« Su la take » d’Etienne Mbappe : Impressions subjectives. Un album qui vient à la rencontre de nos racines. Attention chef d’oeuvre ! Partie 2

EtienneMbappeNB.jpg picture by maddyspaceDepuis samedi dernier la musique d’Etienne Mbappe résonne dans mon home sweet home et accompagne avec bonheur mes trajets en métro et bus. Je dois avouer qu’il me prend des envies de me laisser aller à la danse à l’écoute du moceau de la piste 4. Lequel ? Une solution : se procurer l’album. Hi hi.

Après une mise en bouche sur My Space il y a une dizaine de jours, j’avais hâte de découvrir l’album. Je savais qu’il ferait partie de mes achats du week end. Samedi dernier la FNAC des Halles a eu droit à ma visite et le vendeur (le bougre!) m’a fait une frayeur en me disant qu’il ne restait pas un seul album. Caramba ! Pensais-je bruyamment s’il est vrai que je souhaite un immense succès monsieur Etienne, l’univers aurait dû savoir qu’un album m’était réservé ce jour là. J’étais déçue ! ! ! ! Heureusement pour moi le vendeur s’était trompé. Je savais que je ne devrais pas être déçue de l’album au vu des morceaux écoutés sur My Space et du Bonendale qui me donne à chaque écoute envie de danser et de me réjouir. Je n’ai pas été déçue, loin s’en faut.

L’album est encore un cran au dessus de mes attentes.  » Su la take «  est une merveille de sensibilité, de profondeur, et de poésie. C’est un album dans lequel le chanteur parle de ses racines, et parle à nos racines. J’affirme qu’il s’est passé quelque chose d’essentiel sur la planète musicale ces dernières semaines et, comme souvent quand il se passe une chose essentielle on n’en mesure pas l’impact sur l’instant. Sans prétendre à quelque prescience, j’affirme avec audace (vouiiiiiiiiiiiii!) que cet album est un chef d’œuvre qui traversera les ans et qu’il comptera pour ceux qui se donneront la peine d’écouter et d’entendre. C’est un avis qui n’engage certes que moi mais je le partage.

L’album « su la take » rappelle combien savoir d’où l’on vient donne du poids et de la substance à ce qu’on est. Il rappelle l’importance de s’enraciner pour pousser haut et être solide et résistant. C’est l’album dont le peuple Sawa avait besoin pour se souvenir de l’essentiel de ce que sont ses fondations identitaires. Cet album je l’ai reçu comme un cri de ralliement involontaire peut être mais qui appelle à se réveiller et à réveiller ce qui fait notre fondement culturel. Depuis Eboa Lottin je n’avais pas entendu porter en chanson l’identité du peuple de la Côte (le mien), les Sawa avec une telle finesse. Merci à Etienne Mbappe pour cette affirmation dans Bolo bwa Sawa (la pirogue du peuple Sawa) selon laquelle cette culture, malgré le folklore qui s’est introduit dans les pratiques au détriment de l’essentiel, ne s’éteindra pas. La pirogue (image symbolique du véhicule identitaire des Sawa) ne sombrera jamais. La filiation avec Eboa Lottin est assumée par le musicien et chanteur qui reprend deux classiques du chanteur disparu, les modernisant sans les dénaturer. J’aime aussi les accords de guitare qui rendent un hommage discret à Nelle Eyoum Emmanuel inventeur du makossa.

« Na yo nde » (je ris) est une chanson qui marie avec subtilité légereté et profondeur, le rire et les larmes. C’est déjà un classique pour moi, et cela en moins d’une semaine ! C’est une chanson que pourraient reprendre en chœur et avec le cœur tous les exilés, volontaires ou non. Elle commence par une complainte qui vous prend aux tripes. Dans la voix du chanteur on entend un écho des complaintes lointaines de veillées de nos enfances. Et il y a ce solo de guitare magnifique qui accompagne cette complainte, comme si les notes étaient les sanglots. Résonnance de ces sanglots intérieurs masqués par les rires tonitruants de ceux qui sont loin de chez eux. Les larmes que l’on ne laisse pas voir, celles qui coulent en dedans, sur les terres intérieures de nos déracinements et de nos solitudes. Les larmes du migrant

Les déracinés ont souvent en public le rire contraint, le rire obligatoire, le rire comme un système de défense pour aller de l’avant à la poursuite de leurs rêves, ces rêves qui les ont arrachés à la terre natale. Na yo nde.

« Alane » (Emmène-moi) est encore une de ces chansons qui parlent à ceux qui sont loin de chez eux. Emmène-moi chez moi, là où j’ai poussé mon premier cri si un jour, tu constatais qu’en chemin je me suis perdu. Emmène-moi à Douala. J’aurais pu le dire. Il le dit pour moi, pour nous. Ce chant rappelle qu’il est des morceaux de nous qui demeurent épars et qui ne peuvent s’unifier que quand l’on est chez soi. Il est des morcellements intérieurs nés de l’altérité qui ne peuvent trouver leur intégration, leur pacification que lors d’un passage en terre natale. Alane mba o mboa.

Je pourrais faire le tour des quatorze morceaux qui constituent l’album : rien à jeter les amis ! Musango (que la paix soit avec toi) est un bijou de poésie, de nostalgie et de musicalité. J’aime l’image de la nuit qui se pare de son manteau noir.

Su la take (la fin de la souffrance) s’habille de rythmes afro jazz pour proclamer que la fin de la souffrance et de la misère approche. Comme un prédicateur, il chasse par le verbe la souffrance et la misère appelant la lumière tant espérée sur nos terres de douleurs. Il proclame l’exaucement des prières et le fruit des efforts, du labeur. Cette chanson parle d’une souffrance qui n’est pas circonscrite à un lieu. C’est la chanson d’un artiste qui regarde le monde qui l’entoure et appelle sur lui la fin de la souffrance. Quand je dis que cet album est un bijou absolu ! A mon humble avis c’est un album qui comptera au delà de l’euphorie première, parce qu’il touche à l’universel. Il parle de l’attachement à ses racines : magnifique Bonendale qui commence par un cri de ralliement qui me ramène dans le pays perdu et enchanté de l’enfance. Je l’écoute au moins dix fois par jour et le chante intérieurement au boulot. C’est une chanson qui me donne la pêche et me fait sourire de l’intérieur. C’est un album qui touche à la culture, à l’espérance, à l’amour (Your house, San san boy, Dangwa). Etienne Mbappe est un artiste qui a les yeux ouverts sur les souffrances de son temps et sur la déliquescence du tissu social (mangledi) et qui pleure sur les douleurs de son temps (Misodi). C’est un artiste de son temps, dans son temps qui n’oublie pas pour autant d’où il vient. S’il est vrai que s’éloigner d’un point permet une meilleure perspective quand on la regarde alors l’artiste a bien fait de sortir de sa terre. Le regard qu’il pose sur elle nous la révèle certes imparfaite mais belle. Elle est d’une noblesse qui me touche. Merci à lui d’avoir rencontré nos nostalgies et nos blessures nées de l’éloignement pour nous raconter ce rire que nous connaissons.

Béni soit celui qui n’oublie ni sa terre ni les siens.

Comment pourrais-je ne pas être présente à son concert au New Morning le 5 juin ?EienneMbappeBassPlayer.jpg picture by maddyspace L’univers sait que ma place y est drunk dans Etienne Mbappe. L’univers, rien que ça camarade ! D’accord, j’avoue j’ai le sens de l’exagération frénétique et ceux qui connaissent un peu le savent. Il savent par ailleurs que ça participe de mon charme. N’est-ce pas ?

Quelque chose s’est passé sur la planète musicale ! Vous ne me croyez pas ?

Faites un tour à cette adresse http://www.myspace.com/etiennembappe

et je ne doute pas que vous foncerez chez un bon disquaire. Foi de moi !!! thoughtful dans Le Cameroun chante

J’espère que je vous aurai donné envie de découvrir cet artiste et pourquoi ne pas se dire (je parle aux franciliens) à bientôt au New Morning pour danser sur la musique d’Etienne Mbappe ? Cool

A se bodilo nu muna Bonendale e no e a monguele mboa



17 commentaires

  1. opalesud 3 mai

    Bonsoir , je visite votre site depuis quelques temps et je tiens à vous dire qu’il est magnifique !
    vos musiques et vos textes sont superbes ; c’est un vrai régal de venir vous voir .
    Continuez à nous faire vibrer , c’est un plaisir inégalable .
    Merci encore . Amitiès . Stella .

  2. binicaise 3 mai

    Je suis contente de te voir parmi nous, de la musique que j’aime bisous Jacqueline.

    Dernière publication sur Binicaise : Blog en pause pour une durée indéterminée.

  3. elisabeth 3 mai

    Bonjour Malaïka,
    Je ne connais pas encore ce chanteur mais j’écoute l’extrait que tu nous donnes. J’aime l’ambiance de la chanson…. Merci beaucoup. Bon week end.

  4. Amalia 5 mai

    Bonjour,

    Le lien vers myspace était bloqué mais c’est peut être parce que j’ai des soucis d’ordi en ce moment. Mais la chanson sur ton blog donne effectivement la pêche. Merci de nous faire partager tout ça.

    Amalia

  5. Fleur de Sel 5 mai

    Merci pour tes très gentils mots, qui me touchent…
    Egalement très heureuse d’avoir croisé ton univers… C’est toujours un plaisir de venir sur ton blog, encore une réussite avec ce dernier article et une musique qui est là pour donner le moral…
    Peut-être reviendrais-je un jour sur mon blog… Et peut-être en ouvrir un autre… Qui sait?…

    Mais je ne manquerai pas de venir te visiter…
    Bisous.
    Fleur de Sel

  6. binicaise 6 mai

    Un petit coucou rapide en ce moment je suis un peu surchargée d’obligations beaucoup de visites en ce moment de grands week end.
    Mais j’aime te savoir là près de nous.
    Bonne journée bisous Jacqueline

    Dernière publication sur Binicaise : Blog en pause pour une durée indéterminée.

  7. natty 6 mai

    Malaikaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!! ah comme suis contente de te lire ! En plus ton billet déborde de joie, de passion et de rythme, j’adore ça ! j’adore quand tu parles comme ça de la musique que tu aimes, je t’adore !!!! hihihi (toi et moi c’est pareil, on aime pas avec tiedeur comme tu dis)
    En tout cas j’ai beaucoup aimé l’extrait que tu as posté ici, et je t’avoue, moi j’ai dansé lol J’arrive pas a ouvrir aussi le line myspace, mais j’y retournerai c’est clair !
    j’espere que t’es revenue pour de bon là, i miss u so much
    bises sisternelles

  8. objectif-plume 6 mai

    je ne connaissais pas, mais j’aime encore bien… il y a pas mal de chaleur dans le chant!

  9. Sylviane 8 mai

    Génial, te voilà de retour !
    Alors comme ça le vendeur de la Fnac a osé te faire peur lol…
    Je découvre avec intérêt l’extrait proposé et il est bien dommage que Paris soit un peu loin pour un concert sinon… je serais bien venue danser à tes côtés moi !
    Bisous et douce journée,

    Syl

  10. skyllie 9 mai

    je trouve la musique tres jolie

    Dernière publication sur  : Flash Template

  11. Am 12 mai

    Trèèèès agréable en ce lundi aprèm Miss Malaïka !
    (et j’aime tes photos :)
    Bizooooooooooooooooooooooooo

  12. natureinsolite 12 mai

    les chansons ont un très bon rythme et me plaisent bien, même si je n’en comprends pas les paroles. mais avec tes explicatins, tout est clair malgré tout!
    ben dis donc, ils te font courir tous ces talents!!!
    très très heureuse de te revoir sur la blogosphère.
    à bientôt malaïka. bisous. marie.

  13. bibiane sadey 3 juin

    Hi malaïka je suis très émue par ton si bel article sur etienne car c’est quelqu’un pour qui j’ai beaucoup de respect et d’estime voire du fanatisme…
    lot of blessings et rendez-vous sur mes pages

    myspace.com/sadeybibiane ou myspace.com/sadey2

    bibiane sadey

  14. opalesud 5 juin

    Bonsoir Malaika ,
    Je passe te souhaiter une bonne nuit et un bon week-end
    Bises
    Stella

  15. hermann kouatila 5 juillet

    je suis ton fan ici chez moi et je rêve toujours te voire un jour jouer sur scène, écouter c’est bien mais le live c’est autre chose,chaque foie je t’écoute je sens quelque chose de spécial en moi,bref,tu m’a inspiré dans misiya à apprendre a jouer a la basse et cette foie si je rêve a te seconde mais je ne sais comment!et je prie le bon Dieu de me faire cette grâce de te rencontre un jour et a toi si tu le veut,j’espère que tu es revenue pour de bon Étienne,tu es le meilleur pour moi et je t’adore,n’oublie pas que ta musique me fait rêve le bonheur africain.
    A très bientôt,que Dieu t’accorde plus d’inspiration.
    Hermann Kouatila

  16. hermann kouatila 5 juillet

    je tiendrai le cout de t’ecoute

  17. NGOY’A DOO’ABILLE 4 septembre

    Massoma jita . beaucoup de joie d’écouter l’album

    Bonakwassi o mangamba

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