I Am : Tam tam de l’Afrique

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Un chant du groupe I AM à écouter et à ré écouter si vous ne le connaissez pas. Ce n’est pas le leader du groupe (Akhenaton) qui est à l’oeuvre ici. C’est Shurykin et de vous à moi c’est la voix que je préfère dans le groupe. Il y a dans cette voix des « grâves » que j’apprécie beaucoup. Je me souviens qu’il y a eu un temps où je l’écoutais en boucle…Découvrez les paroles et écoutez les tam tam de l’Afrique.Image

http://www.dailymotion.com/video/Jlu8CUMiOd09Ho6d


Ils sont arrivés un matin par dizaines par centaines
Sur des monstres de bois aux entrailles de chaînes.
Sans bonjours ni questions, pas même de présentations
Ils se sont installés et sont devenus les patrons,
Puis se sont transformés en véritables sauvages
Jusqu’à les humilier au plus profond de leur âme.
Enfants battus, vieillards tués, mutilés
Femmes salies, insultées et déshonorées.
Impuissants, les hommes enchaînés subissaient
Les douloureuses lamentations de leur peuple opprimé
Mais chacun d’entre eux en lui-même se doutait
Qu’il partait pour un voyage dont il ne rentrerait jamais,
Qu’il finirait dans un port pour y être vendu.
Il pleurait déjà son pays perdu.
Traité en inférieur à cause d’une différence de couleur,
Chaque jour nouveau était annonciateur de malheur.
Au fond des cales où on les entassait,
Dans leurs esprits les images défilaient.
Larmes au goût salé, larmes ensanglantées,
Dans leurs esprits, longtemps retentissaient
Les champs de la partie de leur être qu’on leur a arrachée
Mais sans jamais tuer l’espoir qui les nourrissait
Qu’un jour, il retrouveraient ces rivages féeriques
D’où s’élèvent à jamais les tam tam de l’Afrique
Les tam tam de l’Afrique {2x}

Perchés sur une estrade, groupés comme du bétail,
Jetés de droite à gauche tels des fétus de paille,
Ils leur ont inculqué que leur couleur était un crime.
Ils leur ont tout volé, jusqu’à leurs secrets les plus intimes,
Pillé leur culture, brûlé leurs racines,
De l’Afrique du Sud, jusqu’aux rives du Nil
Et à présent pavoisent les usurpateurs
Ceux qui ont un bloc de granite à la place du cœur.
Ils se moquaient des pleurs et semaient la terreur
Au sein d’un monde qui avait faim, froid et peur
Et qui rêvait de courir dans les plaines paisibles
Où gambadaient parfois les gazelles magnifiques.
Ah ! Yeh, qu’elle était belle la terre qu’ils chérissaient
Où, à portée de leurs mains poussaient de beaux fruits frais
Qui s’offraient aux bras dorés du soleil,
Lui qui inondait le pays de ses étincelles,
Et en fermant les yeux à chaque coup reçu
Une voix leur disait que rien n’était perdu,
Alors ils revoyaient ces paysages idylliques
Où résonnaient encore les tam tam de l’Afrique
Les tam tam de l’Afrique {2x}

Jazzy, rappelle leur, my brother
Qu’ils gardent une parcelle de leur cœur
Et que le sang qui a été versé
Ne l’a été que pour qu’ils puissent exister.
Les enfants qui naissaient avaient leur destin tracé :
Ils travailleraient dans les champs jusqu’à leur dernière journée.
Pour eux, pas de « 4 heures », encore moins de récré.
Leurs compagnons de chaque jour étaient la chaleur et le fouet.
Sur leur passage, on les fuyait comme le malin.
En ces temps-là, il y avait l’homme noir et l’être humain
Décrété supérieur de par sa blanche couleur
En oubliant tout simplement son malheur antérieur.
Il assouvissait son instinct dominateur
En s’abreuvant de lamentations, de cris, de tristes clameurs
Qui hantaient les forêts longtemps après son passage
Et l’esprit de ceux qui finissaient esclaves.
De génération en génération, crimes et destructions.
Le peuple noir a dû subir les pires abominations
Et le tempo libère mon imagination
Me rappelle que ma musique est née dans un champ de coton.
Mais non, je ne suis pas raciste par mes opinions.
Non pas de la critique mais une narration.
Je raconte simplement ces contrées fantastiques
Et je garde dans mon cœur les tam tam de l’Afrique.



10 commentaires

  1. if 6 was 9 17 mai

    bonjour je découvre ton blog et je le trouve super, j’aime beaucoup iam merci pour ce bon moment, je reviendrai te lire tranquillement.@+

  2. Malaïka 17 mai

    Réponse à if 6 was 9,
    Bonjour et merci pour ta visite. Je suis ravie que mon blog te plaise. Et que Iam t’ait procuré un bon moment. A très bientôt.
    Malaïka

  3. Michel 17 mai

    Bonjour Malaïka

    J’aime beaucoup ce groupe pas pour la musique, mais pour l’inteligence et la senssibilitée de leurs textes. merci.

    Amicalement Bisous

    Michel

  4. inero 17 mai

    bonjour ,
    je vais employer des mots durs , mais je hais l’esclavage sous toutes ses formes, je me dis que l’ histoire est chargée ,et j’en ai honte ( pas a cause de moi , mais des ancêtres ) je n’ose imaginé l’horreur …..
    Mais ce que je sais au plus profond de moi même que si nos ancêtres n’avaient pas détruit ce continent, il serait encore plus riches de tradition, qui on éte perdus a cause de l’esclavage .
    Tout cela ne sert même pas de leçon au « c…  » (terme toulousain , je n’ais pus m’empécher de le placer ) de notre époque , ils comprenent rien a la fraternité .
    bises
    Amités Malaïka
    Marc

  5. Malaïka 17 mai

    Réponse Marc,
    Merci pour ton commentaire. Mon point de vue c’est qu’on ne refait pas l’histoire mais qu’on peut s’en inspirer pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Il est des blessures sur ma terre que je porte, forcément mais notre part à tous c’est d’aller de l’avant en cultivant la mémoire de ce qui passe dans cette chanson de I Am.
    Amitiés

  6. vuilsteke nadège 30 mai

    Malaika je viens d’écouter la chanson d’I am effectivement c’est un beau message surtout que l’on vient d’éviter une loi affirmant le bienfait de la colonisation ( à supposer que par bienfait on veuille dire faire tomber un continent entrer dans la barbarie), maintenant au niveau musical, derrière les tam-tams, on entend de la musique je me fais peut-être des idées mais je crois reconnaitre la BO du film esprits rebelles interprétée par Coolio qu’en penses-tu?

  7. Malaïka 30 mai

    Bonjour Nadège,
    Je n’ai pas vu le film dont tu parles…
    Je ne sais pas si c’est la même musique qu’on entend mais c’est possible dans le mesure ou le rap utilise beaucoup les sample. Il me semble que le Cd est sorti en 1991. C’est la seule piste que je peux te donner.

    Pour ce qui est de la question des bienfaits de la colonisation, la loi n’a pas été votée, heureusement. Je trouve le principe d’une telle loi choquant et en plus peu intelligent parce qu’elle aurait pu avoir pour conséquence de dresser en France des gens les uns contre les autres dans une athmosphère potentiellement dramatique. Parfois je me demande où certains députés vont chercher leurs projets de loi…
    Ce n’est pas en légiférant sur une blessure qu’on l’aide à cicatriser.
    Alors « Ouf !!! » ;-)

    Bonne journée Nadège et merci pour ta visite.
    Amicalement
    Malaïka

  8. vuilsteke nadège 31 mai

    Moi aussi je me le demande, ils vont finir par nous faire croire que l’intolérance fait partie de la nature humaine, si cela continue comme ça je vais faire comme Jean-Marc dans le grand bleu et aller vivre avec les dauphins, ils sont tellements plus humains que nous, par exemple c’est la seule espèce animale à part l’homme (au sens large) ce jour qui soit capable de se donner des noms. pour I am et ses tam-tams de l’Afrique j’ai vu plusieurs exemples de ce qu’ils décrivent : un dans une mini-série télévisée qui a au moins dix ans je ne me rappelle plus le titre mais peut-êre la connais-tu : c’est l’histoire d’un homme, kounta Kinté (phonétique), enlevé puis vendu aux états-unis et de sa descendance, qui rêvent de retrouver ou de découvrir cette afrique d’ont ils sont originaires jusqu’à ce qu’un de ses arrière-arrière…petit-fils décide d’écrire cette histoire et parviens à retrouver le village de son ancêtre mais aussi son histoire grace au griot local. le second exemple c’est une bande dessinée intitulée les passagers du vent dans les tomes 3, 4 et 5 on y voit non-seulement des vaisseaux négriers, mais aussi les horreurs que les « propriétaires » français ceux-là leur infligeaient, le dernier exemple explique sur quels fondements « scientifiques » s’appuyaient les marchands d’esclaves occidentaux selon l’inclinaison de l’axe nasal-frontal on était plus proche de l’humain ou de la bête, avec gravure à l’appui en bonne place d’un livre d’histoire au lieu d’un dessin de vaisseau négrier et sans aucune référence à Victor Schoelcher dont je n’ai appris l’existence qu’au lycée, parce que notre professeur d’histoire nous avait inscrit au concours célébrant les 150 ans de l’abolition!
    J’aimerais beaucoup connaître ton opinion

  9. Malaïka 1 juin

    Réponse à Nadège,
    Merci pour ton commentaire.
    La série dont tu parles s’appelle « Racines » adaptée d’un roman de Alex Haley. Oui j’ai vu la série il y a quelques années et je suis passée par toutes sortes de sentiments : des larmes à la colère, de la douleur à l’espoir. En revanche la bande dessinée dont tu parles je ne la connais pas. Il y a tant de choses à découvrir… merci pour le tuyau.

    Je comprends que tu sois choquée par l’éviction de certains personnages historiques des livres d’histoire d’une époque mais peu à peu ils sont découverts et par ailleurs, je crois aussi que nous avons le privilège d’être dans une génération qui a un accès plus autonome et plus rapide à la connaissance. Alors Schoelcher et d’autres seront de plus en plus connus, comme dans un autre pays Toussaint Louverture. De part et d’autre de nous avons besoin de faire la paix avec l’histoire en évitant de la « racialiser » mais en l’intégrant comme faisant partie de notre patrimoine historique commun. Celui dont nous sommes issus sans pour autant être responsables des horreurs de l’histoire. Je crois que la tragédie et l’horreur qu’a été la traite négrière n’appartient pas aux noirs ou aux descendants d’esclaves seuls mais à toute l’humanité quelle que soit sa race pour qu’elle puisse en tirer les leçons, en dénoncer l’abomination et la « réparer » en n’acceptant plus jamais la négation de la dignité humaine à celui qui est différent. Nous sommes tous blessés de ce que l’on ait pu faire cela à des frères en humanité. Cette blessure est là en moi, comme inscrite dans ma mémoire historique et générationnelle intime. Je fais avec et me constuis avec, acceptant qu’elle fasse partie demoi. Ma réponse est de refuser le racisme, sous quelque prétexte que ce soit.

    De la même manière le génocide des juifs n’appartient pas uniquement aux juifs mais cette horreur est dans notre patrimmoine historique à tous et notre part à tous est de veiller à ce que ce type d’éradication systématique d’un peuple ne se reproduise plus. Et que dire de celui des arméniens, des indiens, des rwandais, du darfour etc ? Nous sommes tous concernés n’est-ce pas ?

    C’est ce regard que j’essaie d’avoir et de communiquer bien maladroitement certes mais j’essaie. Je crois que l’on ne peut pas faire l’économie de l’assomption des horreurs de l’histoire si l’on veut avancer. Je crois aussi qu’il faut sortir de la partition simplificatrice du présent en « descendants de victimes » contre les « descendants de bourreaux » en se basant juste sur la race comme si les uns étaient coupables aujourd’hui d’un crime envers les autres. Mais si les uns et les autres acceptons de poser un regard juste sur ce passé acceptant qu’il fait partie de notre histoire on avancera les uns vers les autres, un peu mieux je crois. Utopiste je suis ? ;-) Peut être.
    Et si on avance dans la pacificaton de notre relation à notre histoire, on n’aura pas de mal à faire connaître les héros méconnus de la lutte pour l’abolition de l’esclavage. Voici mon avis ma chère Nadège.
    Bien amicalement
    J’espère avoir répondu à ta question.

  10. lolo 12 novembre

    coucou,c’est paroles ont vraiment touchante !
    je voudrais savoir si tu as la date de quand la chanson a était cré et pui
    a quel esclavag ont a a faire ?
    je fais un exposé et je ne trouve pa sa .
    merci.

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