les moyens de raconter l’histoire la racontera de son point de vue, en partant du prisme de ses présupposés. Le dernier mot appartient souvent au plus fort. « La raison du plus fort est toujours la meilleure » disait en son temps Jean de Lafontaine.

En relisant ce proverbe il me revient en mémoire un fait politique indigne et honteux qui a pris place il y’ aura un an le 26 juillet à Dakar. Le président de la république française nourri aux récits des « chasseurs » a osé tenir des propos incroyables selon lesquels entre autre « l’homme africain » serait incapable de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ! Oui c’est le chasseur qui a la légitimité pour raconter la vie des lions, pour les dompter, pour leur apprendre à vivre selon ses règles. C’est bien connu !

Par delà le flot d’indignation à peine retombé, ce fait politique a la vertu de mettre en lumière la nécessité pour les enfants d’Afrique d’aller à la rencontre de leur histoire. J’imagine la réception du discours de Dakar par un enfant africain d’Afrique ou de la diaspora qui n’a pas de connaissance de l’histoire de son continent et qui reçoit ces définitions fallacieuses d’un prétendu « homme africain » comme vraies, comme intrinsèques de lui. J’imagine la définition honteuse de lui qu’il pourrait recevoir et avec laquelle il pourrait se construire. Attention les dégâts !

Quelle jubilation quand dans une brillante réponse aux propos du président français à Dakar, Achille Mbembe ( Un cerveau aussi brillant que Denzel Washington est beauSourire oui oui je l’affirme !!!!!!!!!!!) a replacé les fantasmes paternalistes sur l’Afrique dans leurs filiations. Filiations qui remontent au 19ème siècle et trouvent leurs sources notamment dans la pensée de Hegel et Lévy Brühl entre autres. La démonstration de Mbembe est tout simplement éblouissante(1). Je suis reconnaissante à Achille Mbembe qui a élevé le niveau du débat et a apporté une réflexion brillante et argumentée. Il a répondu par l’intelligence et l’analyse à des propos intolérables et grotesques, propos faisant volontairement ou non écho à des siècles de vision stupide de l’Afrique et de l’Africain, n’en déplaise au cerveau brillant de Hegel et des autres. Un cerveau brillant peut accoucher de thèses stupides quand les présupposés qui le soutendent sont imbéciles et/ou racistes et voilent sa raison.

Ah !!!quand les lions commencent a donner leur regard sur l’histoire…

Que de pans de l’histoire d’Afrique passés sous silence parce que niés, occultés ou négligés par le narrateur ! L’écriture de l’histoire par delà la question de la force de coercition de celui qui la raconte est aussi et surtout fonction des présupposés du narrateur et de ce que les événements racontés lui renvoient de lui. Il devient le héros, de civilisateur, le sauveur, etc. Le chasseur raconte sa chasse et le lion n’est dans la toile historique qu’un instrument pour servir la gloire du chasseur. Des générations d’africains d’Afrique et la diaspora ont grandi à l’ombre d’un immense complexe d’infériorité né de représentations importées et parfois imposées.

Des images d’Epinal véhiculées dans des livres, des films, voire des bandes dessinées leur donnaient une place à la périphérie de l’histoire des hommes.Ya bon banania…

Agi par l’histoire plutôt qu’acteur de cette dernière, telle était la représentation transmise de l’africain et probablement intégrée par lui. Il est possible que bien des passivités africaines trouvent leur source, au moins en partie dans ces représentations. Entre « l’Afrique de papa » d’un côté porteuse de fantasmes imbéciles et le facile confort qui est celui d’attendre de l’autre les solutions il y a l’Afrique, la vraie. Derrière le travers qui est celui de rendre l’occident responsable de tous les maux du continent et l’exotisme insultant qui habille les fantasmes des allogènes, il est une Afrique qui invente, qui crée, qui a de l’initiative et qui se bat pour aller de l’avant. Il est une Afrique qui existe derrière les silences et qui porte en elle des richesses immenses et une histoire plus complexe que les raccourcis habituels.

Alors en tant qu’africaine et plus généralement en tant qu’être humain dans mon siècle, je suis reconnaissante à des intellectuels comme l’immense Cheikh Anta Diop qui par ses travaux, notamment sur l’Egyptologie, a ouvert une brèche qui peu à peu, par delà les opportunes controverses révèle la place de l’Afrique dans l’histoire de l’humanité.

Bien des chercheurs depuis à l’exemple de Théophile Obenga, se sont depuis engouffrés dans cette salutaire brèche, ramenant à la connaissance de nos contemporains des organisations sociales et sociétales dont la complexité n’a rien à envier à des ordres sociaux dits évolués. Aussi longtemps que les lions…

Je suis reconnaissante à Ki Zerbo pour son travail d’historien qui rappelle que l’Afrique n’est pas un continent ahistorique. « L’Afrique a une histoire » disait l’historien en ouverture du premier tome son ouvrage  » Histoire générale de l’Afrique ». Ki zerbo a ouvert la voie à de nombreux historiens africains qui se sont emparés depuis des faits historiques pour les analyser et les restituer dans une perspective historique et historiographique.

 

Que de figures mythiques dans notre patrimoine historique méconnus de nos contemporains et des fils et filles d’Afrique. Que de méconnaissances sur l’Afrique, ses royaumes et leurs organisations. Combien de personnes sont informées sur les modèles socio politiques des sociétés africaines d’alors ? Combien savent qu’au 12ème siècle les empires du Ghana et du Mali avaient une organisation politique impressionnante et d’une rare finesse ? Combien de jeunes gens connaissent Soundiata Keita ou Soumangourou Kante ? Que de méconnaissances sur les principes structurels qui organisaient les rapports humains, que de négligences qui font que bien de filles et de fils d’Afrique avancent en ayant un enracinement dans le silence, dans le tabou, dans l’infériorisation, dans la méconnaissance, ou dans la connaissance parcellaire.

Il est un défi pour nous, un devoir pour les générations à venir, celui de permettre à nos enfants d’aller à la rencontre de l’histoire de leur continent non pour se construire des mythes inutiles, mais pour connaitre le lieu dont ils sont issus et avancer riches de leur histoire. Comment courir ou s’envoler si l’on n’a pas de socle à partir duquel décoller ou prendre son élan. Nous sommes dans un temps dans lequel des médias tels qu’Internet notamment permettent un accès plus grand et plus rapide à la connaissance. Notre défi est de donner aux plus jeunes le goût et l’envie de connaître l’histoire qui fonde leurs racines. De leur donner le goût de chercher, de lire, de découvrir.

L’Afrique n’est pas un paradis, et il n’est pas question ici de léguer aux générations qui suivent un fantasme mais l’Afrique telle qu’en elle même et mise en perspective par ses réalités historiques. L’Afrique réelle a ses richesses et ses misères, ses grandeurs et ses servitudes, mais elle est riche de ce qu’elle est, et elle vaut largement la rencontre. Il est dans notre histoire récente ou plus ancienne des figures dont nos filles et fils pourraient s’inspirer et auxquels ils pourraient se référer avec fierté. Si en se retournant sur leur histoire nos enfants pouvaient découvrir l’Afrique un peu plus près de sa vérité, qui sait s’il ne verraient pas s’allumer en eux une flamme, une passion d’Afrique, dont il passeraient le flambeau aux générations d’après ? 66zd8ir3.gif image by maddyspaceJe suis convaincue au plus intime de moi que les solutions pour l’Afrique seront essentiellement africaines et viendront de personnes ayant une vision, une passion, un désir, un rêve, et une ambition pour leur village, leur ville, leur pays, leur région, pour leur continent. Des personnes qui auront su saisir le flambeau de la passion qui avait embrasé avant eux Lumumba, Mandela, Um Myobe, Kwame krumah (celui des premières heures), Steven Biko et d’autres anonymes qui ont oeuvré pour le bien commun.

Et si la connaissance de notre histoire avait aussi des vertus libératrices, libératrices de rêves, d’ambition, de potentiel pour l’Afrique ? Et si la connaissance de notre histoire nous rappelait que nous n’avons aucune raison ni de marcher courbés, ni de porter des vêtements identitaires qui nous voilent nos possibilités ? Alors il n’est pas surprenant que ça et là à la surface de la terre la connaissance soit tenue captive par les dictateurs de tous bords, dictateurs politiques ou intellectuels. Derrière le proverbe, ma pensée s’est mise en action et m’a déposée sur de surprenants rivages n’est-ce pas ? Mais comme vous le savez on ne se refait pasCool.

Merci de m’avoir lue et d’avoir accompagné mes cogitations déambulatoires. A bientôt et merci pour votre fidélité à visiter cet espace . Amitiés.

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(1) http://www.lemessager.net/details_articles.php?code=142&code_art=19943



Daniel Balavoine : Tous les cris les sos !

b3tcmqlj.gif picture by maddyspaceC’était il y a plus de vingt ans. Vingt ans déjà ! Mamma mia le temps est impossible à retenir. Cachez moi cette ride que je ne saurais voir. Rire Décidément la musique fait office de carbone 14 pour dater mon passage sur terre. Plus j’égrenne les souvenirs, moins seraient crédibles mes 18 ans (hi hi). Bref, j’avais acheté le 33 tours en vinyle de Daniel Balavoine. Vinyle kezako ? 33 tours kesdonecela ? Hé oui il eu une vie avant les MP3 et après les scopitones. Cool

Bref j’avais acheté mon disque et comme toujours à cette époque, je l’avais savouré avec délectation ma nouvelle acquisition. Je n’en dirai pas même pour mes colocataires qui avaient à l’époque un rapport allergique à la chanson française. Ils étaient dans une époque RNB et Rap militante et exclusive du reste. Oui mais la chaine stéréo était à moi. Et toc !

Je ne savais pas alors que cet album serait son dernier, son involontaire testament scellé à jamais au dessus du désert du Tenere.

Si j’avais acheté l’album à cette époque c’est parce que j’avais aimé « mon fils ma bataille » entre autres chansons de cet artiste et aussi parce que je l’avais vu en promotion chez Drucker. Oui Drucker était déjà là il y a vingt ans. Clin doeil

Le titre qui m’avait accrochée ce n’était pas tant pour l’Aziza, titre qui allait connaître un grand succès et qui est un hymne à l’amour transcultuerel et transracial. Un bel hymne à son amour.

Deux chants m’avaient alors touchée, « sauver l’amour » et « tous les cris les sos ». Le chant « tous les cris les sos » m’avait touchée au coeur, rencontrant en moi des mélancolies probablement amplifiées d’être en devenir. J’avais été saisie par la beauté de ce chant et par le rythme entêtant qui accompagnait les paroles. La première phrase m’avait aspirée dans l’exploration de ce chant dont je n’ai toujours pas fait le tour. Quelle belle image, quelle force, quelle manière de raconter tous ces désespoirs indicibles. Tous les cris les sos, un chant qui dans ma mémoire ne se ride pas. Je vous laisse voyager dans ce beau texte à tiroirs.

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Comme un fou va jeter à la mer
Des bouteilles vides et puis espère
Qu’on pourra lire à travers
S.O.S. écrit avec de l’air
Pour te dire que je me sens seul
Je dessine à l’encre vide un désert

7jrmsbl8.gif image by maddyspace Et je cours je me raccroche à la vie
Je me saoule avec le bruit
Des corps qui m’entourent
Comme des lianes nouées de tresses
Sans comprendre la détresse
Des mots que j’envoie

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Difficile d’appeler au secours
Quand tant de drames nous oppressent
Et les larmes nouées de stress
Etouffent un peu plus les cris d’amour
De ceux qui sont dans la faiblesse
Et dans un dernier espoir disparaissent

Et je cours je me raccroche
A la vie je me saoule avec le bruit
Des corps qui m’entourent
Comme des lianes nouées de tresses
Sans comprendre la détresse
Des mots que j’envoie

Tous les cris les S.O.S.
Partent dans les airs dans l’eau
Laissent une trace dont les écumes font la beauté
Pris dans leur vaisseau de verre
Les messages luttent mais les vagues
Les ramènent en pierres d’étoiles sur les rochers

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Et j’ai ramassé les bouts de verre
J’ai récolté tous les morceaux
Tout était clair comme de l’eau
Contre le passé y’a rien à faire
Il faudrait changer les héros
Dans un monde où le plus beau reste à faire

Et je cours je me raccroche à la vie
Je me saoule avec le bruit
Des corps qui m’entourent
Comme des lianes nouées de tresses
Sans comprendre la détresse
Des mots que j’envoie

Tous les cris les S.O.S.
Partent dans les airs dans l’eau
Laissent une trace dont les écumes font la beauté
Pris dans leur vaisseau de verre
Les messages luttent mais les vagues
Les ramènent en pierres d’étoiles sur les rochers

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Maintenant laissons passer la voix et la sensibilité de Daniel Balavoine.

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Alexander O’Neal : Love Makes No Sense

Ahhhhhhh les rythmes de ma mémoire…

My oldies but goodies. Sweet 90s 

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Victor Wooten : U an’t hold no groove

S’il le dit …

Plus sérieusement quel virtuose de la bass n’est-ce pas ? Mais que fait la police ?

Amateurs de Bass et les autres savourez !

Rire
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Impressions subjectives : Kaïssa Joyau de ma terre -une artiste tout en finesse sous une voix remarquable

l_eac44c278dfadc2b6c5835dd64632f6a.jpg picture by maddyspaceLaissez moi vous raconter mon coup de cœur du moment. Ceux qui fréquentent cet espace savent probablement que mon rapport à la musique passe par la case  » cœur « . Oh ! Il y a bien des mélodies qui le temps d’un instant m’invitent à la danse, touchent mon sens esthétique, ou répondent à une ambiance, à un moment. Et il y a les artistes. Ceux qui peignent par leur musique, leurs voix, leurs instrument une toile dans laquelle quelque chose en moi trouve sa place. L’une de mes belles rencontres est celle avec l’univers de miss Kaïssa Doumbe, artiste et chanteuse originaire de ma terre natale. Encore le Cameroun me direz-vous ? Mais est-ce ma faute si de cette terre jaillissent des talents aux facettes multiplesCool ? Réponds-je sans camerounocentrisme exacerbé il va de soi Clin doeil! Il faut reconnaître par ailleurs que quand les mots sont chantés avec maestria portés par la langue du plus intime de moi, aucun mot ne saurait atteindre ce que je ressens. Je me contente de prêter la maladresse et les limites de mes mots pour dire ce que m’a offert par son Album Kaïssa, magnifique chanteuse au sourire et à la voix invitants.

Je connaissais Kaïssa par la réputation de choriste qui la précède depuis bien longtemps. Elle a accompagné au fil des ans bien des artistes qui ont reconnu la valeur ajoutée de sa voix et de son phrasé uniques. CharlElie Couture, Manu Dibango, Salif Keita, Cesaria Evora, ou Diana Ross y seront sensibles et utiliseront pour les accompagner cette voix qui allie chaleur, joie, puissance, et vivacité. La voix de Kaïssa.

Comment vous décrire la voix de Kaïssa ? C’est une voix qui jaillit d’elle et arrive jusqu’à vous pour vous happer dans son univers, dans l’univers qu’elle raconte.

l_bd18c4a7b536e8fa4265a2546bf3fe9e.jpg picture by maddyspaceJ’ai découvert cette chanteuse en écoutant et en la voyant chanter  » Alea so  » qui est sur le blog depuis fin 2007. L’énergie et la puissance vocale de Kaïssa m’avaient déjà marquée. Mais ces dernières semaines, je me suis laissée entraîner dans son univers au travers de son album  » looking there « . Il est vrai que l’album date de 2004 et que j’aurais mis du temps pour le découvrir.  » My oh my «  comme on dirait du côté des Amériques où s’est installée l’artiste. C’est un album remarquable à mes oreilles. Remarquable dans les textes et dans les musiques. Ses musiques sont le fruit d’un métissage réussi entre les rythmes de son Cameroun natal qui invitent ceux d’ailleurs à leur donner de l’amplitude. Les rythmes se marient et se répondent guidés par sa voix unique et maîtrisée quel que soit l’univers musical qui se laisse découvrir. L’album s’ouvre sur un chant de ralliement  » Essimo «  qui parle à ceux qui au nom de leurs intérêts se sont arrogés le droit de piller notre Afrique.  » Au nom de quel dieu avez vous versé notre sang ?  » chante l’artiste. Même quand on ne comprend pas les paroles il y a ces percussions universelles qui résonnent dans l’Afrique intérieure tapie dans les fils et filles d’Afrique et devrait parler aux tripes de plusieurs. C’est aussi un chant qui appelle à aller de l’avant.  » Essimo, biso bese o boso « .

Je m’associe à ce cri qui rencontre les miens, mes cris d’Afrique. Comment voulez vous que je ne devienne pas Kaïssaddicted ?

Il y a bien des joyaux dans cet album parmi lesquels un chant  » To nje «  qui raconte la nostalgie de la terre natale, de ce mboa que l’on emporte dans nos exils, que celui qui est loin de chez lui recherche dans un son, dans une odeur, dans une image. Son cri me touche  » mes bien aimés aidez moi à ne pas oublier mon chez moi  » et il y a aussi ce  » où que j’aille, quoi que je fasse je recherche mon chez moi « . Ce chant magnifique je vous laisse le découvrir sur My Space. C’est un joyau.  » Ni mboa na yabe no mo nde na ma wasa no, mo nde mba na kiye no, ni mboa na yabe no mo nde nye mba nyongi «  (ce pays qui m’a vue naître c’est lui que je recherche, c’est lui que je chéris. Le pays qui m’a vue naître c’est lui l’objet de mes désirs.) C’est mon coup de cœur en majuscule. Merci Kaïssa d’offrir à ceux qui sont loin de chez eux un chant de plus pour accompagner en beauté nos nostalgies de la terre natale. Et quand la nostalgie est portée par une mélodie bien rythmée et cette voix qui s’habille de graves juste pour aller toucher au plus profond de nous nos vérités de migrants. Ma KaïssaddictionRire s’aggrave, et pour cause.

Il y a quatre morceaux qui dévoilent un peu de son univers intime.  » Mumi «  belle déclaration d’amour à l’homme de sa vie. Ce qui dans une autre voix pourrait rejoindre le cortège des chants d’amour un peu mièvres devient une déclaration assurée d’une femme qui aime. Une affirmation tranquille sur un rythme entêtant. Le choix rythmique, les arrangements et le phrasé choisi font que le chant sort de la banalité et devient unique. Pourtant elle dit des choses déjà entendues autant de fois que des femmes et des hommes se sont déclaré leur flamme. Comment se fait-il que sa chanson évite l’écueil de la banalité et du poncif musical ? Et si c’était le talent tout simplement ? » Eyoum  » et  » Sangwam «  Sont des chants en hommage au frère et au père disparus. Ce sont des chants d’amour et de douleur d’une grande beauté. Kaïssa chante l’absence de ce frère auquel elle rend un bel hommage. D’une phrase elle effleure avec pudeur les larmes de la mère et la tentative de ceux qui restent pour consoler celle qui pleure son fils. Quiconque a croisé cette douleur dans le regard de sa mère entend sans peine le monde tapi derrière cette phrase. Et il y a ce père parti lui aussi pour le grand voyage. Kaïssa chante l’absence du père et la méchanceté de ceux qui comme des charognards se repaissent de cette perte immense. Il est des vautours qui dansent autour de la douleur des autres… Quiconque a eu la douleur de connaître ces amputations latérales ou au-dessus de soi devrait se reconnaître dans ses mots quand elle appelle l’entourage à mettre un frein à leurs méchancetés. La force d’un artiste est d’universaliser l’intime et de rappeler à ceux qui marchent dans un chemin similaire qu’ils ne sont pas seul et que leur expérience intime est celle de milliers d’autres. La force de l’artiste est d’offrir à ceux qui marchent dans cette vallée de chagrin un chant qui leur permet de laisser sortir d’eux le flot émotionnel sans se mettre en danger parce qu’ils peuvent emprunter les mots d’un autre pour parler de soi. Quand l’artiste se fait consciemment ou non médiateur de nos déluges émotionnels. Kaïssa rend un bel hommage à sa mère dans  » Joy « .  » Il est beau de t’aimer. Je remercie Dieu de t’avoir dans ma vie.  » Lui chante-t-elle. Quel bel hommage à une mère que celui de la définir par, et de la lier à la joie qu’elle est pour son enfant n’est-ce pas ?

La conscience politique et sociale de Kaïssa l’américaine se laisse rencontrer au travers d’un  » Big Brother «  qui dit avec force la condition des laissés pour compte des ghettos. Ceux qui n’existent que pour les politiques qu’en période électorale. Kaïssa une femme dans son époque.

Les autres chansons de l’album sont tout aussi magnifiques. Elles chantent la trahison en amitié ( O si keka). L’importance d’écouter les conseils, notamment ceux de ses parents quand on est enfant (Senga), l’importance de demeurer dans l’espérance quand on s’attend à quelque chose (Ombwa te). C’est une chanson remarquable aussi bien vocalement que dans le texte. Et la musique ! ! ! !  » to lambo na lambo nja… « 

Et il y a le Alea so qui est une interdiction formelle de rester assis.

Kaïssa a réussi un album qui marie des sonorités transfrontalières qui habillent de fort belle manière sa voix et son remarquable phrasé.

C’est un album d’une grande richesse par lequel la chanteuse nous invite dans son univers intime, dans ses prises de position socio-politiques, bref nous invite à regarder au travers de la finesse de son regard, celui d’une femme dans son époque.

Au fait savez que dans la région natale de la chanteuse le mot Kaïssa parle de royauté ?

Si j’avais un reproche à faire à Kaïssa ce serait celui de ne pas nous offrir en France et au Cameroun l’occasion de la voir sur scène. Quand venez-vous Kaïssa ?l_5736e2fab25c4a6d3d4d8ca65a45164f.jpg picture by maddyspace

 


Vous pouvez découvrir plus avant l’univers de cette artiste ou acheter son disque en visitant son site :

http://www.kaissa.com/html_f/intro.html

ou en allant sur My Space.

http://www.myspace.com/kaissa1

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