Cette absence : Partie 1

Depuis l’âge de sept ans, elle a vécu pour voir le jour de sa venue. Alors elle l’a attendu sans désespérer parce qu’au fond de son cœur, elle le savait en route. De chacune des rencontres qui croiseraient sa route elle ferait une étape qui la préparaient à cette ultime rencontre qui la compléterait. Ceux qui croisaient sa route devenaient des moyens pour l’aider à arriver au lieu de leur rencontre. Blessures et déceptions aussi violentes furent t’elles étaient euphémisées par le bonheur en marche. Elle a connu des ruptures, et des blessures intimes, mais la joie de l’attente, du jour de sa venue pansait comme par miracle les entailles sur son coeur. Le jour n’était pas là mais viendrait en son temps, il ne pouvait pas, en être autrement, car elle se savait née pour cette rencontre là. Tout au long de sa vie, c’était son évidence, son unique certitude, le sens même de sa vie. Celui dont le sourire lui guérirait le cœur, celui dont le regard panserait ses blessures ne pouvait à son sens ne pas venir à elle. Elle a vécu pour le jour où enfin il viendrait jusqu’à elle. Mais il n’est pas venu et elle l’a attendu. Elle n’avait rien à craindre il viendrait en ton temps, il ne pouvait manquer un rendez-vous prévu, dans sa perception depuis l’éternité.

Du jour où elle est née il a été en germe filigrane évidence, sa raison d’exister bien avant qu’à son tour elle atteigne l’âge adulte. Longtemps elle l’a cherché dans ses jouets d’enfants, elle le cherchait c’est vrai, mais ne le savait pas. Elle a comme d’autres femmes vécu bien des douleurs, mais l’espoir de sa venue pansait toutes ses blessures par anticipation. Consolation puisée dans sa grande espérance.

Mais il n’est pas venu, malgré son attente, il n’est pas venu malgré ses suppliques, un rendez-vous manqué de ceux qui dévastent l’être. Le temps a passé éloignant peu à peu sa plus belle rencontre, telle que fantasmée sur la terre des vivants. Elle l’avait imaginé, et donné mille visages, dont la seule constance était le sourire posé comme une lumière sur un visage heureux.

Le visage de son fils, ou celui de sa fille, le bébé dont l’existence lui garderait l’espoir. Mais il n’est pas venu, l’enfant de ses espoirs.

Mais il n’est pas venu, l’enfant de ses espoirs, ni fille ni garçon, il n’était que du vent, du vent dans son sein, du vent dans ses entrailles. Le vent de ses chimères, voici le vent qui souffle, emporte ses espoirs et ne laisse que la douleur.

Elle s’était toujours crue née pour être mère et elle s’est trompée. Dans ses bras il n’est pas, ses bras étreignent le vide, un vide laissé par l’être qui n’a jamais pourtant été un être réel. Mais il était présent par le désir de lui qui était tellement immense qu’il prenait plus de place que les vivants autour. Réel par le poids, du vide de son absence. Ce vide est plus réel que les rêves de lui qui ont l’ont accompagnée pendant plus de temps que le temps nécessaire pour conduire son rêve, du bébé à l’adulte. Son cœur étreint l’absence et ses entrailles se resserrent. Elle n’est pas une mère, au fond elle n’est pas s’étant toute sa vie vue mère de toutes mes fibres. Elle n’a fait que passer, son histoire sur cette terre se fermera en même temps que ses yeux au jour du grand voyage. Son fils n’est pas venu, sa fille n’est pas venue, l’enfant n’est pas venu, son avenir est nu.

 



5 commentaires

  1. Petit Ange 21 mai

    J’aime beaucoups tes écrits,tu es vraiment doué…J’admire vraiment…bisous tout doux…Petit Ange…

  2. Malaïka 21 mai

    Réponse à Petit Ange,

    Merci …
    Bisous!!!

  3. zara whites 22 mai

    c’est une histoire vraie, ou ça sort de tes pensées? c’est touchant et c’est une histoire que beaucoup de femmes doivent vivre, c’est dûr ça!

  4. Malaïka 22 mai

    Réponse à Zara,
    C’est l’hisroire vraie de tant de femmes, tant de maman en espérances, tant de femmes amputées de la maternité par un acte chirurgical sensé leur sauver la vie. Il est des douleurs que celles qui souffrent ne savent pas dire. C’est certainement affreusement dur de vivre ça comme tu dis. Je suis sûre que mes mots, nés de mon imagination que j’espère empathiques sont infiniment petits au regard de cette douleur, de cette absence…

  5. vuilsteke nadège 24 mai

    malaika
    en parcourant ton blog, j’ai été avertie que tu m’avais laissé un message. ce message me confirme ce que je soupçonnais, mais que fais-tu sur ce monde de M… tu es un diament une source en plein desert. je t’en supplie à genoux fais publier tes textes, ils sont aussi beaux que le paradis blanc de michel berger que tu sembles aimer, ces textes sont une arme contre l’obscurantisme apporté à mon avis entre autre par notre arrgghh nouveau président de la république. tu es la lumière dans l’obscurité. pour moi qui suis néo-paienne, tu es une vrai enfant (dans le sens de servant) de la terrre, et en tant que telle un arbre qui porte de savoureux fruits, je suis peut-être un peu lourde, mais je vais t’expliquer pour toi, tout à l’heure je t’ai parlé de mon épicier de quartier, il a un fil de dix-sept ans, que j’aide en français en anglais et en histoire, il se retrouve en bac technique alors que c’est un littéraire pur. si cela t’intéresse j’ai gardé un brouillon d’un des travaux de français qui est fabuleux alors qu’il ne lit jamais, et n’a aucune culture historique après avoir fait toute sa scolarité en France. c’est le plus beau gachis de talent que j’ai jamais vu et quand je vois à quelle rapidité il est capable de saisir tous les sens d’un texte de le décortiquer comme moi qui lis facilement 10 à 15 livres par mois, j’ai envie de pleurer, surtout quand je vois la qualité de tes textes, qualité qui, pardonne-moi, devrais aussi être la sienne, je me demande à quoi sert la devise française liberté plus pour longtemps, égalité plus depuis 5000 ans au moins, fraternité à probablement pris fin avec la domination de l’Eglise (catholique ortodoxe et autres). excuse-moi encore si selon l’expression d’une amie que j’ai perdue de vue je te soule, mais tu me rappelle une autre amie qui s’appelait ghislaine siéwé qui était camerounaise, de bonne famille qui ne se croyait pas supérieure aux autres et qui me manque aujourd’hui beaucoup.

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