Elle avait le pouvoir de danser sans musique

Il y avait dans ses yeux une lumière éclatante elle avait un sourire qui reflétait la vie. Portant en elle la vie elle avait une énergie qui qui le soir venu, donnait le tournis. J’entends dans ma mémoire ses pas dans la maison quand le week-end venu elle rentrait pour deux jours. Elle était volubile et aussi très secrète. Extravertie c’est vrai mais portant de beaux rêves.  S’il y a eu une personne, qui au long de mes jours m’a donné l’impression de croquer la vie, c’est l’être lumineux qui pour quelques années a traversé ma vie. 

Comment trouver les mots pour définir cet être. Je la revois encore danser sur le silence. Elle dansait sans musique, au rythme de sa joie, au rythme de sa vie, au rythme de son coeur. Et voici qu’un matin sans nous y préparer, la douleur est venue effacer son sourire, liant une tragédie à son beau souvenir.  Une voiture roule trop vite. Une jeune vie est fauchée. Une jeunesse insouciante aux inconsciences éthyliques a ravi sa jeune vie et donné la douleur. J’avais une petite sœur, désormais elle n’est plus. On m’a frappé au cœur et blessé mes entrailles.

Comme elle était la vie, je ne pouvais mourir pour célébrer sa vie. S’arrêter de vivre pour simplement survivre offenserait la mémoire de celle qui était vie. Rendre hommage à sa vie c’est vivre en majuscule. Saisir l’instant présent et prendre les cadeaux que nous offre la vie. Les années ont passé et la douleur aussi. Il y a dans mon coeur comme une nostalgie et aussi un pincement qui habite mon coeur. Mais les souvenirs s’estompent, son visage aussi. J’écris et la raconte pour la garder encore, avant que le temps, funeste prédateur, ne vienne pour l’emporter, en volant ma mémoire. Son souvenir remonte, alors ce soir j’écris. J’écris pour résister au temps qui peu à peu la dérobe et la happe. Le temps agit déjà et moi je veux qu’elle reste.  Qu’elle reste encore un peu, qu’elle reste en moi longtemps. Oh Dieu comme je l’aimais… 

Elle s’appelait Patricia, je l’appelais Patou. Elle était ma jeune sœur, elle était mon amie. On m’a amputée d’elle, elle me manque bien souvent, elle me manque très souvent. Evidemment…

http://www.dailymotion.com/video/2gZnHqdz4JxUbfNdz

 

Y’a comme un goût amer en nous
Comme un goût de poussière dans tout
Et la colère qui nous suit partout
Y’a des silences qui disent beaucoup
Plus que tous les mots qu’on avoue
Et toutes ces questions Q
ui ne tiennent pas debout

Evidemment
Evidemment
On danse encore
Sur les accords
Qu’on aimait tant
Evidemment
Evidemment
On rit encore
Pour les bêtises
Comme des enfants
Mais pas comme avant

Et ces batailles dont on se fout
C’est comme une fatigue, un dégoût
A quoi ça sert de courir partout
On garde cette blessure en nous
Comme une éclaboussure de boue
Qui n’change rien, qui change tout

Evidemment
Evidemment
On rit encore
Pour les bêtises
Comme des enfants
Mais pas comme avant
Pas comme avant



11 commentaires

  1. Fabrice 13 janvier

    Bonsoir Malaïka,

    J’ai découvert sur mon blog que tu avais perdu ton adorable soeur.A toi comme à moi, il nous reste de merveilleux souvenirs. Des images de bonheur inoubliables, une complicité, une chaleur…

    Comme je comprends ce manque que tu ressens Malaïka. Ce bonheur que l’on nous a volé! Je le comprends et je m’associe de tout coeur à tes vagues de chagrin et de tristesse qui reviennent à la surface. Nos vies ont été depuis ce jour bouleversées.
    Merci de ton partage et de ton soutien Malaïka.

    Je t’embrasse avec toute mon affection

  2. Malaïka 13 janvier

    Merci à toi Fabrice pour ce que tu exprimes ici. Je sais que tu comprends parce que l’adorable Lucie, ta petite soeur chérie t’a été arrachée brutalement et irrévocablement. Ces deuils sont d’autant plus cruels que sans l’irresponsabilité des hommes ils auraient pu être évités. Merci d’avoir pris sur toi pour dire ces quelques mots qui me touchent d’autant plus. En rendant hommage à ma Patricia ma soeur, je rends hommage à Lucie. Merci à elles d’avoir illuminé nos vies. Si je devais ne pas avoir connu ma soeur pour ne pas avoir à vivre la peine et le chagrin qui ont suivi sa mort, je n’hésiterais pas l’avoir connue et aimée a été une source de richesse. Dommage que son voyage ait dû être court. Je t’embrasse Fabrice et bon courage à toi aussi et à tous ceux pour qui Lucie a compté. Puisse sa mémoire apporter de la chaleur à vos souvenirs et un baume à vos coeurs…

  3. elisabeth 14 janvier

    Je te comprends, Malaïka, c’est une douleur qui reste toute la vie et, malgré tout, si elle s’atténue avec le temps, elle reste ancrée en toi.
    Bon courage.

  4. Malaïka 14 janvier

    Merci Elisabeth pour ton message.
    Heuereusement la douleur s’apprivoise avec le temps. J’ai une aide transcendante qui a été ma plus grande source de force et m’a aidée à ne pas sombrer. Il est des douleurs qui conduisent au bord de la rupture. Je sais que plusieurs connaissent et on connu cette douleur indicible.
    A des moments clé de ma vie, moments durant lesquels sa présence aurait été une évidence, son absence résonne très fort, encore plus fort. Mais Dieu soit loué la vie continue, la vie peut continuer après l’orage. Elle peut même offrir des moments de beauté, de joie qu’on apprend au fil des temps à vivre sans culpabiliser. On réapprend le bonheur même si désormais il porte la nostalgie, même s’il porte une félure
    Le chant de Michel Berger raconte si bien les sentiments qu’on a à continuer de vivre avec cette nouvelle donne dans notre histoire de vie.
    Merci de tout coeur Elisabeth d’avoir été sensible à ce billet. Merci.

  5. henry 15 janvier

    je comprends cette douleur qui dorénavant fera partie de ta vie, cette douce musique mélancolique qui nous fait danser autour de l’etre disparu.
     » Vous connaissez tous cette intraitable mélancolie qui s’empare de nous au souvenir des temps heureux. Ils se sont enfuis sans retour ; quelque chose de plus impitoyable que l’espace nous tient éloignés d’eux. Et les images de la vie, en ce lointain reflet qu’elles nous laissent, se font plus attirantes encore. Nous pensons à elles comme au corps d’un amour défunt qui repose au creux de la tombe, et désormais nous hante, splendeur plus haute et plus pure, pareil à quelque mirage devant quoi nous frissonnons. Et sans nous lasser, dans nos rêves enfiévrés de désir, nous reprenons la quête tâtonnante, explorant de ce passé chaque détail, chaque pli. Et le sentiment nous vient alors que nous n’avons pas eu notre pleine mesure de vie et d’amours, mais ce que nous laissâmes échapper, nul repentir ne peut nous le rendre.O puisions-nous, d’un tel sentiment, tirer une leçon dont nous nous souviendrons à chaque instant de notre joie ! Plus doux encore est le souvenir des années que nous versa le ciel, si ce fut une soudaine épouvante qui les termina. Nous comprenons alors quel bonheur c’est déjà pour nous autres hommes, que de vivre au fil des jours en nos petites sociétés, sous un toit paisible, parmi les bonnes conversations, salués d’un bonjour et d’un bonsoir également tendres. Hélas, nous reconnaissons toujours trop tard que la fortune qui nous donnait ces choses nous ouvrait déjà ces trésors. »
    Pour toi , ces qques lignes des Falaises de Marbre d’E.Junger ( qui perdit 2 de ces fils pendant la guerre), un texte extraordinaire sur le deuil , que je lis et relis qd la mélancolie des jours heureux me reprend…bien à toi .

  6. Malaïka 15 janvier

    Merci Henry, de tout coeur. Ce texte est sublime en effet et l’auteur a su mettre des mots magnifiques sur l’absence. Bien à toi. Malaïka

  7. natureinsolite 13 février

    Patou est partie devant, bien trop tôt, et en avance d’une étape sur cette route que nous emprunterons tous un jour. Elle est avec les Anges et de là-haut elle t’envoie sa lumière éclatante.
    Aucun mot ne peut consoler de l’absence et ceux de France Gall résonnent à mes oreilles comme une déchirure. Bien évidemment, la vie continue pour toi et tous ceux qui on perdu un être cher à leur coeur, on danse encore et on rit encore, mais plus comme avant!
    Bisous. Marie.

  8. Malaïka 13 février

    Non « …pas comme avant ».
    Merci pour ton message Marie, merci d’avoir entendu et compris. Ca e touche beaucoup.
    Je t’embrasse

    Malaïka

  9. saxifrage 14 mars

    Curieusement, ou peut-être que non, j’ai aussi sur mon blog cette vidéo  » evidemment » .J’ai connu aussi une perte, j’étais pré- ado lorsque ma mère décèdait.Alors évidemment.Je sais aussi que les morts ne meurent jamais vraiment puisqu’ils investissent nos esprits pour longtemps…Amicalement

  10. Malaïka 15 mars

    Merci Saxifrage.
    La vie continue, pas comme avant. Mais elle continue, évidemment, et heureusement
    Amitiés

    Malaïka

  11. Art Essay 4 août

    I keep reading some of your composition and I can say that you’re a good writer. This one also impress me, I love writing also and it’s my passion that’s why I appreciate works like this and if you would love to visit some of my composition just tell me:)

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