Quand le nouvel ordre avance : un visage haïssable de l’Amérique

Il y a des jours durant lesquels l’écrit devient l’écho de nos cris, de nos indignations, des moments qui nous choquent. La fin de l’année dernière a vu un moment qui m’a pour le moins indignée et pour le moins abasourdie. Et au début de l’année 2007 j’ai écrit le billet qui suit.

Parfois il semble que le bon sens qui est abondamment répandu dans les demeures des plus humbles s’absente sans vergogne de celles des puissant, et encore plus de ceux qui ont des fantasmes de toute puissance. Récemment j’ai entendu dire que le président du monde, pardon des USA s’apprêtait à attaquer l’Iran. Il mettrait tout en oeuvre pour que l’offensive soit lancée rapidement. Je me trompe où ce monsieur est en fin de mandat. J’ai loupé un épisode ou le bourbier Irakien est loin d’être fini ? Le bon sens serait-il inversement proportionnel au fantasme de toute puissance ? Ou alors les sommets exonéreraient-ils nos dirigeants du bon sens élémentaire ? On parle de faire des tests d’ADN pour réguler l’immigration via le contrôle du regrouepement familial. Mais tant qu’à lever le tabou majeur du secret le plus intime qui est notre carte génétique ne serait-il pas urgent de faire une batterie de tests ADN et tests psychiatriques compris avant de donner à un humain les codes pour la bombe atomique et lui permettre d’être le chef des armées de nos pays ? Il paraît qu’Adolf le Nazi était fou. Ca calme non ? C’est juste mon bon sens de l’humble moi-même qui s’exprime. Clin doeil

Toute plaisanterie mise à part monsieur Bush ne cesse de me sidérer. Qui peut imaginer le chaos que génèrerait une autre guerre dans cette partie du monde ? Il est plus confortable apparemment de se préparer à augmenter le désordre mondial en dégageant pour cela des sommes astronomiques plutôt que de trouver le moyen de réguler les désordres internes aux USA ou de ratifier un protocole de Kyoto qui ferait du bien à la planète. Le visage de l’Amérique qu’offre monsieur Bush est un visage qui n’appelle pas ma sympathie. Mais de quoi je me mêle du fin fond de ma case me direz-vous. Il se trouve que ma case est située dans un village qui se trouve être la planète. Bonne lecture à vous.

Amitiés

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L’année 2006 s’est terminée sur une note sinistre. La diffusion de l’image d’un homme qui va mourir exécuté par pendaison. Comme la géopolitique a des illogismes qui me surprennent cet homme a été exécuté le jour de l’Aïd-el-kébir, jour du sacrifice, date très importante pour les musulmans.

Un bon sens très élémentaire j’en conviens me disait que l’on ne ferait tout de même pas l’erreur de procéder à l’exécution de cet homme à cette date là !, Ne serait-ce qu’intuitivement je me disais que ce serait une erreur, voire une faute. Et bien entendu, défiant tout bons sens élémentaire Saddam Hussein a été exécuté un jour très chargé symboliquement et très investi affectivement. Mais quelle idée n’est-ce pas ?

Permettez-moi un jeu de mot sans finesse mais le choix d’exécuter la sentence de mort contre Saddam Hussein ce jour là me laisse tout simplement« Bush bée ». Je ne comprends pas que ce qui semble relever du bon sens échappe à la diplomatie américaine. Cette méconnaissance de tout ce qui extérieur à ses frontières est consternante. Comment pouvait-on ne pas anticiper, au Pentagone et ailleurs que cette précipitation à exécuter l’ancien ami devenu l’ennemi à abattre et le paravent facile pour masquer les échecs Afghans, allait générer des tensions dans les pays limitrophes et que le choix de la date de mise à mort allait choquer la sensibilité des musulmans ? Comment pouvait-on ne pas anticiper le fait qu’exécuter cet homme ce jour si particulier ce serait prendre le risque de donner à celui qui allait mourir une dimension sacrificielle ? Je n’ai pas la prétention de connaître, comprendre ou même de lire les enjeux de cette région du monde mais mon sens commun me dit que c’était couru d’avance. Les réactions passionnelles des foules en Jordanie, en Libye, en Irak et ailleurs démontrent que le contexte de l’exécution, la manière dont aurait visiblement été traité l’homme qui allait mourir, et le choix malheureux du jour de l’exécution ont donné à celui dont on s’est débarrassé une dimension pérenne. On a tué un homme on a posé les fondations de la construction d’un mythe. Quelle victoire n’est-ce pas ? Et l’ordre mondial avance.

De vous à moi, il est clair que je n’avais aucune sympathie pour celui qui a été exécuté, mais j’ai une aversion pour la peine de mort. Philosophiquement je ne puis y adhérer. Je sais que les circonstances peuvent pousser, et pourraient me pousser à une surinflation émotionnelle qui m’inclinerait vers ce que j’exècre et en cela j’espère que le système dans lequel je vivrais aura aboli la peine de mort. Car je ne peux adhérer philosophiquement à la peine de mort.

Quand l’Amérique exporte et s’ingénie à imposer son modèle. Quand l’Amérique vient en libératrice des peuples tous aux abris. Nombreux sont ceux qui se rappellent du mensonge d’Etat et même trans-étatique sur les armes de destruction massives portées par un Colin Powell sans conviction à l’ONU. Il a raconté depuis l’embarras de sa mémoire par rapport à cette manipulation consciente de l’opinion américaine traumatisée certes par les ondes de choc du séisme du 11 septembre 2001. Quand l’Amérique veut établir ce nouvel ordre mondial (fondé sémantiquement sur la sphère internationale par un autre George Bush dans les années 90) nous pouvons craindre le pire. Qui se souvient du débarquement du nouvel ordre mondial en Somalie ? Attention les dégâts ! Et de l’établissement de la démocratie que nous devons à l’Amérique en Afghanistan,il n’y a qu’à voir la paix et la concorde qui y règnent n’est-ce pas ? Et voici que le nouvel ordre des « Bushmen » se fonde sur la pendaison médiatique d’un homme et est affirmée comme une action qui fera avancer la démocratie en Irak par l’administration Bush.

Quand le nouvel ordre arrive, attention le désordre ! dv144018vignette.jpg picture by maddyspace

Nous avons vu l’expression du nouvel ordre exporté par l’Amérique conquérante dans toute sa subtilité dans les images avilissantes nous venant de la prison d’Abou Graib. Nous avons vu les zones de non droit au large de Cuba dans lesquelles des « prisonniers de guerre » sont livrés aux interrogatoires des geôliers qui confinent à la torture.

Tant qu’on torture loin de la bonne conscience de la « housewife » américaine qui prépare ses cookies à sa progéniture et entretient sa maison pour le bonheur des siens. Tant que la « bien pensance » américaine n’est pas bousculée, tant que la laideur est loin des yeux des fils d’Amérique. Tant que les actions de violence et de sauvagerie se déroulent au Vietnam et que le sauvage c’est l’autre qu’on va civiliser. Tant que le sang versé à Guantanamo ne souille pas les murs maisons tranquilles des banlieues américaines, il n’y a pas de problème. Tant que la force américaine déployée flatte la virilité du mâle américain. Tant que l’on se ferme les yeux pour justifier l’injustifiable etc. Et voici que des images d’Abou Graïb montrent les fils et les filles d’Amérique se livrant à des actes infâmes sur des humains réduits à un avilissement qui heurte les consciences. L’Amérique ordonne le monde torturant hors de ses frontières. On ne va pas salir la terre conquise par ceux qui sont arrivés par le Mayflower !

Et le nouvel ordre avance, humiliant, avilissant celui qu’on considère comme un ennemi et lui déniant sa participation à la condition humaine. Tandis qu’on l’expose dans un aspect physique et ou émotionnel qui lui dénie toute humanité apparente, il est facile de détourner celui qui le regarde de l’identification qu’il pourrait avoir avec celui que l’on avilit sous ses yeux. En humiliant l’humain, c’est l’humanité que l’Amérique humilie. Le nouvel ordre avance, l’Amérique exporte la démocratie, mais ça et là se lèvent de sourdes révoltes qui annoncent des désordres sanglants. Et les victimes jonchent les sols des nations « libérées » par la nation qui s’est donné une mission messianique : celle d’unifier le monde sous un ordre unique, le sien. L’Amérique de Bush avance prétendant établir de force un ordre qui ne marche pas tant que ça dans ses propres frontières et le désordre avance et le chaos s’installe. De nombreux pays de divers continents aspirent à la démocratie, mais par pitié que l’Amérique ne les aide pas à y arriver.

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Dans les villes…

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Solitudes…

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Au début ils avaient

Uni leurs solitudes

Rompu l’épais silence

Compagnon de leurs jours

Et puis au fil du temps

Chocs des égocentrismes

Habitudes solitaires

Difficiles à marier

Solitude avec l’autre

Solitude abyssale

Solitude dont le cri

Prend le pas sur la vie

Retranchement de soi

Pour se fondre dans l’autre

L’alliage ne prend pas

Le «  soi  » est résistant

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Solitude dans les yeux

De celui qu’on regarde

Effroi au fond du cœur

Ses yeux sont un miroir

Le temps et l’amertume

Unis aux mots qui heurtent

Ont ouvert le chemin

D’une ultime harmonie

Overdose de mots

Overdose de l’autre

Dans un même accord

Choisir de s’évader

Les rivages que l’on voit

Se dessiner au loin

Apparaissent séduisants

Comme l’est la délivrance

Le bonheur d’accoster

En terre de solitude

Celle que l’on avait fui

Se révèle une amie

Plonger avec extase

Dans un monde de silences

Et de bruits maîtrisés

Retrouver le bonheur

D’être à nouveau soi même

La terre de solitude

Se révèle liberté

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Plus qu’une simple erreur de destination de la colère

Bonsoir à vous,

Je fais remonter un article qui date de novembre de l’année dernière. Presqu’un an déjà et l’actualité en France, en Allemagne et en Suisse notamment me donnent envie de questionner le racisme ou plutôt de nous questionner au regard de la tentation raciste. Bonne lecture et bonne soirée.

Amitiés

Malaïka

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« Les racistes sont des gens qui se trompent de colère… » disait Léopold Sedar Senghor.

Il me semble que ça va plus loin que le simple fait de se tromper de colère. Oh rassurez vous je n’entre pas dans un débat à postériori avec l’ancien président du Sénégal et ancien « immortel » de l’Académie Française. Je ne m’en sens pas la carrure et je n’en éprouve pas le désir. J’entrerai d’ailleurs d’autant moins en débat que je ne sais dans quel contexte la phrase a été prononcée. J’ai entendu dire il ya quelques temps que citer un texte hors de son contexte n’est qu’un prétexte. Je me contente de lire ou plutôt de transposer mon appréhension de cette affirmation dans le contexte de mon vécu d’humanoïde de début du 21ème siècle. Il me semble que cette vision réduit la responsabilité de celui ou de celle qui embrasse des positionnements et des thèses racistes et s’en sert comme d’une grille de lecture des rapports sociaux. L’histoire récente aux USA, en Afrique du Sud, en Afrique et ailleurs, les actions violentes racialement connotées (voire justifiées) en France et ailleurs nous mettent en garde. Dans le racisme, dans la xénophobie, dans le rejet et la stigmatisation de l’autre il y a bien plus qu’une « erreur de colère ». Il y a à mes yeux de l’ignorance parfois, de la bêtise souvent, de la peur de la différence quelquefois et aussi, même si ça agresse littéralement mes entrailles la définition de l’autre comme inférieur à soi, et de fait disqualifié juridiquement du droit à l’égalité d’accès aux différents services, avantages et biens auxquels n’importe quel quidam aurait accès. Il est des gens qui sont agressés à l’idée que quelqu’un, perçu comme inférieur à soi même s’ils n’osent pas le formuler publiquement occupe un poste ou une fonction qui le place hiérarchiquement au-dessus d’eux. Cette pensée manifestement absurde est pourtant là, tapie au cœur de bien des schémas de pensée. Simple erreur de colère ? Admettons. Colère contre qui ? Contre soi peut-être pour n’avoir pas su, voulu ou pu avoir un parcours scolaire, universitaire ou professionnel qui lui aurait donné le poste attribué à cet autre qu’on exècre ? Oui mais il est évident qu’il y a un codicille à cette colère : l’autre ! La colère, la vraie raison de la colère est la détestation de l’autre nourrie par des siècles d’infériorisation de celui qui est différent et qui renverse voire invalide par son nouveau positionnement hiérarchique les sentiments de supériorité qui ont nourri la structuration interne et l’appréhension des rapports sociaux telles qu’intégrées jusqu’alors. Effondrement de paradigmes.

Ce qui m’interroge dans cette affirmation de Senghor, c’est qu’elle pourrait être instrumentalisée pour servir d’excuse et pour légitimer des comportements absurdes et imbéciles. « Tu es raciste, tu rejettes l’autre sur sa différence l’incongruité de tes déambulations mentales mais quelle importance ? Ce n’est pas grave nous allons juste trouver les raisons de ta colère. » Heu… on va peut être se calmer là ! Apprenons à mettre les personnes face à la réalité de leurs analyses et de leurs prises de position sans euphémiser le sens et la portée de leurs attitudes. Si ma réponse au racisme d’un abruti est du racisme en retour en quoi serais-je moins abruti que lui ? A mon avis je le suis au moins autant.

Hé oui je suis un « abruti en retour », un raciste en retour, oui mais un raciste point final. pha185000004vignette.jpg picture by maddyspace

Devant mon miroir, mon visage est aussi hideux que celui des autres racistes, quelles que soient les raisons « apparentes » de mon racisme, elle est là, la bête immonde, tapie et prête à convertir en haine et en violence les rapports que j’ai aux autres, à ceux qui d’une manière ou d’une autre sont différents de moi. Aïe ! Me tromper de colère n’est plus la légitimation intellectuelle de mon positionnement stupide. Stupide moi ? Non mais !!! « Miroir, mon beau miroir dis-moi si je suis bête » Mais oui je suis bête pas simplement distrait dans le positionnement de mes colère. Je suis d’autant plus stupide que pris(e) dans mes paradigmes absurdes je me prive de l’enrichissement que m’apporterait celui qui est différent.

Le racisme va à mon avis plus loin qu’une simple erreur de destination de la colère. dv1460021vignette.jpg picture by maddyspace

Et quand l’on se défait de tous les prétextes qui masquent la réalité hideuse du racisme, alors on peut se mettre en chemin pour changer, pour laisser sortir le poison de la haine enfermé en soi.



Aspects positifs vous avez dit aspects positifs ?

Il y a des périodes durant lesquelles certains sont comme saisis d’une frénésie de s’informer, de dépasser le sentiment d’unanimisme de la presse comme si l’on était exposé à un formatage en règle. Résistance au prêt à penser, à sentir et à ressentir. Refus des émotions grégaires insufflées de manière pyramidale. Emotions politiquement construites jusque dans les cours d’écoles. Ressentir, ne pas penser. Alors comme dans un réflexe de protection de ma liberté de penser je navigue d’un site d’information à l’autre pour élargir mon appréhension de l’information pour me faire une opinion, ma propre opinion. Hum hum. Nagerais-je dans un océan d’illusions ? C’est possible mais refuser le formatage de la pensée me donne l’impression de garder sinon la tête, du moins le nez hors de l’eau.

Dans ma quête paranoïde de l’information je fais ma halte quasi quotidienne sur le site de Rue 89 et là chute de bras et de dentiers. Vous commencez à me connaître la stupéfaction a un effet dévastateur sur mes bras et mon dentier virtuel. Un visage lisse d’une femme blonde, bien maquillée et au demeurant pas désagréable à regarder surplombe un article qui me laisse sans voix. Bon d’accord je n’étais pas en train de parler mais j’affirme que si cela avait été le cas, cela m’eût coupé le sifflet comme dirait l’autre.

La blonde avenante est une présentatrice qui au mois de septembre a été remerciée par une chaîne publique allemande pour avoir soutenu qu’il fallait défendre les aspects positifs du nazisme. Oui oui, vous avez bien entendu. Etre femme, blonde et présentatrice ne dispense pas d’avoir une opinion. Et toc !

La présentatrice en question faisait l’éloge de la perception de la famille prônée par ce régime et de la distribution des rôles dans la dite famille : maman épanouie à la maison élève ses enfants. L’article nous informe que cette animatrice a été remerciée malgré dix huit ans de bons et loyaux services à la chaîne publique allemande. Heu tout le monde n’a pas les protections de monsieur la chance aux chansons et c’est tant mieux n’est-ce pas ? On pourrait balayer du revers de la main cette déclaration et la taxer d’idiotie, la soupçonner à tort ou à raison d’être une militante d’extrême droite. Ce qui fait peur c’est de réaliser que cet incident a provoqué des remous qui ont mis en lumière un schéma de pensée largement partagé. Un sondage a dévoilé qu’un quart des allemands considèrent qu’il y a des aspects positifs au nazisme. Ca choque n’est-ce pas ? En tapant le nom de la dite dame sur google je découvre qu’il y a des sites en français qui appellent à la soutenir. Heureusement que mon dentier virtuel avait déjà rejoint le sol.

Quand dans les rues de la mémoire collective l’on entend le bruit des bottes de l’occupant Nazi semant la terreur dans un sentiment de surpuissance et d’impunité, il est difficile de ne pas être effaré par la dilution de la perception de l’innommable. Ceux qui ont été les victimes de ce régime odieux ne sauraient entendre sans émotion et indignation ce débat surréaliste. En même temps cette situation soulève la question de notre assomption de notre histoire même la plus monstrueuse. Le silence sur l’époque n’est pas la solution. En enfouissant sa tête dans le sable l’autruche fait disparaître de son regard ce qui la gêne mais la réalité de la situation ne s’enfouit pas pour autant sous le sable.

La blonde présentatrice loue la noblesse des constructions héritées du régime Nazi, telles les autoroutes. Wow vive Hitler on peut rouler sans peine sur les autoroutes allemandes ! Qu’importe si les autoroutes en question n’occultent pas l’hécatombe dans une Europe meurtrie, Europe qui paye encore les conséquences de ce régime abject,  » la bête immonde  » relève la tête ça et là de la France à la Russie, de la Pologne à l’Allemagne, de la Belgique à l’Espagne, de l’Italie à la Suisse. Quand j’entends parler des crimes racistes et d’inspiration nazie ça et là en Europe, je ne sais pas pourquoi j’ai du mal à m’extasier sur les merveilles autoroutières hérités du régime nazie. Pardonnez-moi de faire ma difficile et de ne pas m’incliner avec gratitude sur la tombe de Goering, Himmler, Menguele et monsieur Eva Braun soi-même.

Je préférerais des autoroutes crevassées plutôt que d’avoir vu passer un régime auquel l’Europe doit des millions de morts et qui a inscrit durablement dans des esprits un antisémitisme et un racisme structurels. Aspects positifs vous avez dit aspects positifs ? Cet article me pose la question de la capacité de nos nations à faire face sans complaisance à leur passé historique en assumant sans essayer de s’en dédouaner le côté de obscur de l’histoire. Nous ne sommes certes pas responsables des fautes de nos pères, mais notre rôle n’est pas pour autant d’en nier la réalité pour parer un passé violent et par bien des aspects abjects de noblesse et d’un romantisme haïssable à mes yeux. Je doute qu’un survivant des camps nazie ait eu sa douleur de la mémoire adoucie par la perfection des autoroutes comme je doute qu’une victime de la colonisation ait moins mal à la mémoire en regardant la bâtisse qui abrite un hôpital. Les constructions n’exonèrent pas les perceptions du monde et de l’homme qui ont été au principe de certains régimes.

Cette question sur la aspects positifs du nazisme me rappelle le débat en France qui n’est pas clos dans les pensées sur les aspects positifs de la colonisation. Et dire qu’il y a eu une tentative de légiférer dessus prétendant s’appuyer sur la vox populi conférant à cette dernière une dimension sacrée bien opportune. Vous avez dit aspects positifs ?

Les théories détestables et aux relents des plus nauséabonds ont bien des fois le visage lisse. Voyez vous mêmes.

 

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Photo trouvée sur rue 89 : http://www.rue89.com/2007/10/20/une-presentatrice-defend-les-aspects-positifs-du-nazisme



Sam Cooke : A change is gonna come

La voix sublime de Sam Cooke accompagne le voyage de la mémoire. Voix porteuse d’histoire. Chair de poule pour moi…

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I was born by the river
In a little tent
And just like the river
I’ve been running ever since
It’s been a long, long time coming
But I know a change gonna come
Oh, yes it is

It’s been too hard living
But I’m afraid to die
I don’t know what’s up there beyond the sky

It’s been a long, long time coming
But I know a change gonna come
Oh yes it will

Then I go to my brother
I say brother help me please
But he winds up knocking me
Back down on my knees

There’s been times that I thought
I wouldn’t last for long
But now I think I’m able to carry on
It’s been a long, long time coming
But I know a change is gonna come
Oh, yes it will



Jackie Wilson : entre RnB et Soul Music

Higher and Higher

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 Reet Petite

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Temptations : just my imagination

Envie de me laisser porter par l’ambiance libérée par les Temptations, groupe mythique de l’âge d’or de la Motown. Oldies but…

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Crusaders : Street life

Je suis d’humeur oldies but goodies. La musique quand elle est bonne ne se ride pas. Et la voix de Randy Crawford !!!

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Devenue l’autre

Bonsoir à vous,

Je vous partage un autre de mes textes écrits en septembre de l’an dernier, il est l’un des textes fondateurs de ce blog. Parce qu’il me tient à coeur j’ai eu envie de le remonter pour vous permettre de le découvrir. Je vous souhaite une bonne semaine.

Amitiés 

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Je devais être en 6ème quand un événement s’est produit à Douala, ma ville. Des gens de mon pays ont été rapatriés du Gabon. Ils étaient des étrangers là-bas, partis dans ce pays pour chercher un eldorado, une vie meilleure. Ils rêvaient de fortune, ils sont revenus humiliés et brisés.

Des familles entières étaient parquées à « la maison du parti » et nous avions sur eux un regard de curiosité. L’adulte que je suis revisite ce que l’enfant d’alors a vu et je peux imaginer la détresse de ces gens. Je peux imaginer l’humiliation du père de famille frappé sous les regards de son épouse et de ses enfants. La détresse de ceux qui devaient repartir à zéro dans leur pays qui n’était pas prêt à leur offrir l’équivalent de ce qu’ils avaient perdu.

Avec des camarades de classe nous allions devant « la maison du parti » et regardions ces gens parqués dans ce lieu. Avec du recul, je crois que nos yeux curieux étaient intrusifs pour ces personnes déjà traumatisées. Chassées d’un pays sous des regards de haine, accueillies dans le leur par des regards de curiosité. Ils n’étaient réellement les bienvenus nulle part, ils étaient les autres, même pour nous leurs compatriotes. Cette pensée me ramène dans le présent et je pense aux familles parquées dans un gymnase à Cachan sous l’oeil des caméras. Quelles conséquences à cette publicisation de la détresse ? J’ai conscience de l’instrumentalisation des caméras de part et d’autre mais je me demande si ce ne sont pas ceux dont la vie et la détresse sont déshabillées dans les journaux télévisés qui paieront le plus lourd tribut à cette médiatisation.

Au Gabon à cette époque le Camerounais était l’autre, cristallisant les raisons de la colère et de la xénophobie. A la même époque le Tchadien ou le Centrafricain étaient l’autre pour le Camerounais. Il était celui que l’on se croit autorisé à mépriser parce qu’il est venu chez nous chercher une vie meilleure manifestant par cet exil que notre pays est meilleur que le sien. De fait alors, nous valons mieux que lui. Alors avec condescendance on pouvait le regarder faire les petits boulots perçus comme indignes. En Côte d’Ivoire, c’était le Voltaïque comme on appelait alors le Burkinabé qui avait le triste privilège de cette sinistre altérité.

Chacun pouvait devenir l’autre à un moment de son histoire ou dans un espace géographique spécifique. Les regards traqués des traumatisés de la maison du parti racontaient qu’ils se savaient désormais « autre » au cœur même de leur pays d’origine.

L’altérité, porteuse de tant de fantasmes et de projections négatives. L’étranger, celui qu’on ne connaît pas, qu’on ne veut pas ou qu’on n’ose pas désirer connaître. Celui qu’on résume par le bruit, l’odeur, l’accent, et même par la cambrure ! Il faut l’avoir entendu pour le croire. L’autre nié dans son être à part, dans son droit à l’unicité et résumé dans une catégorisation absurde et imbécile. Avec quelle facilité rangeons-nous « l’autre » dans une case qui nous sécurise.

C’est bien connu « le français est… », « le camerounais est… », « le portugais », « le burkinabé », « le juif », « le blanc », « le noir », « l’arabe », « l’asiate » et que sais-je encore ? Tant que nous classons chaque individu dans les grandes catégories de nos xénophobies et de nos peurs de ce qui est différent, nous n’avons pas besoin de prendre le risque ou simplement la peine de découvrir l’autre dans sa vérité.

Quand j’étais en 6ème j’ai vu des personnes parquées dans un lieu, victimes d’une perversion de l’altérité. Aujourd’hui je vis en terre étrangère, et pour beaucoup je suis cette autre chargée de fantasmes détestables. Fantasmes qui sont attisés par des personnes bien souvent irresponsables dans des périodes à enjeux électoraux majeurs. Porter ces projections de l’autre peut être dévastateur si l’on ne sait pas qui l’on est. Savoir qui l’on est permet de demeurer soi au milieu de la violence de cette détestable altérité et de ne pas se laisser enfermer dans des définitions nées des présupposés de l’ignorance et de la bêtise.



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