Réapprendre à rêver

devantfentre.gif picture by maddyspace

N’être plus capable de rêver tant les yeux du cœur ont pleuré. Avoir impuissante assisté à la vie des siens massacrée. Avoir eu pour soi une famille avoir connu la joie les rires, avoir vécu le sentiment 

d’appartenir à un ensemble Et puis soudain sans prévenir voir s’abattre sur soi le drame se retrouver seule sur la terre au milieu d’un flot de douleur. 

Les derniers yeux qu’elle a fermés étaient ceux de son bien aimé, celui qui lui avait promis de veiller sur elle pour la vie. 

S’interdire alors de rêver pour ne plus céder à l’espoir, mettre son cœur sous scellés pour ne plus s’ouvrir à la peine. Comme l’eau sur un canard blasé sur soi laisser la vie couler, lui interdire de pénétrer au fond de soi et la toucher. 

Au fil des jours se ride le cœur sans le savoir elle est absente de tous les projets de bonheur qui pourraient rencontrer son cœur. 

Glisser sur terre à pas feutrés juste se contenter d’exister. Traverser la vie en silence en attendant de la quitter. 

Puis un jour au détour d’une rue croiser le visage désolé d’une enfant au regard adulte et au sourire triste à pleurer. Les yeux d’enfant racontent des drames qui font écho à la mémoire et au fond d’elle naît le désir d’effacer de ces yeux les larmes. 

Surprise de percevoir la vie dans ce qu’elle croyait un désert. Retrouver sous la vie un cœur qui se laisse aller à rêver de lui redonner le sourire, d’entendre le son de son rire.

De s’ouvrir pour accueillir dans ses bras l’enfant égarée. 

Ne s’être plus laissé aller durant des années à rêver. Sa fille contre son coeur serrée doucement réapprendre à rêver 



Curtis Mayfield : un chanteur à la conscience sociale aiguisée

curtismayfield2.jpgCurtis Mayfield est né le 3 juin 1942. Il est essentiellement connu pour la bande originale du film de Blaxploitation « Superfly ». Cet album comme le « Innervisions » de Stevie Wonder, ou le « What’s going on » de Marvin Gaye a participé à rendre populaire un genre au croisement de la musique Soul et de la Funk et qui partcipe d’une certaine conscience sociale. 

De vous à moi la chanson Superfly ce n’est pas ma préférée. Ceci dit :  je n’entre pas pour autant en résistance auditive mes oreilles ayant entendu pire, et je ne parle même pas des Boys Band ou des Spice Girls on ne tire pas sur des ambulances voyons (un brin cynique la Malaïka. vouiiiiiii  !!!!.)Cool Bon plus sérieusement, si je la trouve un tantinet entêtante rythmiquement, la chanson a une grande profondeur au niveau du sens et fait écho à une dramatique réalité sociale qui lui est contemporaine.

Bref revenons à Mister Mayfield. D’abord membre du groupe The Impressions (formé en 1958) dont il compose de nombreux morceaux. L’un des morceaux de ce groupe sera repris par le Black Power qui en fera son hymne : « We’re a Winner ». En 1970 il entame une carrière solo et devient probablement le premier de la nouvelle vague de chanteurs afro-américains à introduire des commentaires à caractère social dans ses chansons. Cette musique engagée devient très populaire pendant cette période de difficultés sociales des années 60 et 70. L’apogée de sa carrière sera probablement l’album Superfly bande originale du film éponyme à caractère social. Les paroles de cet album sont très engagées et évoquent la politique du gouvernement envers la communauté noire, l’état des ghettos, des paroles jamais entendues jusqu’alors dans un film de Blaxploitation. Bob Donat du magazine Rolling Stone dira d’ailleurs « le message anti-drogue de Mayfield est bien plus fort en réalité que le film lui-même ». Malheureusement, le 14 Août 1990 pendant un concert à Brooklyn, un projecteur lui tombe dessus et Curtis Mayfield paralysé ne pourra plus jouer de la guitare. Il continuera cependant à écrire et à chanter. En 1998 il doit être amputé d’une jambe pour cause du diabète, et son état s’aggravant, il décède le 26 décembre 1999 en Géorgie.

curtismayfield.jpg

Je vous laisse découvrir Superfly

http://www.dailymotion.com/video/3kudVaNTLBB0zgvC8

Keep on keeping on : chanson magnfique à mes sens éblouis.Clin doeil J’aime quand la musique me transporte et me dépose sur des rivages merveilleux. Je ne m’explique pas pourquoi celle ci m’est un enchantement. C’est comme le coup de foudre ça ne s’explique pas, c’est chimique !!! Rire

 http://www.dailymotion.com/video/5mHd7HJvVI4s8gLLY

 It’s alrigtht : Ca me donne la pêche cette chanson ! 

Image de prévisualisation YouTube



Elle dansait sans musique : hommage à ma soeur

 danseuse.gif picture by maddyspace

Il est des absences qui s’écrivent en majuscule. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ? Dépeuplé je ne sais pas mais  l’agencement des êtres, des amours et affections laisse affleurer comme un dysfonctionnement implicite. On continue la vie, on rit on danse on pleure pour de vrais drames ou des petits riens, mais il y a comme un grain de sable dans la machine de la vie. Evidemment… J’ai écrit ce texte sur ce blog au mois de janvier comme dans une urgence née du poids de l’absence et ce week-end je l’ai retravaillé pour en faire un poème, juste pour mettre en musique le souvenir de celle qui n’avait pas besoin de musique pour danser.

Il  avait dans ses yeux une lumière éclatante

Elle avait un sourire qui reflétait la vie. 

Portant en elle la vie elle avait l’ énergie 

Qui au soleil couchant vous donnait le tournis. 

J’entends dans ma mémoire ses pas dans la maison 

Quand le week-end venu elle rentrait pour deux jours.

Elle était volubile et aussi très secrète. 

Extravertie c’est vrai mais portant de beaux rêves. 

S’il y a eu une personne, qui au long de mes jours

M’a donné l’impression de dévorer la vie, 

C’est l’être lumineux qui pour quelques années 

A traversé ma vie la parsemant de rires.

 danser-1.jpg image by maddyspace

Comment trouver les mots pour définir cet être. 

Je la revois encore danser sur le silence

Elle dansait sans musique, au rythme de sa joie, 

Au rythme de sa vie, au rythme de son coeur. 

Et voici qu’un matin sans nous y préparer, 

La douleur est venue effacer son sourire, 

Liant une tragédie à son beau souvenir. 

Une voiture roule trop vite, une jeune vie est fauchée. 

Insouciante jeunesse, inconsciences éthyliques 

Ont ravi sa jeune vie et donné la douleur. 

J’avais une petite sœur, désormais elle n’est plus. 

On m’a frappé au cœur et blessé les entrailles. 

Comme elle était la vie, je ne pouvais mourir 

C’eût été une injure pour célébrer sa vie. 

S’arrêter pour survivre plutôt que de vivre 

Offenserait la mémoire de celle qui était vie. 

Rendre hommage à sa vie c’est vivre en majuscule

 Saisir l’instant présent et prendre les cadeaux 

Que nous offre la vie au détour d’un sentier. 

tendreambiance.gif image by maddyspace

Les années ont passé et la douleur aussi. 

Mais il y a dans mon coeur comme une nostalgie 

Ce pincement au cœur qui rappelle son absence. 

Les souvenirs s’estompent, et son visage aussi. 

J’écris et la raconte pour la garder encore, 

Avant que le temps, funeste prédateur, 

Ne vienne pour l’emporter, en volant ma mémoire. 

Son souvenir remonte, alors ce soir j’écris. 

J’écris pour résister au temps qui peu à peu 

La dérobe et la happe l’emportant loin de moi. 

Le temps agit déjà et moi je veux qu’elle reste. 

Qu’elle reste encore un peu,

Qu’elle reste en moi longtemps. 

Oh Dieu comme je l’aimais ! 

piano.jpg image by maddyspace

Elle s’appelait Patricia,

Je l’appelais Patou. 

Elle était ma jeune sœur,

Elle était mon amie. 

On m’a amputée d’elle,

Elle me manque bien souvent, 

Elle me manque très souvent. 

Evidemment…

amicalement-1.jpg picture by maddyspace



Hommage à Charles Mombaya

 « Il n’a pas laissé des traces sur du sable mais plutôt sur une pierre »

Runo M’vumbi 

mombaya.jpg

Dans toutes les langues j’aime entendre chanter ce Nom.

Charles Mombaya est un chanteur du Congo que j’ai découvert il y a si ma mémoire ne me fait pas défaut environ dix ans. J’ai été touchée par la musique, la voix et les textes de ce chanteur. Monsieur Charles Mombaya a cessé de faire retentir sa voix le 20 mai dernier, à deux heures du matin dans un clinique de Kinshasa semant des larmes sur des visages et dans les coeurs de bien des personnes au-delà de ses proches. Le chanteur a fermé les yeux pour les ouvrir sur un ailleurs qui est la quête de ceux qui croient en Celui en qui il croyait. Sa voix et ses chants ont accompagné bien des moments de ma vie et ceux de plusieurs personnes merci à lui et pensées émues pour sa famille, notamment à ses deux petites filles.

http://www.dailymotion.com/video/5Lh3FvkGwrYq2agEL



Partir…

Partir.gif picture by maddyspace

Partir et tout quitter 

Comme sur un coup de tête 

Refermer le chapitre 

De vingt années de vie 

La vaisselle dans l’évier 

L’aspirateur branché 

Oter son tablier 

Et enfin s’échapper 

Une vie à se cacher 

A ne pas exister 

De peur de contrarier 

Un tyran domestique

 Vingt années à plier 

Et puis à s’oublier 

Ne pas se révéler 

N’être plus que déni 

Puis voici qu’un matin 

Au détour d’une musique 

Qui recule de vingt ans 

La pendule intérieure 

Revient le temps des rêves 

De conquête du monde 

Quand elle voyait sa vie 

Sous les meilleurs auspices 

Les barreaux de prison 

Ce matin se resserrent 

Une boule dans la gorge 

Elle se sent défaillir 

La vaisselle dans l’évier 

Lui apparaît hostile 

L’intérieur de ses murs 

Résonne comme un cercueil 

Il est temps de partir 

Pour ne plus dépérir 

Temps de tout quitter

Pour enfin se trouver

 

 C’est avec le sourire 

Qu’abandonnant ses murs 

Elle imagine la mine 

Que fera son mari 

Elle part vers un ailleurs 

Qu’on appelle liberté 

Elle reprend le voyage 

Vers la rencontre de soi. 



Randy Crawford, Barry White, Teddy Pendergrass, James Ingram et patti Austin : oldies but goodies

pourvous.gif

Cette dame, cette immense chanteuse et remarquable interprète me touche.

Elle a la capacité de reprendre une chanson et frapper d’obsolescence l’original. Respect Miss Crawford.

J’espère que comme moi vous apprécierez cette voix, c’est un petit cadeau pour vous. Enjoy M’Am !!!!

A secret combination par Randy Crawford.

http://www.dailymotion.com/video/1odDAgRkmdoSbheUC

Un petit tour emportés par la voix unique de Barry White. Je dois vous avouer que quand il parlait, caramba au carré les amis. J’aime l’idée qu’on me laisse être « just the way I am », mais je m’égare…Langue

Barry White : Just the way you are

http://www.dailymotion.com/video/4SUnqbYzCwNWu5CQ1

Et la voix et la soul de Mr Teddy Pendergrass !!!! Vous savez quoi, à une certaine époque je n’ai pas fait partie de celles qui criaient « Patriiiiiiiiiick !!! » Mais là je dis Teddyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy ! Bon je me calme, je suis adulte maintenant. Incurable coeur de fille chez miss Malaïka on dirait. pas la peine d’appeler les secours j’ai dit incurable (hi hi). Bon la fin de la chanson est brutale et laisse sur la faim mais un peu de teddy c’est mieux que pas de Teddy du tout (re hi hi). Enjoy Brigitte !

Teddy pendergrass – is it still good to you

http://www.dailymotion.com/video/3N970Xsa9sHjehtXC

Et là the last but not the least un duo qui a enchanté mes jeunes (très jeunes Clin doeil) années. La voix de James Ingram m’a touchée et continue à le faire.

James Ingram et Patti Austin : Baby come to me

Il y a eu des reprises nombreuses, bienvenue dans l’original.

http://www.dailymotion.com/video/1Rx9H5zKUhzjf3Sc4

J’espère que la ballade vous aura plu. Bonne semaine à tous.



Tanya St-Val : Emmène-moi

emmenemoi.gif

 Tanya St-Val une voix et un visage qui font voyager ma mémoire et échouer sur des rivages sur lesquels j’ai aimé accoster. Bon voyage en musique. Amitiés.

http://www.dailymotion.com/video/6AwDacfp13bYM439x



Yolanda Adams : this too shall pass

bonnejourneavecrose.jpg picture by maddyspace

Coucou c’est encore moi ! Décidément je n’arrive pas à vous quitter…Rire. J’ai des envies de vous saturer de musique et de mots. C’est grave docteur (hi hi).

Il y a des moments dans la vie durant lesquels les épreuves et les turbulences sont telles que l’on peut être émotionnellement balloté et au bord de la rupture.  Dans des moments comme ceux là un chant tel que celui porté par la voix de Yolanda Adams a la vertu de m’encourager à lever les yeux et retrouver l’espérance sachant que les ennuis et douleurs du temps présent passeront et que les lendemains enfanteront d’autres bonheurs, d’autres espérances et que derrière le voile des larmes qui peut troubler momentanément la vision se dessine l’éclosion d’un arc en ciel de sourires à venir. Si l’un de vous passe des moments troublés j’espère qu’il trouvera au travers de ce chant quelque encouragement. Encore un chant de Yolanda Adams ?!?!? Hé oui les amis je ne suis pas en « rehab » pour me désintoxiquer ce ma « Yolandite aigue » et assumée.

Amitiés à vous

 

In the middle of the turbulence surrounding you
These trying times that are so hard to endure
In the middle of what seems to be your darkest hour
Hold fast your heart and be assured
This too shall pass
Like every night that’s come before it
He’ll never give you more than you can bear
This too shall pass
So in this thought be comforted
It’s in His Hands
This too shall pass
The Father knows the tears you cry before they fall
He feels your pain, His heart and yours are one
The Father knows that sorrow’s heavy chains are strong
But with His strength, you’ll overcome

This too shall pass
Like every night that’s come before it
He’ll never give you more than you can bear
This too shall pass
So in this thought be comforted
It’s in His Hands
This too shall pass

So set your eyes upon the mountain
And lift your hands up to the sky
And let His arms of love surround you
And take you to the other side

This too shall pass
Like every night that’s come before it
He’ll never give you more than you can bear
This too shall pass
So in this thought be comforted
It’s in His Hands
This too shall pass

Image de prévisualisation YouTube



Un petit mot en passant…

jepensevous.gif 

Bonjour à vous fidèles visiteurs et amis du blog. Bonjour à vous aussi qui vous posez ici conduits par ce que l’on appelle communément le hasard.

Merci pour vos visites pendant ce temps durant lequel je profite d’une pause salutaire.

J’ai un eu un peu de temps devant moi aujourd’hui et je vous laisse un peu de lecture et de musique. Pour ce qui est de la réponse à la question de savoir si ma pause sera annonciatrice d’un arrêt du blog, je ne peux donner de réponse pour l’instant. La vie le dira et dessinera les contours du futur tels que nécessaires pour moi. J’ai incroyablement apprécié le temps que j’ai passé à échanger avec vous. J’ai et aurai moins de temps à l’avenir, la vie se dessine ainsi mais je passerai bientôt vous visiter et découvrir un peu plus de vos univers. J’aime passer du temps à découvrir ce que vous offrez de vous sur vos blogs.

J’ai laissé un peu de lecture pour ceux qui veulent venir à la rencontre de mes écrits. Je dois à la vérité de vous dire que j’ai exhumé un texte qui date de 2003. J’espère que vous en apprécierez lecture.

Merci encore pour vos mots aimables, chaleureux, amicaux et que sais-je encore. Virtuelles ou pas ce blog m’aura offert de belles rencontres : celles avec vous. Merci à vous qui avez levé le voile sur vos âmes l’espace d’un instant pour me laisser trouver des joyaux précieux. Je l’ai déjà dit, et je le redirai encore, assumant s’il le faut un côté « mamie radote » : vous êtes pour moi une belle rencontre et je vous remercie.

Amitiés à vous et à bientôt.

Malaïka



Mobiles : partie 5

Perdue dans ses pensées et tout à ses questions concernant la jeune passante elle reprit son chemin. Le bus qu’elle avait l’habitude de prendre le matin était sur le point de la laisser. Elle le rattrapa de justesse, car le conducteur l’ayant reconnu l’avait attendue. Elle allait pouvoir s’asseoir et reposer ses pieds meurtris. Elle y monta et s’assit avec délectation. Elle souriait en regardant les visages familiers autour d’elle. Elle les croisait chaque matin depuis deux mois et à chacun d’eux elle avait attribué un nom, une histoire et ils nourrissaient son imaginaire et rendant plus distrayants ses trajets matinaux. Elle ne connaissait pas ces gens, mais à leur insu ils lui appartenaient un peu. Elle se les était appropriés en réinventant leurs vies. 

Il y avait par exemple le monsieur d’une cinquantaine d’années, d’une élégance discrète qui était toujours assis au fond du bus, lisant le journal Libération. Il ôtait toujours son chapeau pour la saluer quand leurs regards se croisaient. Il était forcément un homme instruit et de gauche selon elle. Un professeur de français nécessairement. Il avait l’élégance qu’elle attribuait à ceux qui côtoient les belles lettres et sa façon charmante et désuète de la saluer semblait confirmer qu’il baignait dans un raffinement que Daphné attribuait au savoir procuré par les livres. Il ressemblait dans ses attitudes à l’image qu’elle s’était faite de ce grand-père maternel qu’elle n’avait pas connu. Comme l’homme descendait comme tous les matins à l’arrêt de bus qui portait le nom d’un lycée, elle était confortée dans son intuition. Elle nommait Didier. Il était certainement un professeur très humain et dévoué à ses élèves. Toute à son imaginaire, Daphné ne trouvait même pas étrange qu’un professeur de lycée soit dans le bus tous les jours à six heures quarante-cinq. L’homme avait le regard mélancolique. Elle allait travailler à lui inventer une vie qui donnerait un sens à la tristesse de don regard. Installé dans cet univers imaginaire, il devenait un héros romanesque. Sortant son petit carnet, elle prit des notes pour compléter le portrait de Didier qu’elle peaufinait jour après jour. Il faudrait qu’elle creuse la piste d’un divorce douloureux associé à la perte de la garde de ses enfants que la distance éloignait affectivement de lui. Il était forcément un homme marié à quarante cinq ans avec une jeune femme d’une vingtaine d’années qui l’avait quitté quelques années plus tard emportant avec elle ses enfants du crépuscule, ceux qui ensoleillaient sa vie et qui devaient embellir le crépuscule venant sur sa vie. Elle allait travailler à peaufiner le drame de Didier qu’elle complétait en cette matinée. 

Il y avait aussi la jeune femme maghrébine au grand manteau noir et aux petites lunettes rondes cerclées d’argent qui avait toujours les yeux plongés dans des documents tenant à la main droite un surligneur jaune, vert ou rose. Elle était forcément étudiante en sociologie. Daphné l’avait baptisée Souad. Elle en avait fait la fierté de ses parents. L’air rêveur et le sourire heureux qui parfois illuminait son visage ne pouvaient être inspirés par les théories sociologiques de Raymond Aron ou de Pierre Bourdieu. Ces sourires lui donnaient de penser que Souad avait quelque amour secret ou récent. Daphné se sentait disposée à lui inventer un Roméo dont le profil ne plairait pas aux parents de Souad. Amour secret, amour passionné, amour fragile. Daphné prenait frénétiquement des notes construisant son roman imaginaire. 

Puis il y avait Demba, dont elle connaissait le nom pour l’avoir entendu appeler un jour par une de ses connaissances. Il lisait l’Equipe ou le Parisien tout en écoutant de la musique. Elle n’arrivait pas à lui attribuer une histoire. Le fait d’avoir entendu son nom avait mis un frein à son droit à l’imaginaire. Il ne pouvait être à elle puisqu’il avait une vie propre. De plus, la consonance de son nom situait ses origines en Afrique, ce qui expliquait probablement la difficulté qu’elle avait à lui inventer une vie sans puiser dans des souvenirs d’un passé lointain enfermé dans une pièce derrière une porte émotionnelle dont elle s’était interdit l’accès.

à suivre 



1234

Couissiz |
Ker Gwen |
Le Blog de Coco |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Entrez dans mon univer de m...
| Réalité ou rêve ?
| formation-continue-à-l'ubo