La consécration du vide

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Bonjour à vous les amis,

Me voilà de retour. Je repose le pied sur la blogosphère après une pause salutaire et nécessaire. Ca me fait plaisir de vous retrouver.

Depuis mon île intérieure j’ai appris que la terre n’avait pas arrêté de tourner. Pas possibleSurprise l’univers n’aura donc pas cessé de tourner pendant mon break ? Moi qui me me croyais l’être le plus important de l’univers. Je ne serais donc pas indispensable à la marche du monde ? Oh la la déception mes amis Indeci! Bien obligée de constater que les micro événements de mon quotidien, effet papillon ou pas n’ont qu’un impact imperceptible sur le reste du monde. Ah nombrilisme quand tu nous tiens !

Rassurez-vous ceci n’est qu’un symptôme virtuel d’un mal dont j’espère ne pas être atteinte : la folie des grandeurs Clin doeil.

La folie des grandeurs, l’immodestie et l’apologie du vide semblent être la marque de fabrique de certains êtres dont les médias relaient sans complaisance les faits et gestes. Et plus les vide est abyssal, plus l’immodestie et la folie des grandeurs lui sont inversement proportionnels. De couvertures de magazines en journaux télévisés des visages s’affichent, s’agitent, brassent du vent établissant le vide et l’éphémère comme des valeurs cardinale d’une époque qui semble orpheline de sens. Ils s’appellent Paris Hilton, Loana, Steevy, et que sais-je encore, visages d’une période qui semble ériger le « rien » en raison d’exister, de paraître et de dire, même si ce que l’on dit a autant de poids que le néant. Le « rien » fait un bruit dont l’écho déverse sur nous des nouvelles sur des dérapages plus ou moins contrôlés de personnes et dont l’intérêt qu’elles suscitent continue à me laisser sans voix. Je ne compte pas les fois où le contenu des journaux télévisés m’a laissée la bouche ouverte de consternation. Le vide remplace l’information comme pour endormir celui qui regarde et écoute, comme pour le désintéresser de l’essentiel.

La raison ça et là entendue serait que le public en redemanderait. Mais bien sûr ! Les groupes de presse qui éditent des magazines basés sur l’intrusion dans l’intimité des personnes célèbres le font par philanthropie juste pour nous satisfaire nous, public avide de savoir ce que l’on trouve dans les poubelles de Gérard Depardieu ou de Jack Nicholson, voire de François Hollande ! Il va de soi que la robe de Monica Lewinski qui a fait couler tant d’encre nous intéresse au plus grand point. Si vous saviez combien peu il m’importe d’en connaître la couleur ou la matière !

Les célébrités kleenex se succèdent et l’on a vite fait d’oublier ceux qui quelques mois auparavant faisaient la couverture des magazines. Les télévisions, comme d’autres pour renouveler leur cheptel, font des castings à tout va pour mettre en lumière des anonymes et c’est ainsi qu’elles reçoivent des jeunes gens et jeunes filles qui, de rêves de gloire plein la tête s’alignent dans des files interminables par beau ou par mauvais temps, espérant être retenus dans quelque casting qui les mettrait un instant ou plus longtemps dans la lumière. Peu importe ce qu’ils feront ou le prix qu’ils paieront à cette gloire éphémère (où sont les protagonistes du premier loft français qui grisés par une gloire virtuelle avaient eu les honneurs du festival de Cannes ? Qui se préoccupe de ce qu’ils sont devenus une fois les projecteurs éteints, qui se soucie des probables détresses solitaires quand l’on se retrouve face à soi ?), ils espèrent toucher leur coin de ciel. Ils chanteront, ils danseront, ils se dénuderont le corps et l’âme dans des médias cyniques dont ils ne mesureront pas les règles du jeu dans un but atteindre leur inaccessible étoile : la célébrité, faire partie des personnes connues. Ils se croiront arrivés parce qu’un présentateur de talk show les aura invités sur son plateau. Ils ne semblent pas conscients que leur présence sur le plateau sert en grande partie à faire briller le présentateur qui fera assaut de sarcasmes et de «  bons  » mots trouvant en eux des clients faciles.

Etrange période que celle qui met en lumière le vide tandis que demeurent cachés à la vue du public des visages tenus captifs par la violence et l’intolérance pour avoir voulu se battre pour ce à quoi ils croyaient ou pour la liberté. Visages anonymes ou plus connus assignés à résidence à Rangoon, retenus captif en Colombie, massacrés au Darfour, essayant de survivre aux relents d’un racisme structurel dans le Dixie américain ou dans les attentats à Bagdad ou au Liban. Inestéthiques réalités peu télégéniques bien que la réalité des vies brisées ne soit pour le coup pas du vent.

Pendant ce temps comme les étoiles filantes caractéristiques de l’époque, des femmes et des hommes politiques occupent l’espace médiatique quelquefois pour dire des choses aussi visibles que le vent juste pour le plaisir d’exister dans la sphère médiatique. On met l’accent sur l’accessoire télégénique au détriment de l’essentiel pour exister, pour se faire un nom, pour dire un bon mot qui phagocytera le sens d’une intervention. Etrange époque que celle qui retient davantage les bourrelets gommés (ou non) d’un président, la nouvelle compagne d’un responsable politique de l’opposition ou le décolleté plongeant d’Hillary Clinton plutôt que leurs propositions concrètes pour exercer les fonctions auxquelles ils sont appelés. Le vide gagne du terrain sur le sens des choses.

Etrange période que celle qui met en lumière des visages et érige en événements des actions qui racontent vide pour oublier peut-être ceux et celles dont les visages mettraient en lumière les tragédies muettes ou plus bruyantes de notre temps, montrant la déliquescence de l’époque dans laquelle nous sommes.

Comme vous pouvez le constater les ami(e)s, je n’ai pas changé pause ou pas pause les hélices sous mon crâne sont toujours aussi indépendants emmenant mes pensées vers des rivages inattendus.

Ce qu’il y a de sûr c’est que j’ai de plus en plus envie de me centrer sur l’essentiel.

Je suis ravie de vous retrouver. Merci à vous d’avoir continué à faire vivre cet espace par vos interventions et vos messages dont la chaleur, l’amitié et le contenu souvent riche tranchent avec le vide mentionné plus haut.

Je lève mon verre à l’essentiel … et à vous mes amis. Santé !

Amitiés

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19 commentaires

  1. binicaise 6 octobre

    Mon amie Malaika
    Je suis contente de retrouver ta plume toujours aussi juste dans ses propos pas plus tard que ce matin j’ai accusé la télvision dêtre responsable de l’indifférence genérale aux vrais problèmes de notre époque…le vide comme tu l’a si bien qualifié faisant office d’informations…
    Je feuillette rapidement mon journal régional le Télégramme et je vois un petit article sur une supputation de séparation de Mr Sarkozy et de sa femme et là la colère me rend hargneuse devant cette bêtise, je ne pense plus que « qu’est ce que l’on en a à faire »…..pendant ce temps on dérembourse les médicaments à tout va, on supprime des emplois on verse des sommes astronomiques à des dirigeants d’entreprises incompétents et le monde va à la catastrophe écologique .
    Tu vois je te comprends le vide va nous mener « AU Grand Vide »
    Donc continue à écrire cela nous est nécessaire à nous tes amis.
    Bises bon week end Jacqueline

    Merci Jacqueline pour ton intervention passionnée. Je souscris à ton analyse sur la diversion pour nous faire avaler des couleuvres. C’est rassurant de voir que nous avons encore un oeil ouvert au milieu du vide socialement construit. Bises.

    Dernière publication sur Binicaise : Blog en pause pour une durée indéterminée.

  2. maatmamuse 6 octobre

    Dans tous les cas je salue ton retour!

    Merci !!! Touchée.

  3. natureinsolite 6 octobre

    et toujours cette plume qui égrène des mots justes, les maux de notre temps… de ce temps qui ne cesse de combler des vides pour avoir l’impression d’exister!
    contente de te retrouver malaïka. marie.

    Contente de vous retrouver aussi Marie. Merci d’avoir saisi le sens. Bises amicales.

  4. katara 6 octobre

    Je trinque à ta santé Malaika; ton article m’a d’autant plus interpellé que j’ai vu récemment un film sur les évènements survenus avec tootsie… « du passé récent » qui m’a glacé le sang… puis voilà les moines qui descendent dans la rue en Birmanie et je me sens de nouveau interpelée… oui, chacun voit midi à sa porte… bises à toi et bon retour parmi nous

    Merci pour ton commentaire. Je me sens interpellée aussi. J’essaie de garder un oeil ouver même si parfois l’autre se laisse endormi. J’essaie de continuer à entrevoir la vie, la vraie. J’ai vu récemment « hôtel Rwanda » : la claque ! Bises à toi et merci encore.

  5. Brigitte 6 octobre

    Tout d’abord, permets-moi de trinquer avec toi pour fêter – ô incommensurable joie ! – ton retour. :-)

    Ensuite, pour ce qui concerne le vide ambiant véhiculé par les médias, je me demande si ce n’est pas l’air (l’ère) du temps qui veut ça aussi. Je m’explique : nous vivons dans un monde où tout ce qui est beau, léger (mais dans le mauvais sens du terme) et superficiel est mis en exergue. On ne nous demande pas de réfléchir mais d’avaler tout cru ce qu’on nous présente. Alors pourquoi gâcher le paysage et l’atmosphère avec de la misère, de la souffrance et des réflexions sur le sens de la vie et de toutes choses, hein ?

    Autre aspect aussi : quand la vie est dure, difficile et l’ambiance morose, ne se tourne-t-on pas instinctivement vers ce qui peut nous faire rêver, nous faire oublier – ne serait-ce qu’un instant – cette réalité si grise ?

    Quelques pistes et je suppose qu’il y en a bien d’autres ! :-)

    Bises pleines d’amitié, elles. ;-D

    Wow quel accueil !!! Merci…
    Ton analyse me semble tout à fait pertinent, merci d’enrichir ma réflexion.
    C’est cette apologie de la légereté qui m’interpelle et qui m’effraie. Quand on abdique sa capacité de réflexion on cède aussi celle (de plus en plus étroite j’en conviens) de choisir et d’infléchir sur sa destinée. Oui au rêve pendant qu’on dort mais il est bon d’avoir les yeux ouverts ne serait-ce que quelques heures dans la journée. Bises

  6. zara whites 6 octobre

    coucou zolie dame, heureuse de te retrouver parmis nous.

    Et oui, les stars d’un jour, il y en de plus en plus, et la folie des grandeurs les accompagne…jusqu’à l’oublie, qui suit souvent très vite cette gloire éphémère.

    les vrais stars, pour moi, se sont ces personnes, qui sans qu’on les donne la gloire, travaillent inlassablement à essayer d’améliorer la vie des autres, de guerir des blessures…des mamans, des papas, des bénévoles…voilà les grandes stars

    Merci Zara,
    Les stars sont des étoiles, les étoiles sont dans le ciel. Et si seulement les « stars d’un jour » savaient que les étoiles filantes sont celles qui vont mourir.
    Oui il y a tant de noble âmes qui donnent en toute discrétion infiniment au-delà de ceux qui le temps d’un instant d’un film ou d’une chanson offrent une parenthèse onirique, salutaire mais pas forcément indispensable. Il y a comme tu dis ces parents, les bénévoles, les enseignants, les travailleurs sociaux, les chercheurs, celui qui tend la main à son prochain, les bons samaritains des temps modernes discrets et généreux… Hommage à ces vies là.
    Bisous

  7. mfnojals 6 octobre

    Bonjour Malaïka,
    Je suis trés heureuse de ton retour parmi nous, et de te retrouver avec ton franc parler, tu avais besoin de prendre du recul pour faire le point, je pense qu’un jour où l’autre nous avons tous besoin de se remettre en question et ce n’est pas un déshonneur
    Amicalement en te souhaitant une bonne fin de journée
    marilou

    Merci marilou,
    Amitiés

  8. vuilsteke nadège 6 octobre

    bonjour malaika
    ce que tu viens d’écrire est malheureusement trop vrai, les libres penseurs sont hélas une espèce en voie d’extinction.

    Bonjour Nadège, merci pour ton commentaire. Ils se relèveront ces libres penseurs parce qu’ils sont nécessaires, même s’ils n’ont pas des visages libertaires. Cette axphyxie médiatico intellectuelle ne peut perdurer, il y a besoin d’un débat…

  9. Chantal 6 octobre

    Contente de te retrouver.
    Tu as raison, le vide est une spirale qui occupe de plus en plus d’espace et il faut s’accrocher pour ne pas être aspiré !
    Mais pour beaucoup de monde, c’est tellement plus facile de se laisser emporter…alors que réfléchir demande un effort…
    Bise à toi et bon dimanche

    Je suis de ton avis Chantal. Si seulement on réalisait que cet effort est salutaire…
    Bises et merci d’être passée.

  10. objectif-plume 7 octobre

    heureux de ton retour… et par un joli texte bien réaliste!
    bon et heureux retour

    Merci !
    Heureuse que le fond et la forme de mon texte soient appréciés.
    Amitiés

  11. alicee 7 octobre

    j’ai bien aimé ton texte Malaïka, beaucoup de vérité, contente de ton retour
    bonne semaine
    bisous Alice

    Merci Alice,
    Merci d’apprécier le texte.
    Bisous


    Dernière publication sur Alice : Stand By Me - Playing For Change - Song Around The World

  12. Rébecca 7 octobre

    Coucou !
    Merci de ta visite !
    Amitié

    Merci à toi d’être passée.
    Amitiés

  13. Petit Ange 7 octobre

    Tu as bien raison,mais le tout est de savoir avoir ses limites dans tout ce qu’on nous propose…sourire…
    En tout cas ma Belle,je trinque avec toi pour ton retour et j’en suis bien contente…
    J’aime ton réalisme…et c’est très bien dit…j’adore…
    Te souhaite une douce nuit ma belle…
    Bisous tout doux…
    Petit Ange…

    Merci cher Ange pour ta visite et pour la douceur de ton commentaire. Bisous

  14. Titophe 8 octobre

    Ce vide, que je ne conteste pas, bien au contraire, n’en sommes nous pas un peu tous responsables? Car s’il est vrai que ce que nous recevons est pauvre, ce que nous donnons en retour ne l’est pas…
    Je m’explique: La logique libérale qui gouverne notre monde est ainsi faite que seule la mesure quantitative du retour importe. Si nous recevons du vide, c’est peut-être parce que nous le demandons. Il suffirait de « zapper » pour éliminer en temps réel ces programmes édulcorés et fades. Mais nous ne le faisons pas. C’est donc la poule et l’oeuf. Sont-ce les médias qui nous transforment peu à peu en têtes vides, ou bien le vide de nos têtes qui améne ces mêmes médias à s’adapter? N’est-ce pas un peu des deux, ce qui s’appelle une spirale?

    Bonjour Titophe,
    Merci pour ton riche commentaire. La question de la poule et l’oeuf est posée. Je crois avec toi qu’il y a une co responsabilité dans ce vide, mais je ne suis pas convaincue que les responsabilités sont égales de part et d’autre la capacité de lire les enjeux de cette dispensation du vide n’étant pas équitablement partagée. Amicalement.

  15. natty 8 octobre

    Bah tout est dit !!!
    toujours un plaisir de te lire ma soeur. Ca me manquait « vachement beaucoup » (comme dirait les inconnus). Welcome back !!!

    Merci ma sister de me rappeler le fameux « vachement beaucoup ». Merci pour ton accueil. Bisous

  16. arnaguedon 9 octobre

    content de te retrouver, à la lecture de ton texte, je vois que tu as la pêche… et surtout toujours une approche sincère des choses de la vie…

    Merci d’être passé et d’avoir lu ce billet. Oui j’ai la pêche et ma vie s’égrène au rythme de l’espoir. Heureuse de vous retrouver. Merci d’apprcier mes mots. Bises.


    Dernière publication sur  : STAGE...

  17. Catz 10 octobre

    Youpi tu es de retour !
    je prendrais le temps de lire les articles d’apres car a ce que je revois, tu es revenue avec plus d’inspiration encore !
    vouloir etre une star et exister c’est une façon egoiste de parvenir au bonheur (ou du moins c’est l’illusion du bonheur) d’autres s’epanouissent en aidant son prochain, heureusement qu’il reste encore de ces gens la…
    Moi je n’ai pas su me décider, j’oscille entre egoisme de petits plaisirs persos et succes a travers mon blog… et envie d’aider la terre entière… mais jusque la, cela se limite a quelques actions bénévoles, des services et des petites attentions pour ceux que j’aime…
    Amitié a toi.
    Catz…

    Bonsoir Catz,
    Comme toi j’oscille entre l’un et l’autre. Je crois que l’homme a un besoin de reconnaissance inscrit dans sa construction en tant qu’humain. Quand le besoin de reconnaissance s’enfle de trop des dérives sont possibles. Le don à l’autre, à côté de nous le proche, le bénévolat ce n’est pas peu, c’est déjà beaucoup. Je t’embrasse. Amitié.

  18. Am 10 octobre

    J’m'en vais onduler énergiquement tous mes membres en guise de hola pour ton retour, ça va secouer dans les bermudas je te le dis !! Admire donc le décrochet de ménisque que voilà, ça c’est de la révérance !!!
    Mille Bizooo ma grande humaniste :)

  19. Malaïka 11 octobre

    Réponse à Am
    Mille bisous M’Am et ça c’est un retour en fanfare. Merci de m’avoir fait rire.

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