Larmes d’altérité…

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Je me souviens du temps où j’ai commencé à écrire et à rendre publics les chemins de mes pensées. J’avais reçu comme une déflagration une accumulation de propos globalisants qui donnaient à penser que le criminalisation de l’altérité devenait un propos acceptable. Je ne saurais vous raconter les séismes internes et je les ai mentionné dans ce qui finalement est le billet fondateur du blog. Recevant les mots comme des obus, j’ai écrit pour rester en vie sans laisser la colère, la blessure ou la haine me séparer de moi. J’ai écrit pour sortir de l’enfermement dans lequel pouvaient me mettre la douleur (intime) et le rejet (extime  je néologise bien entendu  à dessein. On ne se refait pas n’est-ce pas ?)

 http://dipitadidia.unblog.fr/2006/09/22/raser-les-murs-et-baisser-les-yeux/.

Puis j’ai choisi de venir à la rencontre de ceux qui voudraient bien me rencontrer et ce blog est né, pour laisser passer ma voix pour qu’elle arrive jusqu’à vous et pourquoi pas vous rencontrer. http://dipitadidia.unblog.fr/2006/09/22/pourquoi-ce-blog/.

Le temps m’a semblé long pour arriver jusqu’à vous et aujourd’hui des noms familiers passent sur le blog et nous établissons au fil du temps un échange fructueux qui me comble d’aise parce que, cette altérité qui est la mienne est accueillie et respectée tout comme j’accueille et respecte celle de chacun(e) de vous. Comme je l’ai déjà dit sur ce blog, j’ai rencontré des âmes aux paysages magnifiques. Je voudrais remercier ceux et celles qui fidèlement passent ici apportant une pensée amicale, une réflexion, une touche d’amitié. C’est inespéré et précieux. Merci. 

Mais ce soir mes amis j’ai le cœur un peu gros et lourd de tristesse. Je pourrais garder ça pour moi, mais le pari de ce blog était aussi de vous raconter le vécu de mon altérité dans ses joies et dans ses douleurs aussi. Ce soir c’est la deuxième facette de la médaille… C’est le prix à payer parfois quand l’on n’est pas chez soi, quand on n’a pas la protection (illusoire peut-être) de l’assurance d’être à sa place. Quand on n’a pas le sentiment, dans les temps difficiles que le sol sous nos pieds nous parle d’appartenance, d’enracinement et que l’on entend une fois encore (une fois de trop ?) des mots qui ouvrent à la douleur. Hier peut-être n’y aurais-je pas été attentive. Hier peut-être mon armure invisible était elle en place ? Peut-être aussi qu’elle s’est progressivement usée à mon insu cette armure invisible qui est faite entre autre de la foi dans le fait que les hommes sont faits pour vivre ensemble et que de toutes façons nous n’avons pas le choix. Peut-être ai-je oublié mon armure mais je suis un peu lasse. Lasse de prendre sur moi et de mettre toute mon énergie à résister à la colère, et à tous ces sentiments que je ne veux pas laisser germer en moi tandis que d’autres sans retenue libèrent des mots, des actes et des présupposés aux traces indélébiles qui peuvent abîmer l’âme même la mieux disposée. 

Triste privilège de cette altérité qui répond en blessure à ces mots qui font rire certains. Triste privilège de cette altérité qui entend les « assassins par les mots » se cacher derrière une formule, de l’humour ou une figure stylistique. Il paraît qu’on peut rire de tout. Je ne suis pas de cet avis. Je préfère ne pas rire. Je préfère ne pas avoir l’exclusivité d’un bon mot si le prix à payer pour l’autre est la douleur, l’humiliation ou la blessure, comme si l’autre n’existait pas en tant qu’être digne de respect mais juste comme un instrument au service de mon humour. Puissé-je ne jamais m’abaisser à ça. Non jamais. Je ne veux pas être cette personne là. Je ne ris pas. 

Mon billet se fait un sinistre ce soir ? Je sais pourvoir vous livrer ici un moment de blues qui fait partie de mon cheminement. Il y a des jours où être l’autre est dur. Etre moi ça va, mais être cet autre investie de fantasmes insupportables et avoir le sentiment de devoir accepter la situation comme un « donné » irrévocable cela m’est ce soir absolument insupportable. Le temps de retrouver mon armure ou d’en colmater les brèches puis remettre en place mon sourire et mon espérance, je voulais juste vous dire que ça aussi, ça fait partie du cheminement de ceux qui me ressemblent. Et que parfois se lève une lassitude. 

Le but de ce billet n’est autre que celui d’inviter votre regard dans cette facette aussi, dans cette difficulté subtile mais réelle.

Amitiés à tous et très bonne soirée à tous et merci de m’avoir lue. 



20 commentaires

  1. Titophe 6 février

    Bonjour Malaïka,

    L’armure dont tu veux te parer pourrait devenir ta prison. Je t’invite à lire ces deux vieux billets qui lui sont consacrés puis à te libérer justement de cette armure:

    - L’armure ( http://colonisation.blogspot.com/2005/12/15-larmure.html )
    - Voyager sans armure ( http://colonisation.blogspot.com/2006/01/24-voyager-sans-armure.html )

    Bonne journée à toi

    Titophe

  2. binicaise 6 février

    Je comprends petite soeur comme il doit être dure pour toi de toujours te protéger contre les attaques les plus perfides. Une armure dis tu, laisse comme ce soir ton coeur parler même si cela nous fais de la peine à nous qui voudrions être tes amis.
    Hier soir j’étais débordée et je m’en veux de n’être pas venue te faire un petit coucou.
    Ne laisse pas ta souffrance te ronger, exprime là, qu’elle ne devienne pas ta prison comme le dit Titophe.
    Bisous chaleureux JAcqueline.

    Dernière publication sur Binicaise : Blog en pause pour une durée indéterminée.

  3. michelotte 6 février

    bonjour Malaîka :tout d’abord je te rmerci d’être passer sur mon blog :tu me fais bien de peine je te sens bien triste dans tes écritures,tu ne dois pas vivre pour les autres mes pour toi et ta chére famille (as-tu des enfants ?)la vie est trop belle il faut la croquer à belle dent..je suis une vieille étoile j’ai 3 grandes filles et 4 petits enfants ce sont tous ma joie de vivre ..; je reviendrais sur ton blog et je vais te mettre dans mes liens ;reçoit plein de calin du gard de Michelotte

  4. Malaïka 6 février

    Bonjour Titophe,

    Je lirai attentivement les articles dont tu parles.
    Merci d’être passé.
    Très bonne journée

    Malaïka

  5. Malaïka 6 février

    Très chère Jacqueline.
    Mille merci pour ce mot plein de chaleur. Ca me touche.
    Gros gros bisous à toi.
    Ne t’en veux pas pour n’être pas passée hier.
    Une nuit, puis un matin et ça va mieux.
    Je me réjouis de t’avoir rencontrée. C’est précieux.

    Malaïka

  6. Malaïka 6 février

    Bonjour Michelotte,

    Merci pour ton message. J’ai entendu sous les mots ton message.
    Je t’embrasse et te remercie.

    Malaïka

  7. Prunier 6 février

    Quelle tristesse !! mais quelquefois il faut laisser tomber son armure et se laisser aller. Il semble que rien ne te soit épargné ces jours-ci, j’ai lu aussi la maman qui a fermé les yeux de son enfant. Comment
    supporter de telles épreuves et cependant, la majorité survit (nous avons vécu un drame identique et ma pauvre mère ne s’en est jamais remise.)La vie est parfois difficile et il faut beaucoup de courage pour continuer sa route. J’espère que cette semaine sera meilleure pour Toi.
    Bien amicalement. Gibi.

  8. Malaïka 6 février

    Bonsoir Gibi,
    C’est un plaisir de te savoir en visite dans ce qui devient progressivement notre espace puisque nous le construisons en fait tous au fil des échanges. Merci pour tes mots. Je vais bien.
    J’ai eu un moment de blues dû à une accumulation de ces « petits riens » qui à force de s’accumuler rendent le quotidien parfois aride. C’était l’occasion de vous inviter dans ce visage là aussi de l’altérité. er rencontres. Ouf ! N’est-ce pas ?
    Je suis désolée de ce drame vécu dans ta famille et je compatis profondément parce ma mère a souffert cette dévastation qu’est la perte d’un enfant. Ma profonde sympathie à elle et à toute ta famille. Gros bisous à toi et merci pour tes mots.

    Merci à tous pour vos interventions.
    biiiiiiiiiiiiiiiiiiises

    Malaïka

    Merci pour vos intervention

  9. balaline 7 février

    Ce soir je passe juste t’apporter un peu d’espoir , oui, encore et encore, croyons en des lendemains plus heureux pour Tous !
    Bonne nuit, Malaïka .

  10. envolée sauvage 7 février

    cette armure, dont tu parles, je l’ai enfilée plus d’une fois ! et plus d’une fois elle est devenue trop lourde à porter ! plus d’une fois, elle n’avait plus son rôle de protectrice !! et pourtant, elle était là !
    Puis j’ai retiré cette carapace, tout comme la tortue sort de la sienne ! et j’ai pris des coups aussi ! alors je suis rentrée à nouveau dedans !
    je te comprends Malaïka, mais sache que par moments, tout semble lourd, si lourd ! C’est bien que tu l’aies écrit ce soir ! même si la peine est toujours là, cela fait du bien de « parler » ! surtout à des « inconnus » amis qui sont là pour toi !
    Si tu veux m’envoyer un mail je serai toujours là pour toi !!
    Courage ! je t’embrasse très tendrement mon amie

  11. Lynn 7 février

    Bonjour Malaïka,

    Je passe pour te souhaiter une bonne journée.
    Je t’embrasse
    Lynn
    Ps: je vais repasser pour lire ton article , je l’ai lu en diagonale et donc, je reviens pour le relire et te laisser un autre commentaire.

  12. luciole47 7 février

    je suis triste de te ressentir triste.l’expression de cette tristesse ressort tellement a travers tes mots…effectivement je ne pense pas non plus qu’on puisse rire de tout.c’est une façon de minimiser la souffrance ou la détresse des autres et je m’y refuse.des mots dans un commentaire ne sont pas des bras qui entourent,mais j’espère qu’à travers nous tous qui passons par là,tu pourras trouver un peu de réconfort.je te fais d’énormes bisous.que Dieu bénisse ta journée.

    Dernière publication sur  : Une aide spirituelle/Réveille-toi.

  13. Malaïka 7 février

    Bonjour Lynn,

    Merci pour ton passage et à tout à l’heure.
    Bises et bonne journée

    Bonjour Luciole,

    Merci pour ton commentaire et tes mots. C’est précieux. J’ai depuis levé les yeux pour trouver la consolation. Au fond mon armure c’est l’amour, cet amour là plus que tout autre. Je reçois tes paroles de bénédiction et te remercie. Les mots ne sont peut être pas des bras, mais je sais que si les mots blessent ils sont aussi source guérison et de consolation. Merci et gros gros bisous. Sois bénie aussi, abondamment.

    Malaïka

  14. Lynn 7 février

    Bonsoir,
    Comme promis, je repasse.

    L’altérité, à mes yeux, s’accompagne toujours de brassages de cultures, les personnes sont plus épanouies par cet apport.
    Le regard de l’autre peut par moment être pesant, ou encore plein de « préjugés » ou encore blessant.
    Je devine ta tristesse et ta déception dans cet article.
    Sache Malaïka que je t’apprécie beaucoup.

    Excellente soirée
    Bises
    Lynn

  15. Malaïka 7 février

    Bonsoir Lynn,

    Merci de tout coeur d’être passée et pour la sensibilité de ton intervention.

    Je t’embrasse

    Malaïka

  16. binicaise 7 février

    Merci pour ta visite sur mon blog , je réponds partiellement à ta question car je ne connais pas le nom scientifique de la plante Colette

    Dernière publication sur Binicaise : Blog en pause pour une durée indéterminée.

  17. elisabeth 11 février

    J’ai vécu aussi des moments très très difficiles. J’ai trouvé à ce moment là une main tendue et je m’y suis accrochée très fort. Me voilà maintenant, après ces profonds jours de tristesse, plus forte qu’avant. Je sais que tu pourras devenir de plus en plus forte. Bats-toi !
    Je te souhaite un bon dimanche et te remercie pour ton commentaire.

  18. Malaïka 11 février

    Je te remercie Elisabeth pour ton message très touchant. Je me réjouis que tu ailles mieux et sois plus forte. Je reçois cinq sur cinq ton exhortation à me battre. Je te souhaite une merveilleuse semaine avec des moments lumineux.

  19. saxifrage 26 février

    le respect de l’altétité c’est la richesse des gens de coeur, c’est ce qui permet de se sentir rempli de plus, d’aller dans la vie plus serein et plus digne…….Amicalement

  20. Malaïka 26 février

    Bonsoir Saxifrage,

    Je te cite « le respect de l’altétité c’est la richesse des gens de coeur »
    Que dire de plus ? Merci !
    A très bientôt

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