I have a dream : le rêve d’un homme embrasé

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Où en sommes nous aujourd’hui alors que nous nous dressons les uns contre les autres brandissant les différences de races, de religion, de cultures comme autant de raisons de se faire la guerre ? Martin Luther KING avait un rêve et il a payé son rêve de sa vie. Des voitures flambent dans les banlieues de grandes villes, nous nous saisissons de frustrations exprimées par la violence pour justifier notre haine de l’autre. Où allons-nous ? Vers quelle inexorable tragédie ? Parfois j’ai peur quand je pense à la dégradation de la situation dans nos villes et à la déshérence de nos jeunes et de nos adolescents. Est-il possible qu’ils aient perdu (ou n’aient jamais eu) la capacité de rêver ? Je ne parle pas de rêve de gloire ou de richesse, je parle de la capacité à rêver l’humanité. Martin Luther King avait un rêve qui est né de sa foi en un Dieu de pardon et de réconciliation. C’est ce Dieu qui rend capable de rêver au delà de ses besoins pour embrasser l’humain. La sacrificature est aussi cette identification et le sens du don de soi pour l’autre.

A la mort du Pasteur KING, Harry BELAFONTE, un de ses compagnons de lutte lui a rendu hommage en disant que KING avait un rêve mais qu’il n’était pas un rêveur. Celui qui a un rêve et qui le transforme en vision et en fait le moteur de son action, de sa pensée, de sa vie. Le rêveur attend que les choses se passent. King avait un rêve, il n’était pas un rêveur.

Il est bon de se laisser inspirer par des rêves qui en valent la peine. Ecoutons le rêve de Martin Luther KING. 

J’ai un Rêve
Martin Luther King, Jr.

Discours prononcé par Martin Luther King, Jr, sur les marches du Lincoln Memorial, Washington D.C., le 28 août 1963.

Il y a cent ans, un grand américain, qui jette sur nous aujourd’hui son ombre symbolique, a signé la Proclamation d’Emancipation. Cet arrête d’une importance capitale venait porter lumière, comme une phare d’espoir, aux millions d’esclaves Noirs marqués par les flammes d’une injustice foudroyante, et annonçait l’aube joyeuse qui allait mettre fin à la longue nuit de la captivité.

Mais un siècle plus tard, nous devons faire le constat tragique que les Noirs ne sont pas encore libres. Un siècle plus tard, la vie des Noirs reste entravée par la ségrégation et enchaînée par la discrimination. Un siècle plus tard, les Noirs représentent un ilôt de pauvreté au milieu d’un vaste océan de prospérité matérielle. Un siècle plus tard, le Noirs languissent toujours dans les marges de la société américaine, des exilés dans leur propre terre. Alors nous venons içi aujourd’hui pour dramatiser notre condition effroyable.

Nous venons dans la capitale de notre nation pour demander, en quelque sorte, le paiement d’un chèque. Quand les architectes de notre république écrivirent les textes magnifiques de la Constitution et de la Déclaration d’Indépendence, ils signèrent un billet à l’ordre de chaque américain. C’était la promesse que chacun serait assuré de son droit inaliénable a la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur.

Il est aujourd’hui évident que l’Amérique a manqué a cet engagement quant à ses citoyens de couleur. Au lieu de faire honneur à cette obligation sacrée, l’Amérique à passé au peuple Noir un chèque qui revient marqué « sans provisions ». Mais nous ne saurions croire que la Banque de la Justice ait fait faillite. Nous ne saurions croire qu’il n’y a plus suffisamment de provisions dans les grands coffres des opportunités nationales. Alors nous venons exiger paiement contre ce chèque, paiement sur demande des richesses de la liberté et de la sécurité que procure la justice. Nous venons également dans cet endroit sacré pour rappeler à l’Amérique l’urgence absolue du moment. Ce n’est pas le moment de prendre le luxe de laisser calmer les esprits, ni de nous laisser endormir par une approche gradualiste. Il est temps de quitter la vallée sombre et désolée de la ségrégation pour prendre le chemin ensoleillé de la justice raciale. Il est temps d’ouvrir les portes de l’opportunité à tous les enfants de Dieu. Il est temps de tirer notre nation des sables mouvants de l’injustice raciale jusqu’au rocher solide de la fraternité.

Que la nation ne tienne pas compte de l’urgence du moment, qu’elle sous-estime la détermination des Noirs, lui serait fatal. Cet été étouffant du mécontentement légitime des Noirs ne prendra fin qu’à l’arrivée d’une automne vivifiante qui amenera liberté et égalité. L’année 1963 n’est pas une fin, mais un début. Ceux qui veulent croire que les Noirs seront satisfaits seulement de s’exprimer avec force auront un fâcheux réveil si la nation revient aux affaires habituelles comme si de rien n’était. L’Amérique ne connaîtra ni repos, ni tranquilité tant que les Noirs ne jouiront pas pleinement de leurs droit civiques. Les orages de la révolte continueront à secouer les fondations de notre pays jusqu’au jour où la lumière de la justice arrivera.

Mais il y a quelque chose que je dois dire à mon peuple, qui est sur le point de franchir le seuil de la justice. En luttant pour prendre notre juste place, nous ne devrons pas nous rendre coupables d’actes injustes. Ne buvons pas de la coupe de l’amertume et de la haine pour assouvir notre soif.

Nous devons toujours conduire notre lutte dans un haut souci de dignité et de la discipline. Nous ne pouvons pas laisser notre protestation créative dégénérer en violence physique. Encore et encore, nous devons atteindre ce niveau exalté où nous opposons à la force physique, la force de l’âme. Le militantisme merveilleux qui a pris la communauté noire ne doit pas nous amener à nous méfier de tous les Blancs, puisque beaucoup de nos frères Blancs, on le voit par leur présence içi aujourd’hui, se sont rendus compte que leur destin est lié au nôtre, et que leur liberté dépend étroitement de la nôtre. Nous ne pouvons pas marcher seuls.

Et quand nous marchons, nous devons jurer d’aller toujours de l’avant. Nous ne pouvons pas faire demi-tour. Il y en a qui demandent aux fervents des droits civiques, « Quand serez-vous satisfaits? » Nous ne saurons être satisfaits tant que nous ne pouvons pas laisser nos corps fatigués se reposer dans les motels des routes ni les hôtels des villes. Nous ne saurons être satisfaits tant que les Noirs ne peuvent bouger que d’un petit ghetto à un ghetto plus grand. Nous ne saurons être satisfaits tant qu’un Noir en Mississippi n’a pas le droit de voter et qu’un Noir à New York ne voit aucune raison pour laquelle il peut voter. Non, non, nous ne sommes pas satisfaits, et nous ne serons satisfaits que le jour où la justice se déchaînera comme les eaux, et que la rectitude sera comme un fleuve puissant.

Je ne suis pas sans savoir que certains d’entre vous arrivent ici après maintes épreuves et tribulations. Certains d’entre-vous viennent directement des cellules étroites de prison. Certains d’entre vous viennent des régions où votre quête pour la liberté vous a laissés meurtris par les orages de la persécution et renversés par le vent de la brutalité policière. Vous êtes les véterans de la souffrance créative. Persévérez dans l’assurance que la souffrance non-méritée vous portera rédemption.

Retournez au Mississippi, retournez en Alabama, retournez en Géorgie, retournez en Louisiane, retournez aux ghettos et quartiers pauvres de nos villes du Nord, en sachant que cette situation, d’une manière ou d’une autre, peut être et sera changée. Ne nous complaisons pas dans la vallée du désespoir.

Je vous dis aujourd’hui, mes amis, que malgré les difficultés et les frustrations du moment, j’ai quand même un rêve. C’est un rêve profondement enraciné dans le rève américain.

J’ai un rêve qu’un jour, cette nation se lèvera et vivrons la vraie signification de sa croyance: « Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux. »

J’ai un rêve qu’un jour, sur les collines de terre rouge de la Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.

J’ai un rêve qu’un jour même l’Etat de Mississippi, un désert étouffant d’injustice et d’oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.

J’ai un rêve que mes quatre enfants habiteront un jour une nation où ils seront jugés non pas sur la couleur de leur peau, mais sur le contenu de leur caractère.

J’ai un rêve aujourd’hui.

J’ai un rêve qu’un jour l’Etat de l’Alabama, dont le gouverneur actuel parle d’interposition et de nullification, sera transformé en un endroit où des petits enfants noires pourront prendre la main des petits enfants blancs et marcher ensemble comme frères et soeurs.

J’ai un rêve aujourd’hui.

J’ai un rêve qu’un jour, chaque vallée sera levée, chaque colline et montagne sera nivellée, les endroits rugueux seront lissés et les endroits tortueux seront faits droits, et la gloire du Seigneur sera révélée, et tous les hommes la verront ensemble.

Ceci est notre espoir. C’est avec cet espoir que je rentre au Sud. Avec cette foi, nous pourrons transformer les discordances de notre nation en une belle symphonie de fraternité. Avec cette foi, nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, être emprisonnés ensemble, nous révoltons pour la liberté ensemble, en sachant qu’un jour nous serons libres.

Quand ce jour arrivera, tous les enfants de Dieu pourront chanter avec un sens nouveau cette chanson patriotique, « Mon pays, c’est de toi, douce patrie de la liberté, c’est de toi que je chante. Terre où reposent mes aïeux, fierté des pélerins, de chaque montagne, que la liberté retentisse. »

Et si l’Amérique veut être une grande nation ceci doit se faire. Alors, que la liberté retentisse des grandes collines du New Hampshire. Que la liberté retentisse des montagnes puissantes du New York. Que la liberté retentisse des hauts Alleghenies de la Pennsylvanie!

Que la liberté retentisse des Rockies enneigées du Colorado!

Que la liberté retentisse des beaux sommets de la Californie!

Mais pas que ça-que la liberté retentisse des Montagnes pierreuses de Georgie!

Que la liberté retentisse des Lookout Mountains du Tennessee!

Que la liberté retentisse de chaque colline et de chaque taupiniere du Mississippi! Que la liberté retentisse!

Quand nous laisserons retentir la liberté, quand nous la laisserons retentir de chaque village et de chaque lieu-dit, de chaque état et de chaque ville, nous ferons approcher ce jour quand tous les enfants de Dieu, Noirs et Blancs, Juifs et Gentils, Catholiques et Protéstants, pourront se prendre par la main et chanter les paroles du vieux spiritual noir, « Enfin libres! Enfin libres! Dieu Tout-Puissant, merci, nous sommes enfin libres! » 

Martin Luther King avait un rêve, c’était un homme en feu. Embrasé d’une passion pour la justice. Son rêve nous a ouvert aux rêves.
Merci au Pasteur King pour l’exemple.

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8 commentaires

  1. Nadège 25 octobre

    Cette voix, ces mots, ce discours hantent ma mémoire. C’est un homme qui est admiré et ce n’est pas usurpé. Il est mort si jeune !

  2. fulele 14 décembre

    Un roi peut mourir mais si il laisse un édifice de taille, sa mémoire demeura.
    king nous a laissé son rêve a nous d’en faire une realité pour que jamais personne ne dise de lui qu’il n’était qu’un rêveur.

  3. Binicaise 6 janvier

    Je fais la connaissance de votre blog et je vous remercie du fond du coeur pour les textes que vous publiez, celui ci m’a emu plus que tout j’admirais Martin Luther King, sa non violence, un Grand Homme mort trop tôt, parce qu’il génait.
    Non ce n’était pas un rêveur mais il pensait à un monde meilleur.
    Merci mille fois.
    Je continue ma visite.

  4. Malaïka 7 janvier

    Oui Martin Luther King est mort trop tôt. Il n’avait que 39 ans. Mais il estimait avoir une mission, un combat à mener plus grand que lui. C’est un homme que j’admire profondément et qui m’inspire. Parce que face à la méchanceté et la violence du traitement infligés aux noirs dans le sud des USA il a refusé de haïr, il a refusé de céder à la violence. Il est parfois des choses qui voudraient nous conduire à haïr, à rejetter l’autre parce qu’il nous traite mal. La vie de cet homme nous rappelle qu’il est possible de résister à la haine et d’être grand au milieu de la bassesse. Heureusement qu’il avait un rêve. Heureusement qu’il a osé rêver. Je refuse de renoncer à rêver un monde meilleur, une amitié et un respect entre les peuples et les races. Je prend ma plume et j’invite à l’amitié. Dans mon quotidien j’essaie de vivre mon rêve. I still have dream… Merci Jacqueline.

  5. fleurdesel 12 janvier

    Un personnage exceptionnel qui se battait pour des causes trop justes…

  6. Malaïka 12 janvier

    Martin Luther King est depuis longtemps un homme que j’admire. Je suis tombée en admiration autour des années 80 et depuis, alors que je regarde le monde avec mes yeux d’adultes, combien j’admire celui qui a fait le choix d’aimer et qui a fait de l’amour une révolution. Il devient de plus en plus un modèle pour moi. Choisir de ne pas répondre à la violence par la violence, à la haine par la haine c’est être d’une force extraordinaire. J’admire et respecte profondment cet homme. En fait je l’aime. Il fait partie de mon panthéeon personnele et de ma famille de coeur. Son combat n’est pas obsolète.Bisous Fleur de Sel et merci d’attirer l’attention sur cet homme ordinaire et pourtant hors du commun.

  7. JEAN H NKOA 30 mars

    I HAVE THE SAME DREAM , THAT DREAM WAS YESTERDAY , FROM MLK, AND IT STILL THE SAME , OUR PROPHET MLK HAD THAT DREAM BEFORE AND IT IS GOIN TO COME,,,CAUSE GOD DIDN`T FORGET US..I DO BELIEVE AFRICA IS ISREAL AND MLK IS A PROPHET…AMEN

  8. Malaïka 30 mars

    Thanks for posting your comment.

    Sure MLK was a great man and a wonderful example of love. Many of us are grateful for the example and he’s a great inspiration.
    Sometimes it’s hard to keep on dreaming so thinking abour him, his life and death is helpful to keep hope alive.

    I dream for my country, I dream for Africa, I dream for the country I live in, I dream that tomorrow will be better for our kids.

    Regards

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