En France et en Belgique des actes racistes intolérables

Les murs d’un médecin noir du Pas de Calais recouverts de Tags racistes

 

Le Dr Thierry Zanfonhouede, un généraliste d’origine béninoise s’est installé à Villers-au-Bois, dans le Pas-de-Calais, il y a quatre ans. Quatre ans qu’il vit avec son épouse dans ce village de 500 âmes où, selon le maire Jean-Pierre Blancart, « il ne pose de problèmes à personne et où personne ne lui pose de problèmes« . « Il est parfaitement intégré, ça se passe très bien, c’est un homme charmant« , martèle le maire. L’élu de gauche soupire, un ange passe dans le fil du téléphone. « Ça se passait très bien jusqu’à samedi à 4h15 du matin. » A 4h15, des « couillons » selon les mots du maire qui n’en trouve pas d’autres pour décrire « le niveau zéro de l’intelligence« , des « couillons » donc, ont couvert la maison du médecin de tags racistes : des slogans en allemand et des signes nazis. Un cocktail molotov a également été balancé dans le jardin du médecin. Un voisin ayant entendu la déflagration a prévenu les secours, personne n’a été blessé.

 

La même chose il y a deux-trois ans « Je suis scandalisé et je peux vous dire que nous mettons tout en oeuvre pour retrouver le ou les auteurs de ces actes« , a déclaré à l’AFP le procureur, Jean-Pierre Valensi. « Malheureusement, il n’y a pas de témoin« , a-t-il ajouté. La gendarmerie indiquait lundi enquêter en « vérifiant certains emplois du temps« . « Quand on n’a que des sigles connus de tout le monde c’est une chose, mais là ce sont des inscriptions particulières« , qui nécessitaient une certaine connaissance de l’allemand, a-t-on ajouté de même source. Selon le maire, des faits similaires étaient survenus il y a deux-trois ans. Cette fois, c’était la maison d’un Algérien qui avait été visée mais sans cocktail molotov. « Lui aussi vivait dans le village, il était très bien intégré« , se souvient l’élu.

 

Une voisine du Dr Thierry Zanfonhouede avait appelé à un rassemblement lundi en fin d’après-midi devant la maison du médecin. « Il n’a pas souhaité effacer les tags, précise le maire. Il faut que ça se sache. Dans le climat actuel où certains revendiquent des tas de choses sur la nationalité, le droit du territoire, j’en passe et des meilleurs, il faut en parler. Il faut que les gens sachent que dans les petits villages aussi, qui n’ont pas de cas sociaux, pas de difficultés particulières, il y a aussi un racisme ordinaire, barbare… Et je ne sais pas si les mots sont suffisants ici… »

 

Source LCI

 

En Belgique, mariages blancs contre le racisme Par solidarité avec le maire-adjoint noir, «boycotté» par certains couples, 1 200 personnes se sont unies mercredi dans sa ville de Saint-Nicolas.

 

Le vent, le froid et les giboulées n’ont pas gâché la fête. Ils étaient plus de 1 200, mercredi soir, sur la grand-place de Saint-Nicolas, ville de 70 000 habitants située entre Anvers et Gand, venus pour un mariage de masse contre le racisme. A 20 heures, sous le carillon de l’hôtel de ville, le premier maire adjoint noir de Flandres, Wouter Van Bellingen, est apparu en chemise blanche et veston rose. «Je vous déclare unis par les liens du mariage», a-t-il déclaré à la foule, dans un néerlandais marqué par l’accent de la région d’Anvers, avant d’embrasser sa femme. Ce geste symbolique a été fait en présence de 626 couples, parents et amis, venus lui témoigner leur sympathie. Riposte médiatique. Tout a commencé en décembre, lorsque deux fiancés de Saint-Nicolas ont refusé d’être unis par un Noir. Un deuxième, puis un troisième couple, en février, ont eux aussi renoncé au mariage, plutôt que de passer devant monsieur le maire, un échevin d’origine africaine. Wouter Van Bellingen, 34 ans, aurait pu s’en offusquer. Au lieu de poursuivre les mauvais coucheurs devant la justice, ce candidat du parti de centre gauche Spirit, élu lors des dernières municipales, en octobre, a pensé à une riposte plus médiatique.

 

Né en Belgique d’une mère rwandaise, adopté à la naissance par un couple belge de Saint-Nicolas, Wouter Van Bellingen a préféré l’idée d’une grosse fête, suggérée par ses amis. Pourquoi ne pas célébrer un gigantesque mariage, avec musique, kermesse et buffet multiracial ? L’initiative, qui a plu au maire, a été fixée au 21 mars, date de la commémoration du massacre de Sharpeville, en Afrique du Sud, et journée mondiale de lutte contre le racisme. L’événement a été soutenu avec ardeur par le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, une structure nationale qui dépend du Premier ministre. «Il n’y a jamais eu de société monoculturelle, il faut oublier ça», a déclaré Jozef De Witte, le directeur de ce centre, qui a fait le déplacement à Saint-Nicolas. Sur la grand-place, des couples de tous les âges et tous les horizons lui ont donné raison. Sous un ciel bas, parapluie en main, ils ont fait la queue pour s’inscrire, certains emmitouflés, d’autres en tenue de soirée ou de mariage. «Notre réponse au racisme bête et méchant, c’est que nous voulons être mariés par un Noir», témoigne un grand blond, employé de poste, son épouse à son bras et une rose à la boutonnière.

 

«Comme nous avons vécu en Afrique et que nous avons fêté nos vingt-cinq ans de mariage hier, ça nous a paru normal de venir», explique un médecin venu d’Anvers avec sa femme, infirmière. «La Belgique est aussi faite de gens comme nous», souligne Idrissa, un Sénégalais venu de Bruxelles, avec sa femme belge, tous deux en tenue africaine. «L’autre visage». A Saint-Nicolas, mercredi, il n’y avait guère de place pour les râleurs. Les commerçants ont été de la partie, deux boulangers ayant confectionné un gâteau de cinq mètres sur cinq, pour l’occasion. «Voilà comment un incident négatif provoqué par des racistes stupides est devenu un signal positif», s’est félicité Freddy Willockx, le maire, devant les nombreuses caméras de télévision, venues de toute l’Europe. «A Saint-Nicolas, il n’y a pas d’autre maire adjoint disponible pour célébrer les mariages», a-t-il répété. Wouter Van Bellingen, de son côté, a tenu à «garder la porte ouverte» à tous ceux qui voudraient se marier. Dans une région qui vote à 20 % pour le Vlaams Belang («intérêt flamand»), un parti d’extrême droite, cet élu local a réussi à montrer l’ «autre visage» de sa ville.

 

Par Sabine CESSOU

 

Source LIBERATION

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