« Su la take » d’Etienne Mbappe : Impressions subjectives. Un album qui vient à la rencontre de nos racines. Attention chef d’oeuvre !

l_bfda16c3ea1efc75b960498bfd0c13-1.jpg picture by maddyspace

Il y a une dizaine de jours j’ai appris que l’album d’Etienne Mbappe était enfin dans les bacs. Ouf ! Il était temps. Deux ans au moins que j’attendais la sortie de cet album tant j’avais été touchée par le précédent.

J’avais pourtant pris mon temps pour y entrer, pour me laisser toucher par sa musique et son univers. Le temps probablement de me défaire de certains à priori et d’entendre ce qui passait dans la musique qu’il mettait à notre disposition. Il est des musiques qui s’imposent à soi comme une évidence, comme si l’endroit d’où elles sont issues avait croisé des vérités de soi. Dans ma mémoire il y a des évidences qui accompagnent mes émotions et éblouissements et musicaux tels que ceux offerts par Marvin Gaye et son impérissable let’s get it on dont l’entame me met encore et toujours la tête à l’envers. Je garde en mémoire l’émotion éblouie à l’écoute de la voix indescriptible de Donnie Hathaway portant a song for you. Au fait vous êtes vous jamais posés pour écouter to be young gifted and black porté l’âme de Donnie Hathaway ? C’est une sensation tout simplement inimaginable. Oui, il est des artistes qui prouvent que l’âme et la voix ont des canaux de passage communs, Etienne Mbappe et de ceux là, de ceux qui ne laissent pas le désir d’épater primer sur le sens, la sensibilité, la finesse, et la nuance. Quand les canaux entre l’âme et la voix sont disjoints, le marketing prime sur l’art et donne des succès éphémères et des musiques superficielles, en accord avec l’air du temps, mais qui ne passeront pas l’épreuve de la durée. S’il est notoire que les goûts et les couleurs ne se discutent pas, à mon humble avis il se glisse dans les interstices de cette assertion quelques exceptions. Oui je l’affirme ! Oui il est des chansons et des musiques qui vous donnent l’impression de les avoir rencontrées avant de les écouter, comme si elles venaient par les mots, les voix ou la mélodie rencontrer quelque chose en vous et raconter quelque chose de vous. Su la take est une porte ouverte sur des rencontres de ce type. Je pourrais parler de multiples rencontres musicales dont les chansons ne se rident pas à l’intérieur de moi. Je les écoute et les redécouvre nouvelles, encore et encore. J’aime quand la musique réinvente ces belles premières fois, celles que l’on n’oublie pas. Ce ne sont pas tant les mots dits mais la vérité qui affleure dans la voix d’une Nina Simone, c’est le désespoir qu’elle laisse traverser par une lueur d’espérance comme celle d’une une bougie allumée dont la flamme vacillante résiste au vent du soir. J’aime quand l’âme se dévoile dans la voix et dans la musique d’un artiste. Un artiste qui m’offre ça acquiert ma fidélité. Forcément puisqu’il qu’il me touche. Je pourrais citer à l’envi des moments qui m’ont bouleversée, touchée, rencontrée et, en général ce ne sont pas la technicité vocale ou musicale qui m’ont rencontrée, mais plutôt ce petit plus qui est du ressort de l’âme et qui vient habiller de vérité la technique. C’est ce petit rien qui est un immense tout qui me met le cœur en mode we eeeeee a bona bato lambo la manyaka le pon o tomba (les gars il se produit sous nos yeux quelque chose de formidable). Etienne Mbappe a réussi ce lambo la manyaka. Respects.

Il y a quelque chose dans la musique de cet homme quelque chose qui touche au coeur et donne envie de se poser pour écouter et entendre. Pour ce qui me concerne, l’univers d’Etienne Mbappe m’a prise en otage lors d’un concert dans une petite salle de la banlieue parisienne. La salle ne payait pas de mine, elle relevait davantage du gymnase que de la salle de spectacle. La scène sur laquelle évoluait avait Etienne Mbappe, sa choriste à la magnifique présence vocale et scénique (elle a été explosive sur Sansanboy) et quelques musiciens était dépouillée. Sans être parasitée par des artifices, la musique de l’artiste occupait l’espace émotionnel et sonore. Sur cette scène minimaliste, Etienne Mbappe et son groupe nous ont offert un concert au terme duquel j’étais conquise. L’univers offert par le musicien s’était imposé à moi comme une évidence parce que j’avais croisé des gemellités de voyages intérieurs. J’ai repris avec bonheur  » Cameroun o mulema « , une chanson qui me touche au delà des mots et qui est devenu mon hymne personnel et pérenne, celui que j’emporte dans mes exils et dans mes nostalgies de ma terre natale. Forcément je l’ai au cœur partout et toujours. J’ai aimé le moment durant lequel la salle a fait les chœurs à la demande du musicien sur Ewoudou la chanson hommage à sa mère, un hommage qui ouvre à un sentiment filial universel qui fait de nos mères des  » Ewoudou  » à qui l’on délivre en chanson ce beau message de tendresse. Je me souviens d’un solo de bass démentiel lors d’un hommage si mes souvenirs sont exacts à son père disparu. Et puis il y a eu la chanson pour le frère absent. Emotion. Tant de moments dans ce concert qui donnaient une dimension universelle à l’intime.

Il faut voir cet homme sur scène aux prises avec sa guitare basse. C’est au delà du dicible.  » Un gars est doué ! «  comme l’on dirait par chez moi. Après le concert j’ai découvert l’album et je continue de le découvrir, dans ses nuances, ses finesses, une note, un accord que je n’avais pas entendu auparavant. Dans son premier album comme souvent dans les premières œuvres les chansons sont au plus près de l’être, parlant de sa terre natale, de son fils, de sa mère, du rapport à l’autre etc. Le deuxième album « Su la take » universalise le « je » et le fond dans un « nous » qui vient à la rencontre de ceux qui écoutent. Même quand il dit « je », il parle de « nous » et parle et pour un « nous » bien plus grand, bien plus ample que sa seule personne. L’album « Su la take » est un de mes coups de foudres musicaux du moment et mon album de chevet.

(à suivre)



10 commentaires

  1. Minipoucine 8 mai

    Youpiiiiiieee, Malaïka est de retour!!!:D
    Et en plus, tu nous reviens avec de la chouette bonne musique!:o)
    Bisous bisous

  2. epanya william 16 mai

    quelle merveille!!!!
    ecouter et surtout comprendre les paroles que cela fait du bien
    surtout ne pas hesiter de le traduire aux personnes qu’on aiment car la musique est tres bonne mais alors les paroles sont magnifiques
    un seul continue

  3. epanya william 16 mai

    quelle merveille!!!!
    ecouter et surtout comprendre les paroles que cela fait du bien
    surtout ne pas hesiter de le traduire aux personnes qu’on aiment car la musique est tres bonne mais alors les paroles sont magnifiques
    un seul mot continue

  4. Mangue Mbaii 20 mai

    Oh my God!
    Quelle merveille ! Bravo brother, continue à écrire ton histoire sur ce monde impitoyable.

  5. tali 6 juin

    salut, dommage c’est avec deception que j’ai appris que ce concert passait, je ne suis pas mais j’ai vite fais d’acheter cet album Su la take autant misiya m’avait conquise, celui je le découvre tout doucement t’en sur misiya je reste indétronable sur celui ci au niveau composition. Etienne du courage encore comme je te l’avais dis le soir des 17 ans d’Universal…..
    Merci encore
    de nous representer aussi haut.

  6. jerome.same 25 juin

    C’est album est magnifique j’adores ton travail.
    Je suis heureux d’avoir fais partis d’une génération qui a pus te vivre au meilleur de ta forme,car je penses que les génies comme toi ne font pas long feu.
    Jerome Same

  7. nellycraft 13 septembre

    Que dire de Etienne Mbappe?? mais de sa musique on peut tout dire jusqu’en etre en panne d’inspiration car sa musique na pas de limite d’appréciation,son premier album « misiya » il a du vraiment parcourir la terre entiere comme il le dit dans le son intitulé > > pour avoir cet inspiration,car c’est un album fabuleux et son second album « su la také » il a du faire un tour au paradis avec le son > synonyme de perseverance,> synonyme de compassion.
    Etienne Mbappe est artiste a part, car meme moi qui suis un jeune homme né dans le Rnb,le rap et le désordre il a su me faire aimer sa musique d’autre encore.
    les camerounais sont fiers de le compter sa musique,sa guitare et lui parmi eux et moi tout ce que je peux dire c’est qu’il apaise tous les jours et me berce toutes les nuits et pour cela je dis na som alane ébolo o boso

  8. eyango’a mboule 14 octobre

    c’est un immense bonheur que d’avoir un muna nyango comme toi, t’es la fierte non seulement d’une famille entiere mais aussi de tout un continent  » afrique  » donc l’afrique aussi peut avoir du bon;et du tres tres bon; tu incarne un espoir inimaginable de toute une jeunesse qui aujourd’hui a perdu tous ses reperes et croule sur une misere et une pauvrete inqualifiable, merci pour tout;

  9. MARTIN MILON LYDIA 20 novembre

    QUE DIRE ? LES MOTS ME MANQUENT TOUT SIMPLEMENT C’EST MAGIQUE GRAND frere .
    alanè so ébol’a ngo o boso.

  10. Pierre Anthony ATANGANA 26 janvier

    Là c’est très grave. Je ne trouve pas de mots pour exprimer ce que je ressents quand j’écoute cet album.

    Hé gars, mais c’est carrément de la musique spirituelle.

    Merci mon frère pour ce que tu fais.

    J’adore particulièrement :

    Musango
    Aye
    Mangledi

    Excuse-moi si j’écorche un peu l’orthographe des titres, je ne suis pas de la côte.

    TOUT EST BON DANS CET ALBUM.

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