Muntu Valdo :Di mala

Une découverte récente en forme de coup de foudre. Un vent de créativité souffle sur la planète Cameroun pour le bonheur de mes écoutilles. Je me répète c’est vrai mais j’aime entendre les rythmes dits traditionnels qui s’allient à des sons plus jazzy. Muntu Valdo est un guitariste qui sait aussi faire résonner son harmonica de fort belle manière. Au fait, entendez vous les percussions qui participent de l’ossature de cette mélodie.

Di mala veut dire nous allons ou nous partons.


Image de prévisualisation YouTube



6 commentaires

  1. Minipoucine 19 mai

    J’aime beaucoup, ça sent le soleil de ton pays, ça sent bon!:o)
    Bises

  2. opalesud 19 mai

    Bonsoir Malaika
    J’adore tes musiques et tes textes.
    Continues à nous faire si bien rêver
    Bises
    Stella

  3. sigue 24 mai

    A chaque fois que je vois des images de ton pays ou que j’en ai ses enfants près de moi,un sentiment ou une sensation que je n’arrive pas a exprimer me taraude. Grâce a cette vidéo et son chanteur j’ai compris
    L’Afrique a cela de beau qu’elle a su garder les vérités et le sourire de son enfance
    Bisous Malaika et merci de nous inviter si gentiment chez toi
    Esther

  4. Yugo 9 juin

    Comme le disent les commentaires précédents, cette vidéo est vraiment magnifique et très prenante…

  5. DOMINIQUE NJOH 8 juillet

    Ou es-tu donc passé le Muntu?
    S’lt vieux frère alors toujours sur les routes? en tout cas bon courage à toi…
    A quand le prochain opus?
    donne des nouvelles; allez ciao

  6. ngriot 5 août

    biographie complète

    MUNTU VALDO « sawa blues »

    L’artiste est celui qui ose écrire de son sang le roman de sa vie.

    Muntu Valdo appartient à la grande communauté Sawa qui s’étend le long de la côte camerounaise, dans le golf de guinée. Ses parents viennent de Dibombari, petit village situé à 30 km à l’ouest de Douala et des îles Malimba dans l’océan Atlantique, célèbrent pour leurs huîtres. Muntu est donc un Sawa, un enfant de la côte, un enfant des mangroves et de l’eau, un enfant dont la naissance fût saluée et bénite par les « miengu » (sirènes), protectrices ou destructrices des lieux et des populations selon l’humeur.
    A 80 km à l’Est de Douala, capitale économique, ville la plus grande et la plus peuplée du Cameroun, se trouve la petite ville d’Edéa. Muntu y naquit, dans la case de sa grand-mère, au bord de la Sanaga, le fleuve le plus large et plus long du pays. Dans sa tendre enfance il est surnommé ‘Muutu’ de « muut’ésucudu » (bon élève) pour ses aptitudes précoces à comprendre comment fonctionnent les choses qui l’entourent et pour ses capacités exceptionnelles à mémoriser et à réciter les comptes et les légendes sur la sorcellerie, les animaux, la natures et les humains. ‘Muutu’ se transformera en Muntu quelques années plus tard.

    C’est à l’âge de 8 ans, assis sous un grand manguier dans le quartier de la Cité Verte à Yaoundé où ses parents se sont installés quelques année plus tôt, que Muntu égrainera pour la première fois des notes sur une vielle guitare à 3 cordes. Cette guitare faite de contre plaqué et de fils de pêche appartenait à un camarade de jeu. Le jeu, sous ces grands arbres, dans les terrains vagues semblables à des clairières était principalement axé sur la pratique du football. Ainsi, tout au long de son enfance, le football et la guitare seront ses distractions préférées. L’art et le sport permettront quelque peu à Muntu d’échapper à la petite délinquance qui caractérise les enfants turbulents de son âge. A cette époque du début des années 80, on ne connaissait pas la télévision au Cameroun. La vidéo et le cinéma étaient un luxe réservé aux plus nantis. La radio et accessoirement la presse écrite faisaient partie des seuls médias accessibles. Errer dans les rues et jouer aux apprentis truands était l’apanage des enfants désoeuvrés dans les quartiers populaires de Yaoundé.
    L’adolescence sera marquée par l’arrivée de la télévision et de l’Internet. Elle verra Muntu se passionner encore plus pour le football grâce aux exploits et aux victoires des « lions indomptables », l’équipe nationale de football et de Roger Milla, meilleur footballeur africain du vingtième siècle. Elle le verra se passionner beaucoup plus encore pour la musique à travers les concerts et compétitions scolaires auxquelles il participe, en tant que guitariste du Lycée Joss de Douala, dès l’âge de 14 ans. C’est également à cet âge qu’il découvrit l’harmonica. L’épicier nigérian de son qurtier, à deux pattés de maisons de chez lui l’impressionna en jouant l’hymne national SudAfricaine. «Comment arrive-t-il à jouer autant de notes avec autant de précision sur ce petit instrument bizarre et intrigant composé de 10 trous minuscules?». Faire la même chose devint alors un defi que Muntu mis quelques années à relever. Plus tard, il aiguisera son amour pour l’harmonica en participant aux ateliers organisés par l’harmoniciste français Vincent Bucher lors du festival les Remy (rencontres musicales de Yaoundé) en 1998. Elle verra aussi les villes de Yaoundé et de Douala où Muntu effectu des va et vient, se détériorer au profit de l’exode massif de nombreuses populations fuyant les campagnes pour chercher vie meilleure et s’installer dans les bidonvilles insalubres. Ces grandes villes cosmopolites offrent un spectacle désolant d’urbanisme décalé où les rues coloniales parallèles y effleurent de leurs gigantesques nids de poules, l’espace brut poussiéreux ou boueux des pistes, des marchés et des quartiers populaires. L’absence des transports en commun et des feux de signalisation. La pollution de l’air par des usines de transformation du cacao en pleine agglomération habitée. Celle des vielles voitures et vielles mototaxis avec de vieux tuyaux d’échappement bruyants. Le bruit des klaxons et toutes sortes de musiques provenant des bars grandement ouverts et alignés le long des rues. Les bouchons interminables dans la circulation. Tout cela crée, aux heures de pointe, un paysage chaotique, exubérant, excentrique, pleine de vie et d’excitation.

    Nous sommes au début des années 90. Muntu Valdo, aîné d’une famille de quatre garçons, vient d’obtenir son baccalauréat et une fois de plus il aura la chance de grandir en marge des chemins de traverse que la grande partie des adolescents camerounais suivra pour cause de pauvreté, d’absence de moyens financiers pour poursuivre des études scolaires, de chômage généralisé et de criminalité grandissante. C’est dans ce climat de grande incertitude, rythmé par les tournoiements politiques, secouée par le vent de la démocratie imposée par les anciennes puissances coloniales, nouvelle tendance qui fera bouger toute l’Afrique subsaharienne, qu’on retrouve Muntu, étudiant en droit à l’université de Yaoundé.
    Les populations africaines qui ont vécu jusqu’ici sous l’oppression d’un dictateur et d’un système de parti politique unique faisant la pluie et le beau temps pendant 30 ans crient leur soif de démocratie. Les marches de protestation estudiantines font rages à Yaoundé. Elles seront réprimées violemment, faisant quelques morts et de nombreux blessés parmi lesquels Muntu qui subira une bastonnade rangée des militaires. Il restera cloué à l’hôpital pendant de nombreuses semaines pour guérir des hématomes, des fractures et des cicatrices qui malheureusement resteront indélébiles dans son dos, son bras, son visage et son esprit.
    Après cet épisode malheureux, Muntu retourne chez ses parents à Douala. Ceux-ci lui interdisent de retourner dans cette université qui a failli lui coûter la vie. Après une année passée à panser ses blessures et à donner des cours de soutien scolaires à des jeunes ici et là, Muntu retrouve secrètement l’université, celle de Douala, à l’insu de ses parents. Il y étudiera la linguistique et l’histoire, notamment celle des antiquités africaines et égyptiennes. Parallèlement à cela, pour bien masquer ses sorties matinales quotidiennes, il suivra également des cours de management en tourisme et en hôtellerie.
    Cette période estudiantine marque un grand tournant dans la carrière musicale de Muntu. C’est dans cette période qu’il rencontrera grâce à la lecture, la majorité des maîtres spirituels qui l’accompagnent jusqu’aujourd’hui. Ils le transformeront comme dans un processus initiatique et le feront passer de l’enfant « Muutu » qu’il était à l’homme Muntu qu’il est devenu. De Cheik Anta Diop à Kwame Nkrumah, en passant par Marcus Garvey, Bob Marley, Gandi, Jesus Christ, Ari-Krishna, Mahomet, Omram Aïvanov, Mohamed Ali ou Thomas Sankara, Muntu s’est forgé ce caractère insaisissable, posé, nonchalant et méditatif qui semble le définir aujourd’hui. A la même période, alors qu’il est membre de l’orchestre de l’université de Douala, il fait la connaissance d’Eko Roosevelt pour lequel il sera guitariste au sein de son Bigband. Sa carrière de musicien professionnel débutera ainsi. Elle lui permettra de faire ses premières tournées et d’accompagner de nombreux chanteurs camerounais à l’instar de Bébé Manga, André-Marie Tala, Annie Disco, Beko Sadey, Peter Mpouli, Dina Bell, pour ne citer que ceux-là.
    En 1998, après avoir passé trois années sous la direction d’Eko Roosevelt, Muntu Valdo crée son propre groupe : le Muntuband. Plus tard, il l’appellera Mulema (le cœur) en référence au rythme régulier et harmonieux du battement cardiaque. Les premières scènes s’enchaînent, ainsi que de nombreux séjours dans les studios pour enregistrer des démos et des albums avec d’autres musiciens. En 1999, Muntu est lauréat de l’opération « scènes ouvertes» organisé par le centre culturel français de Douala. En 2000, la coopération française organise pour Muntu Valdo une tournée nationale qui lui donnera l’occasion de jouer dans les 8 principales villes du pays. La même année, l’un des meilleurs ingénieurs du son camerounais, Gilbert Moodio, fait découvrir les bandes son d’un vieux concert de Muntu à un producteur français en repérage au Cameroun. Une semaine plus tard, Moodio organise la rencontre : il est 19h, le crépuscule borde l’équateur, Muntu chante ‘Di Sibi’, une ballade émouvante et captivante. Une page se tourne, le producteur est séduit. Le lendemain, Gilles Petit De La Villéon, alors directeur du centre culturel français, le persuade définitivement : Muntu est le nouveau talent camerounais qui mérite d’être entendu par le monde entier. L’année d’après, Muntu se retrouve en Europe, sur invitation dudit producteur.

    Le 3 octobre 2001, il est 1h du matin quand le vol Camair se pose sur le tarmac de l’aéroport Roissy Charles de Gaule. Sous 10° de température (un veritable choc pour lui qui a toujours vecu sous 30° de température en moyenne), Muntu foule pour la toute première fois le sol Européen. Paris et le quartier de Belleville devienent sa nouvelle base. Au gré des rencontres, de diverses fortunes et péripéties de la vie nocturne de musicien de galère, Muntu ajoute de nouvelles flèches à son arc. Il traîne très souvent dans les quartiers d’Oberkampf, de Châtelets de Château rouge, dans les rues de Belleville, des petites écuries, des lombards, allant de café en bar, avec sa guitare et son harmonica, se nourrissant le plus souvent de sandwich kebab, participant à des jam-sessions ici et là. Durant son séjour Parisien, il aura l’occasion de faire la connaissance de nombreux jeunes musiciens au parcours parfois similaire. Il en tirera le bénéfice d’un enrichissement culturel certain, tant Paris regorge de musiciens et de populations aux origines aussi diverses que la population du monde entier. Pratiquement tous les bars et petits clubs parisiens verront passer Muntu Valdo sur leurs scènes. Un coup en solo, un coup en trio, parfois en grande formation, parfois également en accompagnateur. Des artistes de renom comme Manu Dibango, Alpha Blondy, Ali Farka Touré, Toumani Diabaté, Lokua kanza, Cheick Tidianne Seck, Tony Allen, Rido Bayonne, Etienne Mbappe, Lionel et Stéphane Belmondo ou Richard Bona pour ne citer que ceux-là, verront Muntu les accompagner ou partager le plateau avec eux. Manu Dibango qui apprécie beaucoup ses textes lui reconnaît un talent mélodique et une invention harmonique digne de la scène internationale. Avec beaucoup d’insistance, Il lui conseillera de faire l’effort de produire un album.
    Ce conseil ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd. Au bout de multiples démarches et tentatives, après avoir vu son morceaux ‘Leta’ figurer en première plage de la compilation « Autoprod Jazz vol 1 » produite par le Fnac en 2004, Muntu réussira à convaincre la Sacem de l’aider à financer la duplication et la sortie en fin 2005 de son premier Album autoproduit : Gods & Devils – Moiyé Na Muititi. On y découvrira, à l’écoute des 16 morceaux dont il est composé, une musique douce, sensuelle, spirituelle et puissante à la fois, une synthèse de toutes les musiques qui l’auront influencé jusqu’ici : le makossa, l’essewe, le bikutsi,la chanson française, les musiques congolaises, américaines, indiennes et afro-cubaines. A l’idée de métissage, Muntu Valdo préfère celle de réconciliation pour décrire cette musique qui a pris au passage, le qualificatif de Sawa Blues sous la plume de certains journalistes. Il entend par réconciliation le retour quasi automatique des musiciens de la diaspora et du monde entier aux sources africaines des musiques nées de l’esclavage. Le blues, le jazz, le rock, la bossa, la funk, la soul, samba, le tango, le mambo, le Son, la rumba, pour ne citer que ceux-là, sont des expressions artistiques aussi évoluées que sophistiquées dont nous héritons tous aujourd’hui de la beauté.
    La qualité de ce premier Album très peu distribué, ajoutée à ses brillantes prestations scéniques, permettront à Muntu Valdo de sillonner le monde pendant deux années 2006 et 2007, à travers des festivals et des concerts prestigieux en Afrique, en Europe et en Asie. On le retrouvera sur scéne au ‘Queen Elisabeth Hall’ a Londres, au New Morning a Paris, au Womad en Espagne, en Grande-Bretagne, à Singapour, on le verra au ‘Théatre de la petite reine’ en Georgie, au Sage à Newcastle, au Festival ‘Plein Sud’ et au Festival Africolor en France, au Fespam au Congo. Il fera des tournées en France, au Cameroun, en Grande-Bretagne et en République d’Irlande.

    En Janvier 2008, c’est le début d’une nouvelle aventure pour le prince du « sawa blues » qui change une fois encore de base, après Douala et Paris. Cette fois, il a choisi la ville de Londres qu’il qualifie de carrefour culturel très dynamique, très avant-gardiste propice au développement d’idées et de matières nouvelles. C’est ainsi qu’il s’est plongé dans la préparation d’un projet qui marquera, selon lui, un tournant dans sa carrière et une façon différente de regarder et d’apprécier son originalité et celle de toute une génération de jeunes musiciens africains actuels. Il invite pour cela, tout le monde à venir découvrir sur scène cette véritable alchimie musicale.

Laisser un commentaire

Couissiz |
Ker Gwen |
Le Blog de Coco |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Entrez dans mon univer de m...
| Réalité ou rêve ?
| formation-continue-à-l'ubo