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Bonne visite du blog et bonne lecture.

Malaïka



Bonjour tout le monde !

Soyez les bienvenus sur mon blog. Je ne sais pas comment il évoluera. Il se construira en même temps que moi, au contact de l’actualité, du quotidien et au fil des échanges avec vous. Mon souhait est de livrer mes impressions, mes réflexions, mes colères, mes douleurs, mes belles surprises, mes coups de coeur, mes interrogations et mes rencontres dans ces temps. D’une part j’invite ma voix à se laisser entendre d’abord de moi, et pourquoi pas de vous pour raconter l’altérité au coeur d’une période cruciale. D’autre part je livre mes pensées, me livre un peu et partage les choses que j’aime et que j’ai envie de faire connaître. Une part belle sera faite à la musique parce qu’elle fait partie des choses qui me sont essentielles. Peut-être trouverez-vous qu’il y en a trop, alors réjouissez-vous de ne pas partager mon quotidien c’est encore pire !Clin doeil

Une règle d’or dans cet espace : la courtoisie et le respect de l’autre. Merci d’en tenir compte dans les commentaires et éventuelles réflexions que vous aurez l’amabilité de poster. Des propos grossiers, discourtois, et outranciers ne sauraient être acceptés sur le blog. Ne soyez pas surpris de ne pas voir apparaître vos commentaires immédiatement. Ils sont modérés pour lutter contre les spams d’une part et pour veiller autant que possible à ne pas laisser passer des propos dérogeant à ce qui précède. Ceci posé, n’hésitez pas à faire avancer ma réflexion et pourquoi pas celle des autres par des commentaires. En confrontant nos points de vues nous avancerons les uns vers les autres j’en suis sûre. Si nous sommes conscients que nous nous enrichissons de l’apport de l’autre, notamment dans sa différence, alors nos échanges seront intéressants et constructifs. Et vous feriez oeuvre de salut public en ne me laissant pas seule dans mes déambulations mentales et vous n’imaginez pas encore à quel point je déambule !!! Sourire Merci à vous qui passez par ici de vous être arrêtés. Bonne visite et à vos claviers !

 



Mon pays m’appelle

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Je veux entendre chanter ma langue et les accents qu’elle véhicule au réveil. J’ai envie d’exclamations en pidjin tandis que s’exhaleront des odeurs de maïs ou de plantain que l’on grillerait et de soyas qui libèreraient leur graisse sur leur foyer. J’ai envie de saturer un immense verre de glaçons et y verser lentement du top pamplemousse.  Je voudrais envisager le quotidien sans entendre le son annonciateur de la fermeture imminente du métro. Je veux rire aux éclats sans m’en faire pour le voisin qui de son côté s’esclaffe sans entraves. Je veux une cure de bruit autrement, de silences différents, d’ordre singulier et de surprenants désordres.

Mon pays m’appelle



Terre chérie

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Magnifique et royale, d’une noblesse oubliée, l’on veut te réduire à une caricature. Parlant de tristes records qui souillent ton image, l’on veut faire de faussaires, tes ambassadeurs.

Terre de résilience, malgré tout tu résistes, tu es un joyau que n’ont pas reconnu, ceux qui pourtant, auraient dû te chérir.

 

Au lieu de s’atteler, à oeuvrer à ta paix et à ta prospérité,  il se sont mués en prédateurs cyniques, violant sans vergogne ta beauté majestueuse, cédant ta dignité à bien des étrangers qui ne voyaient en toi qu’un moyen pour leurs fins.

 

Ta forêt s’échappait portée par des camions, pour permettre aux vautours de s’exhiber fièrement, sur des yatchs en Europe. Compagnies pétrolières, aux pratiques mafieuses, qui kidnappent l’avenir en s’appropriant les sols, constructeurs cyniques, exploitants forestiers, leurs arrogances africaines sont telles qu’elles font penser à la triste grenouille qui pour un boeuf se prit. Leur fin arrivera, et la fin de leurs mondes avec elle.

 

Ton peuple courbe la tête sous la pression d’un désespoir qui à eux s’impose tant l’avenir proposé se révèle rétréci. Des coeurs de quadragénaires, sont déjà épuisés. Ils s’arrêtent de battre sans faire leurs adieux à ceux qui plus que tout comptaient dans leurs vies. L’inquiétude pour les fils, arrêtent le voyage de vies encore si jeunes, tandis que femmes et hommes à la morale rétrécie, pillent sans vergogne la terre de nos pères, privatisant sans peur le patrimoine commun aux fils de notre terre. Au vu de ces pratiques, quand on t’envisage juste avec les yeux, l’on pourrait se laisser, aller au désespoir.

 

Mais il est  un endroit qu’on atteint par le rêve, par l’espoir par l’amour, il est un lieu de foi qui résiste aux cyniques. C’est une forteresse, un  écrin intangible dans lequel tu demeures. Ils ne l’atteindront pas, ce lieu n’est pas à eux..

 

C’est un lieu dans lequel ce qui fait ton essence demeure inviolable : c’est le coeur, c’est  l’espoir, c’est la mémoire de ceux qui refusent de mourir, et de laisser périr la terre de leurs pères.

Tes filles et tes fils.

Terre chérie.

Cameroun.



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Perdre ceux que l’on aime est agonique, continuer sans eux est un défi quotidien.

Apprendre à accepter que désormais, une larme silencieuse s’échappera de nos lèvres souriantes.

Trouver une consolation dans la beauté de la mémoire de nos absents qui est arc-en-ciel dans nos cieux affectifs.

Etre reconnaissant de les avoir eus pour un temps.

You were the wind beneath my wings.

I will always luv u.



Etre heureux

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S’endormir en paix par delà les douleurs et accueillir le jour avec un sourire qui s’épanouit comme éclot  l’aurore

Décider qu’un cœur blessé ne peut se guérir qu’en aimant encore, en offrant son cœur, comme si jamais on ne l’avait blessé.

Refuser de haïr et accepter de laisser, mourir des relations qui ne nous étaient données, que pour une saison.

Savoir laisser partir ceux qui nous ont blessé, ceux qui nous ont quitté sans adieu ni regard, ceux qui ont fait de nos noms un tissu qu’on déchire, ceux que dans un sanglot on a préféré perdre plutôt que de continuer à nous polluer cœur et  émotions. Quitter l’autre n’est pas une preuve de désamour. C’est quelquefois en revanche un sursaut salutaire comme l’on se rappelle qu’aimer l’autre est une chose, qui n’aura de valeur si l’on a pas appris à s’aimer au préalable.

 

Apprendre à faire sans cesse, une fête d’amour à ceux qui sont encore, bien présents dans nos vies.  Célébrer par l’amour par des mots, par des  gestes, et même par le silence, le privilège d’avoir des personnes à aimer.

 

Traverser les aléas de circonstances extérieures avec  à l’intérieur des danses  magnifiques grâce auxquelles l’on affronte la souffrance physique avec un chant d’espoir.

Être profondément heureux et serein en dépit de circonstances extérieures compliquées et récurrentes. 

Influencer son environnement en veillant sur son état intérieur ou alors être tributaire des variations 

de milliers d’éléments exogènes.

C’est un choix quotidien voire permanent.

Être le capitaine du navire de ses émotions.

Prendre les commandes du voilier de sa vie autant qu’on puisse le faire

Apprendre à chaque pas à être le capitaine du bateau de son âme.

Éternelle étudiante, j’apprends.

Merci à ceux qui, à leur corps défendant parfois, sont des pédagogues à cette école là.

Et si le bonheur au fond  était possible indépendamment de nos possessions ?

 




J’aimerai encore

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En ce temps là, j’avais un cœur.

Il était ouvert aux quatre vents pour aimer encore et toujours. Un jour, sans m’y attendre,  je l’ai trouvé par terre meurtri, lacéré, piétiné par ceux à qui je l’avais confié. En le ramassant je ne l’ai pas reconnu. Était-il  possible qu’ils n’aient pas su qu’un cœur est plus précieux que de l’or et plus fragile que du cristal ?  Est-il possible qu’ils n’aient pas su que de lui viennent les sources de la vie ?

 

En ce temps là j’avais un cœur, qui avait peur de souffrir.

J’ai cru devoir fermer plutôt que de risquer une fois encore, de le voir piétiné.

A rétracter son cœur, à refuser d’aimer, à laisser le soupçon nous présenter l’autre, l’on rétrécit son être et se dépossède de soi. Nous sommes faits pour aimer et non pour haïr, pour croire en l’autre et non le soupçonner du pire, pour faire preuve de prudence et non de cette méfiance qui nous fait nous regarder en chiens de faïence.

Nous sommes faits pour aimer, sans nous débarrasser de  la prudence et de sa sœur aînée que l’on appelle sagesse.

 

En ce temps là, j’avais un cœur, qui ne voulait pas mourir.

Il a fallu du temps pour qu’il reprenne des couleurs entre les mains merveilleuses de l’Amour absolu. A son contact j’ai su que refuser d’aimer était antithétique de ma nature en Lui. Aimer c’est se donner, c’est risquer le rejet, le mépris la douleur, mais c’est en même temps risquer cet absolu qu’est la communion de deux âmes qui se trouvent par amour ou par amitié et qui le temps d’un voyage s’enrichissent de partages, de tendresses et de rires en devenant meilleurs pour avoir pris le risque, de faire le choix de donner, de croire et d’aimer.

 

Depuis ce temps, j’ai un cœur, qui est revenu du chaos.

Le choix de ma vie c’est d’aimer encore, envers et contre tout, malgré les déceptions, par delà les trahisons.

J’aimerai encore parce que c’est le sens et l’essence de ma vie.

Des personnes y entrerons et en sortiront, j’aimerai encore.

Quand bien même des personnes se croyant futées croiront pouvoir se servir de moi et aller ensuite vers des personnes apparemment plus offrantes, j’aimerai encore.Parce que ne plus le faire serait refuser d’être moi. Refuser d’aimer serait signer l’arrêt de mort de mon cœur.

Garder mon cœur plus que toute autre chose…

Je n’ai qu’un seul cœur et  j’y tiens.

 

J’ai appris de LUI que c’est de mon cœur que viennent les sources de la vie.

J’ai appris de lui que la douceur de la colombe a pour compagnie la prudence du serpent pour une vie équilibrée.

J’ai appris de LUI qu’aimer n’est pas une option mais une injonction.

 

Aimer et pardonner.

Aimer et avancer.

Aimer et croire encore. 

Mais aimer les yeux ouverts.

 

J’aimerai encore. Merci mon Dieu.



Fredy Massamba talent Africain en concert à la Belleviloise samedi 12

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Aimé Césaire au Panthéon. Et après ?

Aimé Césaire au Panthéon. Et après ? dans De quoi je me mêle 217669_180689638644942_100001117219382_442233_4417966_n

 

Ce 6 avril, l’on fait entrer Aimé Césaire au Panthéon. Il paraît que dans la république française c’est l’un des plus grands honneurs que l’on peut rendre à une personnalité importante. On est semble t-il loin des tractations au principe d’une légion d’honneur désormais galvaudée pour cause de copinage excessif.A priori Christian Clavier, Mireille Matthieu ou Didier Barbelivien ne devraient pas troubler le repos des illustres figures qui reposent au panthéon. Ceci dit sait-on jamais ? Prudent Aimé Césaire n’a pas souhaité être arraché de sa terre Martinique pour s’exiler définitivement en métropole, fut-ce par la dépouille.

Bref reconnaître l’immense apport du « nègre fondamental » au patrimoine littéraire, culturel, politique, humain et plus encore à celui des définitions de l’humanité va de soi. Celui qui à 17h a fait un discours hommage l’a t-il jamais lu ? Le doute en moi est entêté. La biographie ânonnée par le chef de l’Etat donne à penser que le souffle qui animait le poète ne l’a pas touché. Un homme peut-il lire Césaire réellement, profondément sans que son humanité et son rapport à l’autre s’en trouvent modifiés ? Peut on avoir lu Césaire et véhiculer insidieusement dans la nation des semences de division et d’infériorisation latente de l’autre ? Peut-on avoir lu cet homme et envisager des identités strapontin pour les français issus de l’immigration  ?  J’en doute.  

En citant les extraits du discours sur le colonialisme Nicolas Sarkozy était il pris dans une dissociation de soi, dans cette forme de schizophrénie propre à la France qui d’un côté exporte à grands cris des valeurs telles que la déclaration universelle des droits de l’homme et qui de la bouche d’un ancien président peut cyniquement affirmer en parlant du Rwanda qu’un génocide en Afrique n’est pas bien grave ?  Le président entendait-il ce qu’il lisait ?

Aimé Césaire à mon humble avis méritait mieux que le discours sans vie, sans grâce et ponctué de mots sur lesquels la langue présidentielle n’a cessé d’achopper. Absence de conviction quand tu nous tiens…

La mise au Panthéon de Césaire ne saurait être un enfermement de sa pensée, de son verbe de sa liberté pour n’en laisser qu’un ersatz, une coquille vide qui servirait d’alibi à des politiques de gauche comme de droite incapables de repenser leur rapport au monde, à l’autre et à l’outre-mer.

Il n’est pas anodin que les télévisions hexagonales aient montré de Césaire  à l’envi l’image d’un entretien aux apparences suranné avec Nicolas Sarkozy, ce dernier hochant la tête le regard perdu au loin, comme si la photo avec celui qui auparavant avait refusé de le recevoir avait davantage d’importance que l’échange avec cet homme essentiel, celui dont le verbe ouvrait à la liberté, à la dignité, cet homme rebelle à toute forme d’asservissement.

Celui que l’on a célébré ce jour à juste titre est irrécupérable, il n’est pas possible de l’enfermer dans un lieu glorieux qui serait un cimetière pour la vie de son verbe. Je revois l’oeil amusé avec lequel il regardait défiler les politiques hexagonaux en voyage en Martinique qui voulaient une photo avec lui comme d’autre voudraient toucher le crâne de la statue de quelque figure religieuse. Ils en faisaient un grigri électoral passant à côté d’un homme essentiel au crépuscule de sa vie, inconscients du fait que désormais sa parole était d’or.

Ne faisons pas assaut de naïveté en pensant que cet honneur fait au grand homme est dépourvu de toute arrière pensée politique. Entendre Jean-François Copé louer son amitié avec Aimé Césaire et faire le grand écart entre la vision de cet homme et son pitoyable débat (déballage) sur l’islam et la laïcité était un moment ubuesque. J’en aurais avalé mon dentier si j’en avais eu un !

Enfermer cet homme (encore que sa dépouille demeure en Martinique ouf !) au Panthéon sans libérer son œuvre et lui donner les moyens d’arriver aux jeunes consciences que l’on forme dans les écoles de la république serait une escroquerie intellectuelle. L’éducation nationale est attendue au tournant de la réalité des convictions concernant la figure de Césaire.

Son discours sur le colonialisme est un texte essentiel que bien des politiques gagneraient à lire pour sortir de visions du monde datées et stupides. Césaire de son vivant était libre, la mort ne l’aura pas rendu captif.

Il nous appartient de le laisser voler encore et toujours comme l’aigle majestueux de la pensée qu’il aura été. Il nous appartient de nous laisser rencontrer et défier par le visionnaire qu’il demeure.

Lisons et faisons lire Césaire, la transmission de son patrimoine est plus glorieuse que tous les panthéons dans lesquels on fige les êtres et les transforme en poupées de cire de la pensée ou de l’histoire. Exposons nos filles et nos fils à la pensée de Césaire. Ceci n’est qu’un avis et je vous promets que je ne le dis pas parce que je ne risque pas d’entrer au dit Panthéon (^_^).



Qu’allons-nous faire de Marie, Koffi, Mamadou, Akadjé et André ?

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Il est des nuits comme ça, qui sans vous prévenir, prennent Morphée en otage. On tourne et se retourne dans son lit espérant que par ce mouvement inutile, on finira par trouver la porte vers le sommeil.

Bien aimée Côte d’Ivoire qui ne cesse de gémir et dont les cris de douleurs habitent les veilles de ma nuit.

 

Abandonnée par Morphée mes pensées sans entraves me conduisent vers toi auprès de tes douleurs. Des femmes et des enfants de douleur agonisent. Des hommes sans vie gisent sur le bord des chemins. De précieuses existences soudain interrompues par la folie des hommes, née de leurs inextinguibles appétits de pouvoir, hantent ma mémoire. Des corps brûlés, violés, martyrisés semblent vouloir s’exprimer, dire qu’il y a en eux davantage que le fait de gésir sans vie. Par des cris silencieux ils habitent ma nuit refusant la négation d’un traitement de masse. Pourquoi me hantent-ils ? Pour quelle raison viennent-ils troubler ma quiétude ?

Ils étaient des enfants, des femmes et des hommes, avant d’être assassinés. Ils ont été embarqués dans le tourbillon d’une folie meurtrière  qui à chaque exaction dépouille les assassins un peu plus de leur humanité. Ils se laissent aller aux pillages, aux viols et aux meurtres au nom de quoi ? De quel pouvoir ? Ils se battent pour des hommes qui, le moment venu, oublieront certainement de se battre pour eux. Les connaissent ils seulement ces supporters zélés, qui prennent fait et cause pour le champion de leur camp. Ils l’appellent Alassane, comme s’il était des leurs, ou le nomment Gbagbo comme quelqu’un de la famille. Mais voici les champions n’ont jamais pris la peine, de voir en eux davantage qu’une foule sans visage, instruments animés et instrumentalisés pour asseoir leur pouvoir. Déshumanisés dans le regard des politiques, victimes ou bourreaux sur le terrain des crimes matérialisent la privation d’humanité.

Les images qui nous arrivent via le tube cathodique ou la toile d’internet dévoilent des massacres au cœur desquels des frères ivoiriens s’entretuent. Personnes uniques, humains irremplaçables, ils étaient filles et fils, ils étaient pères et mères. Pris dans la frénésie du moment qui se joue, nous aussi sans y penser, les avons dépouillés de leur humanité, les enfermant dans une terrible globalisation.

 

Des civils sans défense à Duékoué massacrés, on s’arrête au nombre insupportable des morts et l’on oublie l’air de rien, que derrière les 800 morts, il y avait autant de vies, et tout autant d’histoires individuelles arrêtées. On n’envisage pas les séismes intimes produits dans les familles, on est loin de penser à la douleur d’une veuve, à celle d’un orphelin. On oublie qu’à Duékoué un père brisé gémit d’avoir vu s’effondrer, ses rêves d’une descendance. Pornographie terrible de la violence qui fait d’êtres humains des corps que l’on expose et que l’on manipule, les livrant aux regards. Des masses de chair se déploient sous nos yeux effrayés ou révoltés. Qui pense un seul instant à poser sur ces hommes, le voile pudique que lui offrirait la reconnaissance de leur humanité niée ?  On déshumanise les morts en politisant ce qui leur est arrivé. On conceptualise, on glose, on oppose panafricanisme et néocolonialisme au dessus de leurs corps encore chauds. On s’éloigne des être et les transformons en matière.

 

Dans ma nuit sans sommeil, les corps éventrés, calcinés se rappellent à moi. Ils semblent reprendre vie, comme le temps d’un instant pour se défaire du néant totalitaire dans lequel on veut les enfermer. Ils refusent de rejoindre les charniers de l’imaginaire dans lesquels sont empilés des victimes Rwandaises, Congolaises, roumaines ou albanaises. Dépouillés du souffle de vie, ils semblent réclamer à mon esprit fébrile, un droit à l’existence.

 

Je vois se lever dans mon imaginaire cet homme inconnu qui en humanité et en africanité m’était par deux fois frère. Et mon frère inconnu se raconte à moi par des séquences de vie venues de son passé. J’entends son rire grave, et je vois le regard inondé de tendresse qu’il posait sur Fanta. Comment s’appelle t-il ? Il répondait au nom de Koffi ou d’André, Mamadou ou Akadjé.  C’était un homme total, qui souffrait et espérait, tombait et se relevait. J’imagine son regard porté sur ses enfants, je pense à ses combats pour leur rendre la vie plus belle.

 

Il git sur un trottoir.

Sur son corps calciné, glisse une caméra qui ira nourrir les propagandes des uns ainsi que celles des autres, comme l’indécence des caméras qui glissaient sur Marie, qui encore et encore racontait un viol collectif au point que les mots gommaient sa personne pour projeter ceux qui l’entendaient dans l’obscène réalité d’actes bestiaux perpétrés par ces hommes qui font des corps de femmes des terrain de pouvoir et de conquêtes guerrières.

Ma veille forcée me ramène le visage et la voix de Marie, la dépouillant des projections nées de l’outrance médiatique qui de Charybde en Scylla semble s’adresser à un parterre de voyeurs. Marie vient à moi comme une sœur profondément meurtrie, comme une vie qu’il faudra reconstruire.

Les visages de l’un et de l’autre m’arrachent de la globalisation et m’invitent à un tête à tête avec certaines des conséquences de la tragédie ivoirienne.

Indicible douleur et cruelle empathie. Le drame ivoirien ne m’est plus exogène. C’est moi, c’est mon frère, c’est mon fils et ma fille que l’on a tué là bas. J’imagine cette peine plus près de moi et cela me glace d’effroi. Ces gens ont-ils conscience du crime qu’ils commettent contre des humains d’une part et contre la notion même d’humanité ? Je n’ai plus envie de débattre

Le flot des sons, le ruissellement des images, les débats sans fin des « pour » et des « contre » m’agressent plus que jamais. Ce sont des hommes que l’on assassine et meurtrit.

Qu’on l’appelle Marie, Koffi, Mamadou, André ou Akadjé, ils sont là, établis dans mon imaginaire, demandant que par le cœur on leur ouvre le passage qui les ramènent dans l’humanité. Ensevelis sous des débats qui les nient, ils se rappellent à moi pour dire « j’existe » ou « j’existais » « ne permettez pas à leur » crime » de m’ensevelir sous un amas de corps, rendez moi mon existence, donnez moi symboliquement un sépulcre individuel comme le fut mon histoire. »

Ivoirien mon frère, ivoirienne ma sœur, m’autoriserais-tu à m’immiscer dans le cours de l’histoire qui s’écrit pour oser te livrer l’expression de mon cœur ?  Me pardonneras-tu de livrer à ton regard le fond de ma pensée ?

Ivoirienne ma sœur, ivoirien mon frère, de quelque camp que tu sois je t’adresse une supplique. Sors de la fascination qui dénie à l’autre son droit à l’existence en gommant à tes yeux son humanité.

En face de toi celui qui est ton ennemi est avant tout un frère, un fils de ta nation.

Les petits êtres qui sous tes yeux ne sont plus que fils de l’autre camp et ennemis de demain, sont de petits enfants, qui hier encore jouaient sous ton regard et t’attendrissaient.

Ne te laisse pas tromper par la folie des puissants, par leur odieux cynisme qui t’instrumentalise pour commettre à leur place des crimes odieux dont ils se hâteront de se dédouaner, passant au besoin des accords d’impunité.

Mais après la colère, la folie meurtrière, il te faudra vivre avec la mémoire, des crimes perpétrés. Ni Laurent Gbagbo, ni Alassane Ouattara, encore moins Guillaume Soro ou Charles Blé Goudé n’auront ni le pouvoir ni la préoccupation de faire taire les cris qui après la violence, hanteront tes longues nuits.

Avant de te livrer au prochain vent de folie, souviens-toi que la victime c’est ton frère, c’est ta sœur, ton fils ou ta fille, ton père ou ta mère. Et n’oublie pas qu’en fait le vrai perdant c’est toi comme tu te dépouilles de ton humanité et l’autre perdant c’est la Côte d’Ivoire ton pays bien aimé pour lequel tu te bats.

Fille d’Afrique je voudrais apprendre à prendre le temps de faire la pause dans mes certitudes, pour redonner par le respect et l’empathie de la place à mes frères au cœur d’une humanité que leur aura nié la violence de leur mort ?

Je voudrais me souvenir le temps d’un instant que derrière la politique et la géopolitique ce sont mes frères que l’on assassine. Je voudrais prendre le temps de faire la pause pour me tourner vers les ivoiriens de mes relations non pour fustiger leurs prises de position mais pour prendre de leurs nouvelles et les encourager ou les consoler quand la tragédie qui se déroule dans leur pays les atteint au plus près.

Le jour s’est levé, mes compagnons d’insomnie semblent décidés à me laisser dormir. Avant de me coucher un espoir entêté habite mon cœur : que la paix revienne enfin en Côte d’Ivoire et qu’elle ouvre à e profondes guérisons dans ce pays.

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De qui se moque t-on en Côte d’Ivoire et ailleurs ?

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De qui se moque t-on ? De qui se moquent Nicolas Sarkozy et la « diplomatie » française qui tuent les ivoiriens au nom des droits de l’homme et de la démocratie. La France chantre de la démocratie en Afrique je me chatouillerais pour rire si le sang qui coulait en ce moment dans ce magnifique pays, hier encore fleuron de notre Afrique, n’était pas habité par bien des douleurs intimes par delà le cynisme politique ambiant.

 

Au nom de quoi décide t-on de bombarder des civils pour un pouvoir que l’on veut de toutes façons aux ordres ?  De qui se moque t-on depuis l’Élysée quand l’on adoube au Gabon un pouvoir apparemment usurpé dans les urnes pour crier comme une vierge de 12 ans face à un pédophile dans la force de l’âge et à l’obscène nudité ?

L’Afrique n’oubliera pas, les ivoiriens n’oublieront pas les caresses du pays ami , le baiser mortel de ses bombes, le mépris affiché pour sa constitution.

 

De qui se moque Barack Obama qui depuis son bunker aux blanches couleurs et dans un fantasme risible de toute puissance ordonne aux uns et aux autres de quitter le pouvoir, de respecter le choix des ivoiriens, des libyens et des aspirations légitimes des peuples à la liberté et à la démocratie. L’un de vous veut-il se dévouer pour me chatouiller ? Il est urgent de rire !  Si je n’avais pas été éduquée avec pour toile de fond l’expulsion des mots et expressions grossières, si mon surmoi n’était pas aussi prégnant, je vous dirais avec des mots fleuris à quelle partie de l’anatomie humaine me font  penser les exportations de la démocratie américaine de par le monde.

 

Barack est nu, il est juste comme les autres, en pire parce qu’il fait exploser les bulles de l’espérance d’une différence, d’une politique autrement, d’un respect de l’autre. YES WE CAN repeat the same « bulshit » all over the world

 

De qui se moque t-on en Libye notamment depuis cet occident qui vient essuyer les pieds de ses impuissances sur notre sol et dans le monde arabe encore et encore ? De qui se moque ces défenseurs de la dignité des femmes qui prennent les femmes et leurs Niqab pour cibles tout en conservant leur amitié aux grands défenseurs des femmes que sont les dirigeants du Yemen, du Barhein et de l’Arabie Saoudite ?

 

L’ impression d’impunité qui habite les prétendus puissants achoppera un jour sur de surprenantes résistances, elle achoppera sur la défaite des apathies et la fédération de nos indignations, parce que malgré nos apparentes impuissances nous avons les yeux ouverts et nous sommes les témoins d’une histoire qui une fois de plus s’écrit avec le sang des nôtres, avec notre sang. Elle achoppera sur des victoires inattendues et « je sais qu’un jour mon poing nu, mon poing seul suffira pour écraser ton monde » (Aimé Cesaire)

 

L’écœurement dispute à la colère. Les motivations qui conduisent le président français comme ses prédécesseurs, le président américain comme les cowboys dont il est l’héritier conscient et assumé, les exacerbations de leurs »dévirilisations » à l’intérieur de leurs terres les conduisent à une fuite en avant meurtrière sur les terres des autres.

 

L’Afrique n’est pas amnésique, un jour elle se lèvera et répondra. L’Afrique n’est ni la pathétique OUA ni les pantins qui dirigent nos nations.

 

Je pleure sur la Côte d’Ivoire, j’ai mal, je suis en rage. Et le pire c’est que je me sens impuissante à faire quelque chose de concret pour mes frères là bas, pour la mémoire de chaque être assassiné, pour que l’on n’oublie pas au nom du nombre que chaque vie était précieuse, pour que nous ne cédions pas à une pornographie de la guerre. Désolée si je vais dans tous les sens, la douleur et la colère ne sont pas disciplinées, elles ne sont pas maîtrisées, elles se défient de la norme et peignent hors des lignes, comme les dessins d’enfant elles jaillissent et se disent en toute liberté


Un jour, de l’Afrique, du monde Arabe, du Moyen-Orient et d’ailleurs, on se souviendra que lorsque la France et les Etats-Unis défendent les droits de l’homme ils tuent les hommes. On se souviendra que la démocratie se décrète depuis les cieux par des bombardements On se souviendra que l’on a dû se terrer comme des rats pour fuir les flammes de le démocratie venues du ciel par la grâce des messies occidentaux.

On se souviendra que leur « ordre mondial » avait davantage de prix que nos vies.

 

Souffrez que je ne prenne parti ni pour Gbagbo, ni pour Ouattara en Côte d’Ivoire. Depuis que cette chronique d’une tragédie annoncée a commencé, mes craintes, mes pensées, mes angoisses, mes funestes anticipations concernent la sécurité de mes frères ivoiriens, ceux qui aujourd’hui ne sont que des « dommages collatéraux » d’une guerre qu’ils subissent. Des humains, des vies, des histoires individuelles victimes de la soif de pouvoir et de la folie des puissants.

 

On ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs disait cyniquement Charles Pasqua il y a plus de vingt ans suite au massacre de la grotte d’Ouvea en Nouvelle-Calédonie. Une fois de plus les oeufs c’est les autres. Ceux qui ne comptent pas, cette entité aux contours informes : le peuple.

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Refuser les loyautés stupides

Recevoir la haine en héritage c’est naître en prison. C’est naître derrière des geôles dont les murs ont été érigés par ses parents et les parents de ses parents. Souvent celui qui naît est totalement ignorant des causes initiales de la haine. Il  sait juste qu’il a en face un ennemi, puisqu’on le lui a dit. La haine est de ces émotions destructrices qui ne fait pas appel à la raison mais à l’irrationnel, à la déraisons, aux passions destructrices.

L’héritage de la haine a fait couler du sang et de l’encre au cours des générations.

Nous nous disons aisément que nous sommes plus forts, plus futés que les abrutis qui se sont laissé piéger par de grossières ficèles de haines transgénérationnelles. Et pourtant…

On ne mesure pas que souvent,  l’on est soi même courroie de transmission du soupçon sur l’autre. Nous affirmons légèrement que tel groupe de personne est par nature et par structure radin, sournois, méchant, dangereux et faisons le lit de ceux qui manipuleront pour leurs profits ces détestations, enfantant au pire des génocides au coeur de guerre civiles. le soupçon est jeté sur le Dioula, le Bété, le Douala, le Bassa, le Béti, le Bamiléké, le juif, l’arabe, l’africain, le caucasien, l’asiate etc.

Le soupçon, collaborateur parfait pour affermir ou attiser la haine. Que transmettons nous à nos enfants concernant ceux qui sont différents de nous ? Que leur transmettons-nous concernant ceux qui nous ont meurtri ? Leur apprenons nous à se construire pour eux mêmes ou bien contre l’autre, par la haine de l’autre ? Parfois nous sommes ceux qui distillons en la génération d’après ce poison insidieux qu’est la haine, la détestation, le mépris et le rejet de l’autre.

 

 Plutôt que de traiter les problèmes à l’intérieur de soi ou d’une société l’on décide que les problèmes naissent du fait que l’autre existe.Forcément, il vient un moment au cours duquel l’on se dit que la solution au problème passe par l’éradication de l’autre.

Nous ne sommes pas responsables des choix éthiques et des valeurs de nos pères, mais nous avons le droit, la liberté et la responsabilité de refuser des legs que nous estimons pernicieux. Si la loyauté à ses pères est la haine de l’autre, c’est une loyauté stupide !

C’est à nous de ne pas être stupides quant à nos loyautés et  de scier les barreaux de nos prisons héritées . Nous avons le droit de dire non à nos pères quand ils sont dans l’erreur. Nous nous devons à nous même, pour éviter de vivre avec du poison à l’intérieur de nous , de nous défaire des héritages infectés : racisme, xénophobie, antisémitisme, tribalisme, sectarisme,  et tous les « ismes » que nous devrions régurgiter. Si nous refusons de le faire, soyons humbles quand nous crions  à tue-tête que nous sommes libres.

Personne ne naît sur un terrain vierge, mais il appartient  chacun de questionner ses valeurs et de se défaire de celles qui nous poussent à stigmatiser l’autre et à le haïr. Ces valeurs qui font décroître en nous l’humain et l’ensevelissent sous de croissantes bestialités.

 

Nous sommes dans un temps dans lequel, des personnalités politiques cyniques et irresponsables manipulent les peuples pour leur inoculer la haine de l’autre comme valeur structurante de l’être français, italien, allemand, ivoirien, ou autre. En échec quant à leur capacité à redonner un socle d’espérance et de vision commun à leurs sociétés, ils proposent la haine de l’autre comme élément fédérateur. En France après un débat ignoble sur l’identité nationale, voici venu l’ennemi commun, celui qui menace une identité nationale que le débat n’a pas su définir : l’islam. Mais bien sur ! Si la loyauté à son pays est la haine de l’autre, c’est une loyauté stupide.

 

Nous avons le pouvoir de briser nos chaines et de scier les barreaux des prisons que l’on veut nous imposer par héritage ou en faisant appel à notre « loyauté ».

2989845634085906161177406161883123841641n.jpgIl nous appartient de choisir avec discernement ce que nous acceptons comme valeurs structurantes pour notre vie. Il nous appartient aussi de briser le cycle de l’héritage de la haine et de choisir de transmettre à nos enfants de l’amour, le respect de l’autre, de sa différence, de ses richesses. Oui il nous appartient de transmettre cette lumière là à la place des ténèbres de la haine.

Il nous appartient de veiller à ce que nos enfants ne naissent pas en prison.





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